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17 mai 2015

Journée mondiale de lutte contre l'homophobie, la lesbophobie, la biphobie, la transphobie
Nos silences sont déjà un jugement

Pour ne plus que le silence tue, ce site vous propose de libérer la parole

Témoignez ici de moments où le silence fut lourd, pesant, mortifère...

... Ou profitez-en pour dire ce que vous aimez, êtes et vivez, pour dire ce que l'on ne dit jamais, ce que vous aimeriez entendre plus souvent autour de vous.

Briser le silence

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Vos témoignages

Briser le silence

J'ai bien fait de ne pas promettre que ce serait mon dernier témoignage.
Je pense trop, maintenant il faut agir. Il faut vivre. Et ça doit se faire le plus vite possible, sinon je regretterai toute ma vie de ne pas avoir eu le courage quand il le fallait.
Mais je n'y arrive pas. Pire encore je ne prends même pas la question au sérieux, je range tout ça dans ma tête, et ce qui est sensé me faire avancer finit par être une pensée parmi tant d'autres, uniquement là pour m'occuper, pour chasser l'ennui. Je me répète intérieurement "Il faut vivre maintenant" mais est ce que je m'écoute ? Non. C'est juste un autre moyen pour faire comme ci j'avais une vie passionnante et intense.
Seulement voilà, comment on s'émancipe, comment on vit ? Je veux dire, concrètement ? Je ne sais pas quoi faire, ni où aller. Peut être que ça m'arrange. C'est surtout que je n'ai pas tellement cherché. Je n'ose pas.
Une partie de moi se sent trop jeune pour foncer. Je ne sais pas si ça me fait envie, mais je sais que ça me ferait du bien. Je sais que c'est nécessaire. Je sais aussi que ça arrivera.

Toujours là...    16 mars 2016   Paris   

J'ai 16 ans aujourd'hui. Et je regrette.
Je regrette d'avoir été ce monstre intolérant dans le passé, dans ma "jeunesse", à cause de tous les clichés cisgenres que l'on m'avait enseigné.
Je regrette d'avoir dit devant la télévision "Si elle s'est faite violée, c'est de sa faute", ou encore "Elle devrait prendre ça comme un compliment !".
Je regrette d'avoir considéré les personnes de sexe féminin comme des objets, comme des soumises.
Je regrette d'avoir jugé des gens sur leur sexualité, leur sexe, et non sur leur personnalité.
Je regrette d'avoir considéré les autres orientations et genres comme des "déviances mentales".
Je regrette d'avoir dit "Hey regardez là-bas, il y a deux petites tarlouzes qui s'enculent" en me moquant un couple d'hommes homosexuels qui a eu le courage de s'embrasser en public.
Je regrette d'avoir hué la LGBT Pride à la télévision, de les avoir insulté, d'avoir demandé à ce qu'on les enferme ou qu'on les tue.
Je regrette de ne pas être intervenu pour aider une personne qui se faisait agressée par un caïd, car je la considérais comme une "tarlouze".

Il aura fallu l'intervention d'une personne extérieure, qui est aujourd'hui l'une des meilleures rencontres de ma vie, pour que je comprenne que je devais changer.
Un jour je me suis affranchi de ces clichés cisgenres, quitte à perdre des amis, pour comprendre que chacun devrait avoir le droit d'être libre de son genre et de son orientation. Et depuis ce jour là, je me rend compte du mal que j'ai pu faire à ces humains.

Alors à toi que j'ai insulté, sous-considéré, jugé, exclu, hué, abandonné, je viens te demander mon pardon. Je regrette énormément le mal que j'ai pu te faire. Je te prie d'accepter mes pathétiques excuses, et de faire table rase de mon passé d'intolérant et de monstre.
Et à toi, ami qui m'a ouvert les yeux, qui lira peut-être ce témoignage, je te dois une reconnaissance éternelle.

Applebarn    17 mai 2015  

Ceci est mon deuxième témoignage, mais je veux partager cette lettre que j'ai écrite à mes anciens amis du lycée. Je l'ai postée sur notre groupe facebook, et je n'ai reçu que des réponses du type "OH ! Je suis tellement désolée... Si j'avais été là, crois-moi, j'aurais fait quelque chose", par des personnes que j'avais vues, auxquelles j'avais lancé un regard, pendant la scène. Une seule personne est venue me parler, pour s'excuser de ne rien avoir fait. Une seule personne, sur une petite quinzaine que je connaissais.
Je n'en veux à personne, bien sûr.
Mais je poste cette lettre pour que vous agissiez, si vous pouvez la lire, si une situation similaire se passe sous vos yeux.
On peut tous agir.
Je ne cherche pas vangeance, je veux juste que personne n'ait à s'endormir avec ce genre d'images en tête, je ne souhaite à personne de vivre ça.
J'ai écrit ces mots un an après la scène.

"J'ai envie d'écrire. Je sais pas trop sur quoi. J'en ai marre de ressasser tout ça. J'ai tellement envie qu'il se barre de ma tête. Genre vraiment, vraiment.

Et vous tous, là, qui vous dites bien pensants, à plaider la cause de Charlie Hebdo, ya un mois là ! Qui en a quoi que ce soit à foutre parmi vous maintenant ? Plus personne. Ah, ça, pour traiter d'égoïste, ya du monde, pour dire qu'en ces temps graves je suis égoïste à essayer de tourner les événements à la dérision ! Paraît qu'on a le droit de rire de tout, non ? C'était pas pour ça qu'ils se sont fait buter, les mecs ? Merde alors, j'ai pas compris alors. Mais tfaçons, vous êtes beaux vous tous, là, avec vos belles paroles bien pensantes ! Mais en vrai qui agit ? Yen a pas un seul d'entre vous qui bouge son cul quand quelque chose se passe.
Tu t'en souviens ? Mais si, tu t'en souviens, ce moment là, ou il m'a mise à terre à la cafet, devant toi, et devant les autres aussi, ou il m'a bloquée contre le sol , qu'il m'a donné des coups, qu'il a appuyé de ses mains sur ma gorge. Mais si, fais pas l'innocent, tu l'as vu, t'as pas agi, tu nous as regardés les yeux exorbités, mais t'as pas bougé d'un cil, tu regardais la scène, comme tous ces chiens, comme tout le monde, comme la populace. Solidarité française mon cul ouais ! Toi, t'as fait quoi, quand t'as vu que je virais au rouge et que je pouvais plus respirer ? T'as pas bougé ton cul de ta chaise, t'as continué ta ptite vie tranquille pépère, comme si c'était un événement banal. J'aurais pu crever que t'en aurais rien eu à foutre, ptit con. Toi aussi, l'autre là. Et même toi. Vous tous. Vous vous en foutiez à ce moment là hein ? Vous avez assisté à toute la scène. Ouais, c'est ma faute. C'est moi qui suis arrivée vers lui, qui lui ai foutu un gifle. Allez pas me dire qu'il l'avait pas mérité, ce connard. Et moi, à ce moment là, j'aurais bien pu crever, même moi j'en avais plus rien à foutre. Tu sais pas ce que c'est toi, d'avoir vécu tout ça, d'avoir tellement de rage que t'as même pas peur de mourir étouffé sous les mains d'un connard. D'ailleurs, ça les aurait toutes arrangées, les prochaines, que je crève. Il était majeur, il serait allé en taule. Elles auraient pas vécu ce que nous on a vécu. Ça les aurait arrangées, que je crève. Et me faites pas croire que c'était un acte de défense. Je lui ai mis une gifle, il m'a foutue à terre. C'est comme ça. Mais à ce moment là, j'avais envie qu'il ait mal, tu vois, qu'il souffre comme moi, comme ce qu'il m'avait fait subir, alors je me suis débattue, je lui ai donné des coups de pieds, juste pour qu'il ait mal, si je pouvais pas lui faire de douleur morale, il allait en avoir une physique. C'est à cause de ça qu'il a relâché son étreinte, il a eu un coup de pied dans les couilles, ce connard, et putain ce qu'il l'a mérité à les trimbaler dans le cul de toutes ses putes ! C'est pas à cause de toi que j'ai pas crevé ce jour-là, c'est pas à cause de lui, je le voyais dans ses yeux, il voulait de que je disparaisse. Et c'était bon, putain, de voir dans ses yeux cette rage tournée contre moi, alors que j'ai passé 1 an et quart de ma vie à lui obéir et à être son objet. C'était bon de savoir que cette fois, je lui avais fait assez de mal pour qu'il veuille que je disparaisse ! Mais il m'a pas fait disparaître, parce qu'il a reçu ce coup de pied, et c'est pas grâce à toi qu'il l'à reçu. Toi, t'as regardé, t'as rien fait. T'étais complice, et ouais ma gueule, t'étais complice par le silence. Toi, mon ami ? T'en avais rien à foutre, vous en aviez tous rien à foutre, j'étais en train de crever sous vos yeux et vous en aviez tous rien à foutre !!! « Qu'il me tue jm'en fiche. J'en ai rien à foutre ». Vous avez déjà eu cette phrase dans la tête, vous ? Ah, ouais, elle est belle la solidarité. Yen a même pas entre « amis », comment vous voulez me faire croire que yen a pour des gens que vous connaissez pas ? Bande d'hypocrites, tous autant que vous êtes. Vous êtes tous complices. Vous avez tous toujours été complice. Ya quelques jours ya une fille qui s'est faite violer dans le train, bordel ! Me faites pas croire que la rame était vide ! Vous comprenez pas ? Vous comprenez pas ce qui se passe ? Nan, bien sur, vous jouez tous les bien pensants, mais au fond vous pensez tous qu'à votre gueule. Vous faites comme si vous étiez des agneaux tout blancs. La vérité, c'est que vous êtes des loups. Et je suis un loup. On est tous des loups, tout le monde pense qu'à sa gueule. Ya pas de gens tout blancs. Alors arrêtez vos idéaux à la con, arrêtez de faire comme si vous étiez tous tout propres. La vérité c'est que vous ne l'êtes pas. Et moi non plus. Personne ne l'est. Non, vous pouviez pas savoir que ma première fois c'était un putain de viol. Vous pouviez pas savoir que ce mec là il me traînait dans la boue tous les jours, et me manipulait. Enfin, si, vous voyiez que j'avais changé. Mais c'était pas vos oignons, tfaçons le peu de gens qu'ont voulu me « raisonner », je les ai envoyé balader, c'est vrai. Mais personne n'a rien fait, au final. Personne n'a rien fait quand il s'appuyait sur ma gorge pour que je m'étouffe. Personne ne fera jamais rien dans une situation comme ça. Parce que vous êtes tous trop lâches, vous avez tous trop peur. C'est normal d'avoir peur ! Mais me faites pas croire qu'à 20 vous pouvez pas maîtriser un mec qu'est en train d'étrangler sa « copine ». Ou son plan cul, à ce point là, on sait plus.

Bande d'hypocrites.

Ça fait un an ouais. Comment tu crois que ça peut partir comme ça, tout ça ? Hein ? Comment tu peux croire que tout est parti pour de bon ? Bien sur que j'y pense, j'en fais encore des cauchemars parfois, et je suis parano à cause de ça. Je me reconstruis, ouais. Mais c'est pas grâce à toi.

Et toi, l'autre, qu'étais pas là, toi t'aurais réagi ?
Chut, réponds pas.

Bande d'hypocrites."

Mimi    24 mai 2015  

Je vais bientôt avoir 23 ans et autant d'années de célibat. Il y a pourtant des hommes qui me tournent autour mais à chaque fois que quelqu'un devient trop proche de moi je me met à paniquer ( stress, mal de ventre etc..). La cause de tout ça sont sûrement mes parents ils se sont séparés quand j'avais 6 ans et c'est à partir de là que j'ai vu mon père tel qu'il était vraiment: un monstre manipulateur, menteur. A chaque foi que l'on sortait avec ma mère il y avait des chances pour qu'il nous suive en voiture, quand il venait nous chercher à l'école et que ma mère était là les insultes pleuvaient, bref c'était du stress 24h/24H. De plus en CP notre prof à moi et ma sœur nous avait prises en grippes, surtout ma sœur qui a passée la majorité de ses récrés enfermée à faire des punitions, on ne devait pas dire quand des élèves copiaient sur nous parce que c'était mal de dénoncer, il ne fallait pas colorier en rose parce que le stylo rouge de la prof ne se verrait pas... De plus mon père a tenté de nous enlever à deux reprises. Depuis cette époque je n'ai aucune confiance envers les adultes et je répugne à en devenir une, je me suis renfermée sur moi même, a 7 ans je voulais déjà mourir. Pendant toute ces années ma mère a dressée un portrait peu glorieux de mon père et lui ne me dira jamais "je t'aime" ou "je suis fière de toi" et n'a pas beaucoup de geste tendre. Le seul homme qui ait joué le rôle de mon père était mon grand père maternel mort en juillet dernier, mes grands-parents paternels nous considèrent moi et mes sœurs comme la cinquième roue du carrosse, pendant des années sous étions des bonnes à rien et des faignantes et en ce moment ils sont dans une phase où ils nous aiment bien, où on existes. Maintenant mes sœurs ont leur copains, moi je reste seule avec ma peur et j'essaie de faire bonne figure en cachant toujours à ma famille les idées noires qui me viennent de temps en temps encore. Ma mère ne s'est jamais remariée et les homme pour elle sont rare car elle a peur elle aussi. Comment avoir confiance envers les hommes et s'autoriser à aimer?

claire    19 mai 2015   Strasbourg   

C'est en lisant tous les témoignages de ce site que j'ai voulut moi même parler. Je suis une personne qui ne me démarque pas énormément mais j'ai moi même eu mon passage à vide. Je n'ai jamais été très sociable, j'étais surtout extrêmement naïve et mes anciens amis on en bien profité je dois dire. J'ai mis du temps pour comprendre le monde autour de moi, mes parents ne parlent pas beaucoup des expériences de la vie et c'est plutôt difficile d'aborder certains thèmes avec eux.
Arrivée au collège j'ai cru que ça irait mieux, que ce serait un rêve mais je me suis vite retrouvé avec des personnes que je ne comprenais pas. Leurs centres d’intérêt n'était pas les mêmes, et je ne trouvait personnes pour partager les miens. Je me suis mis a devenir transparente dans le groupe où j'étais, sans pouvoir dire quoi que ce soit, je m'ennuyais, mais j'avais peur de me retrouver toute seule alors je restais. Et j'ai eu la chance un jour de rencontrer une personne qui partage mes goûts. Toutes deux nous découvrions a peine le monde dans lequel nous nous étions lancé et nous en discutions pendant des heures. Mais à ce stade (en 3eme plus précisément) je me suis retrouvé avec un nouveau problème: mes envies sexuelles. Je disais qu'il est difficile d'aborder certains sujets avec mes parents, et la sexualité est surement le plus compliqué d'entre eux. Je me suis retrouvé seule avec mes fantasmes que je pensais mal. J'étais encore "pur" et je me trouvais tordue, étrange a cause de ce que je pensais. Je ne faisais part que d'une toute partie de mes pensées a mon amie et je me suis retrouvé seule, dans le silence avec des tonnes de questions auxquelles je ne pouvais répondre. Des questions sur mon orientation sexuelles entre autre qui mon fait passé dans une longue phase de déprime où j'avais l'impression que mon cœur s'était transformé en un désert aride. J'ai longtemps traîné ce lourd poids derrière moi, je ne pouvais m'en défaire et je me contentait de faire comme si il n'existait pas.
Puis au lycée j'ai rencontré encore de nouvelles personnes partageant mes passions. Et une plus particulièrement qui à su me faire délier ma langue. J'ai pu parler avec elle de beaucoup de tabou dans notre société et je me suis rendue compte que je n'étais pas seule et que ce à quoi je pensais était tout a fait normal ou en tout cas pas si horrible et honteux que ça . A présent j'aime bien montré mon coté un peu excentrique quand je parle, je m'affirme en tout cas j'essaye. J'essaye de me prouver a moi même que je suis capable de m'assumer parce que sortir du silence n'est pas chose facile. Il a faillit me tuer mais j'ai eu la chance d'avoir des amies de confiance.
Il est vraiment très dommage que dans les familles, avec les amis et les proches des sujets soient gardés secret, cela peut faire énormément souffrir. J'ai rencontré beaucoup de personnes ayant eu des problèmes, restant dans le silence, ne pouvant pas dire ou faire ce qu'elles voulaient. Surtout, parlaient, car ont a souvent de drôles de surprises. Il n'y a pas si longtemps ma sœur a parler de sexe a table avec ma grand mère ma mère et moi, ça me faisait un bien fou de voir que nous n'étions pas si différente et de voir surtout que nous pouvions en parler ensemble. Il est difficile de parler, on a tendance a se faire rejeter lorsqu'on le fait avec la mauvaise personne, mais c'est aussi un soulagement lorsque le poids que nous portons sur les épaules peut être partagé.

Kanlhan    17 mai 2015  

J'ai toujours été un garçon manqué.
Grimper au arbres, courir dans tous les sens, taper les garçons. Quand j'étais petite, je me disais toujhours "être un garçon, ça a tellement plus d'avantages".
Je détestait les licornes.
Les mecs sont plus crédibles quand ils parlent, les mecs sont forts, les mecs sont matures alors que les filles sont stupides et superficielles.
J'étais jalouse des mecs. Alors à chaque fois qu'ils me faisaient rire, je disais qu'ils sont bêtes les garçons. J'ai eu un namoureux quand j'étais gosse. On était toujours ensemble. C'était mimi. J'ai eu un deuxième namoureux quand j'avais 12 ans, il en avais 10, on me traitait déjà de pédophile.
Je détestait les licornes et le foot.

J'ai commencé à me transformer en femme. Des seins, des rêgles. Au collège, j'évitais les filles etr leur maquillage, leurs jupes. Au fond, je voulais leur ressembler. J'étais jalouse des filles qui pouvaient se faire chouchouter par les garçons.
Je disais qu'elle sont bêtes les filles.

J'en ai eu un troisième, quand j'avais 15 ans. Je ne l'aimais pas, mais il était mon meilleur ami, et je ne voulais pas le rendre triste. On s'est séparés par message facebook trois mois plus tard et on ne s'est jamais plus parlé.

Et j'ai décidé d'arrêter de me forcer. Alors que j'avais toujours eu un petit regret, une envie d'être comme les mecs, ou co
mme les filles, j'ai voulu êtrte tout simplement moi-même. J'ai commencer à aimer les licornes, à m'habiller comme un mec, à avoir des porte-clefs roses et des boucles d'oreilles à tête de mort.

Je me suis détachée de mon sexe.
On me dit toujours que je ne suis pas une fille. On me dit que je ne suis pas un garçon non plus.
Alors quand je demande aux gens ce que je suis, il me répondent avec fatalité., haussant les épaules:
"Tu es Pastèk..."

Et c'est ce que j'au toujours voulu être.

Pastèk    17 mai 2015  

Je l'ai toujours su. Je l'ai toujours su mais je n'ai jamais osé l'avouer. Je n'ai jamais osé me l'avouer. Certe, je suis encore très jeune, et je pense avoir de la chance de l'avoir compris et accepté si vite. Mais j'ai mis si longtemps ... Quand j'ai commencée à me poser des questions, j'ai eu peur. Peur de moi. Peur de moi car les autres me rejetaient, me regardaient tellement bizarrement que je ne me sentais pas normale. Ces mots chuchotés à mon passage, ces insultes balancées au visage, ces verres d'eau renversés sur ma tête ... La vie était un calvaire, un fardeau, un boulet que je devais traîner, assumer chaque jour. Alors je l'ai refoulé. J'ai refoulé ma vraie nature. Pendant trois ans. Trois longues années à me persuader que non, cette fille n'est pas attirante, non, je ne rêve pas de l'embrasser. Puis un jour, il y a eu cette femme. Cette femme qui a tout changé. Cette femme qui, sans même le savoir, m'a donné le courage d'assumer. Aujourd'hui, j'ai compris que ce n'était pas anormal. Aujourd'hui, je l'accepte telle que je suis. Aujourd'hui, je suis heureuse.

Alors, même si cette femme sait à peine que j'existe, j'aimerais lui dire merci. Merci Kelly.

Je m'appelle Valentine, j'ai 15 ans, et je suis bisexuelle.

Chaton    21 mai 2015  

Salut à tous, je me présente : je m'appelle Floralie et je suis une "fille" de 16 ans, en classe de 1L.
Pourquoi "fille" entre guillemets ? Je l'expliquerais après. Je m'excuse d'avance pour le pavé, mais j'ai besoin de parler des choses que peu de gens dans mon entourage comprennent.
Déjà, une chose que je trouve aussi courante que scandaleuse, je subis des remarques et moqueries sur mon physique depuis le CP. J'ai toujours été assez rejetée à l'école primaire, particulièrement en CE1 où je subissais des coups montés pour m'humilier. Mais au collège, toutes les semaines j'entendais la phrase "T'es moche" et ce qu'ils considéraient comme une insulte : "Intello". Depuis que je suis en 3ème, j'essaye d'échapper à cette image d'intello coincée sans humour, mais j'ai l'impression qu'elle est collée à ma peau. En rentrant au lycée je pensais que toutes les remarques cesseraient, mais non, toujours ces moqueries sur mon physique, ce mot "moche" qui revient. Je sais que ce n'est rien par rapport à ce que d'autres ont vécu, mais c'est une chose qui me met hors de moi.
Mais maintenant que j'ai parlé de l'image que je renvoie, je vais parler de ce que je ressens. Depuis la perte de mes trois grands-parents entre février et mai 2013, je suis hypersensible. Je ressens tout excessivement, quand je ris, quand je pleure, quand je stresse, quand je suis en colère (ce qui est assez rare quand même), quand j'ai peur etc. Je suis empathique, peut-être beaucoup trop, très facilement affectée par les problèmes de mes proches (ce qui me vaut certaines crises d'angoisse). J'ai toujours beaucoup de mal à prendre une décision, je pèse le pour et le contre. Je pleure fréquemment, je ne supporte pas la sensation de faim, et je déteste les sports d'équipe. Je hais la solitude, j'en ai peur, je la fuis. Quand je me retrouve seule face à une "foule" (même une dizaine de personnes) je fais une crise d'angoisse. Je suis aussi plutôt paranoïaque, je me fais rapidement des films, je m'inquiète toujours pour rien, et là encore, des crises d'angoisse. J'ai également énormément de phobies qui rendent ma vie difficile, notamment phobie des insectes et des araignées, glossophobie, phobie des vaccins/aiguilles, peur du vide, peur du noir, peur des couteaux, peur de vieillir. Et j'ai plusieurs allergies (acariens, pollen, moutarde, et un peu poils de chats et chiens) et maladies chroniques, notamment de l'eczéma et de l'asthme. Et ça m'arrive d'avoir des prémonitions, sous forme de rêve ou de pensées instinctives. Par exemple, j'en parlais tout-à-l'heure, mais j'avais pressenti la mort des mes trois grands-parents, deux fois sous forme de rêves, et la troisième fois sous forme d'insomnies (pas dormi pendant près de deux semaines, ce qui m'est aussi arrivé en novembre 2014 juste avant la mort de mon grand-oncle). Insomnies qui m'arrivent parfois et qui me font paniquer parce que mon côté paranoïaque se dit qu'il va forcément arriver un truc. Et autre exemple pour mes prémonitions : l'été juste avant mon entrée en 4ème je m'étais créée une amie imaginaire dans ses moindres détails, et à la rentrée j'ai rencontré une fille qui lui correspondait parfaitement. Ce qui m'a valu d'être obsédée par elle pendant deux ans, de vouloir être proche d'elle, mais je n'ai jamais réussi et c'est quelque chose qui me préoccupe encore aujourd'hui. Enfin bref, tout ça pour vous dire que ma personnalité, mes phobies etc me rendent invivable et je ne sais pas comment en sortir, et ça me préoccupe énormément.
Concernant mon orientation sexuelle et mon genre, ils sont indéfinis. Je ne me sens pas totalement fille en raison des critères qui sont imposés au sexe féminin (je ne me suis jamais maquillée, je ne m'épile pas toujours etc...) et j'aurais largement préféré naître homme. Mais j'ai décidé d'assumer et d'être comme je suis, osef du genre que j'ai, je ne suis ni femme, ni homme, je suis moi. Et mon orientation sexuelle est aussi floue. J'ai toujours eu des sentiments pour des garçons, depuis l'école primaire, et encore aujourd'hui. Cependant je ne ressens aucune attirance envers le corps des hommes et je suis largement plus attirée par celui des femmes. Quand j'en parle, les gens me disent que je suis bisexuelle, et une personne m'a qualifiée de "Homosexuelle hétéro-romantique". Mais je me dis que peu importe mon orientation sexuelle, c'est pas si important.
Enfin, et certainement la chose que le moins de personnes peuvent comprendre, mon rapport avec ma mère. En fait, la seule apte à comprendre est ma soeur. Mes parents sont divorcés depuis que j'ai 6 ans, ce qui ne m'a jamais posé problème. Je suis chez ma mère le mercredi après-midi et le week-end, et le reste du temps chez mon père. Je m'entends très bien avec mon père, mais j'ai énormément de mal à supporter ma mère. Je ne supporte pas ses préjugés sur Internet, les téléphones portables et la technologie en général. Elle prétend que ça rend débile, et c'est la raison pour laquelle elle refuse d'avoir tout ça chez elle (sauf télé et chaîne hi-fi). A cause de ça j'ai eu énormément de mal à lui avouer que j'avais un portable (que je n'utilise que chez mon père du coup) parce que j'avais peur de son jugement. Elle se vexe très rapidement quand elle voit que ses filles ne sont pas comme elle. Elle ignore encore que j'utilise Internet (excessivement d'ailleurs) chez mon père parce que je n'ai pas envie qu'elle le sache, par peur de ce qu'elle va penser. Je ne supporte pas non plus sa façon d'être possessive avec nous : elle ne nous laisse pas voir nos amis, nous oblige à l'accompagner quand elle a envie d'aller quelque part, ne nous laisse même pas choisir le programme TV. Elle s'énerve facilement et dans ces cas-là, rejette toujours la faute sur nous. J'en suis arrivé à la haïr parfois. Mais je n'ose rien lui dire parce que je ne veux pas qu'elle soit triste, je sais pourquoi elle est comme ça, son désir de se démarquer et son adolescence difficile, je ne veux pas taper là où ça fait mal. Donc je ferme ma gueule, comme ma soeur. On laisse couler, on fait semblant de rien, on lui ment. Mes amis me disent que je devrais faire quelque chose, l'envoyer chier. Mais je n'y arrive pas, c'est au dessus de mes forces. Alors j'attends juste impatiemment d'être majeure et de vivre comme j'ai envie.

Merci à tous ceux qui ont lu jusqu'ici, et surtout merci Pouhiou de nous donner la possibilité de nous exprimer, sans avoir peur d'être jugé.

Floralie_Dub    19 mai 2015   Rouen   

Voilà bien longtemps que je n'étais pas venue ici, peut-être ai-je préféré croire que je n'en avais pas besoin, que m'écrire à moi-même suffirait...
Seulement voilà, aujourd'hui est un jour un peu particulier (sans que cela concerne noël) et j'ai besoin d'en parler sans pour autant y parvenir. Pourtant mes amis sont au courant de mon état (et l'un d'entre eux suis même mon "évolution" depuis mars!), mais je ne peux me résoudre à leur dire ceci. Alors je vais user de l'anonymat de ce site qui me permet d'avoir l'impression de parler, mais sans en subir la moindre conséquence.

Aujourd'hui nous sommes le 25 décembre et ce jour a désormais une autre signification que noël pour moi. Désormais, il représente également le jour le plus précis que je puisse désigner comme le premier de ma dépression. Aujourd'hui c'est sûr: ma dépression dure depuis au moins un an, et le 5 janvier précisément (je l'ai noté) cela fera un an depuis que je me suis dis pour la première fois que je désirais mourir. Et alors que cette pensée m'avais terrifiée à l'époque, aujourd'hui elle est devenue une pensée des plus ordinaire pour moi...

Un an déjà et je me sens à bout. Comment font ceux qui supporte cela 10 ans? Je suis déjà usée et las d'exister... Survivre n'est pas une façon de vivre.

Un an déjà, le temps qui passe n'a plus de sens pour moi, j'oublie que sa course existe. Le temps et si long et si inexistant lorsque l'on se détruit.

Ythlingas    25 décembre 2017   Besançon/Lyon   

Bonjour, j'ai 19 ans, je suis lesbienne et j'aime les animaux mignons, autrement dit, j'aime les chattes et les chatons.
Je n'ai pas grand chose à dire en fait, j'avais juste envie de parler ( " de briser le silence " ) et tout simplement de dire sur internet ( anonymement ) ce que je ne dis pas souvent devant des inconnues, ce que je suis, je suis une fille, normale, lesbienne qui aime les animaux mignons.
Et ça fait du bien :)

PADE    17 mai 2015  

#CulPouhiou : des chroniques vidéo où l'on parle sexe, corps et sexualités sans fard ni jugements.

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