La vidéo

Cette vidéo est placée dans le domaine public grâce à la licence CC-0.
Toute diffusion, utilisation, modification ou adaptation est Libre.

Découvrir la Fédération des associations et centres LGBT de France, ses campagnes d'information et ses actualités.

17 mai 2015

Journée mondiale de lutte contre l'homophobie, la lesbophobie, la biphobie, la transphobie
Nos silences sont déjà un jugement

Pour ne plus que le silence tue, ce site vous propose de libérer la parole

Témoignez ici de moments où le silence fut lourd, pesant, mortifère...

... Ou profitez-en pour dire ce que vous aimez, êtes et vivez, pour dire ce que l'on ne dit jamais, ce que vous aimeriez entendre plus souvent autour de vous.

Briser le silence

Votre email ne sera pas publié

HTML: a p br i em strong q h1-h6

Verification Captcha

* = Obligatoire

Ajouter une photo?

Vos témoignages

Briser le silence

Bonjour,

Je m'excuse pour l'anonymat. Je ne veux pas paraître lâche mais je viens simplement pour écrire ce que je ressens, apporter une légère contribution, quoique moidre, à ce site. Même si cet anonymat est assez contradictoire avec ce que je vais raconter en dessous ...
Je suis jeune, disons mineure pour ne pas donner de précisions. En fait, je ne veux pas de préjugés sur mon âge.
Depuis quelques années, alors que ma connaissance théorique sur la sexualité et tout ce qu'elle pouvait offrir s'aggrandissait, ma vision des choses a beaucoup évolué. Petite, je ne m'étais jamais vraiment posée de question sur mon orientation sexuelle. Certes, les corps m'ont toujours fascinée. Lorsque je les voyais à la télévision, dans la rue. Féminin ou masculin.
De la curiosité, sans doute.

Depuis quelques mois, une fille plus âgée que moi m'a ouvert les yeux. Nous n'avons jamais parlé d'homosexualité, ni rien, excepté quelques fois. Mais j'ai réalisé que je pouvais tomber amoureuse d'une fille, naturellement. Malheureusement, il m'est impossible de la voir, elle ne fait pas partie de ma réalité. Je discute avec elle tous les jours sur ordinateur, et je souffre lorsqu'elle ne peut plus être présente.
Entre-temps, sans pour autant effacer mon désir naissant pour elle, j'ai jeté mon dévolu sur une autre fille, de mon âge cette fois-ci. Mais je n'ai pas eu le courage de lui avouer mon attirance pour elle. Quand je me suis rendue compte que je n'étais qu'une soeur pour elle, je me suis murée dans le silence, me suis éloignée d'elle afin de repousser la jalousie qui me rongeait à chaque fois qu'elle était proche d'une fille ou d'un garçon.

Aujourd'hui, je suis bien consciente que j'ai la possibilité d'aimer qui je veux, que je suis probablement bisexuelle ou autre. C'est là mon vrai problème. Car je n'attends que ça : sortir du placard. Si seulement je pouvais être bien sûre de ce que j'avance. Comment puis-je savoir si ce n'est vraiment que de la curiosité ? Je n'ai encore jamais été en couple, je ne sais pas ce que cela fait réellement d'être amoureuse. Suis-je amoureuse de cette première fille ? Je ne l'ai jamais effleurée, touchée, embrassée ... Mais qui sait ce que je donnerais pour le faire.
Le problème est que l'envie de me révèler est de plus en plus forte chaque jour, mais que mon esprit borné refuse que je le fasse sans avoir eu une vraie relation, une certitude. Je laisse parfois volontairement des signes à mes parents, puis les cachent aussitôt. Je suis à la fois anxieuse et envieuse à l'idée que le monde sache tout de moi. Le doute me ronge. Le silence commence à peser également.

Toi qui me lit, qu'est-ce que cela fait réellement d'être amoureux ? Peut-on se savoir homosexuel(le), bisexuel(le) sans n'y avoir jamais goûté ? Comment peut-on en être sûr ?
Ou te poses-tu les mêmes questions ?

De toute manière, merci de m'avoir donné l'occasion de mettre à l'écrit tout ça. J'espère pouvoir un jour le dire.

Anha    22 juin 2015  

Bon. Alors voilà, je suis gay et je n'ai pas fait encore mon coming-out, mais j'y pense tout les jours, tout le temps tout le temps tout le temps, à n'importe quel moment, à n'importe quelle occasion je fais le rapprochement avec ça. J'en ai marre. J'ai envie de le faire, ça reste coincé dans ma gorge depuis déjà un bon bout de temps. Je sens que je vais finir par lâcher l'information sans le faire exprès. x)
A vrai dire ça fait seulement depuis novembre-décembre 2014/janvier 2015 que je me questionne sur ma sexualité (au collège je ne me posais pas la question de sortir avec une fille ou pas, déjà que j'avais pas de vrais potes %) ), je suis passé par bisexualité à pansexualité pendant les vacances d'été, et depuis fin septembre de première je sais que je suis 100% gay (allez, 99,99%, on peut jamais être sûr de rien). Je suis content d'avoir réussi à déterminer ma sexualité aussi tôt (par rapport à mon envie d'aimer et d'être aimé, que je ne ressens donc que depuis un an), seulement mes envies ne cessent de grandir et j'ai vraiment pas envie de finir seul à 40 ans.
Cependant c'est pas trop le bon moment pour l'annoncer, mon moral est pas au top en ce moment et celui de ma famille encore moins (ça pourrait être pire mais c'est déjà assez pesant par rapport à la normale, dû à certains facteurs).
Au lycée la plupart des gens que je fréquente sont plutôt/assez ouverts d'esprit, je pense ne pas avoir de soucis avec ma classe. Cependant j'ai très peur de la réaction de tout mes amis mecs, un des choses qui me freine le + pour faire mon coming-out c'est de perdre mon meilleur ami...
Heureusement j'ai un ami gay qui en est au même stade que moi (rencontré sur un forum au collège, ça fait quelques années qu'on se connait, depuis on continue à se parler par message, d'ailleurs j'ai fais mon coming-out à 3 autres amis rencontrés sur ce forum, et évidemment avec eux ça n'a posé aucun problème) à qui je parle presque tout les jours, mais il ne tient pas à parler de ça tout le temps comme moi je pourrai faire. J'ai vraiment besoin de parler à d'autres gays de mon âge, besoin d'avoir d'autres interactions sur notre sexualité, des avis + expérimentés, je sais pas.
J'ai envie de briser le silence.

P.S. : Ca fait depuis le mois d'août que je reviens ici pour lire les nouveaux témoignages. Je trouve toutes les personnes qui ont témoignées très courageuses (depuis le début j'ai moi-même réfléchit à écrire de ces romans, mais j'ai "pas eus les couilles" de les rédiger entièrement puis de les poster). Je vous souhaite à tous bon courage pour briser le silence, que se soit ici ou dans votre vie de tout les jours ! o/

Stronger Than You ~♪    19 janvier 2016  

Mon premier copain me traitait souvent d'obsédée ou de perverse. Je me sentais mal, avec mes hormones d'ado qui bouillonnaient. Pourquoi avoir envie de sexe, c'est mal? Pourquoi c'est mal vu?
Mon copain actuel m'accepte telle que je suis et attend de moi que je fasse de même. Si au début c'était facile, la passion du début d'une relation, après, on a été de moins en moins en phase pour les parties de jambes en l'air. Perte d'envie... je n'ai envie que de lui, et lui ne veut pas, et il me dit que je dois respecter ça.

Et devinez quoi? C'est dur. Dans ma tête, il devait avoir tout le temps envie de moi, s'il m'aimait. Genre, bander H24, car les hommes c'est un peu comme des chiens, tu le caresses dans le sens du poil, et hop!
Ce n'est pas le cas. Pour plein de raisons, dont toutes ne sont pas connues, dont certaines sont liées à moi, mon chéri, il n'a pas trop envie de sexe. Je n'en parle pas aux autres, car en face de moi j'ai des réactions trop bizarres et qui me peinent. Les théories vont du gay refoulé à l'infidèle en passant par le cas psychiatrique...
Et puis un jour, j'ai compris.
Vous n'êtes pas un passionné de bosleigh sur gazon? Vous ne voyez même pas l'utilité d'imaginer une chose pareille? Ben c'est pareil pour lui avec le sexe. Les hommes ne sont pas tous des chiens. Les mâles n'ont pas l'obligation de penser à la fornication tout le temps. Le consentement, c'est aussi valable pour mon chéri. Je ne dois pas le forcer, je ne dois pas lui faire de chantage, je ne dois pas le culpabiliser. Mon boulot m'a forcée à côtoyer des gens peu recommandables, et mon esprit a été perverti.

Alors oui, j'ai toujours envie de sexe, toujours avec lui, je regarde les vidéos de Pouhiou, je me renseigne à droite à gauche, et j'ai confiance, un jour, la flamme de sa passion pour les plaisirs de la chair se ravivera. Et je serai là. Et tant pis pour les années de larmes et de frustration, et même si ses idées, ses envies changent, et même si l'avenir décide de me rendre lesbienne, ce sera toujours ma moitié qui sera à mes côtés, et ça, c'est le plus important.

Liz    19 mai 2015   Paris   

J'ai 17 ans et je suis gay.
J'ai grandi dans un monde où l'homosexualité n'existait pas. Lorsque j'étais petit, on me bourrait le crâne de cet homme et de cette femme qui s'aiment pour toujours et qui ont beaucoup d'enfants. C'était le seul modèle amoureux que je connaissais.
Puis, peu à peu, en primaire, j'ai entendu les premières insultes homophobes. Lorsqu'ils ont 10 ans, les gamins ne font que répéter ce qu'ils entendent partout. Les insultes "pédés" et "lesbiennes" faisaient le tour des cours de récréation. Comprenaient-ils seulement ce qu'ils disaient ? En tout cas, moi, je n'avais aucune idée de ce dont ils me parlaient. Et pensant qu'il s'agissait d'une insulte grave, je n'osais pas en parler à mes parents.
Mes parents qui se sont bien gardés de me faire la moindre éducation sexuelle. Alors que le monde de l'adolescence dans lequel je rentrais me bombardait de tous ces mots, nouveaux pour moi, sur la sexualité, mes parents ne m'ont jamais parlé une seule fois de sexe. Pire : ils refusaient même que j'écoute le moindre podcast, la moindre vidéo sur internet qui y faisait allusion. Pourquoi ? "C'est mal ! C'est vulgaire !" En attendant, je ne savais toujours pas de quoi il s'agissait.
Je souffrais dans les cours de récréation, où la sexualité devenait un des sujets dominants des discussions entre élèves. Je ne comprenais rien du tout à tout cela. Heureusement, mon meilleur ami, que j'avais perdu de vue étant petit et que je revoyais souvent depuis mon entrée au collège, s'est vite rendu compte que j'avais des lacunes sur le sujet. Il a donc entrepris de m'expliquer tout ce que je ne connaissais pas. J'ai découvert le monde de la sexualité que je connaissais absolument pas. Les termes de "fellation", "lesbienne", "sodomie" et tant d'autres n'eurent bientôt plus aucun secret pour moi. Et j'avais 14 ans. Bien tard, il me semble, pour l'époque dans laquelle nous vivons.
Concernant l'homosexualité, le milieu dans lequel je vivais n'était guère favorable. Un de mes amis de l'époque, un anticatholique convaincu m'a pourtant expliqué que l'homosexualité n'était pas naturelle, car Jésus lui-même l'a dit dans la Bible. Encore aujourd'hui, il continue de dire que les homosexuels sont des malades mentaux. Mes professeurs de religion (étant personnellement dans une école catholique, bien qu'étant moi-même un athée convaincu) n'ont jamais parlé en bien de l'homosexualité. L'un d'eux, qui aurait presque pu devenir prêtre extrémiste tellement il me paraissait illuminé, nous a parlé du mariage gay et de l'adoption par des couples homosexuels comme d'une abomination. Un autre de mes profs de religion nous a fait étudier l'Amour au début de cette année-ci, mais nous a bien précisé qu'on ne parlerait pas d'homosexualité, car il s'agissait apparemment d'un comportement marginal. Une insulte par omission, qui mettait à part environ 10 % de la population, qui m'avait profondément choqué à l'époque.
Concernant ma propre homosexualité, je ne l'ai vraiment découverte qu'il y a quelques mois. Cela fait pourtant plusieurs années que je regarde les "beaux garçons". Personne ne m'ayant jamais vraiment parlé d'homosexualité, je pensais que je les trouvais simplement "beaux". Mais plus le temps passait, plus je me rendais compte que je ne regardais jamais les filles. Jamais. Il aura fallu que je fasse un rêve sexuel pour que je prenne réellement conscience de mon attirance pour les hommes.
Et la semaine qui a suivi ce rêve a été horrible. J'avais presque honte. J'avais pourtant toujours été très ouvert sur l'homosexualité. Mais c'était typiquement : "Je l'accepte, ils font ce qu'ils veulent, mais je ne voudrais absolument pas être comme eux". Et j'ai compris pourquoi je réagissais comme ça. Pas parce que j'étais homophobe. Mais parce que la société est dans une ambiance homophobe. Je ne voulais pas être gay, pas parce qu'en soi cela me dérangeait personnellement, mais parce que je savais que je serais montré du doigt.
En comprenant cela, j'avais réussi à m'accepter moi-même. Mais les autres m'accepteront-ils ? Mon coming-out, je l'ai fait à plusieurs personnes, et à chaque fois, ce fut une horreur. Lâcher la phrase "Je suis gay" est vraiment l'une des pires choses que l'on puisse me demander de faire, par peur de la réaction. Je l'ai fait à mon groupe d'amis. Ils prirent ça comme une simple information lâchée dans un jeu action-vérité et n'ont jamais rien dit de spécial sur le sujet. "Que dire là-dessus ? Tu restes notre ami, après tout. On ne va pas venir te détester parce que tu es gay !" Depuis, eux et moi passons notre temps à rire de mon homosexualité, comme nous nous moquons d'absolument tout en permanence. Par ces rires, ils m'ont aidé à m'accepter et je leur parle désormais de mes attirances de manière banale. J'ai également fait mon coming-out à ma grand-mère et mon oncle. "Et alors ?" m'ont-ils répondu. "Tu fais ce que tu veux !" Et pareil, depuis, eux et moi en rigolons.
Mais mes parents ne savent encore rien. Bizarrement, ce n'est pas faute de le leur avoir clairement dit durant un repas de famille avec mon autre grand-mère, qui ne cesse de me casser les pieds depuis des années avec la question habituelle : "Tu as une petite copine ?????" "Non ! Je préfère les hommes !" ai-je répondu. "Et c'est vrai en plus !" ai-je ajouté, pour éviter qu'ils ne croient tous à une blague. Et malgré cela, aucun d'eux, ni cette grand-mère-là, ni mes parents ne me considèrent comme homosexuel. Ils refusent d'y croire. Avec acharnement. Comme si cela ne pouvait pas être possible, comme si cela ne pouvait être concevable. Combien leur faudra-t-il de temps pour comprendre que les filles ne m'intéressent pas ? Faudra-t-il que je baise devant eux un autre homme pour qu'ils en prennent conscience ?
Mais je reste confiant en l'avenir. Le sujet devient de plus en plus banal. À la télévision, l'homosexualité est devenue banale. Dans les discussions, l'insulte "pédé" semble perdre son caractère homophobe. Les homosexuels semblent avoir de moins en moins de mal à se montrer tels qu'ils sont en public. Les homophobes, encore nombreux il y a quelques années, semblent être de moins en moins nombreux et les quelques-uns qui restent sont humiliés.
Je suis peut-être très optimiste... Mais je pense que d'ici vingt ou trente ans, les homosexuels n'auront plus peur d'être ce qu'ils sont... Continuons à nous battre contre l'homophobie partout dans le monde, pour que l'Amour ne soit plus réprimé par la Haine !

François    17 mai 2015   Liège   

J'ai peur de faire du mal aux personnes que j'aime. Je suis violente et impulsive, un jour je sais que cela se retournera contre moi ou contre une personne à laquelle je tiens plus que nous et ça m'est insupportable.

Sami    9 décembre 2015  

Je reviens par ici pour écrire de nouveau. Mais je ne sais pas comment introduire alors je vais commencer par les faits.

Je suis étudiante dans une école d’agronomie. Le Mardi 9 juin nous avons appris le décès d’une personne de la promotion. Elle avait une myopathie, son cœur c’est arrêté et n’a pas redémarré.
C’est la première fois que j’apprends le décès d’une personne que je connaissais. Je n’étais pas vraiment proche d’elle mais je lui avais déjà adressé la parole. C’est tellement étrange de ce dire que son cœur ne bats plus et que jamais nous ne l’a reverrons. Je suis encore affecté par cet évènement. Mais malgré moi un double sentiment est présent. Je culpabilise énormément mais ceci m’a fait remonter mes pensées. J’aurais aimé que ce soit moi plutôt qu’elle. Je me sens horrible de penser ce genre de chose mais mon dieu plus le temps passe et moins je trouve l’intérêt de vivre. Je n’ai pas envie que l’on me prenne en peine ou autre, je veux juste enlever ce sentiment ou tout simplement mourir. Les gens ne comprennent pas réellement, pour beaucoup vivre c’est la meilleure chose qui soit. Mais je n’arrive pas, je n’arrive pas à y voir un intérêt, je n’arrive pas à me dire « putain c’est cool je vis ! ». Et pourtant je ne fais rien parce que je n’ai pas envie d’infliger ça à ma mère, mon oncle, mon frère. J’ai vu à quel point une mort peut être douloureuse pour les personnes autour. Et pourtant cet évènement me fait aussi réaliser que bordel je veux que mon cœur s’arrête, je veux devenir inerte, ne plus penser, ne plus me lever le matin.
En fait je ne sais plus. Je ne vois pas comment faire si je ne change pas. Mon frère est plus jeune que moi j’aurais donc toujours quelqu’un que je ne veux pas blesser et en même temps je ne me vois pas rester comme ça pendant encore 40 ans…
Je n’arrive plus à penser, je n’arrive pas à savoir où tout ça va me mener… Je ne veux plus ressentir ce sentiment d’oppression. Quand mon esprit ce dit qu’un rien arrêterait tout mais qu’une autre partie me dit que je ne peux pas blesser ma famille, que ma tête et mon corps implosent.
Je crois que j’ai besoin d’en parler mais au final je ne sais pas comment expliquer, comment extérioriser cela…

Merci d’avoir lu.

Mathilde    12 juin 2015   Rennes   

Le silence tue. Peut être que je devrais commencer par dire ça. Peut être que ce que je vais dire n'a rien à voir avec la véritable thématique du silence tue s'il y en a une. Mais ce qui m'ait arrivé provient de mon silence. Dans mon enfance (car je n'ai pas de date précise) je ne sentais pas moi même. Comment je dois réagir ? Qu'est ce que je dois faire ? telles étaient mes questions quand les trois frères du village s'en prenait à moi. Au début ce n'était pas des coups que je recevais mais bien des paroles, des insultes, et les mots sont puissants. Ils me traitaient de "pd" bien que je ne connaissais rien à la sexualité, j'étais encore innocent, à chaque fois qu'une scène érotique passait à la télé je devais détourner le regard. Mais contre ces insultes je ne faisais rien, je me taisais, j'avais peur. Peur de ces trois frères, dont l'un avait 5 ans de plus que moi, j'avais peur qu'ils s'énervent et que les coups fusent. Donc je me suis tue. Puis les insultes ont changés, c'était devenu des moqueries sur ma couleur de peau. Je suis bronzé, mi-péruvien mi-français. Encore une fois je me suis tus, par peur de représailles. Mais le pire dans ça c'est que mes amis de mon village se taisaient quand je subissais ces insultes. Et puis c'était le bouquet quand mes amis ont grandit, ils ne se sont plus tue. Ils se sont ralliés aux trois frères pour se moquer de moi allant jusqu'à des fois s'amuser a me donner des coups de pied visant mon bas ventre. Je ne voulais toujours pas me battre, donc je me suis tus. Le silence tue. C'est à partir de là que je me suis enfermé chez moi, je ne sortais plus, je n'avais plus aucun contact avec l'extérieur hors scolaire. Je restais devant la télé, devant l'ordinateur, devant mes devoirs. Je ne sortais jamais. Pourquoi devrais-je employer l'imparfait maintenant ? Cela dure encore aujourd'hui. Le silence tue. Je me suis créer un cocon dans ma chambre, j'ai commencé à devenir...ça me coûte d'en parler mais il faut le faire. J'ai commencé à imaginer, le monde, mes relations jusqu'à ce que je crois en cela, je ne savais plus différencier le rêve de la réalité. Je me suis tus, jusqu'à une ultime engueulade que mes parents avaient l'habitude depuis mon enfance, j'ai demandé à voir un psychologue. Je lui ai tout dit et avec son aide je me suis guéris, je continue à prendre un médicament neuroleptique mais je me sens mieux dans ma peau. Alors la parole guérit.
Cependant tant que nous acceptons le silence, nous nous tuons. Cette année j'ai fait la connaissance d'une fille qui a voulu entamer une relation avec moi. Nous l'avons donc entamer mais elle ne voulait pas que les gens le sachent donc nous nous sommes cachés, même si on voyait qu'il y avait quelque chose, je devais me taire. On m'avait conseillé de ne pas engager une relation avec elle, j'aurais du les écouter. J'ai découvert qu'elle avait une relation avec un autre du lycée en même temps, disons que j'étais arrivé après. En me taisant tout le long les personnes qui ne savaient pas ont décidé de me harceler à chaque cours pour avoir ce qui se passait, et à chaque question je me taisais plus encore. Mais le pire c'est que la fille en question a raconté à ses amies que c'était moi qui l'avait détourné du droit chemin (alors que c'est elle qui est venu vers moi). Du coup les amies à la fille ont répandu cette rumeur faisant de moi le fautif, le monstre qui a cassé une relation (alors que j'ai découvert qu'il y en avait eu 4 autres avant moi alors qu'elle sortait avec un mec du lycée). Et je me tais encore. Plus je me taisais, plus le silence est tenace. J'aimerai tellement que la vérité surgissent mais que ce soit la fille qui la dise. Mais c'est impossible, alors ma blessure grandit peu à peu, et le silence avec lui. Le silence tue. Mais la parole guérit.

M_Polo    17 mai 2015   Grasse   

Alors voilà, c'est mon tour de briser ce putain de silence.

Appelez-moi Victoire.
J'ai 17 ans et je subis depuis un an et demi ce qu'on appelle le désir sexuel.
Je m'appelle Victoire et je hais ce monde qui croit qu'il n'y a que les hommes pour s'intéresser au sexe pendant que les femmes ne s'intéressent qu'à l'amour.
Ce monde qui croit qu'il n'y a que les hommes qui ont envie de faire l'amour.

Monde, laisse-moi te dire un truc : NON.

Non, je ne suis pas un homme et oui je m'intéresse au sexe.
Non, je ne suis pas un homme et oui je me masturbe régulièrement depuis mes 12 ans.
Non, je ne suis pas un homme et oui je suis une fille, une fille qui n'a pas honte de briser le silence pour dire : j'aime l'amour, j'aime le sexe et j'ai très envie de faire l'amour avec quelqu'un que j'aime.

Alors, Monde, s'il te plait, ne me juge pas, ne me traite pas de salope, ne me demande pas de me justifier, ne t'étonne pas.

Car je ne suis pas la seule à être comme ça mais je fais partie des seules personnes à le dire.
Partie de ces personnes qui brisent le silence.

PS : jeanne.candy@outlook.fr
Si vous avez besoin ou envie de parler.

Victoire    24 juin 2015   Paris   

j'ai 23 ans le mois prochain, et je suis vierge. Au lycée, tous mes potes ont eu leur première fois, et je suis devenu le vilain petit canard qui ne l'avait pas fait; "oh la hooooooonte" me disait-on... Même mon petit frère sans me le dire, lui qui l'avait fait, me regardait de haut. Alors j'ai fait une connerie, et une grosse: mentir...
un mensonge, puis un autre, et encore un... la spirale sans fin.
j'ai déprimé, puis je me suis coupé, brûlé, drogué, jusqu'à essayer de me suicider, 3 fois.
Depuis le 6 décembre je vais mieux, entre autres grâce à VB, et je vis, et surtout; j'assume.
Merci Pouhiou, on s'est vu au Bar ce Week End, je te l'avais dit, tu m'as répondu ce que j'avais besoin d'entendre; et encore, je m'en veux de te l'avoir dit à l'oreille, j'aurais du le dire à haute voix. Merci.

KanekiKl    18 mai 2015   Boissy le cutté   

J'écris ces lignes à 1:25, il se peut que quelques fautes ainsi que des erreurs dans la formulation des phrases soient présentent.

J'ai toujours été quelqu'un de très anxieux. Je pense souffrir d'anxiété sociale ( même si je ne me le suis jamais fait diagnostiquer) et ça devient de plus en plus handicapant chaque jour. Je suis un lycéen, 16 ans, et mes interactions sociales sont tout bonnement artificielles. Je suis sur qu'aucun de mes amis ne se doute de la souffrance que j'ai en moi. Des fois j'aimerais fuir le lycée, fuir les discussions qui sont devenus source de stress. J'ai peur d'être jugé, que les gens se disent " Enzo est lourd" , " Oh pas lui ! "... Je me sens constamment rejeté mais je dois faire mine que tout va bien pour que personne ne le remarque; justement pour que personne ne se dise " pfff il est parano ça en devient chiant ". C'est un cercle vicieux, un cauchemar éveillé. J'aime passer du temps seul et lorsque j'en parle tout le monde commence à s'indigner en me disant que"j'ai besoin des gens quand même ! ". J'adore être en présence de mes amis, je les aime plus que tout au monde et c'est bien ça le problème. Je me dis que peut-être ils sont tout pour moi mais je ne suis rien pour eux ? Des fois mon anxiété me pousse à refuser des sorties de groupe et je dois me trouver une excuse du genre " oh j'suis malade aujourd'hui " , " je dois aider ma mère à faire un truc " . J'aimerais tellement pouvoir tout leur dire, que quand je refuse ce n'est pas contre eux, quand je ne parle pas ce n'est pas signe que je m'ennuie ou que j'en ai marre d'eux, que quand je me vexe par ce que me sens rejeté il ne faut pas mal le prendre. Désolé si je me plaint souvent, désolé si tout ce que je fais est absurde, désolé d'être aussi peu extraverti, désolé d'être aussi possessif, désolé de rester seul des fois, désolé pour tout.

Je sais que je traînerais mon anxiété toute ma vie, peut-être s'atténuera-t-elle peut-être pas. Pour le moment j'ai peur de tout perdre, de perdre une des personnes qui compte le plus pour moi. Avant-hier mes nerfs ont lâché, un trop plein de tout. J'en avais marre de me sentir mis de côté comme ça alors j'ai tout envoyé chier. Demain, j'espère pouvoir recoller les morceaux. D'extérieur ma furie semble n'être qu'un délire d'ado mais c'est beaucoup plus profond que ça, que je sois adolescent , adulte ou même enfant en bas âge l'anxiété me rongera et altérera mes relations ainsi que mon entourage.

Enzo    17 décembre 2015  

#CulPouhiou : des chroniques vidéo où l'on parle sexe, corps et sexualités sans fard ni jugements.

Twitter
Facebook
Google+
YouTube
YouTube