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17 mai 2015

Journée mondiale de lutte contre l'homophobie, la lesbophobie, la biphobie, la transphobie
Nos silences sont déjà un jugement

Pour ne plus que le silence tue, ce site vous propose de libérer la parole

Témoignez ici de moments où le silence fut lourd, pesant, mortifère...

... Ou profitez-en pour dire ce que vous aimez, êtes et vivez, pour dire ce que l'on ne dit jamais, ce que vous aimeriez entendre plus souvent autour de vous.

Briser le silence

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Vos témoignages

Briser le silence

J'avoue j'ai eu du mal... Quand j’étais petit a la maison on ne parlais pas d'homosexualité, en faite on s'en fichait. Chez moi on as toujours étais très ouvert. On parle de tout sans tabou, sans idée toutes faites. Je ne pense jamais avoir entendu, chez moi, "Les homos ils sont quand même bizarre !" Non, mais je n'avais jamais entendu non plus de "bien", ont étaient indifférent. Mon père avais toujours cette phrase "Moi l'homosexualité je m'en fiche du moment qu'on me l'impose pas" (sous entendu ils font ce qu'il veulent du moment qu'il essaie pas avec moi). Je n'ai donc pas vraiment hésité a leurs parler quand j'ai compris ma pansexualité. Il faut dire un matin je me suis réveillé pas très frais avec un homme et une femme dans ma chambre. Ma mère les as vu partir et m'as dit "Tu t’embêtes pas mon salaud" ensuite elle a explosé de rire. J'avoue moi aussi j'ai ris. Il y avais un soulagement mêler a un rire franc. J'ai caché cela quelques années j'avoue, la peur de leurs réactions me faisais me taire. Je l'ai compris le jour ou j'ai rencontré un ami et sa copine ne sachant plus lequel des deux je trouvais le plus attirant. Le soir même je rentrais chez moi et me regarder dans un miroir en me parlant "Dis moi toi ! Fille ou garçon ?" J'ai réfléchis posément deux minutes en me regardant dans le blanc des yeux... "Les deux mon capitaine!" Avant de sourire. C'est marrant comme ça fait du bien de se l'avouer.
Plus tard dans ma vie il y a quelques années j’étais en couple mais je ne me sentait pas forcement bien, comme oppressé. Puis j'ai rencontrer des personnes et je suis tombé amoureux de tout le monde. Je l'avoue aujourd'hui a tous ceux qui m'ont connus (qui ne me reconnaîtrons surement pas) mon amitié pour vous était au moins aussi forte que l'amour que j'avais (et que j'ai encore) pour vous. Parce que oui j'aime tout le monde et je me surprend a aimer de nouvelles personne tout les jours ! Parce que oui vous avez un truc qui me fait tomber, je suis tomber amoureux d'une nuque; d'une lèvre; de deux yeux qui savais me regarder; d'un menton qui ressortait un peu trop; d'une voix grave; d'une voix moins grave qui était douce; d'une personnalité qui me plaisait; d'un cerveaux surement inaccessible au mien; d'une main qui se relevais bien trop douce; d'un cul; d'un pénis; d'une paire de seins parfaitement asymétrique; d'une paire de seins parfaitement symétrique; d'un regard échangé a la base qui m'as donné envie de vous parlez; d'une putain de langue qui a claqué; d'un sourire que je vous avez provoquer ! De tout ça et plus encore ! Alors oui je vous aime tous et je vous aimerez encore plus tard ! Je n'oublie jamais personne c'est ma malédiction... sachez que si un jour vous vous sentez mort, vous vivez encore dans mes pensées, parce que chaque jour j'ai une pensée pour chaque personne que j'ai connue ! J'aime tout le monde et j'ai n'importe qui ! Certes ! Mais vous savez quoi ? Je le vis bien ! Surement mieux que certains hétérosexuel qui se cantonnent a cette idées parce que ça fait pas bien d'aimer plusieurs personnes, ou quelqu'un du même sexe que sois ! Alors oui a table maintenant on me fait des petites blagues homophobes, mais je sais que c'est uniquement pour rire parce que mon entourage est ouvert et mon entourage est compréhensif ! Je suis désolé ça fait mec qui étale son bonheurs mais parfois ça fait du bien vous trouvez pas... A charge de revanche je lirez tout les témoignages.

Gabriel Bismuth    17 mai 2015   Paris   

Je suis Nino, Léa d'État civil. J'ai 17 ans, et je suis transgenre, depuis maintenant 1 an. Aussi loin que je me souvienne, j'ai toujours été attiré par les filles. Je viens d'une petite ville peuplée en grande majorité de catholiques (et d'intolérants). Autant dire que rien n'a jamais été facile. Dès la primaire, on me crachait déjà des “ sale lesbienne ” au visage. Je n'avais rien fait pour, je ne suis même pas sûr que les autres enfants aient connu le sens du mot. Moi-même je ne le connaissais pas. Mais il fusait entre tant d'autres insultes qu'il passait inaperçu. Un soir, j'ai demandé à ma mère ce qu'il signifiait, et quand elle m'a expliqué, je n'ai pas compris. Je n'ai pas compris pourquoi lesbienne était pour ces enfants cruels un mot aussi méchant que pute ou salope. Je ne comprenais pas ce qui était mal dans l'homosexualité. Mais l'école primaire s'est terminée, et je suis entrée au collège. C'était dur, je n'ai jamais été sociable, j'ai longtemps été l'inconnue du fond de la classe, celle dont même les professeurs oubliaient le prénom, voire l'existence. J'ai entendu les gens autour de moi parler de ces “ connards de pédés ” et de ces “ salopes de lesbiennes ”. J'ai grandi dans la hantise que quelqu'un découvre mon secret. Malheureusement, c'est arrivé. On ne m'a jamais frappée, on ne m'a jamais affrontée de face à ce sujet. Mais les rires moqueurs, les bousculades, les regards noirs... ça, j'ai connu. Je suis tombée amoureuse d'une fille, et j'ai fini par le lui avouer. Ça a été le vrai début de la fin, je suis tombée dans une spirale de désespoir, d'idées noires, de mort... Et l'on n'avait que ces regards douloureux à m'offrir. Aucune parole, aucun mot. Et le silence, on ne le dira jamais assez, tue. Quand j'ai avoué à mes parents (notez qu'on dit souvent “ avouer son homosexualité ”, comme si c'était un crime), ils sont restés de marbre. Et leur silence m'a tuée. Jusqu'au début du lycée, ma vie a été un enfer de silence ou les seuls mots qui régnaient étaient des insultes. Puis au lycée, je me suis un peu libérée du carcan de silence qui me tuait. J'ai commencé à parler plus, de tout, de rien... Puis de moi, de mon histoire. On m'a parlé aussi, j'ai pris conscience de ma personne et je me suis développé en temps que Moi. Je n'ai jamais souhaité être une fille. J'ai commencé à parler de ce mal-être, on m'a parlé de solutions, on m'a fait comprendre qu'on m'accepterait pour ce que j'étais au fond, et peu importe le “ packaging ”. J'ai rencontré une fille, j'ai rencontré l'amour, j'ai rencontré des tas de visages souriants, de mains tendues. Parce qu'enfin, j'avais su sortir du silence.
C'est possible de se reconstruire après les épreuves qui nous détruisent, c'est toujours possible. Il faut parler, parler encore, parler toujours, à ses proches, ses amis, aux inconnus sur des forums, peu importe, il faut parler, trouver le courage d'être soi-même, de clamer haut et fort qui l'on est. Ça finit toujours par payer. Et même si ça ne protège pas de tout, même si ça ne rend pas la vie toute rose, ça la rend au moins plus légère, et ça, ce n'est pas négligeable. Ça sauve des vies. Ça a sauvé la mienne.

N°604    18 mai 2015   Vitry en Charollais   

Dans deux semaines je vais dire à mes parents que je veux changer mon corps, que je suis transsexuel. Je meurs de peur. Je n'arrive même plus à dormir.

@221Bee_Prince    30 mai 2015   Toulouse   

Etant petite, je me demandais ce que j'étais, si j'étais vraiment une fille.
Je courais plus vite que les garçons, je me battais, parlais comme eux, sans doute avec trop de franchise... J'étais plus vive que mes frères. Pour la plupart des gens, plus masculine qu'eux.
Ma mère voulait (et veut encore) me faire porter des robes, du vernis, des jupes, et j'acceptais parce que c'était ma mère... Mais je ressentais inévitablement cette sorte de gêne, comme l'impression d'arriver à une soirée déguisée sans que ce soit vraiment moi. Sauf que ce n'était pas une soirée, juste l'école.
C'était étrange... J'étais fière d'être comptée parmi les garçons lors du sport, mais me sentait mal en même temps. Parce que j'étais une fille après tout, non? Du moins, c’est ce que clamait mon visage de poupée et mes organes génitaux.
Par ailleurs, j'étais l’enfant modèle: très scolaire, serviable, polie et obéissante.
Mais... Un peu trop casse-cou. Qui ouvrait un peu trop sa bouche sur des sujets d' "adulte".
On voulait que je me taise, que je sois plus féminine.
J'ai accepté la première partie, un peu la seconde ; et je me suis tue.
Je me sentais mal parmi les enfants du collège, et ils me le faisaient bien sentir à coups d'insultes ou de pied dans le ventre. Mais je me taisais.
Pareil pour le sport que je pratiquais à l'époque.
Après tout, j'étais tellement casse-cou et imprudente que mes bleus ne pouvaient que venir de là... non?
Les seules conversations qui me faisaient me sentir bien étaient avec les adultes; mais on m'avait retiré le droit d'y participer.
Alors je parlais avec moi-même. Il y avait plusieurs voix dans ma tête et je leur répondais, parfois à voix haute quand j'étais seule. Elles étaient toutes différentes, toutes avec des caractères différents... Je crois qu'elles ont été mes premières amies.
Je suis devenue lunatique
J'étais la fille garçon manquée bizarre; folle.
Et je ne ressentais aucune attirance envers personne, mais ce n'était qu'une phase, ça aussi. Un problème d'immaturité. Et de toute façon, j'étais forcément hétéro.
Le temps a passé, la phase s'est prolongée. Arrivée au lycée, j'étais toujours une gamine. Toujours avec les cheveux coiffés à la va-vite, long parce que ma mère ne voulait pas que je les coupe, sans maquillage, en jean T-shirt trop large... Je détestais voir mes formes apparaître; j'avais peur de devenir une femme alors que je n'étais pas certaine d'en être une.
Toujours avec mes conversations solitaires et l'asociabilité qu'on m'avait appris à cultiver.
Je ne sais toujours pas ce que je suis aujourd'hui. Je me sens plus que mon âge dans ma tête, mais rien ni personne ne m'attire.
Le porno me laisse de marbre, les relations sexuelles (de tout type) me paraissent normales... Pour les autres.
Pour moi, il s'agit simplement d'un monde différent. Inenvisageable.
Ma mère pense que les garçons homosexuels ne sont pas de vrais hommes, qu'il en est de même pour les filles. Elle et mon père ont qualifié le transsexualisme d’ « égocentrique », en disant qu’on ne savait plus quoi inventer.
J'ai ouvert la bouche pour la première fois depuis longtemps, et ai violemment débattu avec eux.
Ma mère a fini par me dire de me taire, puisque de toute façon, je n'aurais jamais les tripes de combattre pour cette cause.
Ah, maman… Si tu savais comme tu as tort. Mais tu ne veux pas savoir. Puisque je dois me taire. Arrêter de jurer. Me maquiller, porter des robes, être féminine, me trouver un copain et baiser avec.
Tu n'as toujours pas compris que tout cela n'arrivera jamais. Parce que la personne que je suis est peut-être une fille, et peut-être pas. Et parce que je suis asexuelle, que je l'ai toujours été, et que je le serai probablement toujours.
Car oui, contrairement à ce que ma famille pense, l'asexualité existe; et ce n'est ni une phase, ni une maladie.
Je ne sais pas vraiment si le silence tue, parce qu’il m’a façonnée d’une certaine manière…
Le silence m’a rendue forte, parce qu’aucune parole n’est plus dure à encaisser que celle à laquelle on nous interdit de répondre.
Le silence m’a rendue forte, parce que si ma bouche est close, mon clavier et le clic de ma souris parlent ; et je me bats pour tous ceux qui pense qu’une fille devrait être comme ça, qu’un homme ne devrait pas faire ceci, qu’une orientation sexuelle est anormale.
C’est dans le silence que je me suis battue contre la violence qui bouillait en moi, en la lâchant la plupart du temps contre moi-même au lieu des autres, en faisant couler mon sang.
Mais pas tout le temps. La seule fois où j’ai lâché prise et où mon corps a agi pour moi, à coups de poings et de rage, m’a sans doute sauvé la vie ; et il m’est impossible de le regretter. Mais y repenser me blesse.
Je crois que le silence est une souffrance, mais que ce qui ne tue pas rend plus fort ; et le silence m’a rendue forte d’une certaine manière.

Hk    17 mai 2015   MyHeadIsBurning   

Etant de la vieille garde (flirtant avec une crise de la quarantaine qui a achevé de tuer mes fantasmes de retour à la fac en tant qu'étudiant parmi les autres, jeune parmi les jeunes, mais c'est une autre histoire), j'ai connu les moments de gène des premiers émois érotiques devant la Playmate du Samedi Soir chez Colaro, au moment du repas, sous les yeux de parents ni coincés ni particulièrement à l'aise avec la chose (ayant chacun leur bagage de traumas que l'ouverture du dialogue adulte entre eux et moi m'aura permis de comprendre bien plus tard).
Mais surtout, j'ai connu le porno à une époque où celui-ci n'était pas banalisé, voire tout le contraire, et à un âge qui mettrait à mal même le jeune contemporain.
J'avais autour de six ans, huit tout au plus. Le grand frère de ma voisine, un "grand" de 13 ans, enregistrait en cachette les films du samedi soir.
Un jour où ce dernier avait oublié la cassette dans le magnétoscope, la voisine et moi, en l'absence des parents, avons découvert ce que faisaient les grands.
J'ai ainsi connu mon premier orgasme à sec (les rêves "humides" ne vinrent que plus tard, et sont restés ponctuels avant mon adolescence) en reproduisant ce qui nous était montré à l'image, grâce à une maladroite fellation et un frottage entre les fesses de la voisine, ne comprenant pas la mécanique de la pénétration.
La voisine s'est lassée avant moi, et je suis resté dans le salon à regarder le film jusqu'au bout, une fois nos ébats prépubères arrivés à leur terme et que ma comparse m'ait aidé à fermer le bouton de mon pantalon, étant incapable de le faire moi-même.

Et c'est au générique de fin que tout bascula dans l'horreur. Car au cours du film, aucun orgasme ne vint troubler l'excitation et la possibilité d'identification avec ces situations certes surréalistes mais en même temps infantilisées, les fantasmes de regarder sous la jupe des filles, de se frotter, de jouer à un touche-pipi autrement plus frontal, mais néanmoins pas éloigné des élans de découvertes des enfants entre eux.

Par contre, ce générique final était une compilation de TOUS les orgasmes du film, éjaculations massives de sperme épais et opaque sur diverses parties du corps, toutes mises bout à bout.
Encore aujourd'hui, au risque de paraître ridicule, j'ai un écoeurement des produits laitiers, de ma crème anglaise en particulier, et pendant des années, même après la puberté, le trauma, si bénin soit-il, déclenchait des haut-le-coeur devant la crème anglaise, voire des vomissements si je tentais audacieusement de goûter au plat.

Les "grands" m'ont parlé de "jute", et je trouvais le mot écoeurant, mais ils ont refusé de m'en dire plus, ce qui fait qu'au bout d'une série de jours de malaise, j'ai fini par demander à ma mère ce que c'était que la jute.
J'ai eu droit à La Discussion, au final très honnête et sans trop de pudeur, mais impossible de réconcilier les dessins de spermatozoides flottant dans cette mer interne représentées dans le livre d'éducation sexuelle avec ce liquide opaque, brutal, qui sortait d'un endroit dédié au pipi et au tripotage. Impossible de réconcilier les caresses suggérées de l'acte de reproduction, toute cette mécanique amoureuse et les coups de butoir du film.

Si aujourd'hui, tout ça doit paraître carrément désuet à un Fils du Présent baignant en pleine culture de l'image, de l'accès permanent, encore une fois, je le répète, l'impact des images qui passerait aujourd'hui pour anodines était violent, et a évidemment été très mal vécu car inscrit dans un contexte où le vent de liberté post soixantehuitarde se tarissait doucement, et où apparaissait cette dichotomie entre une image de plus en plus libre, un accès à l'information couplé à un jeu de rediffusions télévisuelles qui préfiguraient, un pas après l'autre, l'apparition de l'immédiateté de l'image, et l'absence totale de contrôle sur celle-ci, d'éducation à celle-ci, dystopie Debordienne par excellence.

Mes parents concernés en firent les frais, n'imaginant pas qu'un gosse de moins de 10 ans puisse tomber par erreur, animé par la simple curiosité propre à son âge, sur des images qui pourraient le traumatiser, si léger ce trauma soit-il.

toma    18 mai 2015   Ars sur Moselle   

j'ai 23 ans le mois prochain, et je suis vierge. Au lycée, tous mes potes ont eu leur première fois, et je suis devenu le vilain petit canard qui ne l'avait pas fait; "oh la hooooooonte" me disait-on... Même mon petit frère sans me le dire, lui qui l'avait fait, me regardait de haut. Alors j'ai fait une connerie, et une grosse: mentir...
un mensonge, puis un autre, et encore un... la spirale sans fin.
j'ai déprimé, puis je me suis coupé, brûlé, drogué, jusqu'à essayer de me suicider, 3 fois.
Depuis le 6 décembre je vais mieux, entre autres grâce à VB, et je vis, et surtout; j'assume.
Merci Pouhiou, on s'est vu au Bar ce Week End, je te l'avais dit, tu m'as répondu ce que j'avais besoin d'entendre; et encore, je m'en veux de te l'avoir dit à l'oreille, j'aurais du le dire à haute voix. Merci.

KanekiKl    18 mai 2015   Boissy le cutté   

Le silence tue. Peut être que je devrais commencer par dire ça. Peut être que ce que je vais dire n'a rien à voir avec la véritable thématique du silence tue s'il y en a une. Mais ce qui m'ait arrivé provient de mon silence. Dans mon enfance (car je n'ai pas de date précise) je ne sentais pas moi même. Comment je dois réagir ? Qu'est ce que je dois faire ? telles étaient mes questions quand les trois frères du village s'en prenait à moi. Au début ce n'était pas des coups que je recevais mais bien des paroles, des insultes, et les mots sont puissants. Ils me traitaient de "pd" bien que je ne connaissais rien à la sexualité, j'étais encore innocent, à chaque fois qu'une scène érotique passait à la télé je devais détourner le regard. Mais contre ces insultes je ne faisais rien, je me taisais, j'avais peur. Peur de ces trois frères, dont l'un avait 5 ans de plus que moi, j'avais peur qu'ils s'énervent et que les coups fusent. Donc je me suis tue. Puis les insultes ont changés, c'était devenu des moqueries sur ma couleur de peau. Je suis bronzé, mi-péruvien mi-français. Encore une fois je me suis tus, par peur de représailles. Mais le pire dans ça c'est que mes amis de mon village se taisaient quand je subissais ces insultes. Et puis c'était le bouquet quand mes amis ont grandit, ils ne se sont plus tue. Ils se sont ralliés aux trois frères pour se moquer de moi allant jusqu'à des fois s'amuser a me donner des coups de pied visant mon bas ventre. Je ne voulais toujours pas me battre, donc je me suis tus. Le silence tue. C'est à partir de là que je me suis enfermé chez moi, je ne sortais plus, je n'avais plus aucun contact avec l'extérieur hors scolaire. Je restais devant la télé, devant l'ordinateur, devant mes devoirs. Je ne sortais jamais. Pourquoi devrais-je employer l'imparfait maintenant ? Cela dure encore aujourd'hui. Le silence tue. Je me suis créer un cocon dans ma chambre, j'ai commencé à devenir...ça me coûte d'en parler mais il faut le faire. J'ai commencé à imaginer, le monde, mes relations jusqu'à ce que je crois en cela, je ne savais plus différencier le rêve de la réalité. Je me suis tus, jusqu'à une ultime engueulade que mes parents avaient l'habitude depuis mon enfance, j'ai demandé à voir un psychologue. Je lui ai tout dit et avec son aide je me suis guéris, je continue à prendre un médicament neuroleptique mais je me sens mieux dans ma peau. Alors la parole guérit.
Cependant tant que nous acceptons le silence, nous nous tuons. Cette année j'ai fait la connaissance d'une fille qui a voulu entamer une relation avec moi. Nous l'avons donc entamer mais elle ne voulait pas que les gens le sachent donc nous nous sommes cachés, même si on voyait qu'il y avait quelque chose, je devais me taire. On m'avait conseillé de ne pas engager une relation avec elle, j'aurais du les écouter. J'ai découvert qu'elle avait une relation avec un autre du lycée en même temps, disons que j'étais arrivé après. En me taisant tout le long les personnes qui ne savaient pas ont décidé de me harceler à chaque cours pour avoir ce qui se passait, et à chaque question je me taisais plus encore. Mais le pire c'est que la fille en question a raconté à ses amies que c'était moi qui l'avait détourné du droit chemin (alors que c'est elle qui est venu vers moi). Du coup les amies à la fille ont répandu cette rumeur faisant de moi le fautif, le monstre qui a cassé une relation (alors que j'ai découvert qu'il y en avait eu 4 autres avant moi alors qu'elle sortait avec un mec du lycée). Et je me tais encore. Plus je me taisais, plus le silence est tenace. J'aimerai tellement que la vérité surgissent mais que ce soit la fille qui la dise. Mais c'est impossible, alors ma blessure grandit peu à peu, et le silence avec lui. Le silence tue. Mais la parole guérit.

M_Polo    17 mai 2015   Grasse   

Apparemment, je serais une fille.
Je ne suis pas d'accord.
j'ai essayer alors d'être un garçon.
on m'a coller le pronom "il",
pour me faire mal.
Ça a marcher.
Je ne suis pas non plus un garçon.
J'ai 24 ans.
Je ne sais toujours pas ce qui je suis.
un homme?
une femme?
Pourquoi ai-je se besoin de me coller une étiquette?
je suis un être humain.
cela ne me suffit pas.
il y a autre chose...
mais quoi?
Qui suis-je?
parfois je paraît homme,
parfois je paraît femme.
On me reproche de ne pas être assez féminine.
On me reproche de trop l'être...
Une seule question,
aucune réponse.
Car le silence tue,
mais le silence est maître.

Rutabaga    30 septembre 2015   Silent town   

J'avais 4 ans, je lui tenais la main. Juste pour jouer en fait, on ne s'aimait pas, on ne savait pas réellement ce qu'était l'amour.
Il s'appelait Mathias, il voulait juste jouer aux adultes en me tenant la main.
J'acceptais, je trouvais ça marrant.
Un jour sa maman est arrivée dans sa chambre, outrée, elle nous a séparés.
On lui a demandé pourquoi on ne devait pas faire ça, elle nous a dit mot pour mot « Parce que deux garçons n'ont pas à se tenir la main, c'est pas normal de faire ça ».
Pas normal…
Mathias a déménagé depuis.
Un jour, j'ai rencontré un garçon, on s'est d'abord vu 2 ou 3 fois et puis un jour, alors que j'allais monter dans le train pour retourner chez moi, il m'a pris dans ses bras et je l'ai embrassé, comme ça sur le quai de gare.
Des gens souriaient, d'autre ont préféré prendre l'autre wagon…
Et puis un jour, il a pris le train avec moi, on se tenait la main. 2 réactions en face de nous : le sourire d'un monsieur avec un signe de tête approbateur, et la dame à côté, outrée, qui nous a demandé d'arrêter.
On s'est tenu la main, encore.
Puis en descendant du train, on se tenait encore la main, et là deux gars nous ont craché dessus.
Puis on s'est dit qu'on allait continuer comme si de rien n'était. En fait, il n'y a réellement rien de spécial, on s'aime juste.
Et puis j'ai fait une dépression récemment parce que je gardais ce secret pour moi, personne ne sait que j'aime les garçons, à part ma meilleure amie à qui j'en ai parlé… Et le silence tue réellement, j'ai tenté de me suicider il y a 2 ans. Je connais des gens qui se sont suicidés parce qu'ils n'ont pas parlé.
Alors je parle. Coucou, j'aime les garçons, et les filles aussi, je suis bi, et je fais ce que je veux.

NJV    21 juin 2015  

Je pensais que mes soucis s'envoleraient avec ma première séance chez le psy. Résultat je suis déprimé, je n'avais pas besoin de ça, pas besoin qu'on ébranle mes certitudes, qu'on m'analyse, qu'on dramatise. Je me rend compte maintenant que mon malheur était assez superficiel, j'aurais dû lui dire...

P.    2 novembre 2015   Paris   

#CulPouhiou : des chroniques vidéo où l'on parle sexe, corps et sexualités sans fard ni jugements.

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