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17 mai 2015

Journée mondiale de lutte contre l'homophobie, la lesbophobie, la biphobie, la transphobie
Nos silences sont déjà un jugement

Pour ne plus que le silence tue, ce site vous propose de libérer la parole

Témoignez ici de moments où le silence fut lourd, pesant, mortifère...

... Ou profitez-en pour dire ce que vous aimez, êtes et vivez, pour dire ce que l'on ne dit jamais, ce que vous aimeriez entendre plus souvent autour de vous.

Briser le silence

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Vos témoignages

Briser le silence

Pouhiou fait sacrément chier : nous demander d'agir, de briser le silence, noble chose. Mais en arrivant ici, en lisant tous ces témoignages poignants, qu'avais-je à dire ? Moi qui me suis souvent plaint, finalement, de quoi le pourrais-je ? Hétéro qui n'a jamais eu à souffrir de sa sexualité, qui n'a jamais été abusé, pourrais-je, décemment, étaler mes petites souffrances à côté de ces plaies si courageusement exposées et de ces écrits si émouvants ? Et puis je me suis souvenu de ce que m'avait dit un ami amateur de philosophie indienne : "la douleur, c'est comme le goût de la nourriture : un truc qui paraîtrait fade ou très bon à une personne pourra être immonde aux yeux d'une autre ; un événement peut sembler être inoffensif pour les uns et terriblement vécu par d'autres". Du coup, ce message, je le fais aussi pour ceux qui ont lu, depuis hier, et qui se sont dit "Finalement, mes propres douleurs sont pas légitimes". Je l'écris pour dire à ces gens là : "À partir du moment où vous en souffrez, elles le sont, et il faut les faire sortir". Alors c'est parti, et vous êtes prévenus, j'ai l'habitude de faire long.

Gamin, j'ai grandi dans un milieu ouvert, enfin, me semblait-il. Oh, bien entendu, on parlait pas cul à la maison et on ne connaissait pas d'homosexuels, mais mes parents avaient eu le mérite de nous engueuler, ma sœur et moi, quand on se balançait des "petit pédé" à la gueule sans savoir ce que ça voulait dire. On a échappé aux parents racistes et homophobes que d'autres doivent supporter au quotidien. Mais le sexe restait le truc tabou qui fait détourner la tête quand il y en a, pour éviter les remarques ironiques si on est trop attentif à une paire de seins ou de fesses joliment exposées. Ayant sauté une classe, j'ai passé mon collège entouré de garçons plus vieux. J'étais le petit intello binoclard, véritable stéréotype ; le nul en sport que personne ne veut dans son équipe, le gamin qui ne se sent à l'aise qu'avec des gens de 60 ans dont il partage la culture et les discussions. Autant dire qu'à l'âge où les autres n'avaient que "bite" et "couille" à la bouche, je fantasmais surtout sur l'idée d'avoir une Gameboy pour jouer à Pokémon (ce que, dieu merci, j'ai fini par avoir).

Mon premier contact avec le cul, ça a été avec "Le Guide du zizi sexuel", de Zep. Titeuf me faisait marrer, les livres, c'était le truc que j'achetais/faisais acheter pour me faire plaisir. Je n'avais même pas regardé le titre : y'avait Titeuf, y'avait des trucs marrants, j'allais aimer. C'est comme ça que j'ai tout découvert, et forcément, ça faisait envie ; et je me disais que ce serait pas forcément bien loin. Bon, j'avais 12 ans, il me faudrait attendre jusqu'à 21 ans pour m'y lancer, mais sur le moment, ça semblait pas si long. Puis c'était le temps des premiers orgasmes, au hasard, dans mon sommeil. Je me souviens encore du mien, cette sensation bizarre... au moment où je rêvais du game over d'un jeu d'aventure. Oui, ma première branlette, bien involontaire, c'est faite sur des gardes aztèques venus arrêter mon personnage. Brrrr. Pendant quelques temps, je me suis contenté de me frotter contre le matelas pour déclencher les sensations, puis tel Cro-Magnon découvrant le silex, j'ai découvert la main droite qui allait devenir ma meilleure amie.

Sauf qu'au début des années 2000, c'était pas aussi facile qu'aujourd'hui d'avoir du porno. Pas de smartphone pour aller sur Youporn sous la couette. Puis de toute façon, internet, j'y allais trois fois par an, dix minutes, parce qu'il fallait débrancher le téléphone et que ça ramait pour charger une page. L'outil me semblait donc être le grand dictionnaire des connaissances qu'on ouvre en cas de grand besoin... Mais en aucun cas l'antre du cul. Par contre, au collège, les sujets abondaient : il faut dire que certaines filles en jouaient sacrément, et qu'une véritable société de privilèges se mettait en place : oui, certaines demoiselles montraient chaque matin leur string aux hommes "élus" ; bien évidemment, pour les manants comme moi, il fallait se contenter de lorgner comme on pouvait, mais ces demoiselles étant peu pudiques, la tâche n'était pas compliquée. Entre ça, les pubs souvent très sexy, et les pages lingerie des 3 Suisses, comment ne pas devenir pervers ? Très vite, il suffisait que ma famille parte faire les courses pour que je me rue sur le programme télé et le magazine féminin qui l'accompagnait pour me palucher un coup sur la moindre image sympathique. Peu à peu, sans le comprendre, je devenais totalement obsédé, moi qui avais été plus tardif à m'y mettre. Remarquez, j'avais fait pareil pour Pokémon : quand tout le monde en parlait à l'école, je snobais, mais une fois que je m'y suis mis, j'ai plus arrêté. Certes, les deux ne sont pas comparables, mais ont pour point commun d'être condamnés par l'Eglise, c'est déjà ça.

Et il y avait l'amour. Difficile à définir, quand on n'a, déjà, pas vraiment l'impression d'avoir des amis. Étant du genre sensible, peu violent, calme, je me retrouve plutôt dans ce que Bourdieu qualifiait de valeurs féminines (bien que, bizarrement, je ne me souvienne pas avoir été "traité" d'homo au collège où la chose est pourtant fréquente) ; du coup, les personnes avec qui je m'entendais le mieux étaient des filles. C'est toujours le cas, au demeurant. Du coup, il y avait toujours cette question sous-jacente : amour, ou juste amitié ? Et comme le besoin de câlins d'affection, était énorme chez moi, je penchais souvent pour la première solution. J'avais vite mis en place un code de conduite : "jamais de branlette en pensant à une amie". Du coup, tous mes fantasmes se tournaient vers les filles qui m'en foutaient plein la gueule ou m'ignoraient totalement... ce qui n'était pas forcément plus sain.

Pendant les années qui ont suivi, lycée et fac, j'ai été abonné à la friendzone, avec un cheminement classique : "attiré par une fille, elle se case avec un autre, et pendant X années je les vois ensemble tout en restant son meileur-ami-gay-mais-version-hétéro". Assez difficile à vivre au quotidien quand on entend parler des prouesses sexuelles accomplies par l'objet de son amour, assez malsain aussi quand ça dure trop. Et à côté de ça, toujours, l'addiction à la main droite : entre temps, arrivé en studio, c'était la fête du slip. Plus besoin d'attendre le départ des parents, je pouvais même rester debout jusqu'à l'heure des pornos moisis de la TNT, puis j'ai vite eu Internet de toute façon. Le cycle en devenait maladif : à l'envie de le faire succédait notre bon vieux "je suis un gros porc" judéo-chrétien. Tout en étant totalement athée, j'en arrivais à me dire que si j'arrêtais, peut-être qu'une puissance quelconque me donnerait enfin accès à la vie de couple.

Puis, enfin, c'est venu, par hasard, de façon fulgurante et inattendue. Avec une demoiselle ouverte à la discussion et aux idées larges, avec qui je suis toujours. Et c'est là que j'ai, peu à peu, compris. Compris que je n'étais en fait pas un obsédé sexuel, moi qui m'imaginais déjà en lapin frénétique quand je serais en couple, bah finalement non. Non, je n'étais pas cette cocotte minute de luxure prête à exploser. Non, en fait, le sexe est pour moi comme un bon steak frites : j'adore en manger, mais pas à tous les repas. Et oui, ce que je cherchais en fait, c'était cette putain d'affection, les câlins, l'écoute. Ce truc que j'avais totalement lié au sexe, alors que finalement, ça l'est pas. Depuis, j'ai réduit ma cadence de vidanges (pas trop non plus, faut pas déconner !) et ma vie est, de ce point de vue, nettement moins morbide.

Pourtant, pendant un temps, le silence aurait pu me tuer. Car de tout cela, je n'en parlais pas, bien entendu. Chaque fois que j'étais amoureux, il était hors de question de le dire, à quiconque. Pas même à la cible, d'ailleurs : elle aurait été fichue de le répéter. Pas même à mes parents, beurk, quelle drôle d'idée. Pas même au psy, non de non, il l'aurait répété à mes parents. Et pas non plus aux amis, sait on jamais. C'est curieux, tout de même, que l'amour soit devenu un sentiment honteux, une chose dont on se cache. Que craignais-je, finalement ? Je ne saurais même pas le dire : il ne fallait pas en parler, c'est tout. Et ce silence me rendait fou, je tournais en rond tant physiquement que mentalement, m'assommant de jeux vidéo pour tenter d'oublier, tout en ruminant... A quelques mois près, une heureuse rencontre m'a certainement sauvé la vie. Ma peur de la douleur aussi, très probablement. Sortir du silence, même avec le clochard du coin, l'aurait sans aucun doute sauvée plus tôt.

Tout ce que je dis là, je ne l'ai compris qu'à postériori. Quand on vit, on ne pense pas. C'est grâce à des gens comme Pouhiou qu'on peut se poser et penser. Je n'avais pas de raison d'être triste, aux yeux de bien des gens ; de mes parents, incapables de comprendre mon état, qui me répétaient que j'avais une vie royale, sans comprendre que les problèmes étaient bien là. Ne jugez pas les souffrances des autres, mais, surtout, ne jugez pas les vôtres. Ce n'est pas parce que d'autres ont de "meilleures" raisons d'être mal que vous n'en avez pas le droit.

Alors brisez le silence, pour vous mêmes, mais surtout pour les autres. Pour qu'un jour, on puisse parler de cul et d'amour comme on parle de cuisine et de littérature : avec passion, avec plaisir, et sans honte. Et c'est pour ça qu'on ne remerciera jamais assez Pouhiou, et qu'il est nécessaire d'envoyer préventivement au pape une demande de canonisation à son égard, avec copie à Christine Boutin. Car un bon post ne peut se conclure que par du troll.

Maurice Lappin    18 mai 2015  

Le silence tue, il bouffe les tripes et sape l'espoir. J'étais la petite fille en tutu et masque de batman que des adultes regardent d'un mauvais oeil. Maintenant je suis la bi qu'on ne prend pas au sérieux, parce que "c'est qu'une passe". Entre les deux, j'ai été plein de personnes différentes qui n'ont jamais su trouver les mots pour en parler. J'ai été l'intello qu'on essaie de rabaisser. J'ai été l'ado trop geek pour être une vraie fille mais trop fille pour frapper comme un mec. Puis j'ai été la salope qui osait prendre du plaisir avec qui bon lui semblait. Maintenant je suis la bi a qui "ça" passera, parce que ça fait mauvais genre d'en avoir une dans sa famille, dans son cercle d'amis. Je suis celle a qui on dit "c'est spécial" pour ne surtout pas me heurter ni m'encourager. Je me suis tût, je n'ai pas fait de vagues pour me fondre dans le paysage, pour me faire accepter. Mon silence et celui des autres. Et maintenant, je suis aussi la dépressive qui lutte contre tout ces vieux démons. Le silence tue, vraiment.

"Quand on dit "c'est spécial", c'est qu'on a pas l'intelligence de comprendre la différence, ou de l’apprécier, ou d'avoir le courage de dire qu'on haïs ça." X. Dolan

Caly    18 mai 2015  

Aujourd’hui, dans un magasin, j’ai vu un petit garçon qui pleurait. Il disait, entre deux sanglots « Mais il est vert ! ». Il tenait dans sa main un petit sac a main vert foncé, un sac en simili croco qui valait deux sous. Et son père répétait « C’est pour les filles ! Arrête ! ». Cet enfant voulait juste un petit sac pour ranger ses trucs, et c’était tombé sur celui-là. C’était pas un problème d’argent. On imposait juste des conventions macho à ce gamin qui n’en était pas encore imprégné. J’ai trouvé ça minable. J’avais juste envie d’aller voir le gamin, de lui offrir son petit sac et de mettre une baffe à son père. Je l’ai entendu pleurer encore cinq minutes, et répéter « Mais non, le vert c’est pour les garçons, il est vert, regarde.. »

On a encore du travail !

L'oiseau à resort    29 avril 2016  

Bonsoir à tous! (ou bonjour, mais pour moi c'est le soir, jeudi 28, vers minuit)
J'ai déjà témoigné, il y a une vingtaine de pages, mais je veux à nouveau parler.

Je m'étais décidé à tout assumer, à parler, à arrêter de rester silencieuse (entre-autre grâce à ce site), mais aujourd'hui j'ai eu l'occasion de défendre l'homosexualité, et je ne l'ai pas fait. Pire: j'ai été dans le même sens de la personne qui a fait une remarque. J'ai honte. Je comprends même pas pourquoi j'ai eu cette réaction... Pourtant il y a rarement plus "LBGT-friend" que moi...
Bon, voilà ce qui s'est passé: au lycée, dans un couloir, j'étais avec une fille (qui sait que je suis bi) et quelques gars (qui ne savent pas). Pour rire, ils essayaient de me mettre en couple avec un des gars (bref, une occupation très appréciée des ados). Avec l'autre fille, on s'est éloigné, et je lui ai dit quelque chose comme "tu penses que si on leur fait croire que je suis lesbienne, ils vont me lâcher?". Elle s'est écarté d'un pas ou deux de moi, d'un seul coup, brusquement, et elle a dit "Aaaah! (~dégoût) Parce que t'es ça finalement?" Et moi, je suis vite revenu près d'elle: "Mais non! Je le suis pas!"
C'était ce matin. Cet après-midi, je me suis souvenu d'un seul coup de ces quelques paroles, et j'ai eu honte de moi. Je me suis rendu compte que j'avais été sur la défensive. Pourquoi? Ce n'est pas normal. Et puis la réaction de cette fille: "Aaaah!", pourquoi? Elle sait très bien que je suis bi! Ça ne la gêne pas, mais lesbienne, ça serait mal?? Et le "t'es ça finalement", le mot "ça" m'énerve. J'avais prononcé le mot "lesbienne", elle l'a transformé en "ça". Le "finalement" aussi m'agace: elle pensait que j'avais changé? On ne peut pas changer, on est ce qu'on naît. Peut-être qu'elle voulait simplement plaisanter, mais ça m'a fait mal (oui, même si j'ai été longue à la détente, ça m'a fait mal quand je m'en suis rendu compte quelques heures après). En plus ce qui m'énerve avec cette fille (beaucoup de choses m'énervent), c'est que depuis qu'elle sait que je suis bi, elle ne fait que de me toucher! Souvent! Une main sur la cuisse, sur le genou, caresse au bras... Elle a un copain, mais ça lui suffit pas '-- en plus je sais qu'elle est hétéro mais qu'elle aimerait "essayer" avec une fille un jour. J'ai l'impression qu'elle ne se rend pas compte à quel point elle m'insupporte quand elle me touche! Ça me donne des pulsions violentes (genre: très envie de la baffer). Je la comprends pas cette fille. Hétéro en couple; envie d'essayer une fille; s'écarte d'une présumée lesbienne. J'ai envie de dire qu'il y a illogisme dans la situation... Je pense que je vais lui exposer mon point de vue sur elle, parce que mon silence risquerait de tuer notre amitié ;)

Autre sujet: CE site. Ok, l'idée est super, il y a plein de gens qui se défoulent sur leur clavier (moi y compris), ça fait du bien de se confier un peu, etc... Mais ce n'est pas suffisant. Déjà, combien ont réellement utilisé leur prénom? Même moi j'en ai pris un autre, parce que c'est plus facile de faire des confidences comme ça anonymement (bravo à ceux qui ont utilisé le leur!). Peut-être qu'après avoir témoigné, les personnes ont assumé leur révélation au grand jour, mais peut-être que d'autres plus timides n'ont pas fait évoluer leur situation...
Je lis TOUS les témoignages. Tous les soirs, je lis ceux qui se sont rajouté. Chacun me fait quelque chose à l'intérieur. Rage, haine envers certaines personnes évoquées. Souffrance pour les personnes qui n'ont vraiment pas eu de chance. Joie, parfois larmes de joie, pour les belles histoires des gens heureux. Mais surtout rage pour tous les LGBT-phobes, et tous les CONNARDS de ce pays.
Voilà, je suis de tous cœur avec vous, j'aimerais pouvoir tous vous aider, mais il y a bien trop de monde ici! Il y a certaines personnes qui ont besoin d'une aide particulière, j'espère qu'elles la trouveront auprès de personnes de confiance...

(Bravo à toi qui a supporté mon blablatage jusqu'au bout!)

Margaux    29 mai 2015   En France, un pays respectant soi-disant les droits de l'Humain   

Qu'est-ce qu'il me prend de venir ici, sur ce site, une nuit de novembre, écrire un témoignage que certainement peu de gens liront. C'est vrai, après tout, tout le monde a ses problèmes mais le jour tout le monde s'orne d'un masque sociétal pour cacher ses bas instincts, ses pulsions, ses peurs qui les hante. Le jour, nous rigolons, nous discutons, bref nous échangeons. Notre interaction sociale est souvent teinté de légèreté presque d'insouciance. Mais la nuit venue, lorsque nous rejoignons notre lit, le sommeil approchant, des larmes coulent, des souvenirs reviennent. Ces souvenirs, on pensait les avoir oubliés. Ces larmes, on se croyait assez fort pour les contenir et les ravaler. Mais nous redevenons une créature faible, nos démons reviennent et les sentiments ressortent. Pour les cas les plus graves, une idée de quitter la surface de la Terre commence à s'installer furieusement dans notre esprit.

Ce "nous" j'en fais partie. Je suis de ces gens qui le jour, font des blagues, agissent dans la douce connerie et dans l'immaturité la plus totale mais je ne peux dormir si la dépression ne me fait chialer et angoisser pendant de longues minutes avant.

Pourquoi je suis triste me direz-vous ? Eh bien...

- Je perds peu à peu mes proches dans des conditions tragiques. Voir ses proches perdre leur santé est un traumatisme dont toute la psychanalyse du monde ne saurait pleinement m'en débarrasser.
- La crainte de l'abandon, le besoin d'attention, l'envie qu'une personne douce et affectueuse veuille me prendre dans ses bras, me murmurant à l'oreille qu'elle sera toujours là pour moi, que je connaitrai des jours meilleurs pour ensuite profiter avec elle du silence et me bercer de rêves en humant son parfum.
- La non-acceptation familiale, mon entourage souhaitait que je sois belle, intelligente, sportive, cultivée, bonne élève, complaisamment ancrée dans une routine patriarcale auprès d'un petit ami sportif, entreprenant des études en économie par exemple pour avoir un vrai job. Manque de bol, votre petite soeur est ronde, déteste le sport, est lesbienne, progressiste, engagée dans les causes féministes et LGBT+, communiste, a entamé sans grand succès des études dans le cinéma dans le but de justifier sa soif de créer et son titubement incertain tel un besoin d'incarner une caricature de saltimbanque.
- La fille que j'aime depuis 3 ans sans que ce soit réciproque. Oui, cela parait fortement dérisoire mais c'est une souffrance provoquée par une frustration purement égoïste ainsi que par le sentiment d'impuissance face à ses larmes et à sa détresse.

Je veux être heureuse. Donnez moi un peu de bonheur. Laissez moi croire que je ne suis pas qu'un membre de cette masse grouillante enfermée dans son déterminisme. Je suis complètement dégoutée d'être dans un monde où le bonheur se mérite, se gagne. Etre heureux n'est pas un but, ce n'est pas un dû ce devrait être la condition et la définition même de l'être humain.
Je vous laisse, je dois aller dormir...

Clarisse    25 novembre 2015   Lyon   

Je vis au Maroc et j'ai 17 ans. Après avoir longtemps renié, pour plusieurs facteurs, ce que je *suis*, c'est depuis moins d'un an que je peux l'affirmer : je suis pansexuel. Mes rapports au genre sont assez particuliers, mais ce n'est pas le sujet. Je ne sais pas, je me sens pas bien ici, entre les crachats de salives et les insultes "Regardez l'autre pd" ou "On devrait t'interner", c'est pas génial. J'essaye de sensibiliser, faire des trucs, ça passe pas vraiment. heureusement, y'a des gens pour me soutenir, c'est ça qui fait tout ! Si vous lisez ça, et que vous êtes dans la même situation, dans un pays où les droits LGBT avoisinent le néant absolu ou que simplement vous avez du mal à vous assumer, que ce soit vis-à-vis de vous ou de votre entourage, trouvez des potes, allez sur internet, et parlez à des gens "pareils" que vous, tout ira bien. Vous enfermez pas pour autant, y'a des gens géniaux dans ce monde <3

Othmane    18 mai 2015   Casablanca   

J'ai 20 ans et j'aime les filles qui sont plus jeune que moi, qu'importe l'âge du moment qu'elle sont assez mature à mon gout, c'est comme ça et je n'y peux rien. Et quand naïvement en discutant avec des personnes je sortais ça naturellement, un blanc, un silence de mort puis de réflexion sur le fais que je suis un future violeur d'enfant, un pédophile, un pervers, on va te dénoncer à la police. Non... je ne vais pas allez arracher des enfants à leur famille. Non, je ne vais violer personne. Non, cela ce trouve je ne suis pas plus pervers que toi ou peut être que si, qui sais. Si il y a le consentement de la personne et qu'elle y trouve sont bonheur cela ne me gênera pas même si il y à un écart de fou.
Je vais même rajouter ma plus grande honte, une chose dont je m'en voudrai toute ma vie. Vers l'âge de 10 ans j'ai commencé à avoir des pulsion sexuelle inimaginable, et une de mes sœurs qui devais 7 ans à cette époques commençais à s'intéresser à ce genre de chose aussi. Un jour où nous étions en train de jouer tout les deux, la folle envie nous à pris de vouloir nous toucher les partis intimes, nous nous somme touché le sexe l'un l'autre pendant assez longtemps. Je ne sais si ce sont mes envie sexuelle de l'époque qui on corrompu ma sœur pour nous mener à ça ou non mais le fait d'avoir perverti ma sœur me hante depuis mes 10 ans et je ne peux en parler.

Alelch    19 mai 2015  

J'ai commençé à me questionner il y a 3 ans. J'en ai maintenant 16 et j'en arrive a la conclusion que je n'ai pas envie de choisir, ni de me torturer l'esprit à savoir si trouver cette femme désirable est bien ou mal. J'ai toujours refouler ma sexualité et je suis le stéréotype même de la fille qui se tait lorsque ses amis se moquent de la "lesbienne de service". Si seulement ils savaient ! Mes parents considèrent tout les gens gays comme débauchés et accro au sexe. Si seulement ils savaient eux aussi... Le silence tue, les victimes directes et indirectes d'une société étriquée qui juge à tout va. Dans de nombreux témoignages, les gens expriment leur peur, mais la vie est faite de choix et celui de ne plus avoir peur et d'assumer enfin qui l'on est et qui l'on aime est certainement un des plus libérateur. Je reste optimiste pour être un jour cette fille forte qui défendra la seule lesbienne qui a osé s'assumer. Nous ne devrions pas avoir peur, un jour les choses seront en notre faveur.

Colombe    24 mai 2015  

A chaque fois que je me regarde dans le miroir, j'ai envie de le briser. Je déteste ce que j'y vois. Qui est cette étrangère ? Pourquoi ces formes ? Pourquoi ces seins ? Pourquoi ces traits trop fins ? Pourquoi ce corps qui n'est pas le mien ? Ce n'est pas moi, ce n'est pas ce que j'aurais dû être. Mon coeur me dit que je suis un homme, ce fichu reflet crie plus fort encore que je suis une femme. Et le regard des gens, comme ce reflet, me crie que je suis une femme. Je hais ces formes, ces courbes, ces longs cils, cette finesse, cette faiblesse apparente. J'ai l'air d'une petite chose fragile. Je voudrais ne pas être si fragile. Les vêtements peuvent parfois camoufler mes formes féminines, mais cela ne suffit pas toujours. Et alors on me gratifie d'un "bonjour mademoiselle" partout où je vais. Et puis, qui peut aimer cet entre deux ? Ni tout à fait une femme, ni tout à fait un homme, qu'est ce que je suis ? Je suis ce paradoxe dont tu es tombée amoureuse, ce paradoxe qui t'as fait me quitter aussi. "Je n'aime pas les hommes, pas physiquement" disais tu. Et pourtant tu es partie, partie pour UN autre, et pourquoi ? Parce que dans ses bras à lui, tu te sens protégée, parce que tu peux poser ta tête sur son torse sans poitrine, parce que lui peut te porter. Toutes ces choses sur lesquelles je complexe et que soit-disant tu aimais, toutes ces choses qui n'étaient apparemment pas des problèmes, sont finalement les raisons pour lesquelles tu es partie. Après m'avoir gratifié d'un merveilleux "avec lui c'est simple". Tu crois peut-être que je ne sais pas que je suis compliqué ? Tu crois peut-être que c'est facile d'être moi ? D'être sans arrêt pris pour ce que tu n'es pas ? De devoir te justifier devant tout le monde, te justifier d'être ce que tu es, te justifier d'exister presque ? Tu crois que ça ne fait pas mal de devoir donner mon prénom de naissance dans toutes les formalités administratives ? Tu crois que c'est facile à vivre quand les hommes refusent de me considérer comme l'un des leurs, quand les femmes ne savent pas m'aimer parce que soit je suis trop féminin, soit un peu trop masculin ? Tu crois que c'est facile de ne plaire à personne ? Tu crois que c'est facile d'être en crise existentielle depuis des années, en sachant que ça ne sera jamais fini ? Tu crois que c'est facile de subir les regards de travers des passants ? Tu crois que c'est facile de voir les gens se retourner sur mon passage ? TU CROIS QUE C'EST FACILE A VIVRE D'ÊTRE MOI ?! Je sais que tout sera toujours compliqué, je sais que sur tous les plans ce sera compliqué, je sais que ma vie sera un enfer jusqu'au bout. Je n'avais pas besoin que tu me le dises pour en être conscient. Je n'avais pas besoin que tu me plantes ce dernier couteau en plein coeur. Je n'avais pas besoin de tout ça. Le monde entier s'est bien chargé de me faire comprendre que rien ne serait simple. Je ne serai jamais simple.

N° 604    21 décembre 2016   Lyon   

Tout les jours ma vie pue. Tout les jours le silence me tue. j'ai 16 ans, j'en ai marre que l'on me traite comme un enfant, vous allez dire "il fais sa crise l'adolescent". J'ai l'impression de vivre un film d’horreur, celui où tu cris au secours et personne ne t'aide, où dans le noir tu ne vois aucune lueur, celui où tes forces deviennent tes faiblesses. Je vie dans un monde qui m’oppresse, j'ai grandi dans la solitude, elle reste un prélude, depuis ma plus tendre enfance je suis différent,plus gros et plus grand, souvent le sang a coulé, souvent je me suis fais tabassé, souvent je me suis fais poignardé, a force je n'allais plus a l'école, j'en avais marre de me retrouver au sol. Après on m'a envoyé dans un centre, je suis arrivé dans leur entre, l'entre des gens qui mon fais du mal, l'endroit ou ce trouve le mal, il n'y avait que des caïds, mes pensées étaient déjà amers et acides, de plus on faisait le calcule de mes antidépresseurs avec un multiplicateur. Nouveau chapitre, mes trois ans d’incarcération, au début mes larmes ce mesuraient en litre, j'ai pris une profonde respiration, j'ai plongé au cœur de mon enfer, aidé par Lucifer, je suis remonter, mais un démon c'est accroché, il ne voulais pas me lâché, pour le mené a ça fin, j'ai du devenir un peu philistin, la vulgarité à commencé à ce barré, mais je suis resté borné, je suis devenu une pur tête dure. Pour me sortir de ma prison, j'ai du grandir, réfléchir, j'ai du zappé mon adolescence, devenir adulte directement depuis l'enfance, la sentences c'est que j'ai quelques défiance, pour finir, ayant cru passé le pire, je me suis échappé de cette prison, emmenant encore plus d'énigme irrésolue c'est un exode, je suis comme dans un chapitre du Da Vinci Code. Je suis libre, libre, libre dans le couloir d'un dédale, le démon que j'ai ramener a la dalle, il voulais faire de moi une personne féodale, j'ai du ouvrir la cage, je ne pouvais plus faire le sage, moi qui croyaient ne pas avoir de cœur, j'ai découvert celle qui fait mon bonheur et qui réunis mes peurs, mais période sans problème ne ce font même pas par intermittence, au faite elle son inexistante, malgré mon cœur en itinérance, ma solitude était ma force, elle est devenue ma faiblesse, pour me faire comprendre des fois je devrais utilisé le morse, mes peur me tiennent en laisse. Je suis désolé je sais que je pars dans tout les sens, je crois que j'ai développé une dépendance, au peu d'attention que j'ai jamais eu dans ma vie, je crois que j'ai un manque d'affection elle est au plus bas des dent de scie, et j'ai développer une dépendance, une dépendance au silence. si le silence tue, tuons le silence.

DeathWolf l'éventreur    21 mai 2015   2035 Courcelles dans le canton de Neuchâtel en Suisse   

#CulPouhiou : des chroniques vidéo où l'on parle sexe, corps et sexualités sans fard ni jugements.

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