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17 mai 2015

Journée mondiale de lutte contre l'homophobie, la lesbophobie, la biphobie, la transphobie
Nos silences sont déjà un jugement

Pour ne plus que le silence tue, ce site vous propose de libérer la parole

Témoignez ici de moments où le silence fut lourd, pesant, mortifère...

... Ou profitez-en pour dire ce que vous aimez, êtes et vivez, pour dire ce que l'on ne dit jamais, ce que vous aimeriez entendre plus souvent autour de vous.

Briser le silence

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Vos témoignages

Briser le silence

Depuis que je suis gosse, je ne vie pas très bien avec le genre que le hasard m'a donné à la naissance, sans pour autant comprendre pourquoi. Si je me souviens qu'en primaire, je me plaignais bêtement que " les garçons sont forts, alors je veux êtres un garçon " et que cela faisait rire - pas méchamment, je pense - les filles de classe, c'est durant mon adolescence que ça à commencer à me poser vraiment problème.
Je n'ai jamais réussi me faire des amies filles, parce que nous n'avions aucun centre d'intérêt en commun, mais quand je traînais avec ma bande de potes, je me sentais ... inférieur à eux ? Oui, je pense que c'est ça le mot.
Je déteste que l'on me considère comme " la petite chose fragile " du groupe. Je déteste quand ils m'avouent qu'ils sont venus me parler pour me draguer avant qu'on ne devienne amis. J'ai l'impression qu'il est marqué " FAIBLE " sur mon front, comme si c'était pas déjà assez chiant qu'il y soit marqué " FILLE ". Bordel, je les envies tellement ! Rien que pour ce qui est de draguer, par exemple : si je ne m'intégrerais jamais à un groupe de filles, que leurs conversations sur la belle gueule d'x ou y acteurs me dépasse, que je perds un peu mes moyens lorsque je dois aller en aborder une, c'est pourtant elles qui m'attirent sexuellement parlant. Entre moi et l'éventuelle fille qui m'intéresse, ça commence déjà toujours avec ce gros obstacle.

Quand j'ai commencé lentement à passer d'ado' à jeune adulte, je me suis rendu compte que je ne pouvais toujours pas associé le reflet que je pouvais voir dans mon miroir à ma personne. Ce sentiment de décalage m'a poussé à me poser des questions sur ce qu'était la transidentité. Mais j'ignorais tout à ce sujet et je n'ai toujours pas trouvé qui que ce soit pour répondre à mes questions.

J'ai déjà essayé de parler de ce ressenti à certaines personnes de mon entourage. Elles m'ont dits que c'était débile de se poser des questions sur son identité de genre, que de toute façon, la naissance seule décide du sexe et que je pouvais très bien vivre ma vie en tant que lesbienne parce qu'on est en 2015 et que plus personnes sauf les vieux cons n'ont de problème avec ça. Mais, surtout, je ne devais pas penser que ça aurait été mieux si, disons, par magie, je me réveillais un beau matin avec quelque chose entre les jambes parce que, je cite, " tu es une jolie fille, ça serait du gâchis ".

Je n'ai jamais pensé bon de rétorquer qu'ils n'avaient rien compris. Mais, aller, brisons le silence ! J'ai l'impression de mentir quand je le fais, alors je parles de moi au féminin le moins souvent possible. J'essaye de rester neutre. Je ne me trouve rien d'une gonzesse. Je suppose qu'en me regardant, les autres ne voient rien d'un garçon non plus. Je n'imagine même pas avoir une relation avec un mec. Mais quand je me trouve par miracle une copine, elle finit par me jeter parce que je complexe sur mon corps. J'aime pas me sentir femme, j'en ai même presque peur. Du coup, j'aime pas quand on me touche les seins. Je met toujours des plombes avant d'accepter une relation sexuelle. Je me sens pas à ma place. De toute façon, je fantasme surtout sur les filles hétéro'. Du coup, on se retrouve souvent touts seuls, moi, ma main droite, mes films porno. Je me trouve des amis sur internet parce que ça blesse moins mon égo' que de me retrouver physiquement face aux mecs que j'envie et aux filles chez qui je tique sur chaque morceau de stéréotype. J'y précise pas mon genre. Je sympathise d'abord puis seulement j'explique ma situation, parce que je n'aime pas être malhonnête et que, du coup, on me prends souvent pour un gars normal. Étrangement, ça me fait plaisir.

Al    7 juillet 2015    une petite ville de Belgique   

Je pensais m'être mieux entourée.
Je pensais que les remarques cruelles pourraient s'arrêter.
Je m'étais trompée.

Pas plus tard que cet après-midi, on m'a qualifiée de "chose", de "truc", dont on ne sait ni si "c'est" homme ou si "c'est" femme, qui n'attire et n'attirera jamais personne, car "personne peut aimer un truc pareil", condamné à "être rejetée" partout et par tous...

La différence entre les remarques d'aujourd'hui et celles du passé est que cette fois j'ai eu le cran de répondre que si, il existait des gens moins cons, qui accepterait la "chose" que je suis, car si je m'étais encore une fois tue, j'aurais encore prouvé que le silence tue.
Mais ça fait et fera toujours mal.

Un jour, avec de l'espoir, ça cessera. D'ici là, nous devons agir et faire réagir ceux qui utilisent de la violence, quelle qu'elle soit, pour rejeter sans réel but ou motivation la différence, qui devrait pourtant être cultivée, mais est bien trop souvent étouffée.

Emi    27 mai 2015   

Je suis un garçon trans, gay et asexuel pour ce que j'en sais (je continue de me chercher). Le silence, il m'a poursuivi toute ma vie et me poursuit encore. Dans ma famille, je n'ai jamais fait partie de ceux qui avaient le droit de parler. Quand mon père m'agressait et m'insultait, je devais me taire pour ne pas faire de vague, protéger ma mère qui voulait croire que tout allait bien. Quand je subissais une injustice je la voyais détourner les yeux et faire comme si elle n'avait rien entendu, alors je me taisais. J'étais (et suis toujours) terriblement dépressif et anxieux et je ne pouvais en parler à personne, mes parents faisaient comme s'ils ne voyaient rien. J'ai pris l'habitude de me cacher pour pleurer pendant des heures, et de rester impassible et de ne rien exprimer de sincère quand je suis avec des gens, même des amis. J'ai intégré que tout ce que je vivais était honteux et devait rester secret. J'ai intégré que je ne devais pas me laisser aller à être moi-même sous peine d'être puni, humilié. J'ai intégré que je n'avais pas à avoir de désir ni à m'opposer à celui d'autrui, que je n'avais pas le droit de dire "non". J'ai tu la souffrance de subir des relations sexuelles non désirées qui me faisaient atrocement mal. J'ai joué au couple parfait avec le mec qui abusait de moi et me manipulait. J'ai joué la fille parfaite, tenté de me féminiser et d'être ce qu'on attend de moi en toute circonstance.
Et puis j'ai commencé à briser le silence. J'ai rencontré des gens qui pouvaient entendre, écouter. Malgré tout ça reste difficile d'exprimer des choses si longtemps tues que je ne sais parfois plus les retrouver. De parler malgré la terreur que ça peut engendrer. De retrouver un désir si longtemps nié qu'il semble être mort.
Mais j'ai décidé d'essayer coûte que coûte d'être moi-même. J'ai décidé de faire ma transition, de prendre des hormones masculines. Avant de le faire, j'ai voulu tendre la main à ma mère une énième fois. Lui dire "j'existe, je suis ton enfant, j'ai besoin de toi." Pour cela je lui ai fait mon coming-out avant de commencer les hormones.
Je me suis heurté à son silence. Un silence très dur à encaisser. Après avoir tant souffert, tant attendu, tant angoissé à l'idée de lui faire mon CO, elle n'a eu absolument rien à me dire à ce sujet. Elle est restée silencieuse, me dira-t-elle, "pour me protéger." Ce qu'elle pense serait-il donc si terrible que je ne doive pas l'entendre ? Je ne le saurai jamais.
Ce jour-là j'étais tellement en colère, tellement mal, que j'ai fini par exploser. Et j'ai parlé. J'ai parlé de mon ressenti, de ce que je n'aurais jamais imaginé pouvoir lui dire. J'ai laissé transparaître ma colère et ma détresse. C'était violent et triste mais c'était la première fois que je parlais sincèrement à ma mère.
Ça n'a rien changé, la vague a été rapidement étouffée. Mais j'ai brisé le silence, je me suis prouvé que j'en étais capable, que si je parlais rien de terrible n'allait s'abattre sur moi, le vie ne s'est pas arrêtée, le monde continue de tourner. Alors je travaille à continuer de briser le silence, le silence qui m'a brisé et a fait de moi l'ombre de moi-même.

Emrys    17 mai 2015   

J'ai brisé le silence.
Ils se sont moquée de moi.
Les gars de ma classe, Ils mon jugée, mon copain m'a quittée car il se faisait intimidé à cause de ma bisexualité.
Une fille, assez sympa, m'a dit qu'il regrettait et qu'il m'avait vraiment aimée.
J'ai envie de vomir.
''Ce n'était pas ta faute'' y m'disait.
Nous sommes ami, mais.... je crois qu'il m'aime encore.
On vit vraiment dans un monde de merde.
Je ne vois pas, toujours pas qu'est-ce qui faisait que c'était incorrect.
Je ne suis pas capable de le dire à ma mère....
Je peux le dire à mon pire ennemi...mais pas à ma mère..... incroyable.

Reim    18 mai 2015   

Je souffre de ne pas pouvoir répondre à cette pression sociale qui veut, qu'en tant que "femme" (pour ne pas dire personne à l'apparence féminine) j'ai un mari, un enfant, une vie de famille. Un modèle de vie sans alternative, carré et froid.
Je crois qu'à force d'essayer de me modeler, ma famille ne fait que m'essorer comme une éponge. Plus leurs mots reviennent, moins la peau dans laquelle je vis me semble m'appartenir. J'aimerais vous dire à tous ce que je suis vraiment. Les mots féminins deviennent agressifs et ces surnoms auparavant affectifs deviennent durs à entendre. Je ne pense pas je serais capable de faire coming-out se fasse un jour. J'ai peur de vivre toute ma vie dans un corps qui ne me reflète pas. Papa, maman, mes frères, ma famille... j'aimerais tellement réussir à admettre tout ça devant vous. J'ai peur de finir par tous vous fuir tant mon mal être par rapport à mon corps me ronge.
Je suis un homme.

Lou    12 octobre 2015   

Avant d'aller fumer ma cigarette, je vais confronter mes idées, mes noirceurs à ce jeu là.

J'ai peur. J'ai peur de rêver, de rencontrer, d'accomplir, et d'aller au delà, car jamais, au grand jamais eu la chance de conquérir la vie normalement.
Née d'un père violent, d'une mère protectrice, d'un beau-père où ces racines comptaient... Que dire de ma vie ?
Un désastre le plus total. J'ai eu une petite soeur que j'ai considéré comme ma fille. Cela m'a provoqué des tocs incessants de jour en jour et des larmes peu commodes. Un père m'abandonnant comme un chien que j'ai du trainé en justice à l'âge de 12 ans. Cela me provoque tout les jours la peur de me faire engueuler.
Je me suis accommodée à l'idée que toute vie a un espoir et non la mienne. Donc le théâtre pouvais peut être changer ma vie ?
Je n'ai jamais aimé les études, le moule scolaire, les préjugés, la discrimination et la superficialité. J'ai jamais eu ma place dans ce monde, et j'ai encore du combat à fournir si je veux y arriver.
Sinon je suis amoureuse, du bruit comme du silence. Il me caresse la peau avec sourire. Mais je reste toujours sur mes gardes, m'imaginant les pires scénarios dans ma tête. M'empêchant ainsi de vivre.
J'ai vécu dans l'incapacité d'agir alors je me suis mise aux dangers. J'ai rencontré des personnes peut convenables, tatté la MDMA, finis dans le lit des inconnus, sans capote l'air ravis au dessus du ciel.
Mais à chaque fois j'ai eu de la chance. A chaque fois quelqu'un m'a tendue la main. Les hommes généralement.

Mais là aujourd'hui, je me demande ce que je fou concrètement de ma vie. J'ai dix neuf ans, et des rêves plein à revendre. Mais avec le syndrome de Peter Pan et mon manque de confiance en moi, je fais rien. Alors j'écris. J'écris mes bohèmes hideux à l'encre de chine. Comme ça jamais j'oublierais la trace de ces doigts sur ma peau à la douceur d'un pinceau déraillé.

Parce que tu m'as laissé que ça.

Des traces ineffaçables.

Sauvage.    21 mai 2015    Rennes   

Bonjour à tout le monde. Je sais que mon témoignage sera moins.. poignant que celui de ceux que j'ai pu lire jusqu'à maintenant sur ce site.
Mon histoire est simple. Je suis bisexuelle, je le sais depuis toute jeune, depuis qu'est né en moi le désir d'être avec les uns, venait le désir d'être avec les autres. J'en ai parlé uniquement à mon père, qui m'a tout de suite dit que c'était normal. Mais voilà. A partir de là, j'ai tout enfermé en moi, gardé profondément en enfouissant toute possibilité d'être avec une femme car ce n'était, de toute évidence, pas accepté autour de moi. Au lycée, j'ai carrément refoulé, n'ai rencontré que des mecs et fermé la porte à ce désir honteux. J'ai jalousé le seul couple femme que je connaissais, persuadée que rester focalisée sur une partie de mon désir serait suffisant. Puis j'ai été en couple deux ans et demi et c'est devenu plus dur... puis encore deux ans et demi (homme avec lequel je suis toujours). Et là. J'ai 22 ans. Et toutes les nuits ça me hante. Toutes les nuits je me sens mal. J'aime mon homme, je l'aime profondément, mais j'en veux plus. Une seule de mes soeurs est au courant, mon autre soeur a refusé d'y croire, et mon petit frère est trop petit pour ces choses là. Je n'en ai pas parlé à ma mère, pas une fois, elle qui a une vision restreinte de la bisexualité. Quand j'en parle les gens ont le malheur de dire "tu n'as jamais vraiment expérimenté à part le baiser, comment peux-tu savoir?". Si encore cet argument marchait. Je me sentirais mieux. Mais ça ne marche pas, je SAIS. Alors que faire? Continuer comme ça? Tromper mon homme pour me sentir mieux? Je sais que je ne suis pas à plaindre, que ce n'est pas grand chose en rapport aux mal-êtres qu'éprouvent certains d'entre vous.
Aujourd'hui, je sais que je veux devenir psychologue pour redonner la parole aux autres. Une parole à tous ceux, qui, comme moi, l'ont éteinte, restreinte, étouffée, enfouie, brisée.
J'espère un jour retrouver la parole et vous la redonner.

Je tiens également à dire à certains qu'un psychiatre et un psychologue sont deux fonctions très différentes. Avec les psychologues il n'est pas question de médicaments, seulement de parole. Je ne dis pas que le psychiatre n'est pas important, surtout lorsque l'on souffre de troubles dépressifs, de troubles de l'humeur... mais un psychologue viendra en complément libérer la parole (il a une formation pour alors que le psychiatre sera plus spécialisé sur les médicaments à prendre en fonction du trouble).

Bon courage à vous tous

Adèle    30 mai 2015   

Quand j'étais petite mon père était très fière de sa fille (moi), sûrement trop. Il me trouve tellement belle, il est très fier de m'avoir. Mais le problème c'est que ce surplus de fierté le faisait avoir des gestes particuliers avec moi. Il avait tendance à mettre sa main sur mes fesses ou sur des parties intimes de mon corps. Je me rappel que j'aimais beaucoup me «battre » avec lui, mais ça tournait toujours au vice et je finissait toujours par finir en pleur soit parce qu'il me faisait mal, soit parce qu'il se sentait obligé de me toucher. Je n'aimais pas ça mais j'étais tellement petite et frêle.
Dans ma salle de bain juste à coté de ma douche il y a une fenêtre, un soir lorsque je prenais ma douche j'ai vu comme un éclair par la fenêtre mais cet éclair ne semblait pas naturel. J'ai donc ouvert la fenêtre pour voir et j'ai vu mon père dehors avec son téléphone portable à la main qui avait voulu prendre une photo de moi. Ceci s'est reproduit plusieurs fois, il ne se cachait plus, il rentrait dans la salle de bain, mettait son bras dans la douche pour prendre une photo ou parfois juste mettait sa tête pour me regarder. J'étais tout le temps très mal quand il faisait ça, je criais, je pleurais, j'essayais de le pousser et il disait à chaque fois « Oh c'est bon c'est rien c'est qu'une paire de seins »
Pour moi ce n'était pas « qu'une paire de seins » mais MA paire de seins ! Et puis avec l'âge je me suis musclée, je suis même plutôt musclée pour une fille et cela me permettait de répondre à mon père. Maintenant il a cessé car il est devenu un peu plus vieux et moi plus forte, quand il a des mouvements qui ne me plaisent pas je suis capable de lui faire très mal.
Maintenant j'ai du mal à me laisser toucher ou regarder. Mais grâce à l'internat j'ai sus m'ouvrir plus. Je n'avais jamais réussi à parler de cette histoire jusqu'à l'année dernière où j'ai rencontré une personne incroyable. C'est une histoire dont j'ai très honte et j'ai réussi à lui raconter. Elle m'a permis d'en parler à d'autre gens en-quels j'ai confiance.
Cette histoire me prend une grosse partie de ma vie et comme si les histoires d'amour d'adolescent ne suffisait pas, j'ai ça dont je dois me débarrasser.
Je suis un garçon manqué mais j'aime être attirante, j'aime plaire mais pas être trop approchée, je parle fort, j'aime les filles, j'ai eu du mal à m'en rendre compte mais j'aime les filles et on m'accepte comme je suis j'ai beaucoup de chance. Moi aussi je brise le silence.

C    17 mai 2015   

Je me suis aperçue récemment que je ne sais pas parler.
Pas quand c'est important.
Quand le sujet est grave, important, qu'il me touche moi profondément, ma gorge se noue, mes mains tremblent, mes mots disparaissent.
Je ne sais plus quoi dire, ou je n'arrive pas à le dire.
Aussi, quand, apres 4 ans de relation "stable", "idyllique", j'ai trop bu et lui ai hurlé qu'il etait un violeur, et que je ne lui faisais pas confiance, ça nous a étonnés. Moi la première.
Mais ce qui m'a encore plus étonnée,c'est que le lendemain, quand il m'a demandé de lui expliquer, je n'ai encore pas réussi a parler. A lui dire. A lui expliquer que je savais pourquoi je suis mal à l'aise quand il me touche. A lui rappeler ce soir là, où après une semaine de negociation de mon refus au sexe, je n'ai plus reussi a lui dire non. J'ai cédé. Sous la pression, la peur qu'il me quitte, la peur d'être anormale, frigide. Je me suis tue. Et je l'ai laissé faire.
Je ne le laisserais plus, je refuse. Je ne veux plus me taire, mon absence de oui etait un non, pas un peut etre, pas un ok. J'aurais dû dire non, je n'aurais pas dû rester silencieuse ce soir-là, ni depuis ce soir là. Et il n'aurait pas dû prendre ce silence comme réponse.
Mon silence a tué une partie de moi.
Le silence tue.

Mh    17 mai 2015   

Je l'ai toujours su. Je l'ai toujours su mais je n'ai jamais osé l'avouer. Je n'ai jamais osé me l'avouer. Certe, je suis encore très jeune, et je pense avoir de la chance de l'avoir compris et accepté si vite. Mais j'ai mis si longtemps ... Quand j'ai commencée à me poser des questions, j'ai eu peur. Peur de moi. Peur de moi car les autres me rejetaient, me regardaient tellement bizarrement que je ne me sentais pas normale. Ces mots chuchotés à mon passage, ces insultes balancées au visage, ces verres d'eau renversés sur ma tête ... La vie était un calvaire, un fardeau, un boulet que je devais traîner, assumer chaque jour. Alors je l'ai refoulé. J'ai refoulé ma vraie nature. Pendant trois ans. Trois longues années à me persuader que non, cette fille n'est pas attirante, non, je ne rêve pas de l'embrasser. Puis un jour, il y a eu cette femme. Cette femme qui a tout changé. Cette femme qui, sans même le savoir, m'a donné le courage d'assumer. Aujourd'hui, j'ai compris que ce n'était pas anormal. Aujourd'hui, je l'accepte telle que je suis. Aujourd'hui, je suis heureuse.

Alors, même si cette femme sait à peine que j'existe, j'aimerais lui dire merci. Merci Kelly.

Je m'appelle Valentine, j'ai 15 ans, et je suis bisexuelle.

Chaton    21 mai 2015   

#CulPouhiou : des chroniques vidéo où l'on parle sexe, corps et sexualités sans fard ni jugements.

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