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17 mai 2015

Journée mondiale de lutte contre l'homophobie, la lesbophobie, la biphobie, la transphobie
Nos silences sont déjà un jugement

Pour ne plus que le silence tue, ce site vous propose de libérer la parole

Témoignez ici de moments où le silence fut lourd, pesant, mortifère...

... Ou profitez-en pour dire ce que vous aimez, êtes et vivez, pour dire ce que l'on ne dit jamais, ce que vous aimeriez entendre plus souvent autour de vous.

Briser le silence

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Vos témoignages

Briser le silence

Bonjour, j'ai quelque chose à dire (écrire...) et j'espère que c'est le bon endroit pour ça. Je n'attends ni réponse, ni réaction, et l'anonymat me convient très bien, j'espère que personne ne s'en offusquera.

Bon, voilà, j'ai 21 ans et je n'ai jamais eu de petite amie. Par extension, je n'ai évidement jamais eu de rapport sexuel non plus...
21 ans, c'est pas encore trop grave (si tant est que ce le soit jamais) et j'ai lu ici les témoignages d'hommes plus âgés encore dans le même cas de figure.

Néanmoins, j'en souffre beaucoup. A les entendre, tous mes potes l'ont déjà fait, et même mon PETIT frère.
Pourtant, je n'ai pas de tare particulière : je ne suis pas vilain, je suis plutôt marrant et je suis même un peu reconnu dans mon domaine professionnel. Mais dans une région où le foot, l'alcool et les engins motorisés monopolisent tous les sujets de conversation, je ne trouve pas trop ma place.

Bien sûr, personne autour de moi n'est au courant. Je le cache, et même je mens. Malgré ça, on voit que je suis seul, et rien ne me blesse plus que lorsqu'on me le reproche. On m'a même souvent dit que "si j'en ai envie, et qu'on me rejette, j'ai qu'à insister".
J'ai été très proche d'une fille de mon âge, dont je suis tombé très amoureux l'année dernière. Alors que nous nous rapprochions, elle a finalement brutalement choisi son vieux patron dégarni. Cette humiliation a suffi à nombre de mes amis pour se moquer de moi et ne plus me fréquenter.

Aujourd'hui, je n'ai plus envie de faire des efforts là dessus. Je ne crois même pas que je serai en mesure d'apprécier.
Je m'isole, et j'ai honte.

blublu    30 juin 2015  

Etant petite, je me demandais ce que j'étais, si j'étais vraiment une fille.
Je courais plus vite que les garçons, je me battais, parlais comme eux, sans doute avec trop de franchise... J'étais plus vive que mes frères. Pour la plupart des gens, plus masculine qu'eux.
Ma mère voulait (et veut encore) me faire porter des robes, du vernis, des jupes, et j'acceptais parce que c'était ma mère... Mais je ressentais inévitablement cette sorte de gêne, comme l'impression d'arriver à une soirée déguisée sans que ce soit vraiment moi. Sauf que ce n'était pas une soirée, juste l'école.
C'était étrange... J'étais fière d'être comptée parmi les garçons lors du sport, mais me sentait mal en même temps. Parce que j'étais une fille après tout, non? Du moins, c’est ce que clamait mon visage de poupée et mes organes génitaux.
Par ailleurs, j'étais l’enfant modèle: très scolaire, serviable, polie et obéissante.
Mais... Un peu trop casse-cou. Qui ouvrait un peu trop sa bouche sur des sujets d' "adulte".
On voulait que je me taise, que je sois plus féminine.
J'ai accepté la première partie, un peu la seconde ; et je me suis tue.
Je me sentais mal parmi les enfants du collège, et ils me le faisaient bien sentir à coups d'insultes ou de pied dans le ventre. Mais je me taisais.
Pareil pour le sport que je pratiquais à l'époque.
Après tout, j'étais tellement casse-cou et imprudente que mes bleus ne pouvaient que venir de là... non?
Les seules conversations qui me faisaient me sentir bien étaient avec les adultes; mais on m'avait retiré le droit d'y participer.
Alors je parlais avec moi-même. Il y avait plusieurs voix dans ma tête et je leur répondais, parfois à voix haute quand j'étais seule. Elles étaient toutes différentes, toutes avec des caractères différents... Je crois qu'elles ont été mes premières amies.
Je suis devenue lunatique
J'étais la fille garçon manquée bizarre; folle.
Et je ne ressentais aucune attirance envers personne, mais ce n'était qu'une phase, ça aussi. Un problème d'immaturité. Et de toute façon, j'étais forcément hétéro.
Le temps a passé, la phase s'est prolongée. Arrivée au lycée, j'étais toujours une gamine. Toujours avec les cheveux coiffés à la va-vite, long parce que ma mère ne voulait pas que je les coupe, sans maquillage, en jean T-shirt trop large... Je détestais voir mes formes apparaître; j'avais peur de devenir une femme alors que je n'étais pas certaine d'en être une.
Toujours avec mes conversations solitaires et l'asociabilité qu'on m'avait appris à cultiver.
Je ne sais toujours pas ce que je suis aujourd'hui. Je me sens plus que mon âge dans ma tête, mais rien ni personne ne m'attire.
Le porno me laisse de marbre, les relations sexuelles (de tout type) me paraissent normales... Pour les autres.
Pour moi, il s'agit simplement d'un monde différent. Inenvisageable.
Ma mère pense que les garçons homosexuels ne sont pas de vrais hommes, qu'il en est de même pour les filles. Elle et mon père ont qualifié le transsexualisme d’ « égocentrique », en disant qu’on ne savait plus quoi inventer.
J'ai ouvert la bouche pour la première fois depuis longtemps, et ai violemment débattu avec eux.
Ma mère a fini par me dire de me taire, puisque de toute façon, je n'aurais jamais les tripes de combattre pour cette cause.
Ah, maman… Si tu savais comme tu as tort. Mais tu ne veux pas savoir. Puisque je dois me taire. Arrêter de jurer. Me maquiller, porter des robes, être féminine, me trouver un copain et baiser avec.
Tu n'as toujours pas compris que tout cela n'arrivera jamais. Parce que la personne que je suis est peut-être une fille, et peut-être pas. Et parce que je suis asexuelle, que je l'ai toujours été, et que je le serai probablement toujours.
Car oui, contrairement à ce que ma famille pense, l'asexualité existe; et ce n'est ni une phase, ni une maladie.
Je ne sais pas vraiment si le silence tue, parce qu’il m’a façonnée d’une certaine manière…
Le silence m’a rendue forte, parce qu’aucune parole n’est plus dure à encaisser que celle à laquelle on nous interdit de répondre.
Le silence m’a rendue forte, parce que si ma bouche est close, mon clavier et le clic de ma souris parlent ; et je me bats pour tous ceux qui pense qu’une fille devrait être comme ça, qu’un homme ne devrait pas faire ceci, qu’une orientation sexuelle est anormale.
C’est dans le silence que je me suis battue contre la violence qui bouillait en moi, en la lâchant la plupart du temps contre moi-même au lieu des autres, en faisant couler mon sang.
Mais pas tout le temps. La seule fois où j’ai lâché prise et où mon corps a agi pour moi, à coups de poings et de rage, m’a sans doute sauvé la vie ; et il m’est impossible de le regretter. Mais y repenser me blesse.
Je crois que le silence est une souffrance, mais que ce qui ne tue pas rend plus fort ; et le silence m’a rendue forte d’une certaine manière.

Hk    17 mai 2015   MyHeadIsBurning   

Je suis une fille, j'ai presque 15ans et je crois que j'ai un problème avec les hommes. J'ai commencer a coucher très tôt, avec un type de 10ans de plus que moi. Je me sentais pas à l'aise avec lui ni avec tout ceux qui ont suivi (toujours plus âgés que moi) mais je les laissais quand même faire ce qu'il voulait de moi, parce que je sais pas dire non. Je recherchais l'affection d'un père dans leur bras alors qu'eux en profiter juste pour un plan cul. Au final je me sentais salie, violée même puisque je ne voulais pas ca mais je n'en parle pas parce que j'ai préférée faire la "fière" devant tout le monde quand ca a commencer à se savoir, je baiser, je l'assumais, on me prenais pour une fille facile, les garçons venaient donc plus facilement vers moi et la boucle recommençais. Je pense que mon profond dégout de moi même niveau physique y joue quelque chose aussi car petite je croyais que personne ne voudrais jamais de moi et quand, à ma puberté très précoce, on a commencer à s'intéresser à moi, j'étais trop contente pour réfléchir à ce que cela entrainerait.

El'    17 mai 2015  

Hier soir, déprimé et angoissé, j'écoutais de la musique sur Youtube. J'ai eu l'idiotie de lire les commentaires d'une des vidéos, et, bien qu'en temps normal je m'abstienne d'y réagir, cette fois, j'ai pris le temps d'écrire une réponse en anglais à quelques gens qui parlaient. Pourquoi ? Parce-qu'ils évoquaient le fait que les bronies ( ces gens fans de MLP ) avaient tendance à être vu comme des "gays, faggot" par les autres, et ils le déploraient.
Moi, ce que j'ai déploré en lisant ça, c'est l'utilisation du mot "gay" comme un outrage, une désignation dégradante renvoyant à l'image stéréotypée d'un homosexuel "ridiculement efféminé". ( Et je mets des guillemets parce-que le simple fait de considérer un homme efféminé comme un être ridicule ou misérable est à mon sens tout simplement stupide. ) J'étais bouleversé, mais j'ai réagis en douceur. Parce-que j'en ai assez de voir que les gens utilisent la féminisation d'autrui comme une insulte. "Ne fais pas ta femmelette" , "on est pas des pd"... Ces formules entrées dans le langage courant et qu'on entend à tout bout de champs. C'est peut-être ridicule, mais elles me font du mal à chaque fois. C'est ce que j'ai dis succinctement dans ce court message.
On m'a répondu aujourd'hui. D'abord un simple "la liberté de parole", car bien entendu, ça règle tout de suite la question du sexisme latent dans la société et entré dans le langage, suis-je bête... Puis un autre message, plus long. En substance, son auteur disait être contre le fait de qualifier l'homosexualité de normale, car "il a été prouvé de nombreuses fois que c'est une maladie mentale", "il n'y a pas de gêne gay dont c'est bien une preuve", "nous sommes fait pour aimer un individu du sexe opposé, sinon nous aurions tous les mêmes chromosomes sexuels" , "nous sommes nés pour aimer un individu du sexe opposé".
D'accord. Cette réponse était stupide. Je pouvais m'attendre à coup sûr à ce genre de réaction après tout. Mais ça m'a rappelé que je vais devoir lutter toute ma vie contre le regard des gens, à cet égard et à beaucoup d'autres, je vais devoir supporter des injures et des petits coups donnés par des gens qui ne pensent pas à mal, faire le choix d'affronter la stupidité de ces gens qui ne se remettent jamais en cause ou accepter de, par exemple, ne pas tenir la main de l'homme que j'aimerai dans la rue, par sécurité. Faire le choix de me taire si j'entends une remarque homophobe dans mon lieu de travail ; ou bien d'ouvrir ma gueule, comme d'habitude, et d'être rejeté encore un peu plus loin de la société. Je n'en suis pas là, mais j'ai déjà passé ma courte vie à porter ma différence en étendard, cette différence que je n'ai jamais cherché à cacher, que je refusais de nier pour entrer dans le rang, et qui m'a apporté l'isolement comme principal retour. Maintenant, en plus de cette différence générale, cette chose en profondeur, je dois aussi vivre avec mon homosexualité, comme une cerise sur le gâteau ( empoisonné ). J'aurai vingt ans cette année. Je me sens déjà usé. Et ce n'est qu'un début. La connerie d'un inconnu quelconque m'a foutu un creux au ventre et des larmes aux yeux, et ce n'était rien, juste des mots sur un écran. Assez peu de mots même. Je vais voir pire, bien pire au cours de ma vie, et cette pensée me déprime. Je ne comprends pas les gens, leur manque d'ouverture, je ne comprends pas ce que peut leur coûter de se remettre en cause... Je le fais tous les jours, je n'en suis pas mort. Je suis loin d'être un sain, moi aussi je juge les gens ; mais je révise ce jugement, peu importe qu'un sujet soit choquant ou non, qu'il me heurte. Je prends le temps d'y réfléchir. Je cherche à me défaire de mes préjugés. Je ne suis pas un génie ; si je peux le faire, pourquoi pas eux ?
Voilà, ce n'est pas grand chose, mais j'avais besoin d'exprimer ça quelque part...

Fluffy    14 janvier 2016   Paris   

J'ai toujours trouver que le silence me tuait un peu ,ça à toujours été comme ça mais ces temps-ci c'est pire que tout.J'ai toujours été silencieuse sur mes problèmes et mes sentiments comme la tristesse,la colère,etc...Je suis toujours la pour écouter les autres,une vraie oreille attentive,mais je ne me confie jamais..Ou bien quand jessaye de le faire d'une façon ou d'une autre je finis toujours pas consoler ou écouter les problèmes d'un autre alors qu'au départ c'est moi qui voulais de l'aide.Je ne me sens pas écouter.Mais comme je le dis c'est temps si c'est pire..pourquoi?Et bien parce que j'ai l'impression qu'on m'oublie,qu'on me laisse un peu tomber,qu'on prend les bons côtés de moi sans se préoccuper des moins bons.Sa s'exprime par un garçon dont je croyais l'intérêt réciproque(et qui la été un certain temps)et qui maintenant ne me parle presque plus et qui semble maintenant se foutre de moi sa s'exprime aussi par une amie qui préfère parler des ces pensées plutôt que de démontrer un temps sois peu d'intérêt au miennes et aussi par deux amies qui ne se préoccupe pas du tout de se que je pense d'être la seule célibitaire pendant qu'elles ne cessent de bécoter et coller leurs petits amis.Je me sens vraiment comme ignorer comme si ce que je pensais était sans aucune importance alors je menferme dans le silence et de plus en plus ça me déprime ça me rend morose et je ne sais pas à quel point je peux en prendre avant de complètement craquer...J'ai l'impression de me noyer dans ce silence qui m'empêche de me vider le coeur

La muette    17 octobre 2016  

Quand j'étais petite, je ne me posais pas vraiment de questions: j'étais une fille, donc j'aimais les garçons. C'est ce que la société m'as appris, heureusement que j'ai des parents très qui m'ont éduquée de telle sorte que je ne me pose pas d'interdit, c'est pourquoi quand je me suis pour la première fois intéressée à une fille, je me suis dit "ah tiens, les filles peuvent m'attirer aussi... ok.". Je m'accepte donc très bien comme je suis, et j'en ai parlé à certains amis proches qui l'ont pris très bien. Je n'ai jamais vraiment eu de mauvaises expériences, et je me dis que j'ai de la chance d'avoir des amis géniaux et des parents ouverts d'esprit, et à tous ceux qui n'ont pas cette chance, je suis de tout coeur avec vous, courage, vous avez tout mon amour et mon soutien.

Leïlani    17 mai 2015   Montpellier   

Au début du collège j'ai commencé à me poser des questions sur la sexualité, comme tout le monde à cette age. Mais j'étais inquiet car je n'avais pas encore eu de relation ! Et aussi, je n'éprouvais pas de plaisir à regarder le derrière des autres filles, mais je me disais que c'était normal et que je respectais les filles.

Vers la 4ème j'ai commencé à trouver certains garçons beaux gosses et attirants alors que les filles non. Et j'ai commencé à me questionner...

Puis, cette année, j'ai trouvé un garçon de ma classe très attirant. Et je pensais qu'il pourraot avoir des sentiments vers moi car il agissait "bizarrement" (clins d'oeils, etc). J'ai entamé une discussion par SMS, en lui envoyant des coeurs et d'autres émoticones. Il m'a alors dit : "Fais gaffe, on va croire que t'es pd" donc, j'ai pris mon courage et j'ai écris "Je t'aime". J'ai reçu "moi faut que je réfléchisse", j'ai donc espéré. Je l'ai relancé et il m'a dit "ce ne sera pas possible entre nous". Premier rateau :D Je lui est demandé à ce que ça reste entre nous et il dit "ok".

Bref, j'espère que ça ne filtera pas ! Pourquoi ? Parce que je crains la réaction des autres et que je ne suis pas encore sûr de mes sentiments (je me considère un peu comme bi en attendant).

Demain, je ne sais pas comment il me regardera, surement bizarrement ! :D

Quelques soient nos sentiments, on devrait les suivre même s'ils sont envers une personne de même sexe ! :)

TheMind    18 mai 2015  

Bonjour,
J'ai passé toute la journée à réfléchir à cette histoire de silence qui nous tue...
J'ai commencé par me dire que du haut de ma vingtaine d'année, je m'en sortait plutôt bien. Oui, je suis lesbienne, mais mes amis, ma soeur et ma mère le savent. Mais si tout était si beau, mon père et le reste de ma famille le sauraient aussi non ?
Pourquoi ai-je tant de mal à le dire à mon père alors que j'ai été élevée dans la tolérance et le respet de l'autre ? Au fond, rationnalement, je le sais qu'il l'acceptera naturellement. L'enjeu est gros, alors j'ai peur...
Quand j'étais au lycée j'ai rencontré cette fille, il ne s'est rien passé entre nous, mais je pense avoir été pour elle un point de départ de son questionnement sur sa sexualité. Nous avons beaucoup parlé de ça, et elle me disait avoir peur de la reaction de ses parents et de son entourage, je lui disais que ses parents l'aimeraient quoi qu'il advienne... C'était faux, j'ai appris il y a peu que sa mère l'a très mal pris, refuse de voir sa copine et de mettre au courant le reste de la famille, parce que "on règle les problèmes entre nous". J'ai mal pour elle, j'aimerais l'appeler, lui dire que je suis désolée pour elle et qu'elle a éteé très courageuse de la faire, mais je n'ose pas, je ne suis pas sencée être au courant..
Il y a peu, ma meilleure amie qui m'aime, me comprend et m'a toujours supporté, m'a sorti d'un naturel désarmant "non mais en fait je te considère pas lesbienne, t'es plutôt bi jusqu'à preuve du contraire".... Whait what ?? Alors oui certes je n'ai jamais eu de vraie relation avec une fille, et oui certes je suis sortie avec un homme pendant 8 mois, mais qui es-tu pour choisir l'étiquette qui me défini ? Et puis, jusqu'à preuve du contraire ? Ça veut dire quoi, tu veux une vidéo pour valider ma lesbianité (si ce mot n'existe pas, c'est probablement le cas d'ailleurs, faites comme si vous aviez compris please) ? C'est tellement triste de voir sa meilleure amie rejoindre le clan de ceux qui me disent "ah nan mais t'as couché avec un mec cet été ?! Mais t'es pas vraiment lesbienne alors". Mais je vous emmerde mes ptits potes, vous les filles quand au détour d'une nuit trop alcoolisé, un plan baise avec une fille vous parait des plus sulfureux et exotique, je renie pas pour autant votre hétérosexualité.
Tous ces gens, j'ai encore jamais eu le courage de leur répondre vraiment, comme il faut, avec ton et arguments, mais merci Pouhiou d'être là, c'est avec des gens comme toi qu'on se dit que le silence c'est pesant et franchement chiant, et que le sexe c'est vraiment chouette comme sujet de conversation ;).

Asile Z    18 mai 2015  

Bonjour,

Je m'excuse pour l'anonymat. Je ne veux pas paraître lâche mais je viens simplement pour écrire ce que je ressens, apporter une légère contribution, quoique moidre, à ce site. Même si cet anonymat est assez contradictoire avec ce que je vais raconter en dessous ...
Je suis jeune, disons mineure pour ne pas donner de précisions. En fait, je ne veux pas de préjugés sur mon âge.
Depuis quelques années, alors que ma connaissance théorique sur la sexualité et tout ce qu'elle pouvait offrir s'aggrandissait, ma vision des choses a beaucoup évolué. Petite, je ne m'étais jamais vraiment posée de question sur mon orientation sexuelle. Certes, les corps m'ont toujours fascinée. Lorsque je les voyais à la télévision, dans la rue. Féminin ou masculin.
De la curiosité, sans doute.

Depuis quelques mois, une fille plus âgée que moi m'a ouvert les yeux. Nous n'avons jamais parlé d'homosexualité, ni rien, excepté quelques fois. Mais j'ai réalisé que je pouvais tomber amoureuse d'une fille, naturellement. Malheureusement, il m'est impossible de la voir, elle ne fait pas partie de ma réalité. Je discute avec elle tous les jours sur ordinateur, et je souffre lorsqu'elle ne peut plus être présente.
Entre-temps, sans pour autant effacer mon désir naissant pour elle, j'ai jeté mon dévolu sur une autre fille, de mon âge cette fois-ci. Mais je n'ai pas eu le courage de lui avouer mon attirance pour elle. Quand je me suis rendue compte que je n'étais qu'une soeur pour elle, je me suis murée dans le silence, me suis éloignée d'elle afin de repousser la jalousie qui me rongeait à chaque fois qu'elle était proche d'une fille ou d'un garçon.

Aujourd'hui, je suis bien consciente que j'ai la possibilité d'aimer qui je veux, que je suis probablement bisexuelle ou autre. C'est là mon vrai problème. Car je n'attends que ça : sortir du placard. Si seulement je pouvais être bien sûre de ce que j'avance. Comment puis-je savoir si ce n'est vraiment que de la curiosité ? Je n'ai encore jamais été en couple, je ne sais pas ce que cela fait réellement d'être amoureuse. Suis-je amoureuse de cette première fille ? Je ne l'ai jamais effleurée, touchée, embrassée ... Mais qui sait ce que je donnerais pour le faire.
Le problème est que l'envie de me révèler est de plus en plus forte chaque jour, mais que mon esprit borné refuse que je le fasse sans avoir eu une vraie relation, une certitude. Je laisse parfois volontairement des signes à mes parents, puis les cachent aussitôt. Je suis à la fois anxieuse et envieuse à l'idée que le monde sache tout de moi. Le doute me ronge. Le silence commence à peser également.

Toi qui me lit, qu'est-ce que cela fait réellement d'être amoureux ? Peut-on se savoir homosexuel(le), bisexuel(le) sans n'y avoir jamais goûté ? Comment peut-on en être sûr ?
Ou te poses-tu les mêmes questions ?

De toute manière, merci de m'avoir donné l'occasion de mettre à l'écrit tout ça. J'espère pouvoir un jour le dire.

Anha    22 juin 2015  

J'ai toujours été étrangement scindé. Scission corps-esprit, différenciation de la chair et du reste- et la chair, j'ai fais mon possible pour l'oublier en avançant dans mon adolescence, cette mauvaise blague. Le reste, c'était tout l'important, alors j'ai fais mon possible pour oublier mon corps, en cessant de l'écouter, en refusant de le comprendre. Je n'aimais pas ce que j'étais. Petit, faible, chétif, un garçon qui ne voulait pas faire de sport, surtout pas en équipe, où je sentais peser le jugement collectif. Je ne savais pas rattraper de ballon, faute à mes problèmes de repère dans l'espace. Je ne voulais pas apprendre à me battre. J'ai toujours sentis la déception muette de mon père, qui exprimait parfois fugacement son envie de me voir faire du sport ; je n'ai jamais été un mâle alpha, un "vrai garçon". J'étais juste un enfant discret, frêle et hypersensible, paradoxalement terriblement têtu, et c'est une des choses qui m'a sauvé. L’orgueil et le refus de se taire m'ont été d'une grande aide, toujours, même si les gens de mon âge et les adultes qui m'entouraient n'aimaient pas entendre quelqu'un s'exprimer. C'est mal de faire du bruit, n'est-ce pas... ? Mais je n'ai jamais cessé de faire front, quitte à m'attirer des ennuis.
En vrac.
Quand j'étais très jeune, je complimentais les femmes, j'étais éblouis par leur beauté et par leur grâce. Mais déjà en primaire, je regardais les hommes d'un œil différent. A la télévision, je guettais les torses nus, dans la rue, je dévorais des yeux certains hommes, et la nuit, dans mon lit, je repensais à tout ça. Je me mettais à leur place, parfois. Je ne comprenais pas ce que je faisais, mais j'ai passé mon enfance à m'inventer des histoires en tout genre, et j'ai vécu dans un monde plus imaginaire que réel jusqu'en sixième. C'étaient des fantasmes comme les autres, tout simplement. Ou en tout cas, c'est ce que j'essayais de me faire croire. Je me souviens simplement que je l'ai toujours su, en refusant de le dire à voix haute, ou de le penser en moi même : j'étais gay. Je me le suis caché avec brio, bien entendu. D'abord, en refusant de grandir, en voulant me cloîtrer dans une candeur forcée qui devait me préserver du monde des adultes ; des remparts que le collège s'est chargé de faire tomber à grands fracas. La sixième et la cinquième n'ont pas été très roses, j'ai même changé d'établissement ; sur fond de problèmes familiaux dont je pensais être la cause, avec des notes en chute libre qui ont mené mes parents à ajouter leur angoisse à ma propre souffrance.
Je me souviens avoir regardé ma première vidéo porno' en sixième, bien entendu parce-que tout le monde en parlait. J'avais déjà commencé à me masturber depuis quelques mois, sans comprendre ce que je faisais, ni pourquoi j'en avais envie ; j'appelais ça "invoquer le feu d'artifice", parce-que c'était ce que la sensation m'évoquait. C'est en regardant cette première vidéo que j'ai commencé à développer un deuxième mécanisme pour me cacher mon homosexualité. J'ai appris à fantasmer sur des couples hétérosexuels, à regarder un homme et une femme faire l'amour, et à trouver ça excitant. Dans mon esprit, j'ai trouvé une parade des plus bizarre pour éviter de faire face à mon homosexualité : je prenais inconsciemment le rôle de la femme, que ce soit en fantasme ou en regardant des vidéos. Je refusais de remarquer que, quand je regardais du porno, j'orientais mes choix en fonction de l'acteur, et non de sa compagne. Du reste, je n'ai jamais eu un grand intérêt pour la pornographie, puisque j'avais déjà les ressources de mon imagination... Mais c'était occasionnellement un moyen de me rassurer. Je n'étais pas gay, puisque je regardais du porno hétéro. Non ? Non.
J'ai eu la chance de faire du théâtre assez jeune, dés neuf ou dix ans. C'était un bon moyen de s'exprimer, de hurler, de dépenser de l'énergie. Souvent, je me travestissais, ou j'adoptais des rôles efféminés, pour faire rire autrui, ou bien de malade mental, pour leur faire peur. ( Méthode que j'ai finalement choisis pour faire face au monde en général. ) Je me souviens qu'on m'a toujours demandé si j'étais gay, en raison de ces comportements, et je répondais ostensiblement "non". Je refusais d'évoquer la sexualité, je refusais d'admettre que j'en avais une, et je feignais farouchement une innocence enfantine. Et je refusais également d'être gay "parce-que les autres le disent", je refusais d'être gay parce-que "j'ai l'air de l'être" ou parce-que je ne correspondais pas à l'image standard du garçon. Il en a été ainsi durant tout le collège, et beaucoup de gens ont su, avant moi, que j'étais en réalité homosexuel ; certes en se basant sur des stéréotypes, mais je les affirmais moi même à demi mots, probablement pour laisser entrevoir une vérité inconsciente. Laisser filtrer, à l'occasion, ce que j'étais vraiment.
Bref, mon adolescence a été un bel exemple de refoulement général. Refoulement de la vie, pour supporter la solitude ( que je m'imposais en partie seul, en refusant de faire semblant pour m'intégrer, de baisser la tête ou de me taire ), adopter un masque d'indifférence et de froideur, laisser es insultes ricocher avec un regard de mépris et un petit sourire sarcastique. Utiliser mon empathie pour apprendre où taper afin de leur faire mal, répondre à leur insultes par des moqueries bien orientées, bref, je me suis endurcis, et j'ai totalement coupé le contact avec le monde réel et avec mon corps. J'ai appris à le redécouvrir au lycée.
Là, j'ai commencé à regarder les gens autour de moi, à sortir de mon cocon. J'ai redécouvert la date de Noël durant mon année de première, par exemple, tant j'avais cessé d'observer le monde. ( Par exemple, quand je marchais, je me renfermais totalement pour supporter d'être avec les autres, d'être dans la rue, ou dans des foules ; je devenais insensible, vide, et je cessais d'entendre les gens quand ils m'appelaient. ) J'ai réellement retrouvé le monde, parfois doucement, parfois avec des chocs violents. Quand j'ai constaté que les gens autour de moi changeaient, qu'ils étaient différenciés, garçon-filles, j'ai commencé à ressentir un malaise réel envers moi même. J'étais toujours petit et frêle, je me sentais en retard, vaguement informe, sale. Les garçons autour de moi étaient grands, musclés, je regardais désespérément leurs joues vaguement barbues, leurs membres forts et vigoureux. Ils avaient des épaules larges, leur silhouette était masculine. Je les enviais, et j'ai commencé à accepter que je les désirais, aussi. Alors j'ai commencé à dire et à penser que j'étais bisexuel, c'était une concession, une demi-vérité au moins. Pendant ce temps, je refusais de me raser, parce-que le premier coup de rasoir serait un acte symbolique, un pas de plus vers le monde des adultes. Je complexais terriblement de mon corps, je le trouvais laid, larvaire, honteux. J'ai fais mon chemin comme ça jusqu'à cette année, avec des révélations successives, un malaise grandissant, des doutes ; j'ai eu l'impression d'exploser encore et encore, un chaos d'émotions me secouait sporadiquement.
Je suis tombé amoureux d'une fille que je n'avais jamais vu. Je la connaissais via Internet, car depuis la sixième, une des choses qui m'a sauvé et m'a empêché de me renfermer totalement sur moi même, était l'écriture. Je l'ai aimé sincèrement, sans jamais savoir à quoi elle ressemblait. C'était un amour purement platonique, qui a rendu ma sexualité encore plus floue. Mais cet amour est passé, il a laissé place à un autre. Une autre fille, avec laquelle j'ai eu une relation compliquée et intense, durant mon année de Terminale. C'était une preuve de plus que j'étais bi..... Peut-être. Ou pas. Pour son plus grand malheur, elle a été ma première et dernière petite amie réelle. Nos sentiments étaient partagés , et je l'ai rencontré plusieurs fois, face à face. Et au fil que notre amitié se transformait, puis que notre relation évoluait, je suis devenu de plus en plus incapable de la toucher. Le contact avec elle devenait insupportable, j'étais remplis de rage muette, de dégoût, une fureur animale qui me crispait totalement, de la tête aux pieds. Une fois, elle m'a pris la main et j'ai fais une crise d'angoisse. Je ne supportais pas qu'elle me serre dans ses bras, alors que quand nous n'étions qu'amis, je n'avais pas de problème à nouer une étreinte. Inutile de préciser que cette situation nous a fait du mal à tous les deux, et que notre relation amoureuse a touché à son terme, en même temps que je passais mon BAC. J'étais épuisé, déprimé, totalement vidé, l'année avait été infernale moralement. Quand cette relation a pris fin, j'ai plongé encore plus. Elle était vouée à l'échec, bien sûr, parce-que j'étais gay, mais je ne réussissais toujours pas à l’accepter. J'avais commencé à tâtonner avec elle, avec des questions, des recherches sur le sujet "pourquoi je t'aime sans ressentir de désir envers toi ?", "Est-ce que c'est possible, est-ce que je suis une anomalie ?", "Peut-être que je suis gay ? Non. Non, c'est impossible, je t'aime, et je suis tombé amoureux d'une autre fille, avant toi, je ne peux pas être gay", puis, au fil des mois, en septembre ou octobre 2014, après des vacances d'été qui n'ont consisté qu'en une longue descente aux enfers que j'avais entamé depuis très longtemps déjà, je me suis enfin avoué ce que j'ai toujours su depuis mes six ans, quand je regardais déjà les hommes torses nus à la télé, quand je guettais les hommes à la dérobade, avec une certaine fébrilité, que je rêvais de leur corps, en m'excusant sous le prétexte que ce n'était que de la jalousie, et non du désir : j'étais gay. Je suis gay.
Pour cette "révélation", je dois remercier un beau jeune homme qui avait choisis de faire bronzette sur une pelouse de la cité universitaire de Paris, tandis que je mangeais un sandwich aux tomates. Ce jour là, j'étais vide de toute émotion, morne et détaché de mon existence. Quand je me suis rendu compte que je fixais ce corps lointain couché sur l'herbe, ce corps tout simplement masculin, tout bêtement viril, et que ça me faisait indéniablement un effet de tous les diables, j'ai enfin accepté l'évidence, avec beaucoup de douceur. J'ai mis une semaine avant de comprendre réellement ce que ça signifiait, et j'en ai parlé de suite à ma meilleure amie, elle même lesbienne. Bien entendu, elle n'a pas été surpris ; la seule personne a l'avoir été, en réalité, fut ma mère. Je lui ai annoncé pendant qu'elle conduisait... Bon dieu, quel sale gosse je fais.
Depuis, même si tout n'est pas rose et que je n'ai pas finis de combattre avec moi même, mon corps et tout le barda, j'avance à mon rythme. Plus de dépression, plus d'envies suicidaires. Parfois, le dégoût viscéral de moi même revient me hanter, j'ai encore un peu de mal à assumer toutes les facettes de mon homosexualité ; mais ça vient, je sais que tout ça se fait doucement. Je me suis pressé pendant un an pour avoir une réponse, quitte à me détruire pour ça. Maintenant, je sais qu'il faut laisser faire les choses, accepter que les réponses ne sont pas immédiates. J'ai encore du chemin à parcourir, et il faut que j'accepte de me laisser le temps de le faire. J'ai toujours ce sentiment cuisant d'être un homme de seconde zone, la sensation vrillante et humiliante que je ne suis pas "virile". J'ai beau savoir que c'est stupide, cette souffrance là ne passe pas encore. Mais j'ai conscience qu'elle va se résoudre un jour, je sais presque quelles étapes je vais devoir traverser pour prendre confiance en moi, accepter pleinement ce que je suis, et cesser de complexer sur mon apparence, ou me détester de ne pas correspondre à l'image qu'on se fait de la masculinité. C'est juste une question de temps. Du temps que je dois m'accorder. C'est aussi une question de dialogue, car m'exprimer m'a beaucoup aider. Ecrire pour mieux comprendre, parler avec mes proches, mes amis, des inconnus...
Si vous avez le courage de lire tout ça, retenez en une seule chose : accordez vous du temps, et surtout, exprimez vous. En écrivant, en chantant, en dessinant, en parlant, peu importe ! Exprimez vous, et laissez vous le temps de changer, de vous accepter, de comprendre. C'est laborieux, mais ce n'est pas impossible. Avancez à votre rythme, chacun a le sien propre, personne n'a à vous en imposer un.
Et laissez vous vivre en paix. Bonne chance à tous, et n'oubliez pas de ne surtout pas vous taire :P.

Nap    23 mai 2015  

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