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17 mai 2015

Journée mondiale de lutte contre l'homophobie, la lesbophobie, la biphobie, la transphobie
Nos silences sont déjà un jugement

Pour ne plus que le silence tue, ce site vous propose de libérer la parole

Témoignez ici de moments où le silence fut lourd, pesant, mortifère...

... Ou profitez-en pour dire ce que vous aimez, êtes et vivez, pour dire ce que l'on ne dit jamais, ce que vous aimeriez entendre plus souvent autour de vous.

Briser le silence

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Vos témoignages

Briser le silence

Je suis moi, je suis toi et je suis tout ces gens là.Des questions des doutes m'assaillent ils m'empêchent de dormir.Le monde dans lequel on vit est complètement fou, il y a eu cette tuerie a Orlando(respect aux victimes)malheureusement depuis des années des tueries on lieux et quel est l'ultime motif de sa?...c'est la différence.Et sa sa me révolte.La plus belle particularité de notre monde est justement cette différence voir des gens de toute sorte partout c'est sa qui crée la vrai beauté.Car oui ces différences devraient et sont déjà célébrées.Ces différences nous font nous unir on lève le poing dans les airs fières de qui on est.Il ne faut pas se cacher tu es celui que tu es rien et personne ne peut changer sa alors sois fière d'être unique d'avoir cette éteincelle que certains n'ont pas pu avoir.Toutes ces différences elles sont toutes belles elles méritent toutes notre respect.Alors s'il vous plaît soyons qui vous êtes car vous êtes magnifique

Si quelqu'un veut parler peut importe de quoi vous pouvez m'écrire à : eli_456@hotmail.ca

La diversité    22 juin 2016   Montréal   

Encore un poids sur le ventre. après 4 ans, toujours le même.

Elle était charmante, gentille, belle, pimpante, jeune et dynamique, bien plus jeune que mon père, mais les différences comptent-elles quand on aime? Pas selon moi.
Quand mon père nous l'a présenté, à moi et mon grand frère, on ne pouvait que l'apprécier, elle dégageait une telle chaleur, une telle présence, une telle beauté... Elle illuminait mon père de l'intérieur, comment ne pas l'accepter en voyant sa capacité à réchauffer un vieux coeur et un sourire que l'on pensait momifié?

Une façade. Juste une façade. Un double jeu. Autant pour elle et pour moi. Je suis Adèle, et j'ai eu mal. Et je refuse que quelqu'un fasse des choses aussi stupides que cette adorable femme.

Ce n'est pas ma mère qui m'a accompagné dans ma puberté, et la découverte de ce corps nouveau, c'était elle.
Aujourd'hui, chaque mois, je me souviens. Pour elle je n'avais pas le droit de saigner, pas le droit d'avoir un corps qui évolue. "Et bien?" me diriez-vous? Et bien j'ai du supporter un an de règles sans la moindre protection, mon père soutenant la pensée de cette femme. Sa petite fille n'avait pas le droit de grandir. Elle restera petite fille. Elle saignera, en silence, n'ira pas en cours pour fuir la bêtise adolescente, mais peu importe, tant qu'elle reste dans un état de minette de CE2.

Ah, le premier copain. La première relation sexuelle. le premier papier dans la poubelle et les premiers SMS parlant de mes doutes, et mes peurs, adressés à mon copain. UNIQUEMENT mon copain.

"pute"
Elle a réussi à m'en persuader. Elle a vraiment réussi, et mon père, aveuglé, le pensait.
Silence. A personne, jamais, je ne souhaite de voir le regard noir de son père qui découvre que sa fille vend son corps telle un ignoble et repoussante traînée. Elle qui voulait juste Aimer.

Je mangeais mal. Je trouvais mon corps repoussant, et elle était d'accord. 100% d'accord. Insultes. Tristesse, bouffe.

J'ai toujours mal. J'ai toujours mal quand j'ai mes règles, j'ai toujours mal quand j'aime, j'ai toujours mal en regardant mon corps, aujourd'hui épais, certes, mais musclé, et même séduisant.
J'ai mal de voir le regard de mon père, qui a bien vu que quelque chose de mal c'était passé entre lui, cet ange blond et moi, mais qui se dit que ce n'est probablement pas très important, puisque sa fille sourit, à des amies et des bonnes notes.

Ses beaux yeux bleus me hantent, et me font toujours aussi peur. Après 4 ans, ça ne changera pas.

J'ai toujours mal, Pour peu de choses, mais j'ai toujours mal.

Adèle    20 mai 2015   Blois   

Hier soir, déprimé et angoissé, j'écoutais de la musique sur Youtube. J'ai eu l'idiotie de lire les commentaires d'une des vidéos, et, bien qu'en temps normal je m'abstienne d'y réagir, cette fois, j'ai pris le temps d'écrire une réponse en anglais à quelques gens qui parlaient. Pourquoi ? Parce-qu'ils évoquaient le fait que les bronies ( ces gens fans de MLP ) avaient tendance à être vu comme des "gays, faggot" par les autres, et ils le déploraient.
Moi, ce que j'ai déploré en lisant ça, c'est l'utilisation du mot "gay" comme un outrage, une désignation dégradante renvoyant à l'image stéréotypée d'un homosexuel "ridiculement efféminé". ( Et je mets des guillemets parce-que le simple fait de considérer un homme efféminé comme un être ridicule ou misérable est à mon sens tout simplement stupide. ) J'étais bouleversé, mais j'ai réagis en douceur. Parce-que j'en ai assez de voir que les gens utilisent la féminisation d'autrui comme une insulte. "Ne fais pas ta femmelette" , "on est pas des pd"... Ces formules entrées dans le langage courant et qu'on entend à tout bout de champs. C'est peut-être ridicule, mais elles me font du mal à chaque fois. C'est ce que j'ai dis succinctement dans ce court message.
On m'a répondu aujourd'hui. D'abord un simple "la liberté de parole", car bien entendu, ça règle tout de suite la question du sexisme latent dans la société et entré dans le langage, suis-je bête... Puis un autre message, plus long. En substance, son auteur disait être contre le fait de qualifier l'homosexualité de normale, car "il a été prouvé de nombreuses fois que c'est une maladie mentale", "il n'y a pas de gêne gay dont c'est bien une preuve", "nous sommes fait pour aimer un individu du sexe opposé, sinon nous aurions tous les mêmes chromosomes sexuels" , "nous sommes nés pour aimer un individu du sexe opposé".
D'accord. Cette réponse était stupide. Je pouvais m'attendre à coup sûr à ce genre de réaction après tout. Mais ça m'a rappelé que je vais devoir lutter toute ma vie contre le regard des gens, à cet égard et à beaucoup d'autres, je vais devoir supporter des injures et des petits coups donnés par des gens qui ne pensent pas à mal, faire le choix d'affronter la stupidité de ces gens qui ne se remettent jamais en cause ou accepter de, par exemple, ne pas tenir la main de l'homme que j'aimerai dans la rue, par sécurité. Faire le choix de me taire si j'entends une remarque homophobe dans mon lieu de travail ; ou bien d'ouvrir ma gueule, comme d'habitude, et d'être rejeté encore un peu plus loin de la société. Je n'en suis pas là, mais j'ai déjà passé ma courte vie à porter ma différence en étendard, cette différence que je n'ai jamais cherché à cacher, que je refusais de nier pour entrer dans le rang, et qui m'a apporté l'isolement comme principal retour. Maintenant, en plus de cette différence générale, cette chose en profondeur, je dois aussi vivre avec mon homosexualité, comme une cerise sur le gâteau ( empoisonné ). J'aurai vingt ans cette année. Je me sens déjà usé. Et ce n'est qu'un début. La connerie d'un inconnu quelconque m'a foutu un creux au ventre et des larmes aux yeux, et ce n'était rien, juste des mots sur un écran. Assez peu de mots même. Je vais voir pire, bien pire au cours de ma vie, et cette pensée me déprime. Je ne comprends pas les gens, leur manque d'ouverture, je ne comprends pas ce que peut leur coûter de se remettre en cause... Je le fais tous les jours, je n'en suis pas mort. Je suis loin d'être un sain, moi aussi je juge les gens ; mais je révise ce jugement, peu importe qu'un sujet soit choquant ou non, qu'il me heurte. Je prends le temps d'y réfléchir. Je cherche à me défaire de mes préjugés. Je ne suis pas un génie ; si je peux le faire, pourquoi pas eux ?
Voilà, ce n'est pas grand chose, mais j'avais besoin d'exprimer ça quelque part...

Fluffy    14 janvier 2016   Paris   

Je me disais : "Tu ne peux pas publier, comme ça, à l'arrache, sur ce site, ce ne serait pas correct."
Donc j'ai attendu, en réfléchissant, en me répétant qu'il me fallait d'abord faire un brouillon, histoire de pas écrire n'importe quoi, et surtout histoire de bien trier les informations. Mais en fin de compte, je ferais aussi bien de me lancer sans y réfléchir plus longtemps.
Alors voilà mon portrait-robot : je suis une fille pansexuelle, âgée de 16 ans physiquement, mais vraiment née depuis un an seulement. Disons pour faire simple qu'avant le lycée, je n'étais personne, piégée dans la passivité de celle qui ne veut faire de mal à personne. Je ne parlais presque pas, je souriais rarement, et surtout, je ne m'amusais jamais vraiment, ce qui fait que je ne voyais pas énormément d'intérêt à rester en vie.
Cette tristesse a une source, évidemment. Je suis née porteuse d'une maladie rare orpheline, ce qui signifie qu'aucun de mes parents ne l'a, je l'ai développée toute seule comme une grande. Elle est d'ordre neurologique, mais fort heureusement pour moi, ne m'atteint "que" physiquement. J'ai donc très peu de force, très peu d'énergie, et bien que mes biceps et mes abdos aient l'air assez développés, j'ai une force de fourmi. De fait, on m'a pas mal fait sentir que je n'étais pas normale au cours de ma vie (pas si longue, je l'admets, mais éprouvante quand même). Figurez-vous qu'il existe une personne, sur cette planète (au moins une) qui a eu la cruauté de me traiter d'"handicapée" parce que j'avais du mal à monter dans un bus, et que ma démarche était bizarre. J'avais, disons, environ trois ans (c'est ma mère qui me l'a raconté). Admettons que ce ne soit pas la faute de cette personne, mais celle de la société. J'aimerais savoir quel sinistre individu a lancé la mode de considérer le terme "handicapé(e)" comme une insulte. Juste pour voir à quoi ressemblait la vie de ce type/cette dame.
Et voilà, ça me reprend, j'ai peur de ce que vous allez penser, je me dis que ce n'est pas le sujet de ce site. Je me sens super mal, là, mais je vais essayer de terminer. Si vous pouvez lire ça, c'est que j'ai réussi.
Le rapport avec ce site, c'est que depuis quelques temps, je me questionne sur mon identité sexuelle, et surtout, ma sexualité. Oui, je suis encore vierge, et j'ai peur de ne pas assurer en matière de sexe, justement à cause de ma maladie. Du genre "et si je ne sentais pas grand-chose ?" ou "et si je me fatiguais trop vite ?". Ces questions ont sans doute des réponses évidentes, mais j'angoisse pour ça.
Et puis, en plus... à cause de défaillances de mon système nerveux, il y a des moments où j'ai des douleurs imaginaires au niveau des pieds. Ce n'est pas important, vraiment ? Et si je vous dis que je le ressens comme de la claustrophobie ? J'ai peur de ressentir comme une agression le fait que quelqu'un monte sur moi. C'est vrai qu'il y a d'autres façons de le faire, mais bon, je suis d'un naturel anxieux, et en plus de ça j'ai énormément d'imagination, ce qui rend nombreuses les raisons d'avoir peur.
A part ça, ma vie est sympa, je l'aime comme elle est, mais je n'arrive pas encore à ignorer ce que les gens pensent de moi. Je suppose que c'est normal, à mon âge, mais quand ça m'empêche de prendre les décisions qui me plaisent, c'est vraiment dommage. Exemple : j'aimerais voir ce que ça fait d'être un garçon. Pas forcément complètement, juste en me travestissant et en me considérant comme tel. Eh bien, j'ai muselé cette envie, pas par peur de ce que la société pense des personnes transgenres ou transsexuelles, mais par peur qu'on me considère comme une pauvre ado paumée qui se fait mousser avec des idées fantaisistes. Du coup, je n'ai pas demandé à ma mère comment elle m'aurait appelé si j'avais été un garçon, je n'ai discuté avec personne de tout ça, et je n'ose pas l'exprimer autrement qu'anonymement.
Ma plus grande terreur, c'est d'assumer pleinement quelque chose que les gens me renverront en pleine figure en voulant m'humilier. Le lundi qui a suivi les attentats à Paris, il n'y a pas longtemps, on en a parlé au lycée, et j'ai voulu parler à ce sujet. Eh bien, la personne en face de moi (un élève, pas un prof) m'a cassée en me répliquant quelque chose dont je n'avais pas connaissance et qui avait entravé ma réflexion, et sa réplique sonnait clairement comme un bon vieux "Ta gueule, pauvre conne." Il est vrai que je suis en plus devenue parano avec tout ça, alors peut-être que ce n'était pas son but, mais c'est comme ça que je l'ai ressenti. Des suites de cette expérience, j'ai développé une phobie de donner mon opinion sur des sujets aussi élevés que la politique, et je suis retournée écrire mes histoires, en me bouchant les oreilles pour ne plus entendre leurs histoires trop sérieuses et réelles pour moi. Mais, malgré le fait que je plane trop pour tout suivre, je suis bel et bien engagée pour mes idées. Seulement, je ne sais pas les assumer parce qu'on m'a toujours considérée (à l'école, au collège, au lycée) comme la gamine bizarre qui vit trop dans sa tête.
Un grand merci si vous avez lu jusqu'ici, et j'espère ne pas avoir trop gaspillé votre temps en vous racontant tout ça. Si vous voulez en savoir plus sur ma façon de penser, vous pouvez lire mes textes sur scribay.com sous le pseudo Klora Belacqua (ça ressemble à une pub mais je vous assure que ce n'en est pas une, je cherche seulement à vous donner la possibilité de me comprendre et/ou de me contacter).
J'ai furieusement envie de m'excuser, là, tout de suite. Bref. Bonne journée !

Klora    12 décembre 2015   Nantes   

Je suis une jeune femme de 21 ans, hétéro, qui vient d'une famille très ouverte... bref, le cadre idéal!
Seulement, j'ai eu droit a un certain acharnement de la gente masculine dans mes jeunes années.

A 4 ans, j'ai du subir pendant une grosse partie de l'année scolaire les attouchement d'un garçon d'un an plus agé: Il m'amenait dans des endroits où les professeurs ne pouvaient pas nous remarquer, m'embrassait, me "masturbait" (meme si le terme ne me semble pas adéquat... dans mon esprit il est associé à plaisir, et non dégout). j'avais un amoureux qui essayé de m'aider, mais jamais je n'ai pensé a en parler a un adulte... on ce débrouillait entre nous.
A 5ans, un camarade de classe de ma grande soeur m'a etranglé en me soulevant du sol... j'étais sur le point de perdre connaissance quad ma soeur est arrivée et lui est rentré dedans (malgré une différence de taille et de gabarit assez impressionnant)

Du CP au CE2 (6 à 8ans), un garçon de ma classe m'a prise pour cible... tout les jours, c'était des insultes, voir des coup quand l'occasion le permettait... chaque jour, c'était une course contre la montre: trouver des gens costaux que je n'apprécié certes pas mais qui le maintenait a distance, et leur rendre des services (devoirs et autres..) pour rester collée a eux et echapper à cet enfoiré. Durant 1 semaine, les attaques c'était calmée, et il m'a fait ça déclaration en m'offrant quelque chose qu'il avait volé chez lui!! dès mon refus au bord de la nausée, il a repris les coup.. Les enseignants s'obstinant a etre aveugle malgré l'insistance de mes parents, j'ai finis par changer d'école...

A cause de tout ça, mon caractère c'est blindé! Rejet systhématique des garçons, violence verbale et physique. Pour ne pas aider, la première déclaration qu'on m'a fait au collège, le garçon avait demandé à une amie de me ceinturer. Inutile de dire qu'à ce stade ma relation a "l'amour d'autri" était devenue très anxiogène!
J'ai aussi mis ma mort sur un plan assez insignifiant...sans etre suscidaire, l'idée d'etre blessée, tuée me laissait d'une total indifférence. Cela m'a aidé, étonnement, quand 2/3 camarades de classes m'on menacé pour d'obscures raisons en m'etranglant. mon sang froid et mes moqueries face a leur avenir si d'aventure ils m'achevaient (toujours en etant étranglée) les on fait laissé tomber...

Cette barrière me protegeait, mais m'empéchait tout échanges humains véritable! Quand enfin j'ai essayé de la surpasser, l'étape de maternel que j'avais effacé de mon esprit est revenue me hanter: c'était un rappel, ceux pourquoi cette barrière existait. Ce n'ai qu'en réalisant le lien entre mes antécédent et mon attitude que j'ai réussi a me liberer un peu de ces chaines.
Bon, je suis toujours incapable d'etre amoureuse, l'excès d'affection chez mes partenaires me dégoute et me fait les laisser, et je ne peux absolument pas dormir a coté d'un homme hétéro (meme en cas de fatigue extreme, je ne peux simplement pas perdre conscience!), mais je suis sur la voie pour me detacher des ces poids... S'ouvrir au monde est decidement effrayant et merveilleux a la fois!

Lisa    19 mai 2015   Strasbourg   

Maman...j'aimerai n'avoir jamais su ce qu'étais une mere. J'aimerais n'avoir su pour ne pas souffrir comme je le fais

Tu sais très bien pourquoi nous sommes là,
A bout de souffle après tout ce temps.
Non moi non plus ça ne m'enchante pas,
Mais de toute façon rien ne m'enchante en ce moment.

Vois nos vêtements en lambeaux,
Et ce sentiment de solitude,
Et toutes ces marques sur notre peau,
Ont des relents de triste certitude.

C'est comme si "tomber amoureux",
Nous avait fait tomber, tous les deux.

Ecoute-écoutons notre instinct de survie,
Sors de ma vie, avant que je ne détruise la tienne,
Bâillo-Bâillonnons nos coeurs, en cage dans nos poitrines,
Oui parfois les gens s'aiment, pour des raisons malsaines.

On s’est charcutés (...)
Coupés de nos racines, de tout ce qu’on est,
Presque morts, dans le temple de Vénus,
Pour vivre à deux, fallait-il donc trépasser ?

Ta fille. malheureusement ?    8 mars 2017  

C'est appréciable d'avoir un endroit où l'on peut s'exprimer anonymement.

Actuellement, je suis une étudiante de 22 ans, en école d'ingénieurs, et je fais tout pour être normale. Le combo Converses/Sac EastPack/ Electro dans les oreilles pour se fondre dans la masse et passer inaperçue.
Pourquoi ?
Parce que depuis mon enfance, j'ai cette sensation d'être en décalage par rapport au monde extérieur.
Pour donner le contexte initial, mon père alcoolique a battu femme et enfants jusqu'à que ma mère décide de s'enfuir un matin avec moi. Mes parents n'ont plus aucun contact depuis, et les visites chez mon père m'ont laissé de graves séquelles, que j'essaye de guérir peu à peu. Du collège au lycée, je me suis renfermée sur moi-même, subissant les remarques sur mon surpoids, et appliquant le conseil de ma mère : "Laisse-les dire ce qu'ils veulent, montre pas que cela te touche.".
A force, que ce soit durant mon cursus ou chez mon père, je construisais ce mur autour de moi, brique par brique, avec le ciment le plus solide qu'il soit, sans me rendre compte que l'intérieur de ce mur se dissipait. Ainsi, je me retrouve avec un vide intérieur, avec la sensation que rien ne peut m'atteindre, de ne pas avoir de cœur, ni de sentiments véritables.
Même si actuellement, ma scolarité se passe énormément mieux, les soucis financiers me causent un stress énorme au jour le jour.
Je vois ces personnes autour de moi, avec une famille aimante, une aisance financière, et amoureusement comblé. Je veux être comme ÇA. Je veux être normale.
A force de penser cela, je me demande si mes relations sont réelles, ou si j'agis inconsciemment pour me fondre dans la masse. Tous les jours, je plaisante avec la bande de potes, on part souvent en soirées, j'ai le sourire, et un semblant de joie de vivre. Mais la nuit, quand je vais me coucher, je me retrouve avec ce silence intérieur tellement assourdissant que je ne peux pas m'endormir sans lumière et bruit.

Au fil du temps, je me dis que je ne trouverais jamais l'amour. J'ai l'impression d'être impossible à aimer.
Je me regarde dans le miroir, et je me dégoûte par mon apparence. Cette sensation est tellement puissante que je fuis les miroirs. Tous les hommes et les femmes avec qui j'ai couché semblent aller de l'avant, pendant que moi, je reste là, à me tourmenter.

Alors, oui, en écrivant ce pavé, j'ai eu la sensation d'être complètement égocentrique, parce qu'il y a pire, que je devrais faire avec, et ne pas ennuyer les personnes avec mon histoire. Mais si jamais vous avez pris le temps de me lire, merci.

ViSui    25 mai 2015   Nantes   

Bonjour voila je n'est pas grand chose à dire si ce n'est que j'ai 18 ans et depuis toujours je n'est était attiré que par des filles , il n'y a pas longtemps j'ai joui grâce à ma prostate et mine de rien j'ai ressentit un sentiment de culpabilité , je suis trop timide et j'ai jamais été en couple et je sais pas mais parfois je me dis même que j'ai peur d'être bi ou même gai parceque j'aitoujours aimé les femmes mais dans nôtre société le plaisir anal est relié uniquement aux homo quand on est un homme alors je sais pas je me cherche encore beaucoup et c'est vrai que ça fait un peut de bien de l'évoquer. Merci.

Ydrag    22 mai 2015  

Ici il n’y aura pas d’histoire de rejets ou autre par rapport à une orientation sexuelle. Mais plutôt un ramassis de sentiments qui font que globalement je me hais, à la fois physiquement et mentalement. Le texte qui va suivre jamais je n’aurais pensé le publier quelque part. Pouhiou je te dis merci et je m’autorise cette fois ci à te tutoyer parce que ce site est une magnifique initiative. Le vouvoiement me paraissait bien trop solennel pour la situation. Tu ne sais pas qui je suis et pourtant malgré ce qui va suivre tu m’as enlevé quelques petits poids et je t’en suis infiniment reconnaissante.

J’ai 21 ans, de sexe féminin je n’ai encore jamais connu de relation, à vrai dire je crois que je n’ai jamais eu de sentiment amoureux pour quelqu’un. Il y a encore peu tout ce qui tournait autour du sexe avait tendance à me mettre mal à l’aise. Je ressentais une telle honte lorsque je cherchais à me masturber par exemple. Le simple fait de trouver une personne attirante ou une petite vanne sur le sexe me mettait mal à l’aise pour diverses raisons que je commence à repérer. Et puis j’ai découvert Pouhiou et je crois que ce fut l’une de mes plus belles découvertes web. J’ai compris que rien n’était anormal, que le sexe n’est pas et ne doit pas être tabou et encore pleins d’autres trucs qui m’ont fait évoluer.
Cependant je continue à haïr mon corps et le fait de n’avoir jamais, même donner un baiser provoque toujours en moi ce même sentiment. Un sentiment empli de peur, peur de ne jamais le donner ce baiser, peur d’être ridicule, peur de finir seule etc. etc. et un sentiment de ridicule. J’aimerais expérimenter une relation, un acte sexuel et toute ces choses qui s’y attachent, mais je crois que ceci restera de l’imaginaire, je n’arrive pas à voir les choses autrement et ceci me conforte amplement dans mon idée que je suis insipide, moche, sans intérêt et ça me tue. C’est quand même dingue à quel point on peut arriver à ce détester juste à cause de ça et de son corps.

Et si seulement il n’y avait que le physique. Mais il ne s’agit pas d’un complexe du corps, s’y rajoute mon dégout pour la personne que je suis, pour mes pensées, mes paroles, mes actes. Depuis quelques années j’essaye de prendre confiance en moi, j’essaye de ne plus avoir peur de parler, rencontrer des gens mais rien n’évolue vraiment. Je me sens inutile, ridicule, je n’ai aucune conversion, je suis insipide, inintéressante… Je n’imagine pas mon avenir autrement que au chômage, seule avec un chat. Ce cliché qui a tendance à faire rire me terrifie. Pourtant j’ai jusqu’ici plutôt réussit mon parcours, je suis élève ingénieur agronome dans l’une des écoles les mieux classées du domaine, mais là encore … rien… Je ne sais même pas où j’ai envie d’aller, aucune passion qui me brule, me booste, me motive. Impossible de valoriser l’une de mes actions. Je n’arrive pas à me voir positivement, je n’y arrive pas. Juste une pauvre fille de 21 ans qui a encore du mal à parler à une personne de sexe masculin et qui commence à avoir du mal à parler aux personnes de sexe féminin, qui n’a pas d’objectif, qui passe la plus part de son temps à regretter ses faits et gestes, à regarder les gens autours en les enviant…

Je sais que ça fait la fille qui se plaint beaucoup mais ce n’est pas juste ça, j’arrive à un stade où j’ai peur de mes pensées. Au collège je pensé souvent au suicide mais je me rends compte aujourd’hui que c’était des pensées sans grands fondements alors qu’aujourd’hui… Aujourd’hui ce n’est plus le simple : « de toute façon personne ne m’aime ». Hier encore une crise m’a prise et je me rends compte que j’envisage le suicide de façon très rationnelle et très posément. J’ai le sentiment très fort que la seule porte à cet accès est la présence de ma mère, mon oncle et mon frère.
Je hais mon corps, je hais ma pensée, mon comportement. Je sais qu’il y a des choses que je dois changer, travailler mais au fond à quoi ça sert ? Sérieusement, je ne vois pas l’intérêt de ma vie, quel sens lui donner et pourquoi continuer ? Je n’arrive plus à passer outre tout ça. Pourtant le monde me fascine, le monde biologique, l’espace, la croissance d’un arbre, la création d’un animal, tout ceci me fait tourner la tête. Mais ma vie, cette idée de vivre encore 60 ans… pfiou je n’en ai vraiment pas envie.

Merci pour cette plateforme. Malgré le pavé que je viens d’écrire je constate que je me suis limité, mais tout de même, c’est long & chiant, mais je crois que ça m’a fait un peu de bien de le rédiger.

Merci Pouhiou & la Fédération LGBT.

Et Pouhiou vraiment Merci pour ce que vous faite. Vous êtes l'une des plus belles ressources d'internet.

Mathilde    23 mai 2015   Rennes/Rochefort   

J'ai bien fait de ne pas promettre que ce serait mon dernier témoignage.
Je pense trop, maintenant il faut agir. Il faut vivre. Et ça doit se faire le plus vite possible, sinon je regretterai toute ma vie de ne pas avoir eu le courage quand il le fallait.
Mais je n'y arrive pas. Pire encore je ne prends même pas la question au sérieux, je range tout ça dans ma tête, et ce qui est sensé me faire avancer finit par être une pensée parmi tant d'autres, uniquement là pour m'occuper, pour chasser l'ennui. Je me répète intérieurement "Il faut vivre maintenant" mais est ce que je m'écoute ? Non. C'est juste un autre moyen pour faire comme ci j'avais une vie passionnante et intense.
Seulement voilà, comment on s'émancipe, comment on vit ? Je veux dire, concrètement ? Je ne sais pas quoi faire, ni où aller. Peut être que ça m'arrange. C'est surtout que je n'ai pas tellement cherché. Je n'ose pas.
Une partie de moi se sent trop jeune pour foncer. Je ne sais pas si ça me fait envie, mais je sais que ça me ferait du bien. Je sais que c'est nécessaire. Je sais aussi que ça arrivera.

Toujours là...    16 mars 2016   Paris   

#CulPouhiou : des chroniques vidéo où l'on parle sexe, corps et sexualités sans fard ni jugements.

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