La vidéo

Cette vidéo est placée dans le domaine public grâce à la licence CC-0.
Toute diffusion, utilisation, modification ou adaptation est Libre.

Découvrir la Fédération des associations et centres LGBT de France, ses campagnes d'information et ses actualités.

17 mai 2015

Journée mondiale de lutte contre l'homophobie, la lesbophobie, la biphobie, la transphobie
Nos silences sont déjà un jugement

Pour ne plus que le silence tue, ce site vous propose de libérer la parole

Témoignez ici de moments où le silence fut lourd, pesant, mortifère...

... Ou profitez-en pour dire ce que vous aimez, êtes et vivez, pour dire ce que l'on ne dit jamais, ce que vous aimeriez entendre plus souvent autour de vous.

Briser le silence

Votre email ne sera pas publié

HTML: a p br i em strong q h1-h6

Verification Captcha

* = Obligatoire

Ajouter une photo?

Vos témoignages

Briser le silence

Hier soir, déprimé et angoissé, j'écoutais de la musique sur Youtube. J'ai eu l'idiotie de lire les commentaires d'une des vidéos, et, bien qu'en temps normal je m'abstienne d'y réagir, cette fois, j'ai pris le temps d'écrire une réponse en anglais à quelques gens qui parlaient. Pourquoi ? Parce-qu'ils évoquaient le fait que les bronies ( ces gens fans de MLP ) avaient tendance à être vu comme des "gays, faggot" par les autres, et ils le déploraient.
Moi, ce que j'ai déploré en lisant ça, c'est l'utilisation du mot "gay" comme un outrage, une désignation dégradante renvoyant à l'image stéréotypée d'un homosexuel "ridiculement efféminé". ( Et je mets des guillemets parce-que le simple fait de considérer un homme efféminé comme un être ridicule ou misérable est à mon sens tout simplement stupide. ) J'étais bouleversé, mais j'ai réagis en douceur. Parce-que j'en ai assez de voir que les gens utilisent la féminisation d'autrui comme une insulte. "Ne fais pas ta femmelette" , "on est pas des pd"... Ces formules entrées dans le langage courant et qu'on entend à tout bout de champs. C'est peut-être ridicule, mais elles me font du mal à chaque fois. C'est ce que j'ai dis succinctement dans ce court message.
On m'a répondu aujourd'hui. D'abord un simple "la liberté de parole", car bien entendu, ça règle tout de suite la question du sexisme latent dans la société et entré dans le langage, suis-je bête... Puis un autre message, plus long. En substance, son auteur disait être contre le fait de qualifier l'homosexualité de normale, car "il a été prouvé de nombreuses fois que c'est une maladie mentale", "il n'y a pas de gêne gay dont c'est bien une preuve", "nous sommes fait pour aimer un individu du sexe opposé, sinon nous aurions tous les mêmes chromosomes sexuels" , "nous sommes nés pour aimer un individu du sexe opposé".
D'accord. Cette réponse était stupide. Je pouvais m'attendre à coup sûr à ce genre de réaction après tout. Mais ça m'a rappelé que je vais devoir lutter toute ma vie contre le regard des gens, à cet égard et à beaucoup d'autres, je vais devoir supporter des injures et des petits coups donnés par des gens qui ne pensent pas à mal, faire le choix d'affronter la stupidité de ces gens qui ne se remettent jamais en cause ou accepter de, par exemple, ne pas tenir la main de l'homme que j'aimerai dans la rue, par sécurité. Faire le choix de me taire si j'entends une remarque homophobe dans mon lieu de travail ; ou bien d'ouvrir ma gueule, comme d'habitude, et d'être rejeté encore un peu plus loin de la société. Je n'en suis pas là, mais j'ai déjà passé ma courte vie à porter ma différence en étendard, cette différence que je n'ai jamais cherché à cacher, que je refusais de nier pour entrer dans le rang, et qui m'a apporté l'isolement comme principal retour. Maintenant, en plus de cette différence générale, cette chose en profondeur, je dois aussi vivre avec mon homosexualité, comme une cerise sur le gâteau ( empoisonné ). J'aurai vingt ans cette année. Je me sens déjà usé. Et ce n'est qu'un début. La connerie d'un inconnu quelconque m'a foutu un creux au ventre et des larmes aux yeux, et ce n'était rien, juste des mots sur un écran. Assez peu de mots même. Je vais voir pire, bien pire au cours de ma vie, et cette pensée me déprime. Je ne comprends pas les gens, leur manque d'ouverture, je ne comprends pas ce que peut leur coûter de se remettre en cause... Je le fais tous les jours, je n'en suis pas mort. Je suis loin d'être un sain, moi aussi je juge les gens ; mais je révise ce jugement, peu importe qu'un sujet soit choquant ou non, qu'il me heurte. Je prends le temps d'y réfléchir. Je cherche à me défaire de mes préjugés. Je ne suis pas un génie ; si je peux le faire, pourquoi pas eux ?
Voilà, ce n'est pas grand chose, mais j'avais besoin d'exprimer ça quelque part...

Fluffy    14 janvier 2016   Paris   

J'ai appris très récemment que deux de mes amis pratiquaient le SM et je respecte tout à fait ça. Cependant je ne sais pas pq je ne fais que penser à cela, comme si ça me.me choquait et que je ne pouvais m'empêcher d'avoir une pensée là-dessus.

Groa    5 avril 2016   Paris   

je te parle à toi là.
à toi-même
la fille à l'intérieur !
J'sais pas trop où t'es . Partout sûrement.
J'me fou. t'es là c'est tout.
Laisse toi vivre!
Oui toi j'sais pas trop où t'es parties mais tu reviens stp.
Tu reviens vite fais, tu ramènes ton cul et tu remontes.
Qui t'as dit que prendre les boulets des autres était une bonne idée ?
Prendre le boulet des autres sans être capable de les lâcher après ?
Le boulet de gens que tu ne connait même pas ? Des fictions ?!
Qui t'as dit que c'était une bonne idée ? La séduction ? Celle de qui ? La mort ? Le danger ?
J avais même pas prévue de t'écrire autant.
J'avais pas prévu d'écrire autant.
J avais à peine deux trois phrases dans la tête.
Mais j suis fière j'ai réussi à toutes les retenir en écrivant.
Bref ça à rien a voir la
tu reviens. t'es déjà là je le sais.
Alors tu souris et vite fais.
tu souris fière
combattante
et tu restes avec ce sourire
parce que 'il sera irrépressible
un vrai
un beau
Sourire

C'est internet    9 novembre 2016   dans ton cul . Ouais c'est récurrent comme blague et alors ?   

Je suis Nino, Léa d'État civil. J'ai 17 ans, et je suis transgenre, depuis maintenant 1 an. Aussi loin que je me souvienne, j'ai toujours été attiré par les filles. Je viens d'une petite ville peuplée en grande majorité de catholiques (et d'intolérants). Autant dire que rien n'a jamais été facile. Dès la primaire, on me crachait déjà des “ sale lesbienne ” au visage. Je n'avais rien fait pour, je ne suis même pas sûr que les autres enfants aient connu le sens du mot. Moi-même je ne le connaissais pas. Mais il fusait entre tant d'autres insultes qu'il passait inaperçu. Un soir, j'ai demandé à ma mère ce qu'il signifiait, et quand elle m'a expliqué, je n'ai pas compris. Je n'ai pas compris pourquoi lesbienne était pour ces enfants cruels un mot aussi méchant que pute ou salope. Je ne comprenais pas ce qui était mal dans l'homosexualité. Mais l'école primaire s'est terminée, et je suis entrée au collège. C'était dur, je n'ai jamais été sociable, j'ai longtemps été l'inconnue du fond de la classe, celle dont même les professeurs oubliaient le prénom, voire l'existence. J'ai entendu les gens autour de moi parler de ces “ connards de pédés ” et de ces “ salopes de lesbiennes ”. J'ai grandi dans la hantise que quelqu'un découvre mon secret. Malheureusement, c'est arrivé. On ne m'a jamais frappée, on ne m'a jamais affrontée de face à ce sujet. Mais les rires moqueurs, les bousculades, les regards noirs... ça, j'ai connu. Je suis tombée amoureuse d'une fille, et j'ai fini par le lui avouer. Ça a été le vrai début de la fin, je suis tombée dans une spirale de désespoir, d'idées noires, de mort... Et l'on n'avait que ces regards douloureux à m'offrir. Aucune parole, aucun mot. Et le silence, on ne le dira jamais assez, tue. Quand j'ai avoué à mes parents (notez qu'on dit souvent “ avouer son homosexualité ”, comme si c'était un crime), ils sont restés de marbre. Et leur silence m'a tuée. Jusqu'au début du lycée, ma vie a été un enfer de silence ou les seuls mots qui régnaient étaient des insultes. Puis au lycée, je me suis un peu libérée du carcan de silence qui me tuait. J'ai commencé à parler plus, de tout, de rien... Puis de moi, de mon histoire. On m'a parlé aussi, j'ai pris conscience de ma personne et je me suis développé en temps que Moi. Je n'ai jamais souhaité être une fille. J'ai commencé à parler de ce mal-être, on m'a parlé de solutions, on m'a fait comprendre qu'on m'accepterait pour ce que j'étais au fond, et peu importe le “ packaging ”. J'ai rencontré une fille, j'ai rencontré l'amour, j'ai rencontré des tas de visages souriants, de mains tendues. Parce qu'enfin, j'avais su sortir du silence.
C'est possible de se reconstruire après les épreuves qui nous détruisent, c'est toujours possible. Il faut parler, parler encore, parler toujours, à ses proches, ses amis, aux inconnus sur des forums, peu importe, il faut parler, trouver le courage d'être soi-même, de clamer haut et fort qui l'on est. Ça finit toujours par payer. Et même si ça ne protège pas de tout, même si ça ne rend pas la vie toute rose, ça la rend au moins plus légère, et ça, ce n'est pas négligeable. Ça sauve des vies. Ça a sauvé la mienne.

N°604    18 mai 2015   Vitry en Charollais   

Qu'y a-t-il de plus beau que de se sentir exister, de ressentir de la confiance en soi, d'être déterminé à montrer à tous que oui, qu'au-delà de ces différences morphologiques, la vrai richesse de quelqu'un est dans son vécu?
Pourtant, c'est difficile d'avoir confiance en soi.
Ou de s'aimer.
Parce que oui, on nous rabache des débilités à longueur de journée.

Pilule rouge, ou pilule bleue?
Car une fois la rouge prise, vous ne fermerez plus les yeux...

Nous avons tous eu des expériences différentes, mais nous nous sommes tous confrontés à des personnes qui ne vivent pas dans le même univers que nous, qui nous rappellent constamment qu'une femme doit s'épiler, qu'elle doit être bien à l'écoute de son homme (présence de paquet fonctionnel nécessaire)...
Et aussi qu'un homme doit être viril (ce mot n'a aucun sens d'ailleurs), physiquement capable de défendre sa compagne car oui elle est faible.
Il paraît aussi que se faire sodomiser, pour un mec, c'est être "fragile", homosexuel.
J'ai cru comprendre qu'être trans, c'était le résultat de troubles psychologiques...
Oh, et on m'a soufflé que le viol doux, ça existait. C'est un peu comme le viol, mais c'est pas traumatique!
Et puis on a beau en rigoler, mais les blagues les plus universelles sont racistes ou sur les homosexuels/les (d'ailleurs, je ne ris pas, mes poumons ont des spasmes et mon coeur saigne de les entendre).

A tout ces gens, à tous ces putains d'idées de merde, je vous montre ma raie, car elle est ouverte à qui je le souhaite.
J'ai la chance incroyable d'être un garçon hétéroflexible, de ne pas vivre ce que vous pouvez vivre tous les jours avec autant de force, de pression.
Mais je le ressens, je comprends cette souffrance, car au fond de moi j'en ai une aussi.
Pas de la même nature, cependant je suis aussi oppressé par tout ce qui ne se dit pas, et qui devrait être dit à tous pour qu'enfin nous puissions avoir un retour sur expérience positif, faire s'ouvrir les générations suivantes sur une identité autre de l'individu que cette hétérorigidité maladive, qui se transmet à tous, et nous corromp à vie.
J'ai rencontré une fille incroyable.
Elle a changé ma vie, ma façon de voir les choses.
Son ouverture d'esprit m'est bénéfique, je lui suis redevable encore en encore...
Aujourd'hui je rêve de m'ouvrir encore plus, de vous aider vous à vous sentir mieux. Vos souffrances, quelles qu'elles soient, sont partagées par d'autres, vous n'êtes pas seul/le-s, le moyen de vous faire avancer est de partager, d'écouter, de lire, de parler, de vous exprimer.
Écrivez ici votre cri du coeur, du corps!

Car oui, c'est possible de passer outre ces souffrances, car vous êtes beaux, tous/tes autant que vous êtes!
Passez de la baume sur vos plaies, vous verrez, elles vous rendront plus fort/e-s, beaucoup plus que ces lâches qui vous critiquent (ils refusent de voir la vérité en face, que voulez-vous... Triste abnégation de la réalité, ils font une crise de gamins en quelque sorte).
Je vous en conjure, vivez la vie que vous désirez avec toute l'ardeur dont vous disposez.
Si vous vous taisez, alors toute chance d'un jour arriver sur une acceptation de tous risque d'être difficile.
Je ne vous connais pas, mais je vous aime <3

Alors... Pilule rouge?

KaeyRiS    17 mai 2015   Toulouse   

Souvent, quand je viens ici, j'hésite. Entre un message de réconfort pour toutes ces âmes perdues qui cherchent désespérément la lumière et vider mon sac, moi aussi, briser le silence sur tous ces squelettes dans le placard, dont les fantômes me hantent perpétuellement, c'est quoi, le plus important ?
Parfois, je me dis que j'ai de la chance, finalement. Avoir grandi dans la peur, dans la douleur, dans l'adversité, ça forge. L'expérience, ça compte. Quand je lis certains témoignages, j'ai l'impression de m'entendre il y a quelques années, quand seul mon Word me tenait compagnie, lors de ces nuits de solitude irrémédiable. Alors si je devais vous dire quelque chose, ce serait que tout a une fin. Vous en avez sûrement déjà conscience quand il s'agit de bonheur ou de plaisir, de toutes ces choses qui nous font du bien. Mais tout le reste aussi a une fin. Toutes ces questions qui vous hantent, elles disparaîtront. Toutes ces blessures qui vous paralysent et vous font souffrir, elles s'estomperont avec le temps. Je ne dis bien sûr pas que tout guérit, qu'il ne restera plus une trace de tout ça. Mais un jour, vous serez capable de vous retourner, de regarder derrière vous et de sourire avec tendresse à votre moi actuel. Vous aurez envie de lui dire : "Ne t'inquiète pas, un jour, ça s'arrangera. Ne laisse pas tomber, ne laisse pas le monde t'écraser, ne les laisse pas te briser, et tu verras, toi aussi tu seras capable de sourire et de profiter. Ta place est là quelque part, et si tu continues de la chercher, tu vas la trouver. Je te le promets, parce que je suis encore là pour en parler. Pour en témoigner. Je sais que ce n'est pas facile, mais s'il y a quelqu'un pour croire en toi, c'est bien moi."

Ça m'arrive encore, de perdre espoir. D'avoir envie que tout s'arrête, parce que la fatigue domine tout. Parce que je ne supporte plus la douleur. Parce que j'ai l'impression d'avoir pleuré toutes les larmes de mon corps, qu'il n'en reste plus aucune pour laver les affronts, désinfecter les blessures, cautériser mon âme saignante. Mais à chaque jour suit un lendemain, et je finis par retrouver le sourire. Au détour d'une gentillesse, d'un mot affectueux, d'un geste de tendresse, d'une bienveillance désintéressée, d'un cadeau sincère...

Ce qu'il y a de bien avec le temps, c'est qu'il nous donne l'opportunité d'apprendre, de comprendre, de grandir. Même s'il peut paraître souvent long, pénible, ou carrément chiant, sans lui rien n'aurait la moindre saveur.

Je n'étais même pas majeure la première fois où je me suis fait agresser sexuellement. J'ai parfois honte d'admettre que ça a changé ma vie. Je préfèrerais pouvoir dire que j'ai été forte, que j'ai surmonté, que j'ai continué ma vie et que ça ne m'a pas arrêtée. Mais ce n'est pas vrai. Il en reste encore des séquelles aujourd'hui. Il y a des choses que je suis encore incapable de supporter, de faire, des mots qui me touchent, me blessent, même si ce n'est pas leur but. Il m'arrive encore de pleurer dans les bras de quelqu'un qui m'aime sincèrement, de tout arrêter parce qu'un geste malheureux a réveillé le fantôme qui dormait tout au fond. Il m'arrive encore de trembler de peur et de me recroqueviller corps et âme, alors que le danger est depuis longtemps périmé...
Mais j'apprends, chaque jour au présent, à briser le silence dans l'intimité. J'apprends à dire "non, ça, je ne peux pas. Ce n'est pas à cause de toi, pas plus qu'à cause de moi. Il reste une blessure qui n'a jamais guéri ici." Et je réussis à entendre "ce n'est pas un problème, tu n'as pas à te forcer, on va réussir à surmonter ça ensemble." J'apprends à parler avant que le geste malheureux ait lieu, à ne pas culpabiliser quand ça arrive. J'apprends à dire avec le sourire "Pour le moment, la limite est là, même si ça ne correspond pas à mes envies." J'apprends à expliquer qu'il y a une différence entre mes envies et ce que je suis capable de supporter. J'apprends à repousser les limites, sans me briser. J'apprends à avancer.
Je ne suis pas "une victime". Je suis une personne. Mes blessures font partie de moi, et j'apprends à les soigner.

Don't forget : Hold On, Pain Ends, that's Hope.

Emma    3 octobre 2017  

Il y a une chose que je n'ai dis qu'à des amis proche, toujours en rigolant avec eux mais qui est vrai : J'aime les travestis, hommes ou femmes. D'ailleurs, les deux garçons que j'ai aimé au point de vouloir couché avec étaient pré-pubères, depuis je ne flashe plus que sur les filles.
Chose amusante, à cause des stéréotypes vu à la télé, j'avais une aversion pour les homosexuels, en particulier les lesbiennes que je considérai comme des succubes qui forçaient celles qu'elles avaient choisies à avoir des rapport (même non consentit) avec elles.
Puis un jour, la fan débutante de manga que j'étais découvris un doujinshi (manga court connus pour reprendre des personnages existant dans des histoires dont tout les actions ne conduisent qu'au rapport sexuel), et il s'agissait d'une relation entre deux hommes. Au départ, je me contentais de ressentir une grosse excitation en relisant ces pages, puis au fur et à mesure, j'en voulais plus et j'ai dès lors commencé à en rechercher d'autres en assumant que les gays n'étaient pas dégoutants.
J'eu plus de mal avec l'homosexualité féminine puis-que je subissais des moqueries et autres joutes sur le fait que j'étais lesbienne, d'autant plus qu'a l'époque j'était toujours homophobe face aux lesbiennes.
Maintenant j'ai dix-huit ans, je suis pansexuelle avec une attirance pour les filles, je n'ai jamais eu de relation sexuelle et je le vis bien, c'est juste long à dire aux autres.

Mey    17 mai 2015   Châlons en Champagne   

Quand j'étais petite mon père était très fière de sa fille (moi), sûrement trop. Il me trouve tellement belle, il est très fier de m'avoir. Mais le problème c'est que ce surplus de fierté le faisait avoir des gestes particuliers avec moi. Il avait tendance à mettre sa main sur mes fesses ou sur des parties intimes de mon corps. Je me rappel que j'aimais beaucoup me «battre » avec lui, mais ça tournait toujours au vice et je finissait toujours par finir en pleur soit parce qu'il me faisait mal, soit parce qu'il se sentait obligé de me toucher. Je n'aimais pas ça mais j'étais tellement petite et frêle.
Dans ma salle de bain juste à coté de ma douche il y a une fenêtre, un soir lorsque je prenais ma douche j'ai vu comme un éclair par la fenêtre mais cet éclair ne semblait pas naturel. J'ai donc ouvert la fenêtre pour voir et j'ai vu mon père dehors avec son téléphone portable à la main qui avait voulu prendre une photo de moi. Ceci s'est reproduit plusieurs fois, il ne se cachait plus, il rentrait dans la salle de bain, mettait son bras dans la douche pour prendre une photo ou parfois juste mettait sa tête pour me regarder. J'étais tout le temps très mal quand il faisait ça, je criais, je pleurais, j'essayais de le pousser et il disait à chaque fois « Oh c'est bon c'est rien c'est qu'une paire de seins »
Pour moi ce n'était pas « qu'une paire de seins » mais MA paire de seins ! Et puis avec l'âge je me suis musclée, je suis même plutôt musclée pour une fille et cela me permettait de répondre à mon père. Maintenant il a cessé car il est devenu un peu plus vieux et moi plus forte, quand il a des mouvements qui ne me plaisent pas je suis capable de lui faire très mal.
Maintenant j'ai du mal à me laisser toucher ou regarder. Mais grâce à l'internat j'ai sus m'ouvrir plus. Je n'avais jamais réussi à parler de cette histoire jusqu'à l'année dernière où j'ai rencontré une personne incroyable. C'est une histoire dont j'ai très honte et j'ai réussi à lui raconter. Elle m'a permis d'en parler à d'autre gens en-quels j'ai confiance.
Cette histoire me prend une grosse partie de ma vie et comme si les histoires d'amour d'adolescent ne suffisait pas, j'ai ça dont je dois me débarrasser.
Je suis un garçon manqué mais j'aime être attirante, j'aime plaire mais pas être trop approchée, je parle fort, j'aime les filles, j'ai eu du mal à m'en rendre compte mais j'aime les filles et on m'accepte comme je suis j'ai beaucoup de chance. Moi aussi je brise le silence.

C    17 mai 2015  

Ce silence. Cette obligation du silence. A cause d'elle j'ai toujours eu peur d'être juger. Qu'on découvre tout ce que je cache. Qu'on découvre le monstres en moi. Peur d'apprendre qu'au final j'était différent. pas comme les autres. Et quand on s'enferme dans le silence, c'est dur de le briser.
Mais quand finalement on se rend compte qu'on est tous pareil, qu'on se cache tous derrière un silence pesant, alors on parle. Pourquoi se cacher et se taire, quand on peut se montrer, s'aimer tel qu'on ai, et partagé avec les autres.
Se taire et s'enfermer dans le silence, c'est la mort. Parler, partager, et s'ouvrir aux autres, c'est la vie.

La petite bouteille    21 mai 2015   Serris   

J'avais 15 ans ou 16 ans, je ne sais plus trop, quand j'ai embrassé un garçon pour la première fois. Le contexte ? Simple : avec des amis, on jouait à action ou vérité. C'est peut-être un peu pitoyable, en effet, mais je ne regrette pas d'avoir smacké ce garçon pour la première fois.
J'ai aussi accepté de lui rouler une pelle.
Deux mots me sont venus à l'esprit : "doux" et "mouillé". Et ça a chamboulé quelque chose en moi : j'étais devenue un aimant géant, comme si le Désir était né et secouait tous les gènes de mon corps, dans l'unique but de me rapprocher de cette personne. Par la suite, j'ai commencé à éprouver de sentiments, je crois. Je ne suis pas très sûre, mais l'attirance était clairement présente.
Apparemment, il ressentait quelque chose lui aussi. C'est à ce moment que notre relation a commencé.
J'étais ravie de me dire que j'allais enfin connaître les joies du couple.
Que je me trompais...
Les seules fois où il acceptait de me voir, c'était pour venir chez moi, uniquement.
La seule activité qu'il voulait bien faire, c'était regarder des séries (s'il n'avait pas vu). Et bien sûr, avoir des rapports charnels...
Je me laissais faire. Je ne savais pas trop s'il embrassait bien, mais je savais que ses mains sur les autres parties de mon corps ne provoquait pas grand-chose en moi.
Mais je me laissais faire.
Presque tous les soirs, je pleurais. J'étais malheureuse, et je ne savais à l'époque sincèrement pas pourquoi.
Que j'étais aveugle...
Un jour, j'étais allongée sur mon lit, presque nue. Tandis qu'il passait ses mains et sa bouche un peu partout, j'étais là, à attendre. Puis il me demande si ça me tentais de... "le faire". Je ne réfléchis pas vraiment, je hoche la tête.
Il va chercher un préservatif, le met, et tente de me pénétrer.
Ca ne rentre absolument pas, et ça fait un mal de chien.
Je lui signale ma douleur, lui demande d'arrêter. Il arrête.
Quelques heures après, la douleur n'est toujours pas partie.
Quelques jours après, il m'annonce qu'il ne m'a jamais trouvée attirante, et qu'il ne voyait pas l'intérêt de continuer cette relation.
Il m'annonce aussi qu'il veut que je fasse un test de grossesse, juste pour être sûr.
L'Univers vole en éclat, à l'instar de mon amour-propre, ma confiance en moi et mon idée sur l'amour.
Il m'a fallu plus d'une année pour me remettre de lui. J'ai fait ce test de grossesse à la con, dans le plus grand des secrets, et bien évidemment, je n'étais pas enceinte.

J'ai eu une relation avec un connard qui voulait juste me baiser, et je l'ai laissé faire, parce que j'étais naïve, et que je ne voulais pas qu'il me quitte.
J'ai failli faire ma première fois avec un connard qui m'ignorait en public, qui me prenait pour un objet et qui flirtait avec une autre fille dans mon dos.
Aujourd'hui j'ai 19 ans, je suis toujours vierge, et j'en suis fière.
J'attendrai autant de temps qu'il le faudra, mais je veux passer ce cap avec quelqu'un que j'aime, qui m'aime et qui me respecte.

Ne restez pas avec ce genre de personne. Ne regrettez pas votre première fois. N'ayez pas honte d'être vierge.
Et ne gardez pas le silence.
Car le silence tue.

Pauline    11 juillet 2015  

#CulPouhiou : des chroniques vidéo où l'on parle sexe, corps et sexualités sans fard ni jugements.

Twitter
Facebook
Google+
YouTube
YouTube