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17 mai 2015

Journée mondiale de lutte contre l'homophobie, la lesbophobie, la biphobie, la transphobie
Nos silences sont déjà un jugement

Pour ne plus que le silence tue, ce site vous propose de libérer la parole

Témoignez ici de moments où le silence fut lourd, pesant, mortifère...

... Ou profitez-en pour dire ce que vous aimez, êtes et vivez, pour dire ce que l'on ne dit jamais, ce que vous aimeriez entendre plus souvent autour de vous.

Briser le silence

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Vos témoignages

Briser le silence

Voilà une histoire peut-être un peu différente des témoignages que j'ai pu lire içi mais je crois que ça a bien besoin de sortir. A peine 20 ans et déjà des passages répétés en hôpital et cliniques psychiatriques. Quand vous dîtes à une personne que vous ne pourrez pas assister à tel cours ou telle soirée parce qu'on est hospitalisé on me pose presque systématiquement la question suivante:" Mais qu'est-ce que tu as?" " Tu te fais opérer de quoi...". On est assez mal à l'aise de répondre qu'on est hospitalisé en psychatrie pour addiction, dépression, troubles anxieux, troubles de l'humeur et de la personnalité. Pourquoi? Parce qu'on a peur de se retrouver catégorisé comme un fou, et mis à l'écart des autres. Oui je peux être dépressif le matin et faire la fête à poil le soir avant de redescendre et de chercher n'importe quelle substance ayant un effet sédatif suffisamment puissant pour arrêter tout le bordel dans ma tête. Quand les gens ne savent jamais à quoi s'attendre quand ils me croisent forcément qu'ils sont mal à l'aise, mais bon je me soigne et me faire enfoncer par la plupart de mon entourage scolaire dans le supérieur ça m'a tué. J'ai beau me battre tous les jours pour essayer de vivre normalement, c'est horrible de continuer à subir un dédain constant, d'être mis à l'écart comme quelqu'un d'anormal qu'ils ne peuvent accepter dans leur réalité. Et pourtant j'existe, comme beaucoup d'autres jeunes que j'ai rencontré et avec qui j'ai noué des liens très forts en clinique, et qui ont été poussé à bout par leur entourage à cause de leur différence. Nous en portons tous les cicatrices, physiques et mentales. Pourquoi n'arrivons nous pas à nous accepter les uns et les autres tels que nous sommes? Je ne suis jamais rentré dans le moule dans lequel on a parfois essayé de me faire passer ( et même si j'essayais c'était impossible pour moi, un cas désespéré comme certains diraient). Comment puis-je garder mon individualité et vivre quand la société me considère inapte à la rejoindre...

FLloyd    27 mai 2015   Lille   

Bonjour, je contribue moi aussi en vous f'sant partager mon témoignage.

J'ai actuellement 21 ans, je suis sortie avec de nombreux garçons qui étaient plus jeunes que moi. Le seul garçon que j'ai côtoyée et qui était plus âgé que moi m'as lourdement fait souffrir autant mentalement que physiquement, j'avais 15 ans. C'était mon premier amour, tout le monde sais que lorsque l'on tombe amoureux/amoureuse pour la première fois on pense que c'est pour la vie que tout est parfait. C'est ce que je pensais moi aussi, c'était un garçon très agréable et très mignon du moins jusqu'à ce que j'apprenne a le connaître réellement.. Il était jaloux maladif, je ne pouvais rien faire sans avoir son accord, il ne voulais pas que je vois d'autres garçons que lui, ne voulais même pas que je parle à des amis que je connais uniquement sur internet. Il m'as forcée à être une autre, quelqu'un que je ne suis pas. Je pensais que tout cela était normal, que je devais n'exister que pour lui. Je me suis perdue, je suis morte dans ses bras. Un jour j'ai été invitée à l'anniversaire d'une amie, elle m'avait confirmée le fait qu'il n'y aurais que des filles, j'étais donc autorisée à m'y rendre. Ce n'était sans compter le petit frère de mon amie.. Le lendemain je me suis rendue chez mon copain en lui racontant ma soirée dans les moindre détails et je lui ai donc dis qu'il y avais le petit frère de mon amie, qui avait 7 ans et demi. Mon copain n'as rien savoir et à projeter ma tête contre un mur, j'étais complètement sonnée à terre et il a commencé à me rouer de coup. Je me suis rendue à l'hôpital avec mes parents en leur disant que j'avais été agressée dans la rue par un homme qui voulais le voler mon téléphone portable. Un des plus gros mensonge de ma vie.. Je voulais simplement protéger l'homme que je pensais aimer. Il ne s'est jamais excusé de son comportement et m'as bien fait comprendre que je ne devais plus jamais voir aucun garçon. Je n'avais plus de personnalité, je n'existais qu'à travers lui. Quelques mois après il m'as quittée sans m'expliquer réellement ses raisons. J'étais très triste, je ne savais plus quoi faire. J'avais perdue tout mes amis, je n'avais plus personne vers qui me tourner. Je voulais mourir, mettre un terme à mon existence sur Terre. Un garçon que je ne connaissais absolument pas est venu vers moi au lycée et as réussit à me redonner confiance en moi et m'as fais découvrir une passion : les jeux vidéos. C'est devenu petit à petit mon meilleur ami, pourtant il n'as jamais été au courant de cette histoire. D'ailleurs personne ne la connaît. A cause de cet homme que j'ai aimé un jour et qui m'as détruit je n'arrive plus à faire confiance en aucun homme qui soit plus âgé que moi. J'ai peur de leur force, de leurs envies. C'est pour cela que je sors qu'avec des garçons plus jeunes.. J'espère un jour pouvoir aimer quelqu'un qui m'aimeras telle que je suis.

Grâce à vous j'ai pu me libérer d'un énorme poids que j'ai dans mon cœur. J'espère un jour pouvoir avoir la force de raconter a mon meilleur ami cette histoire.

W.D    19 mai 2015   Toulouse   

J'ai peur des hommes.

Pas forcément une peur paralysante, comme le serait une phobie, mais une peur quand même. Je me sens plus à l'aise avec des femmes qu'avec des hommes, je me sens plus en sécurité.

C'est idiot pourtant. Le danger peut venir de n'importe qui, homme ou femme, je le sais, mais au cours de ma vie j'ai eu plus à craindre d'hommes que de femmes. Parce que je ne correspondait pas au cliché du petit garçon, quand les autres préférait faire un foot je lisais. Quand la bagarre était une activité normale je la fuyais. Et du coup les garçons se moquait.

Les filles ? Jusqu'au collège je ne les fréquentais pas, elles étaient « l'autre camp », le pire ennemie du garçon. Être traité de fille c'était la plus terrible insulte qu'on pouvait faire à un garçon. Si on en fréquente une seul, alors on entend « ouuh ils sont amoureux » (avec le bon ton, on peut faire passer n'importe quoi pour une moquerie). Alors forcément, on ne se mélange pas, on évite de ressembler à « ça ». Quitte à rester avec ces imbéciles brutaux et moqueur.

Au collège et au lycée, je fréquentais d’avantage de filles, et ça ce passait beaucoup mieux qu'avec les garçons. Aucune violence physique, et très peu de violence verbale. Au fur et à mesure je me suis rapproché, et j'ai changé de camp. J'ai commencé à accorder moins d'importance à ce que pense les autres, et surtout les garçons.

Maintenant j'ai beau être dans des milieux qui sont plus masculins que féminins, j'ai bien plus d'amies que d'amis. Je sais que ce n'est pas le genre d'un individu qui va déterminer sa méchanceté et sa bêtise, mais cette inquiétude reste, un peu comme un traumatisme. On a beau savoir que c'est un reflet du passé qui n'est plus valide aujourd'hui, ça continue de dominer vos émotions, vos pensées. Je pense que ça change doucement, j'ai rencontré pas mal de mec sympa ces dernières années, mais avant de considérer hommes et femmes exactement pareil dans les rapports que j’entretiens, il faudra encore de nombreuses années.

J'aurai aimé être bissexuel. Après tout, moi qui aime le sexe, c'est un bon moyen de multiplier les expériences et partenaires. Surtout qu'en plus, j'ai pas mal de touches avec des hommes. Mais non ... J’essaierai peut être un jour avec un homme, mais il faudra qu'il arrive à me donner suffisamment confiance.

LPA    20 mai 2015  

Bonjour à tout le monde. Je sais que mon témoignage sera moins.. poignant que celui de ceux que j'ai pu lire jusqu'à maintenant sur ce site.
Mon histoire est simple. Je suis bisexuelle, je le sais depuis toute jeune, depuis qu'est né en moi le désir d'être avec les uns, venait le désir d'être avec les autres. J'en ai parlé uniquement à mon père, qui m'a tout de suite dit que c'était normal. Mais voilà. A partir de là, j'ai tout enfermé en moi, gardé profondément en enfouissant toute possibilité d'être avec une femme car ce n'était, de toute évidence, pas accepté autour de moi. Au lycée, j'ai carrément refoulé, n'ai rencontré que des mecs et fermé la porte à ce désir honteux. J'ai jalousé le seul couple femme que je connaissais, persuadée que rester focalisée sur une partie de mon désir serait suffisant. Puis j'ai été en couple deux ans et demi et c'est devenu plus dur... puis encore deux ans et demi (homme avec lequel je suis toujours). Et là. J'ai 22 ans. Et toutes les nuits ça me hante. Toutes les nuits je me sens mal. J'aime mon homme, je l'aime profondément, mais j'en veux plus. Une seule de mes soeurs est au courant, mon autre soeur a refusé d'y croire, et mon petit frère est trop petit pour ces choses là. Je n'en ai pas parlé à ma mère, pas une fois, elle qui a une vision restreinte de la bisexualité. Quand j'en parle les gens ont le malheur de dire "tu n'as jamais vraiment expérimenté à part le baiser, comment peux-tu savoir?". Si encore cet argument marchait. Je me sentirais mieux. Mais ça ne marche pas, je SAIS. Alors que faire? Continuer comme ça? Tromper mon homme pour me sentir mieux? Je sais que je ne suis pas à plaindre, que ce n'est pas grand chose en rapport aux mal-êtres qu'éprouvent certains d'entre vous.
Aujourd'hui, je sais que je veux devenir psychologue pour redonner la parole aux autres. Une parole à tous ceux, qui, comme moi, l'ont éteinte, restreinte, étouffée, enfouie, brisée.
J'espère un jour retrouver la parole et vous la redonner.

Je tiens également à dire à certains qu'un psychiatre et un psychologue sont deux fonctions très différentes. Avec les psychologues il n'est pas question de médicaments, seulement de parole. Je ne dis pas que le psychiatre n'est pas important, surtout lorsque l'on souffre de troubles dépressifs, de troubles de l'humeur... mais un psychologue viendra en complément libérer la parole (il a une formation pour alors que le psychiatre sera plus spécialisé sur les médicaments à prendre en fonction du trouble).

Bon courage à vous tous

Adèle    30 mai 2015  

Bonjour à toi

Tout d'abord, merci à tous. De parler, de partager, de raconter, de lire. Sincèrement, c'est juste super.

Je suis une femme de 16 ans, cis et hétéro.
Pour être franche, le sexe, c'était pas mon truc. Après une première fois plutôt horrible, et quelques préliminaires qui m'ont juste horrifié et traumatisée, j'ai décidé que vraiment, c'était pas pour moi. Sans blague, je me suis sentie violée, et les séquelles psychologiques sont une bonne grosse trouille et un rejet très crispé de l'idée ou d'un contact un peu trop personnel. Pendant 2 ans, j'ai pleuré sans raison, aucun petit ami, peur (pas conscience) ou non-goût pour les câlins,..
Le sexe ne m'horrifiait pas, de me faisait pas peur, de me dégoutait pas, ne me faisait pas triper plus que ça. En gros, c'était cool mais vraiment c'est pas pour moi, et tant pis.

Je suis d'ailleurs allé voir, il y a plus de 3 mois, une psychologue dans un centre pour jeune. Malgré une très mauvaise expérience des psys, un espèce de dégout, ça m'a fait un bien fou.
Parce que je venais de rencontrer un homme (un jeune adulte) que j'ai beaucoup aimé dès le début. Je ressent parfois cette fascination pour certaines personnes. Lui sortait d'une assez mauvaise expérience (a la manière de ma mauvaise première fois, de la relation un peu perverse) et ne voulait donc pas se relancer.
Il m'a tout d'abord redonné goût aux câlins (non mais sans blague, c'est trop bien en vrai!). On s'est mis en couple, et mon dieu que je l'aime.
Puis, il m'a redonné goût à faire l'amour (idem).
On parle de tout, du monde, de nos états d'âmes, de notre avenir, de nos vécus, de sexe, de sujets polémiques. J'ai pu chanter devant lui, et ça c'est quelque chose de très fort symboliquement parlant pour moi.
Ce que je trouve le plus merveilleux, ce qu'il m'offre de plus beau parce que je pensais que je ne le referais jamais plus et parce que si ça n'avait pas était lui, c'est hors de question : les préliminaires (maintenant, j'appelle ça des jeux). Ceux qui m'avaient traumatisés, à s'avoir le cunnilingus, la fellation et la sodomie (concernant cette dernière, c'est pas encore d'actualité, et on a tout le temps devant nous). Oui se n'est qu'une ébauche, qu'un début, mais je vous jure qu'en confiance, que tout doucement et avec cette ambiance, je revis.

Ce n'est peut-être pas grand chose, tout ça. Mais c'est tellement beau.

J'avais oublié que c'était possible : l'amour, le sexe, la confiance, une relation.

Merci à toi Pouhiou pour tes vidéos qui m'ont ouverte à une jolie partie de notre monde, et merci pour ce site qui fait du bien <3

Bonne chance tout le monde, avec tout mon amour

ps : voici mon adresse mail "ma.thibou@laposte.net". Si vous voulez vous confier, parler ou me demander quelque chose, ce sera un plaisir

L'oiseau à ressort    3 janvier 2016  

Aujourd'hui je parle mais à visage couvert, sous un pseudonyme. Parce que le silence tue mais les mots des autres font aussi mal.
Je suis une femme et je suis bi. Personne dans ma famille ne le sait, sauf ma soeur. Merci, petite soeur, merci de m'écouter même si tu ne me comprends pas toujours. Depuis un an, j'ai trouvé des amis qui le savent, à qui j'ai pu le dire. Merci, merci de ne pas m'avoir jugée. J'ai mis beaucoup de temps à me rendre compte que j'aimais aussi les filles et pourquoi ? Parce que les lesbiennes sont des malbaisées ? Des camionneuses ? Pas des vraies femmes ? Des filles qui ont eu des problèmes avec leur père ? Je connais maintenant des lesbiennes et non, je ne pense pas que tous ces ragots soient ne serait-ce qu'un peu vrais. Désolée papy, mais tu parles sans connaître ton sujet. Je t'aime de tout mon corps mais tes pensées sont parfois vraiment trop étroites. Non maman, le but de la vie d'une femme n'est pas forcément d'enfanter. Et ce n'est pas parce que je veux des enfants qu'il me faut absolument une bite dans mon lit

J'ai détesté le silence autour du sexe pendant mon adolescence. Envie de sexe ? Pour une femme ? Mon Dieu, mais quel horreur ! Le désir, c'est pour les mecs, la testostérone, tout ça ! J'ai longtemps eu honte de me masturber, de regarder du porno, de lire des histoires érotiques et du yaoi. Parce que je pensais qu'une fille ne devait pas faire ce genre de choses. J'ai eu honte de mon désir, on m'a traitée de tous les noms "salope", "chaudasse" ... Pourquoi ? Devrait-je être une putain de poupée gonflable asexuelle qui n'a le droit au sexe que pour vider les couilles de son mec ? Au final, non je ne crois pas mais j'ai toujours du mal à assumer mon appétit ... Avec des amiEs, oui un peu mais devant un homme ... Certains mots font trop mal et quand on me dit "toi t'aurais besoin d'une tournante pour te calmer" ... Oui me proposer un viol collectif, quelle idée ...

En parlant de désir, j'ai déjà laissé échappé entre amis en voyant une jolie brune "la vache, elle a un super cul !" et la réaction d'une fille m'a choqué "Putain, tu parles comme un mec ! On dirait un putain de connard macho ! La résumer à son cul ..."
Et là, j'ai pas compris. Je n'ai pas eu l'impression de la résumer à une partie de son corps, j'ai juste dit qu'elle avait un beau cul. Pourquoi me suis-je pris cette déferlante de violence face à cette petite remarque ? Je n'ai pas le droit de regarder les gens dans la rue ? Je ne l'ai pas agressée pourtant ...

Aelya    25 mai 2015   Limoges   

J'ai écrit ce texte il y a deux ans, au moment des grandes "manifs pour tous" et ou la loi "mariage" était sur le point d’être votée, elle date donc un peu. Je m'excuse par avance si je n'aborde pas la bisexualité, l'asexuelatité, l'aromantisme et toutes sortes d'autres orientations sur les quelles j’étais moins informée a l'époque. En relisant ce texte, je me rends maintenant compte que j'en ai invisibilisé une grande partie par ignorance. J’écrirai probablement un autre témoignage pour parler plus de moi que de mon inquiétude pour les autres, ou j'aborderai ces sujets. Je tiens aussi à vous demander pardon pour les (nombreuses) fautes.

"
Avoir été tabassé pour avoir tenu la main de la personne qu'on aime, je ne peux pas imaginer ce que c'est. Parce que je suis hétéro. On m'a un jour dit "mais pourquoi tu t'indignes tant de la montée de l'homophobie ? Toi, tu es hétéro, tu ne te baladeras jamais main dans la main avec une fille. Alors EN QUOI CA TE CONCERNE ?"

Alors voici en quelques lignes, pourquoi je pleure quand je lis ces témoignages, pourquoi voir les "manifs pour tous" me donnent envie d'aller m'installer sur la lune loin de ces cons, pourquoi j'ai honte de croiser deux hommes dans la rue qui hésitent à se tenir par la main de peur de se faire agresser.

J'ai peur et je pleure pour une raison simple : ce couple qui s'est fait tabasser, ça aurait pu être ma grande sœur et sa compagne rentrant du boulot. Ça aurait pu être mon ami d'enfance et son copain rentrant de soirée. Ça aurait pu être mon meilleur ami rentrant chez lui avec sa conquête d'un soir. Ça aurait pu être la frêle Cora, rentrant de l'école avec son amoureuse, ça aurait pu être Aure, Doris, Julie, Joël, Laurent, Seb, Vicky,...
Ça pourrait être n'importe le quel de mes amis, un jour ou ils embrasserons leur ami ou amie a la descente d'un train, a la sortie d'un bar, en allant faire leur course de noël.

Je vis en Belgique, chez nous la loi sur le mariage pour tous est passée depuis longtemps, notre Premier ministre vit avec son compagnon, Maastricht la ville de toutes les libertés n'est qu'a une heure en voiture, les clubs gays sont bien ancrés dans le centre-ville. Mais depuis un an, je vis dans la hantise de recevoir ce coup de téléphone fatidique :

-"Sombre, c'est papa. Il est arrivé malheur à Émilie et Vivi. Elles allaient chercher Sophie et Adrien à l'école toutes les deux. Elles sont tombées sur des casseurs de gouines".

Oui, je vis dans la hantise qu'un jour, ma sœur se fasse tabasser devant les enfants de sa compagne, oui, je vis dans la peur qu'un coup de téléphone m'annonce ce genre de nouvelle.

-"Sombre, c'est Jérôme... Je suis avec Laurent à l'hosto, on rentrait de boîte et..."

-"Sombre, c'est Doris... J'allais faire les courses avec Aure et deux mecs nous ont vu nous tenir par la main..."

-"Sombre, il est arrivé malheur..."

Mon petit frère a 13 ans, il entre dans la puberté, il ne sait pas encore s'il préfère les garçons ou les filles, il ne se pose même pas encore la question. Mais un jour, tu choisiras petit frère, et je tremble d'avance, car si ton cœur te porte vers les garçons, tu feras partie de ceux que certaines personnes se donnent le droit de tabasser gratuitement. Et toi petit frère, si faible et si fragile avec ta silhouette d'oiseau tombé du nid, tes jambes en allumettes et ta peau sur les os,... Toi mon petit frère qui se casse le bras en arrêtant une balle au foot tellement tu es fragile... Toi mon petit frère si un jour, tu tombes sur un "casseur de pédés"... Survivra, tu as cette rencontre ? Je m'inquiète déjà tous les jours pour ta grande sœur qui est grande et forte.

Si un jour petit frère, tu croises le regard d'un garçon dans la cour de récré et que ton cœur fait boom, si un jour, tu veux le ramener à la maison pour me le présenter, si un jour, tu veux rentrer chez toi la tête haute en tenant la main de la personne que tu aimes, j'espère de tout cœur que tu ne le feras pas dans la peur.

J'aime ma sœur de tout mon cœur, je ne l'ai jamais vu sortir qu'avec des filles, même quand nous étions enfant ma petite sœur et moi et que nous dormions dans son appart pendant les vacances. Sa petite amie s'appelait Valérie à l'époque, et elle nous disait ", c'est ma meilleure amie". Avec les années, nous avons bien sur compris, mais quand ma sœur nous présentait ses copines, c'était toujours ", c'est ma meilleure copine". Et un jour, elle a voulu nous présenter sa nouvelle compagne, une fille très vive et spontanée qui n'a vu aucun mal à l'embrasser devant nous. Ma sœur a guetté notre réaction. Je lui ai dit que j'étais au courant depuis longtemps, ma petite sœur a dit qu'elle s'en doutait, mon frère a eu la réaction de tout enfant de 7 ans "que ça soit une fille ou un garçon, c'est beurk d'embrasser les gens sur la bouche ! beeeeuuurk !".

Mais le fait est que pendant des années, ma sœur a eu peur de me dire clairement : "Sombre, tu sais Val, c'est mon amoureuse : je suis amoureuse d'elle et elle de moi. On veut vivre ensemble plus tard et avoir trois chats et un chien !".

J'essaye d'élever mon frère dans une totale ouverture d'esprit, en lui inculquant le respect des choix d'autrui et en lui apprenant qu'il n'y a rien de honteux à aimer, peu importe de qui on tombe amoureux. Quand je lui demande en le taquinant s'il n'est pas amoureux par hasard, je lui demande "alors, toujours pas d'amoureux ou d'amoureuse ?", et lui hausse invariablement les épaules en rougissant.

Vraiment petit frère, j'espère ne jamais recevoir ce coup de fil qui me dira que tu es en danger. Mais j'attends avec impatience le jour où tu m'appelleras pour me dire :

"Sombre, je crois bien que je suis amoureux..."

Et là que la personne de ton cœur s'appelle Roméo ou Juliette, tu pourras toujours compter sur ta grande sœur pour te donner des conseils et t'aider dans tes peines de cœur.

Oui petit frère, on vit dans un monde ou actuellement certaines personnes peuvent tabasser des gens qui ont commis le seul crime de tenir par la main leur amoureux ou leur amoureuse. Mais crois ta grande sœur, je me battrai toujours pour que tu aies toujours le droit de raccompagner la personne de ton choix... Sans jamais devoir lui lâcher la main.
"

Sombre    17 mai 2015   Belgique   

Je m'appelle Giacomo, français et italien, et j'ai vécu une enfance atroce, et malheureusement mon grand frère n'a pas échappé à ce début de vie.

Nous étions dans une école à forte tendance haineuse, raciste, xénophobe, et durant toute notre scolarité nous avons subis des brimades, des coups, des insultes, des crachats et pour mon cas des pierres, parce-que la lapidation c'était comme le foot: un sport d'équipe

Par chance, je pouvais respirer car mon grand frère me protégeait quand il le pouvait, mais à l'âge de 9 ans, il passa au collège et me disait alors : "Giacomo tu vas être seul, ça va être dur, je pourrais plus te défendre"

Toute la frustration qu'avait provoquer mon frère en se défendant s'était répercutée sur moi, et n'arrivant pas à supporter tout ce mal, toute cette violence, je suis devenu boulimique, mythomane, et par chance bègue (vous comprendrez pourquoi). Et le silence m'a tué pendant 10 ans, ainsi que mon frère, nous avons eu un mal énorme, un complexe, une crise d'identité qui nous a renfermés, même si en apparence on ne pouvait pas penser de nous d'avoir connu une période pareil.

D'autres douleurs, traumatismes m'ont affectés, d'autres pierres à l'édifice du poids quasiment infini que je portais depuis toujours en moi, toujours dans le silence. Au total je ne réalisais pas à quel point j'étais triste, en manque d'amour, je rêvais que je donnais et que je recevais, mais ça restait un fantasme pour moi. Entre l'alcool, la bouffe, les apparences superficielles que je prenais pour donner une bonne image de moi, rien n'a arrangé les choses.

Mais par chance, j'étais bègue, et j'ai donc suivi une thérapie pour maitriser ma parole, chose que je connaissais même pas concrètement et intimement. Mon orthophoniste me disait souvent "Vous savez, un moment il faudra parler de ce qu'il y a en dessous de l'iceberg", et un jour j'ai pris mon courage de toute ma force et j'ai tout raconté à mon meilleur ami, sous les pleurs. Puis de retour chez l'orthophoniste, je lui dis que j'ai tout avoué à mon meilleur ami et là alors elle me de dessiner mon iceberg, et à côté un nuage qui pleut faisant agrandir l'iceberg et un soleil le faisant fondre. Nous avons donc réparti ce qui dans ma vie, dans mon quotidien faisait grandir ou fondre l'iceberg, et surtout qu'est-ce qu'il y avait dans l'iceberg, dans la partie sous l'eau, et là je me suis rendu compte qu'il y avait des termes médicaux à mes problèmes :"mythomanie" "boulimie" "crise d'identité" et j'en passe. Je me rendais compte à quel point le silence m'avait massacré. Et en une phrase, l'orthophoniste a fait remonté à la surface toutes ses souffrances, et jamais de ma vie j'ai autant pleuré, autant senti la douleur aussi vive, puissante, ravageuse. Mon cœur vomissait, déféquer, se soulagea enfin de tout. J'étais vidé, mais au moins j'avais parlé, j'avais dit toute ma peine que je gardais.

Et puis j'ai pu enfin prendre ma vie en main, je souriais profondément, vraiment. Parler m'a libéré, et la libertéc'est la base du bonheur, alors parlez pour être heureux, pour être libre !

A vos mouchoirs, vos amis, vos frères et soeurs et parler !

Un homme heureux,

Giacomo

Giacomo    17 mai 2015   Vence   

Lorsque je suis venu sur ce site je n'avais pas vraiment l'envie d'écrire à mon sujet.
Puis j'ai lu ton témoignage du 29 juin, Madeline, et cela m'a donner envie de m'exprimer, de dire ce que j'avais sur le cœur, car mon histoire est très proche de la tienne.
Comment imaginer qu'une personne que l'on admire, que l'on adore, que l'on voit depuis notre plus tendre enfance, puisse nous faire autant souffrir de cette manière ?
Pendant mon enfance, je me souviens que je détestait rendre visite à mes grand parents. Ils habitaient en campagne, ils nous faisait manger des légumes à mon frère et moi. L'horreur, pour des enfants de notre âge.
En grandissant, nos points de vues s'amélioraient, nous étions contents d'aller en vacances chez eux. Nous avions la possibilité de voir nos cousins que nous voyions très rarement. J'adorais passer des après-midi entière à pêcher avec mon grand-père, à faire du vélo, avec cette homme, que je voyais comme un héro.
Il me faisait penser à Superman, il était très musclé, et sa double vie n'était pas le côté fort, mais le côté doux qu'il avait avec ses petits enfants.
Seulement, tout cela se brisa lorsque j'eu la mauvaise idée de grandir, de devenir une adolescente, de me former.
Il faisait fréquemment des blagues très mal placés, il en devenait souvent "lourd", mais étant mon grand-père, je ne pouvais pas lui en vouloir.
Je riais.
Je ne sais pas pourquoi.
Probablement, pour lui faire plaisir.
Lorsque je lui faisait des câlins, c'était pour moi une manière de me retrouver enfant, de ne pas grandir trop vite.
Pourtant c'est lui qui m'a rendu adulte, beaucoup trop vite.
Cela commença pendant ces câlins justement, il descendait les mains un peu trop bas.
Je ne me posais pas trop de questions, je pensais que c'était normal, j'était jeune.
Je me taisais.
Plus tard, il devenait de moins en moins subtil.
Il entrait dans la salle de bain lorsque je me douchais.
Je pensais qu'il ne faisait pas exprès.
Il prenais ma main pour la poser sur son sexe.
Je me disait qu'il finirait par ne plus le faire, qu'il réaliserait que je ne suis que sa petite fille.
Je lui trouvait toujours des excuses.
J'avais peur de lui.
Je me taisais.
Même après beaucoup d'autres événements semblable à ceux-là, qui me tirais pourtant la sonnette d'alarme.
L'été de mes 17 ans arriva.
Mes cousins allaient tous en vacances chez mes grand parents.
Comment expliquer à mon frère que je ne voulais pas y aller ?
Je ne le fis pas.
Nous y sommes allé, pour un mois.
Au début du mois, le soir, lorsque tout le monde était couché, il venait dans ma chambre, pour discuter.
Je me disais alors, que tout ce qui s'était passé avant lui avait passé.
Je reprenais confiance en lui.
Au milieu du mois, il recommença.
Ce n'était que des caresses innocentes.
Je le pensais.
Puis ces caresses se rapprochèrent de mon sexe, de ma poitrine.
J'avais peur.
Je me taisais.
Un soir, il voulait qu'on l'aide avec son potager, qui se trouve dans la rue d'en face de la maison.
Tout mes cousins étaient devant le télé, ma grand-mère était au lit, mon frère, le plus grand d'entre nous resta donc à la maison pour surveiller les plus petits.
Je me retrouvais seule, avec lui, à son potager, loin des regards de ceux qui étaient resté à la maison.
Je me demande encore pourquoi j'y suis aller.
J'était terrifiée, je savais très bien au fond de moi ce qu'il allait se passer.
Alors pourquoi ?
Un fois au potager, il referma la grille derrière moi.
Je ne pouvais pas l'ouvrir.
Il me plaqua contre cette grille.
Il souleva ma robe, passa sa main dans ma culotte.
Il souriait.
Il colla son érection à mon corps.
J'était terrorisée, pétrifiée.
Il me demanda : "Tu veux que je te la mette ?"
Je ne pu ouvrir la bouche, je ne pu prononcer ne serai ce qu'un son, j'était tétanisé.
Il riait maintenant.
Il sortit un couteau de la poche de sa veste, il déchira ma culotte avec.
Il baissa son pantalon, son caleçon, me retourna, mit les doigts de sa première main dans ma bouche, et avait sa deuxième main, (celle qui tenait le couteau), m'encerclant, sur mon sexe.
Cela fait maintenant trois ans que c'est arrivé.
Je n'ai toujours pas retrouvée la mémoire de ce qu’il se passa après.
Un trou noir commence ici.
Je ne retrouve la mémoire qu'au moment ou je rentre à la maison, et ou je cours aux toilettes pour vomir tout le dégoût que j’éprouvais à ce moment.
Je n'en ai pas parlé pendant 1 an.
Comment dire à ma mère que son père m'avait violé ?
Comment dire à ma grand-mère que son mari était un pervers ?
Comment dire à mon frère, que celui que je considérait comme un héro, n'était désormais plus rien pour moi ?
Ce secret me détruisait, je ne mangeais plus, je pleurais toutes les nuits lorsque mes cauchemars me faisaient revivre cette scène.
J'en parla donc à mes parents.
Je crois que ça à été le plus douloureux.
Faire souffrir ma mère à été le plus dur.
Je pensais à mes petit(e)s cousin(e)s, je ne pouvais pas leur laisser le risque de souffrir comme moi.
Nous avons donc décider avec mes parents, de prendre rendez-vous avec ma grand-mère, et mes deux tantes, pour leur expliquer, mes mettre en garde.
Ce fut le seule chose que j'accepta de faire, car je ne voulais pas porter plainte.
Seulement, personne n'ai venu au rendez-vous.
Nous avons appris la semaine suivante que mon grand-père avait raconter sa propre version de ce qu'il c'était passer.
Toute ma famille du côté maternelle pensait donc que j'était celle qui avait provoqué cela.
Il ne me restait plus que ma famille paternel.
Ce fut extrêmement dur pour moi de m'en remettre.
Apprendre à se dire que ce n'est pas de sa faute.
A chaque contact avec un homme, même un ami, je faisais une crise de panique.
Je vivais dans la peur que cela se reproduise, avec n'importe qui.
Je ne faisait plus confiance à personne.
Aujourd'hui, après trois ans, je réussi de nouveaux à accorder ma confiance, à être touché sans peur.
Cependant je ne réussi toujours pas à pardonner ma famille pour l'avoir cru lui, plutôt que moi.
Je suis cependant certaine d'une chose.
J'ai brisé le silence.
J'ai parlé.
Ce fut la chose la plus dur que j'ai jamais eu à faire jusqu'à maintenant.
Je ne le regrette pas, car je n'aurais jamais pu m'en sortir sans l'aide de mes parents, de ma psy, de mes amis.
Je leur dit à tous merci pour m'avoir aidé.
Et j'encourage tout le monde à ne pas se taire.
Madeline, je tenais à te dire, que tu n'est pas seule, et que tes larmes doivent être séchés par quelqu'un.
Briser le silence.
Le silence tue.

Astrid    23 juillet 2015  

C'est vrai après tout...le silence tue. Les fêlures se creusent de plus en plus profondément au fur et a mesure que je retient ces sons dans ma gorge. Le silence tue... peut être, mais pour l'instant ce sont les paroles qui me blessent. Cette cacophonie de sons qui me répète que tout va mal... Le silence tue mais parfois j'aimerais ne rien entendre de personne. Etre seule pour ne rien ressentir, fuir et ne rester que tant que tout va bien, puis partir. Le silence tue alors je brise ce silence... Mais j'aimerais qu'il y en ai aussi autour de moi...du silence.

colombe    14 janvier 2016  

#CulPouhiou : des chroniques vidéo où l'on parle sexe, corps et sexualités sans fard ni jugements.

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