La vidéo

Cette vidéo est placée dans le domaine public grâce à la licence CC-0.
Toute diffusion, utilisation, modification ou adaptation est Libre.

Découvrir la Fédération des associations et centres LGBT de France, ses campagnes d'information et ses actualités.

17 mai 2015

Journée mondiale de lutte contre l'homophobie, la lesbophobie, la biphobie, la transphobie
Nos silences sont déjà un jugement

Pour ne plus que le silence tue, ce site vous propose de libérer la parole

Témoignez ici de moments où le silence fut lourd, pesant, mortifère...

... Ou profitez-en pour dire ce que vous aimez, êtes et vivez, pour dire ce que l'on ne dit jamais, ce que vous aimeriez entendre plus souvent autour de vous.

Briser le silence

Votre email ne sera pas publié

HTML: a p br i em strong q h1-h6

Verification Captcha
This input should not be filled out

* = Obligatoire

Ajouter une photo?

Vos témoignages

Briser le silence

Quand je devais avoir environ 12 ans, que j'étais encore une enfant, je ressentais déjà une attirance envers les filles, ainsi que les garçons, quand j'en parlais, les gens rigolaient, mes "amies" partaient, je pensais que ils avaient juste pas envie de savoir ça, mais non, ils avaient peur, peur de quoi? Je ne sais toujours pas.
Dès que j'en parlais à un adulte, il me regardait froidement. Plus tard, quand je devais avoir environ 15 ans, j'en avais aussi parler avec mes amies de l'époque, eux aussi avaient peur. Là, tout avait empiré. Dès que j'en parlais à un adulte, il se moquait, me reprochais des choses que je ne comprenais pas encore, on me disait "Mais plus tard, tu te reproduira comment si tu es avec une femme?" ils pensaient qu'une femme doit obligatoirement avoir des enfants et que j'étais juste folle, totalement folle. Dans mon établissement, on me harcelait parce que je sortais avec une fille, c'était ma première copine qui est maintenant ma femme, on me frappait, on m'insultait, on m’humiliait, je suis tombée dans une énorme dépression, mes parents avaient découvert que j'étais en couple avec cette fille, ils ont voulu que je coupe tout contact avec elle, ils m'ont cru folle, eux aussi.
Il m'aura fallu 6 ans environ pour sortir de cette dépression, j'ai à présent 22 ans, je suis mariée avec une femme, je suis pansexuelle, et ça ne la dérange pas, j'ai des amies des vrais, et je suis enfin heureuse.

Satchiia    17 mai 2015  

J'ai peur. Peur de perdre l'amour de ma vie, aujourd'hui dans une autre ville pour quelques mois dans le cadre de ses études. Avant son départ, on était inséparables, on se voyait tous les jours, quand je dormais chez moi elle était forcement là, quand elle dormait chez elle j'étais à ses cotés. Son départ pour la capitale m'a fait grandement souffrir. Je ne l'ai vue que deux courtes fois en trois semaines, ce qui est assez me direz vous, pas pour moi. Son absence a fait grandir en moi une niaiserie me poussant à lui dire chaque jour mon amour sous forme de petits mots, des photos, ou des idioties. Le problème, c’est que je l’empêchais de respirer. Le fait qu’elle ne soit pas avec moi lui avait donné l’envie de respirer, de sortir, de visiter des endroits inconnus. Elle passait sans arrêt son temps libre avec des gens qu’elle avait rencontré sur place, des garçons principalement. Elle me dit clairement qu’elle se sentait oppressée, que je m’imposais trop souvent, qu’elle ne se sentait pas libre avec moi accroché à sa jambe à distance. Elle ne me répondait quasiment plus. Une seule discussion de dix minutes m’emplissait de bonheur car je devenais habitué à beaucoup moins. J’ai peur de la perdre, peur qu’elle se lasse, peur qu’elle tombe amoureuse d’un autre, peur de l’abandon, peur de la trahison, et j’ai surtout peur de moi-même. C’est moi qui alimente toutes ces peurs, ces inquiétudes et cette jalousie. Je vis dans la peur et l’inquiétude, et je devrai les supporter jusqu’à ce qu’on se revoie.

Cactus    20 mai 2015  

Morgan.e, 15 ans, viens d'entrer au lycée.
Je suis biologiquement une fille, mais j'ai souvent l'envie qu'on me parle au masculin, qu'on me donne un nouveau prénom ou qu'on retire tout simplement le "e" à la fin du miens. Ma mère est au courant, mais ne me prend pas au sérieux. Je suis, d'après elle, trop jeune pour avoir une opinion et cette idée "folle" finira par me passer. Je ne suis pas en train de dire que je resterai un homme pour le restant de ma vie, je voudrais juste que l'on me considère de temps en temps comme tel. Ça me passera ou non, tout ce que je veux c'est vivre pleinement l'instant actuel sans trop me poser de question sur l'avenir. Je veux juste être heureux. Pour ce qui concerne mon père, c'est beaucoup plus compliquer. Il ne comprend rien et, pire, il ne veut rien comprendre. Il a pleurer quand je lui ai annoncer que j'étais peut-être un homme, et il en a parler à beaucoup de monde dans son entourage. Ça m'a beaucoup touché car j'estime que c'est ma vie privée et qu'il a déjà de la chance d'être au courant au vu des relations très mauvaises que nous entretenons lui et moi. Pour moi, il n'avait pas à tout balancer aux premiers venu pour se plaindre de sa "fille" qui lui mène la vie dur.
J'avais, au mois de Mai de cette année, trouvé un superbe endroit où aller. Le Centre Gay Bi Lesbien Trans de ma ville, qui se réuni tous les mercredi soir. C'est une soirée très conviviale où l'on peut parler de nos problèmes ou, au contraire, de ce qui va bien dans nos vie. Aucun jugement ne peut nous être porter là-bas, nous sommes tous plus ou moins pareil. Mais très rapidement, ma mère m'a retirer l'autorisation d'y aller. Elle ne veut pas, je cite, que je traîne avec des dégénérés dans ce genre. Je n'ai plus d'endroit ou me confier, je n'ai plus la possibilité de voir les premiers vrai amis que je me suis fait, en bref je me sens perdu. Je ne sais plus où trouver le peu de réconfort que je demande.

Morgan.e    13 septembre 2015   Rennes   

Bon, à mon tour. Je m'étais dit que j'attendrais d'avoir tout lu, mais il y a beaucoup de témoignages et j'ai vraiment besoin de me lâcher. Je lirai tout, cependant, promis. Je préviens: ce message sera long.
Donc. Je suis une fille de 15 ans, bientôt 16, merde! Et déjà il me faut dire que j'ai toujours été un peu en marge, sujette aux regards et au remarques pas toujours sympas, depuis l'élémentaire, et pour des raisons diverses.

Durant toute mon élémentaire donc, je suis cette fille vraiment très naïve à coupe au carré et lunettes ovales, qui aime lire, a des bonnes notes, ne fait pas gaffe à comment elle s'habille parce que sérieusement on s'en fout les gens, et vit dans son monde un peu tout gentil tout rose, sans avoir vraiment conscience que es gens sont pas tous si gentils que ça. De mes 6 à mes 10 ans à peu près, je m'en prends pas mal dans la gueule dans la cour de récré. On ne m'a jamais frappée. Mais on me manipule (souvent, plusieurs personnes différentes). On se moque, ça tend vers les insultes des fois. "Intello", "pleurnicharde", "t'es trop dans ton monde de princesses", "t'es conne". Je pleure régulièrement, sans pour autant me considérer comme malheureuse. J'ai quelques amis, une famille géniale, j'aime la vie. Mais pendant certaines périodes je me souviens redouter les récréations.
À cette époque je n'en ai rien à faire des non-hétérosexualités. La mère d'une amie est lesbienne et ça ne me dérange pas du tout, les personnages gays dans les films ne me choquent pas particulièrement. Il faut dire que mes parents ont fait le taf de ce côté là.

Arrivée au collège. Cheveux plus longs, plus de lunettes, je me débarrasse un peu de mon apparence de petite fille modèle. Mais je découvre une autre forme de discrimination. Alors qu'en primaire on me foutait plus ou moins la paix quand à mes fringues et ma tronche, ma sixième me met les points sur les i très vite. Des grands, des grandes surtout me toisent dans les couloirs, se marrent en me voyant ou chuchotent en me pointant du doigt. "Waaah. Quelle coupe élégante jeune fille! Pfffff...", "Ha lol un sac Quechua, le vieux truc quoi!", "Euh, c'est quoi cette robe par dessus ton pantalon?...". J'apprends sur le tas que je dois faire un choix entre mon intégrité et ma réputation. Ce choix m'en fera baver et je le sais, mais je choisis l'intégrité et j'apprends à n'en avoir rien à foutre du regard des autres, encore plus qu'avant. Dans la foulée, la relation entre mes parents se dégrade, mon cocon familial tout joli, musical et baigné de lumière dorée s'effiloche, devient gris, froid, silencieux. J'expérimente le Silence, ennemi jusque là inconnu. En l'espace de quelques mois, je gagne en maturité et je me blinde comme je peux, parce que c'est ça ou sombrer. Première vraie période difficile de ma vie.
Ils finissent par se séparer juste après mon 12e anniversaire. Je ne pleure pas, parce que je le savais et parce que je me dis que ça doit être mille fois plus dur pour eux, surtout pour mon père. Je me tais, j'accepte la garde partagée, pour eux, et parce que ça ne changerait rien que je pète un cable.
Je passe ma cinquième à encaisser et à me chercher. Je me forge un look. Au collège, on me dit moche, plate, chelou, on m'appelle, pas toujours gentiment, la hippie, mais moi j'aime mes pulls bariolés et mes jeans larges, donc je décide que l'opinion publique peut aller se faire foutre. (et en parallèle je découvre doucement la masturbation, oui oui)

Début quatrième, nouveau chamboulement, je perds ma meilleure amie. Elle n'est pas morte, non. Elle a changé d'école, et un après midi où on est sensées se voir, sa mère m'appelle, me fait un discours de plusieurs minutes. Elle ne veux plus que je vois sa fille. Elle a "toujours fermé les yeux sur mon côté insolente", mais c'est fini. Me voyant en larmes, mon père prend le téléphone. Il me dira que d'après ce qu'il a compris, il est possible qu'elle ait cru que j'avais des sentiments pour sa fille. Je tombe de haut. Quoi, parce que je dessine aussi bien des homos que des hétéros, je suis lesbienne? Cette idée ne m'avait jamais traversé l'esprit. Et puis me revient le souvenir d'une nuit quelques mois plus tôt, où cette amie avait dormi chez moi. Où on avait "joué à faire l'amour". Rien de réellement sexuel, c'était pour le délire, pour le jeu. On s'était frottées un peu l'une à l'autre, elle avait un bas de pyjama, j'étais toute nue mais on prenait notre bain ensemble depuis nos 4 ans, quel était le problème? Suite à cet appel, j'allais avoir honte de cette nuit pendant longtemps, et je n'en ai jamais parlé à qui que ce soit. Silence.
La même année, ma grande copine de classe et moi sympathisons avec plusieurs garçons bien geeks, mon goût particulier pour les amitiés garçon-fille nait.
Et puis je tombe aussi amoureuse pour la première fois (pas d'un gars de la bande). Il est beau, il est sympa et populaire, il est dans ma classe... On a rien de commun en fait, mais ce sentiment nouveau me plait tellement que je m'y accroche toute l'année scolaire. En juin, il l'apprend et me fait la gueule. De toute façon il en aime une autre. Premier chagrin d'amour.
Ah! Et puis aussi, je découvre le rock des 60'-70', et c'est la révélation. Je découvre de nouvelles sensations dans cette musique, un truc incroyable, et je demande une platine vinyle pour mes 14 piges (on s'en fout? Ah oui, peut-être... Nevermind, c'est important pour moi, na, si t'es pas content lis pas)

La troisième. Le début de l'année est marqué par une rencontre importante, celle du garçon qui deviendra rapidement mon meilleur ami de tous les temps. On fait connaissance pendant un cours où la prof nous a placés à côté. On aime tous les deux le Visiteur du Futur et What the cut, le cosplay, le dessin et les blagues salaces. Et on est tous les deux victimes de gros clichés bien lourds, ce qui nous rapproche. Moi, la faute peut-être à mes t-shirts trop grands, sweats piqués à mes frères, jeans larges, cheveux anarchiques et goûts musicaux bizarres (plus ma tendance à dessiner des couples d'amoureuses), je me fais régulièrement demander si je suis lesbienne (en plus des traditionnels "t'es bizarre quand même", "pourquoi t'écoute de la musique de vieux?" et autres "t'es super plate, t'es sûre d'être une fille?"). Lui, tout mince, visage émacié, tendance à se recoiffer d'un petit geste délicat, pantalons plutôt serrés ("pour un mec"), un côté sensible (les plus belles rédactions de la classe), plus de copines que de copains et manières efféminées, se fait évidemment taxer d'être gay par tout le monde, tout le temps. Il prend ça avec humour. Et rapidement, il m'explique qu'en vrai il est bi, mais que bon il en parle pas trop. En soit je m'en fous, ça me dérange pas du tout, et j'accueille ce coming out personnalisé avec le sourire.
Plus tard dans l'année, second amour, un garçon aussi. Plus vieux d'un an. Et puis lui, dès que je le vois (rencontre à un anniv), je sais que ses grandes bottes lacées, ses yeux bleus et son tshirt Slayer sous un kigurumi ne vont pas trop me laisser le choix. Je ne peux que craquer. Nouvelles sensations. Plus proche d'un désir physique cette fois. Il est très beau, il est drôle, charmant et charismatique, et pour le coup on a du centre d'intéret commun. On ne se verra que très peu finalement, à des annivs d'amies communes, au mien, pas beaucoup plus. Il m'obsède pendant plusieurs mois, mais aucun signe de réciprocité, ce qui étant donné mon estime de moi-même discutable depuis toujours m'aurait étonnée. De toute façon, il a une copine. Second chagrin d'amour.

La seconde. Cette année, donc. Je débarque dans une classe où je ne connais que deux personnes, pas forcément des potes d'ailleurs. Dès le premier jour, je remarque deux personnes parmi les inconnus. Une fille avec un tshirt Guns n'Roses et des bracelets cloutés, qui deviendra ma grande copine de l'année, et puis une autre. Elle ne me semble pas particulièrement intéressante, contrairement à la première, bien qu'elle semble avoir un style à elle. En fait, en la voyant je me fais simplement cette réflexion:"Merde, je crois que j'ai jamais vu une fille aussi belle." Et c'est tout. Et puis un jour elle me complimente sur mon porte clé M. Jack, parce qu'elle adore ce film. Et le lendemain au premier cours de sport, je la complimente sur son Tshirt, que je trouve beaucoup trop cool et jalouse encore maintenant. Du coup on se met ensemble pour les exercices d'échauffement. Et elle est folle, elle fait des remarques à se plier de rire en permanence, elle n'a pas de limite dans l'autodérision et l'invention constante de trucs absurdes. Elle est drôle. Elle est magnifique. Pendant le premier cours de sport de lycée de ma vie, je tombe amoureuse d'une fille. Les semaines qui suivent, j'apprends à la connaître, je me rends compte que sous la façade de déconnade constante, elle est vachement mature et a des avis très intelligents et réfléchis sur des sujets comme l'apparence, le rôle de l'image renvoyée dans la société, la différence, les identités LGBT+... J'apprends à me faire à l'idée. Je n'ai pas honte, je n'essaie pas de me persuader que c'est une phase, je ne pleure pas. C'est peut-être le fait d'avoir été toujours catégorisée "bizarre", "pas comme tout le monde", et de l'avoir finalement accueilli comme un plus, qui me permet de ne pas me sentir mal à cause de cette "différence". Il faut simplement que cette vérité trouve sa place dans mon petit monde: je suis bie. C'est un vrai déclic en fait. Je me mets à regarder les filles dans la rue, je commence à fantasmer sur des personnages féminins,... J'en parle à mes amis proches, mes frères, un tout petit peu ma mère. Tout le monde le prend très bien.
Génial, non? Tout semble plutôt parfait, là, la joie d'être amoureuse, celle de se découvrir telle que je suis, d'être bien reçue par mon entourage,... Que demande le peuple?
Sauf que le revers de tout ça m'a frappée de plein fouet très très vite. La pilule rouge. Plus jamais tu ne verras le monde comme avant, Girl. La sous-représentation. Les clichés. Les conneries que les gens pensent savoir et débitent sans même envisager que ça pourrait potentiellement blesser quelqu'un, peu être un de leurs amis qui sait. L'absence totale de sensibilisation. Le Silence. Tous plein de trucs dont je savais qu'ils existaient, mais dont je ne me rendais pas vraiment compte. Un peu comme ma prise de conscience féministe, mais en mille fois plus fort. J'ai passé trois mois de mal-être constant. J'ai beaucoup pleuré. J'ai déprimé pour de vrai. Une envie de hurler au monde entier que mon orientation existe, qu'elle est belle, et que j'en suis fière. De sauter à la gorge de qui se sert d'épithètes désignant les homosexuel-le-s comme si c'étaient des insultes. De mourir, même, parfois. Le Vrai Gros Bad. C'était je crois la première fois de ma vie que je pensais au suicide pour de vrai. Ah bah oui, tiens. Le Silence tue. Et puis bien sûr, le point de départ de tout ça, ma jolie folle. Hétéro. Évidemment. Un troisième chagrin d'amour. Et je n'osais pas lui dire. Le Silence, vous vous souvenez?
Je me demande pourquoi l'amour est une telle pute avec moi. Tout le monde sort avec des gens. Et puis l'amour c'est une des sensations les plus magiques du monde. Pourquoi les périodes les plus durablement triste de mon existence l'ont-elles été à cause de l'amour? Celui de mes parents qui est parti voir ailleurs. Celui, exagéré, pour un beau gosse sans intéret à 13 ans. Celui, fasciné, pour un panda sexy à 14 ans. Celui, inconditionnel, sans cesse renouvelé, surpris, inépuisable,démesuré, pour la plus jolie fille du monde, aujourd'hui. Putain.
Entre temps, mon artiste préféré, au monde, est mort. C'était pas assez la misère comme ça, j'ai eu à pleurer le musicien me parlant et m'émouvant le plus sur Terre et ailleurs, de loin. Mon Starman, qui ne savait même pas que j'existais, que je n'avais évidemment jamais rencontré, m'a quand même fait verser beaucoup de larmes pour une seule journée. Elle, Elle majuscule, a été la première à me dire "Je suis désolée, pour David Bowie...". Dès mon arrivée au lycée. Avec un vrai air désolé. Je l'ai aimée très fort, à cet instant.
J'ai fini par lui dire. Dans un même mouvement (du moins j'aime à le penser), je me suis fait de nouveaux piercings aux oreilles (les premiers datant de mes six ans), je me suis teint les cheveux pour la première fois, et je lui ai dit, tout dit,en un long sms que j'ai envoyé presque par erreur. Pour que le Silence ne me tue pas.
Elle a été parfaite. Compréhensive. Incroyablement compréhensive.
Je vais un peu mieux. C'est pas encore ça, je déprime bien par moments quand même, mais ce n'est plus continu. On parle toujours, autant qu"avant", avec Elle majuscule. Elle est vraiment merveilleuse, je passe ma vie à m'en étonner. Je l'aime énormément, je n'ai jamais aimé comme ça. C'est pas facile, bien sûr. Mais je survivrai, je suppose.
J'ai appris à tuer le Silence, ou en tout cas à bien lui faire perdre de sa superbe.

J'aurais encore plein de choses à écrire, j'ai omis de trucs, mais ce texte est déjà bien trop long et cette salope de raison me signale que je devrais dormir depuis deux bonnes heures.
Si vous avez tout lu... Bah vous êtes des putains de Jedi, merci, cette idée me fait un peu plaisir. En espérant que ça aura pu aider quelqu'un. Moi ça m'a fait du bien.
Pour le mot de la fin... Soyez qui vous êtes, pétez tant que vous le pouvez les dents de ce bâtard de Silence (le vrai comme les méchants de Doctor Who, d'ailleurs) (Pardon mais cette blague me trotte dans la tête depuis un bout de temps), et... bah je sais pas, écoutez David Bowie?

Merci d'avoir lu, vous déboitez.

ZoSo    22 mars 2016  

La dernière fois que j'ai posté un témoignage, c'était il y un an et demi.
Maintenant que ce site est mort je pense pouvoir en réécrire un.
Voilà. Je me nomme Astyanax et j'aime prendre mes médicaments le matin. Je plaide coupable. J'aime prendre mes petits cachets blancs de paroxetine tous les matins. J'aime prendre mes antidépresseurs. ça y est je l'ai dit. Tout le monde le sait. Tout le monde me regarde avec des grands yeux. "Ah non je ne peux pas boire d'alcool à cause de mon traitement -ah tu prends quoi ? -des antidépresseurs -ah... Désolé..."
Désolé de quoi ?
J'aime prendre ces cachets. Ces cachets qui me maintiennent en un seul morceau. Ceux là même qui m'empêche de prendre ceux que je déteste (je vous déteste putain d'anxyolitiques, Xanax, Tercian, Atarax, allez tous vous faire foutre, vous qui embrouillez encore plus mon cerveau, vous qui me faîtes me sentir si misérables, connards). Alors merci antidépresseurs. Merci de me permettre de ne plus prendre ces putains d'anxyolitiques. Merci de me redonner une vie à peu près normale. Merci de me permettre de retourner en cours. Merci de me faire respirer.
Je vous connais par coeur. Cachet blanc, 20 mg, chlorhydrate de paroxetine. Deroxat pour les intimes de l'HP. On finit par avoir des préférences sur le labo même. Biogaran pas terribles, opercules nulles et cachets allongés (on les sent parfois dans la gorge quand on les avale). Mylan, ronds, plus petits, plus pratiques, plaquettes permettant de séparer les cachets individuellement, opercules plus simples.
La notice, je la connais quasiment par cœur. Eviter les AINS (aspirine et ibuprofen). Risque suicidaire chez les adolescents surtout dans les 2eres semaines. Catastrophique chez la femme enceinte. Effets secondaires sur la libido, la concentration, le sommeil.

Qui fait une déclaration d'amour à ses antidépresseurs ?
Personne.

Je le fais, comme à cette béquille qui permet d'alléger la douleur, le temps que l'os se répare
Un jour je dirais au revoir à ces médicaments, soulagée car ils me pèsent tout de même parfois, et je le ferais la tête haute. Mais en attendant, je les remercie de me permettre de vivre. Et de l'apprécier surtout.

Astyanax    10 mars 2019  

Quand j'étais petite mes parents ne pouvaient pas me garder après l'école alors ils me mettait sous la garde d'une nourrisse. Le mari de cette dame était très violent , en particulier avec moi. J'étais en CM1 et je ne savais pas que les adultes pouvaient faire ça (j'étais naïve) . Il frappait ca femme , jamais très fort , mais il la frappait et sa femme ne le comprenait pas alors quand je disais quelque chose il faisait des gestes brusques envers moi . Je ne l'ai pas dit a mes parents , ils le savent , mais ce n'ai pas moi qui leur a dit . Je n'était pas la seule a être garder par ces personnes du coup j'avais le droit a :«machine est mieux que toi . Tu vois au moins elle elle mange bien .ect» Puis un jour j'ai déménager j'étais loin d'eux et ne suis allée dans une nouvelles école .. J'ai rencontré une amie qui était très gentille puis l'année d'après j'en ai rencontré d'autres et c'est a partir de ce moment que ça a mal tourné. Nous étions un groupe de six . Les midis nous trainions ensemble et on "s'amusaient" à dire les défauts des autres pour qu'elles "s'améliorent" et a chaque j'étais celle qui s'énervait pour rien, qui voulait toujours tous savoir et qui était trop collante . On faisaient aussi les juges de beauté et la plus moche c'était moi ... Les soirs je rêvais de suicides pensant qu'un jour j'allais vraiment le faire ... Je rêvais que je me suspendais a la fenetre et que je tombais ... Et j'ai découvert la masturbation ... Ce plaisir avec ce corps que je détestait . Je me demandait comment c'était possible .. Je n'était pas normale j'étais perverse . J'avais toujours cru que la masturbation était pour les hommes ... Cette année je me suis retrouvée dans la classe des trois filles qui m'ont fait le plus souffrir .. Je trouvais des techniques pour les éviter ... Aller en perm quand je commençais plus tard . Sortir le plus tard possible . Ou encore trouver un autre chemin pour rentrer chez moi ... Puis je suis passée à l'acte , j'ai pris des médicaments censés arrêter le Coeur mais ça na pas marcher ... Je pourrais dire que maintenant je suis heureuse mais en fait non ... Je suis rongée par la haine .. La haine que j'ai envers moi .. J'ai honte d'avoir du plaisir alors que c'est apparemment naturel ... Cette haine me bouffe toute cru p'tit a ptit ... Et je suis pourtant obliger de mettre un sourir sur cette haine envahissante pour que personne ne remarque le fait que je suis détruite de l'intérieur ... Et pourtant je continuerais d'ouvrir ma gueule pour essayer de revivre ..

Une étrangère qui ne se connait pas    20 mai 2015  

Bonjour,
J'écris ici parce que j'ai été abandonnée. Lâchement. En couple durant deux ans ,on m'a jeté à la porte un soir de juillet. Je m'y attendais pas. Je comprenais pas. L'homme en qui je me devais d'avoir confiance s'est retourné contre moi. Moi qui est toujours été là pour lui, qui est toujours voulu son bien, m'a jeté à la rue. Depuis c'est le silence. L'oubli. Le mépris. J'essaie d'avancer. Je sais que je mérite mieux. Cela me fait du bien de l'écrire ici. Merci de m'avoir lu.
A.

Papillon    9 septembre 2019   Colmar   

Aujourd'hui j'ai 21 ans et je suis Bisexuelle. Je suis presque étonner de ne jamais avoir eu de problème à cause de ça, mes amis me charrie toujours un peu quand je tourne la tête et suis du regard une inconnue dans la rue mais je n'ai jamais eu d'insulte ou de coup.
Tout ce passe bien et je sais que je suis entourer de gens compréhensif et pourtant il y'a toujours le silence.
On a jamais eu LA conversation dans ma famille, je pense leur avoir fait comprendre mais alors que je vis très bien d'aimer les hommes et les femmes, je n'arrive pas a regarder ma famille en face et leur dire "je suis bisexuelle".
Alors je doit écouter les petites remarque qui pourrait presque passer inaperçu. Les "Ah oui il est pédé lui c'est vrai.." par ci, les regards désapprobateur par la. Le plus dur ça a été avec le mariage pour tous. Pour la première fois j'ai vraiment eu envie de hurler contre eux. Et pourtant j'ai pas oser.
Parfois j'aimerais qu'on m'aide a briser le silence mais au fond j'ai peur. Parce que malgré les "ça me dérangerais pas si tu ramenais une fille a la maison un jour" moi je ne pourrais jamais oublier le regard de dégoût sur leur visage après qu'ils aient vu deux femmes s'embrasser...

Hemy    21 mai 2015   CLERMONT FERRAND   

Il y a environ un mois, un peu plus à vrai dire, un ami, un très bon ami ami, m'a avoué avoir attouché sexuellement sa nièce six ans plus tôt. De façon non consentie.
Et j'ai vraiment, vraiment, vraiment beaucoup de mal à digérer cette information. Je sais qu'il s'en veut, je sais qu'il a conscience que ce qu'il a fait était plus que mal. Et je sais qu'il ne souhaite pas recommencer.
Mais le problème est là, en disant tout ça j'ai l'impression d'excuser ses actes. Et ses actes ne sont pas excusables.
Et ça fout le bordel dans ma tête, parce que je suis vraiment attachée à cette personne. Et je ne sais vraiment plus quoi faire de cette information.

D'autant plus que quatre ans plus tôt, ma soeur s'est faite violée. Et ça a eu, ça a toujours, des conséquences atroces sur sa vie. Et je ne peux pas m'empêcher d'avoir peur concernant les conséquences que ça peut avoir sur la vie de la nièce de mon ami.
Et je sais que si quiconque avait excusé le type qui a violé ma soeur je n'aurais pas compris. Pour moi, c'est un monstre. C'est la seule et unique personne dans ce monde que j'aimerais sincèrement voir souffrir.

Et ce qu'a fait mon ami, le place sur le même plan que le type qui a violé ma soeur. Ca le place du côté des violeurs. Sauf que je ne peux pas voir mon ami comme ça, parce que je connais trop d'autres facettes de lui, des facettes qui font de lui quelqu'un de génial, en dépit de tout. Et pourtant...
Et j'ai juste l'impression de participer à la culture du viol en ne faisant rien, même si je ne sais pas ce que je pourrais véritablement faire. Et je me sens coupable. Et en même temps je me dis que ce n'est pas mon rôle à moi de le juger. Mais justement, si tout le monde se tait, qui le jugera ? Lui-même ? Sans aucun doute, oui, je sais qu'il se juge pour ça. Mais même en sachant ça, ça continue de me poser problème...

Alienne    26 avril 2017  

Vous pouvez m'appeler Shiirei. J'ai 14 ans et mon histoire est bien risible par rapport aux vôtres, mais je vais quand même vous en faire part.
Je crois qu'elle a commencé aux alentours de mes 6 ans lorsque mon père s'est mis à me battre. Mais avant, je trouvais ça normal, je me disais que s'il le faisait, c'est que je l'avais mérité. Alors je me laissais faire, je me taisais et obéissais. Mes parents vivaient, et même encore maintenant, séparément. Alors quand je rentrais, je ne disais rien à ma mère, de toute façon, elle n'y faisait pas attention. Oui, là aussi, je pensais que son ignorance envers moi était de ma faute. Les années passaient et j'ai toujours eu envie de vouloir changer les choses avec ma famille. Mais je me disais toujours que je n'avais pas le droit de les changer, car, après tout, pour une raison qui m'échappait, c'était de ma faute, je l'avais mérité. Alors, je ne disais rien et je me renfermais de plus en plus sur moi-même. Et puis, je me suis dit qu'il fallait que je répare ma faute. Donc, pour qu'ils s'intéressent à moi, j'ai commencé à tout faire pour devenir une fille dont ils seraient fièrs. Mais peu importe ce que je faisais, rien ne marchait. Je commençais à jalouser mes ami(e)s, qui étaient si heureux, tout comme je commençais à me détester pour ça. Alors j'ai demandé directement à ma mère et la vérité m'a brisée.Tout ce temps où j'ai essayé de me faire aimer était inutile car je n'étais pas voulue, car je n'étais qu'un préservatif qui a craqué. J'ai perdu mon estime et ma confiance en moi, ainsi que l'envie de me battre. J'ai aussi arrêté de me donner à fond pour l'école. J'ai commencé à porter un masque. J'étais devenue l'incarnation de mes mensonges. J'ai commencé à haïr mon père. Si je n'étais pas voulue, m'as-tu reconnue en tant que ta fille juste pour me battre ? Me détestais-tu à ce point ? Et puis un jour, vers la moitié de mon année de CM2, tu es rentré saoul et m'as laissé cette cicatrice qui ne veut pas partir, qui, à chaque fois que je la vois, me rappelle tout ce que j'ai subi. Et puis j'ai essayé de me suicider en avalant divers médicaments que j'avais mélangés à de l'eau, mais ça n'a pas marché, je me suis juste retrouvée à l'hôpital avec un traitement à prendre. Et je l'ai rencontrée. Dans la même chambre que moi, pour la même raison, mais avec une histoire différente. Elle m'avait aidé à remonter la pente. Je me confiais à elle et elle faisait de même. J'allais mieux, même si je n'oubliais pas, j'aillais mieux car je n'étais plus seule. Mais, un jour, elle a été renversée devant mes yeux, sans que je n'aie rien pu faire. Résultat, elle a failli perdre l'usage de ses jambes. Je m'en suis toujours voulu, même maintenant. Malgré le fait que tu m'as pardonné, moi, je n'arrive pas à le faire. J'ai commencé à m’éloigner des gens, à les éviter, de peur qu'il se produise la même chose. Quant à mon père, je ne l'ai pas revu depuis ma tentative de suicide, mais j'ai décidé de le revoir à cause de mon demi-petit frère que j'avais là-bas pour l'aider à ne pas se pourrir la vie comme moi, même si je dois prendre le risque de me faire battre à nouveau. Et Elle a déménagé et ce cercle vicieux à recommencé. Et puis, en 4ème, je t'ai rencontré toi, tu es devenue presque aussi importante qu'Elle et je te remercie, tu m'as beaucoup aidé. Tu m'es devenue précieuse. Mais j'ai peur de me rapprocher de toi, malgré le fait que je le veux. J'ai toujours le pressentiment que si je tentais de me rapprocher davantage, ça m'échapperait à nouveau…
Malgré tout, je veux aller de l'avant. Vais-je pouvoir le faire ? Même si la peur me paralyse, même si je ne sais plus où j'en suis, je veux le faire, sans regret, ni honte.
Si vous voulez me parler: Shiirei@outlook.fr

Shiirei    22 août 2015   Vincennes   

#CulPouhiou : des chroniques vidéo où l'on parle sexe, corps et sexualités sans fard ni jugements.

YouTube
YouTube