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17 mai 2015

Journée mondiale de lutte contre l'homophobie, la lesbophobie, la biphobie, la transphobie
Nos silences sont déjà un jugement

Pour ne plus que le silence tue, ce site vous propose de libérer la parole

Témoignez ici de moments où le silence fut lourd, pesant, mortifère...

... Ou profitez-en pour dire ce que vous aimez, êtes et vivez, pour dire ce que l'on ne dit jamais, ce que vous aimeriez entendre plus souvent autour de vous.

Briser le silence

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Vos témoignages

Briser le silence

Bonjour, j'aimerai m'exprimer sur ce que j'ai vécu. La sexualité m'as toujours paru violente, l'image de la femme ainsi que celle de l'homme est dégradante, et surtout très stricte avant d’être homme femme, enfant ou vieux sommes nous pas des individus ? J'ai détester les hommes quand j'était encore garçon et ne voulais pas grandir. Enfant plutôt solitaire, je n'ai pas vraiment eu d'éducation strict et mes figure paternel était lié à la télévision, mon père était violent physiquement et moralement envers ma famille en particulier ma mère. Pour elle, la sexualité était tabou synonyme de violence, d’angoisse. Aujourd'hui, Je ne vois plus ce père que j'ai désirer tuer à l'age de 14 ans avec un couteau de cuisine. J'ai 18 ans, cela fait 2 ans que je sort avec une fille génial que j'aime réellement. Le sexe était sale pour moi: des amies s'était confier à moi elle c'était fait violer, d'autre siffler dans la rue. Et je sortit avec une fille confirmant ma penser, celle ci me caresser en public mais je ne le voulais pas, sa se fini un mois plus tard. Niveau coeur et corps, j'ai toujours était attirer par des femmes aussi bien que des hommes, même si le tabou étant je me suis rendu compte de cette attirance que il y a 3 ans ou je suis tombé amoureux de mon meilleur ami. J'ai donc écris une lettre à ma copine pour lui dire que j'aime aussi bien les hommes que les femmes, je serai "bi" encore une autre case. N'est t'il pas normal d'aimer tout le monde? Sa réaction m'a fortement affecter elle ne comprenait pas pourquoi je lui disais sa, nous nous sommes disputez et je me suis tue. Le silence que j'ai réussi à percer c'était refermer sur moi, comme étant enfant. La sexualité ne devrait pas être tabou, mon aveux honteux ne fut fait qu'à ma meilleure amie et ma petite amie, ma famille n'en saura jamais rien les visages ce sont dévoiler violemment. Avec deux jugement bien différent ma meilleure amie étant plutôt libre sexuellement. Mais je pense que cette pression devrai cessé, quand cesserons de parler de féministe et deviendrons nous des égalitaristes ?
Au final je suis malgré tout heureux, car j'envisage de vivre avec cette personne qui m'a engueuler car j'ai aimer des "hommes". Mais aujourd'hui je l'aime elle bien que fantasme sur d'autre personne tout "genre" confondu.
Juste si nous arrêtions avec les cases ?

koothka    21 mai 2015   

Au lycée, je suis le gars populaire, je me trouve plutôt beau, je suis celui qui fait constament rire la classe, et de cette façon, j'ai de très mauvais résultats en cours, mais quand je voit que mes blagues arrive à décrocher un sourire a mes camarades dépressif ou autre, je me dit " f*ck les cours ! "

Mais moi dans tout ça ? Et bien je m'en suis rendu compte que très tard, mais j'ai l'impression d'être assexué..je n'eprouve plus aucun plaisir à coucher avec ma copine ( ce qui est un problème vu qu'elle adore sa), en soirée, je suis le gars qui profite de sa cuite hebdomadaire au lieu de l'utiliser comme un moyen pour amené une personne dans son plumard. Mais cela me laisse un problème...ma copine...et elle dans tout ça ? Je n'ose pas lui parler de ça et encore moins de rompre, car elle a eu des dépression allant jusqu'au tentative de suicide, comment faire..? Je ne sait pas, tout ce que je sait c'est que maintenant, j'admet que je suis une personne qui cherche l'amour dans un autre but que de faire la bête à deux dos.

Merci de m'avoir écouté. A pluche les pouhieux et autres :D

Aku    19 mai 2015    Nantes   

Depuis toujours et où que j'aille, on dit de moi que je suis gay car: oui j'aime la mode, non je n'aime pas le foot, oui j'aime regarder des tutos coiffure, non la bière c'est pas ce que je préfère mais franchement, j'aime les femmes. On m'a tellement souvent dit que je suis gay que j'y ai finalement cru. Je me suis forcé s regarder du "porno gay" qui n'en est pas vraiment et j'y ai pris goût. (Les fat bellx men... compliqué à expliquer) je n'ai connu qu'une expérience sexuelle, avec un homme de 9ans mon aîné, j'ai détesté et je me demande si j'aimerais vraiment avec une fille ou si les méchancetés des autres m'ont tué. Car non, je n'ai jamais osé en parler et que oui, le silance tue!

chacal    17 mai 2015    Fribourg   

"Le silence tue", sans doute la phrase la plus sensé que j'ai pu entendre sur youtube ! Bon, puisqu'il s'agit de témoignage, je vais parler de moi... dans l'ordre.

J'ai eu une enfance très très heureuse et j'ai des parents réellement géniaux. Pour vous dire, il n'y quasiment aucun tabou chez moi. On m'a éduqué très tôt à la sexualité, simplement parce que je posait la question, et ça c'est une sacrée chance. J'ai donc pu comprendre ce qu'est la reproduction, théoriquement et "concrètement", avant même d'avoir mon premier poils noir au pubis ! Et dans la foulé, mes parents m'ont aussi apprit que l'on pouvait aimer n'importe qui, homme ou femme, sans que l'on est le moindre problème ; que l'on pouvait se sentir plus fille que garçon ou l'inverse et qu'on en avait le droit ; que le ridicule ne tue pas ; qu'être nu c'est pas grave et que voir d'autres personnes nues n'a rien d'extraordinaire ( je citerai ma mère : "un sexe, masculin ou féminin, ça fait parti du corps exactement comme les coudes, les pieds ou les oreilles, pourquoi le cacher lui et seulement lui ?!" ; que se travestir ça peut être drôle mais qu'au fond ça devrait même pas choquer, il ne s'agit que de fringues ; et enfin ils m'ont surtout apprit à m'assumer sans me prendre la tête !
J'ai très bien appliqué tout ça toute la maternelle et tout le primaire, j'étais extrêmement heureux (impossible de l'être plus !). Jusqu'à mon entrée au collège j'ai continué, je vivais vraiment très bien. Les "espèce d'intello !", les "salle geek de l'ordi qui sait pas qu'est ce que c'est les filles !", les "eh ! monosourcil ! t'es moche !" ou bien les "grande saucisse, ton fut' est trop court, on voit tes chaussettes spider-man ! t'as l'air trop con avec ta BD pour gamin dans les mains !" me passaient totalement au dessus de la tête. Et mes parents n'en revenaient pas quand je leur rapportai ces paroles avec le sourire en disant que je m'étais bien amuser, qu'ils n'avaient pas à s’inquiéter, que ça ne me touchai pas du tout.
Est alors arrivée la 5ème, année de l'explosion de ma croissance (20cm en un an, si si c'est possible) mais aussi année de l'explosion de ma libido. J'avais découvert que je bandais il y avait quelques années, mais là j'y prenais du plaisir, et encore plus quand je me caressais ! Bon, mes parents sentant que ma puberté approchait, ils m'ont parlé de la masturbation et m'ont dit que c'était normal et même bénéfique pour moi, juste au moment où je m'y mettais. (ils sont géniaux je vous dis !) Je bavais d'envie devant toutes les filles que je croisais et profond athée que j'étais, je finissais presque par prier pour pouvoir avoir un rapport sexuel avec l'une d'entre elle, qu'elle eut 12 ou 40 ans !

Il s'est trouvé alors, que durant une soirée entre copains, que me suis sentis terriblement excité au contact de l'un d'entre eux, pendant la nuit. Et lui aussi. On a foncé, sans réfléchir, pendant que les autres dormaient.
J'ai donc eu mon premier rapport sexuel à 12 ans, avec un garçon.
pendant cette nuit là, je me suis posé beaucoup de questions, parce que je me sentais toujours attiré par les femmes et que je ne comprenais pas ce que je venais de faire. De plus, j'avais terriblement peur que mon copain soit tombé amoureux de moi à cause de ça alors que moi je m'étais simplement "servit de lui" pour utiliser mon attirail et me délivrer de cet envie de sexe dévorante... Je me suis senti très coupable.
On en a reparlé ensemble une seule fois, on s'est dit que ça avait été sympa mais que c'était peut être une erreur et on a convenu de ne plus jamais en reparler. Tout ça parce qu'on entendait partout que faire l'amour avec un garçon c'était pas normal, que le faire à 12 ans c'était beaucoup trop tôt.
Et puis, quelques semaines après, j'ai réalisé qu'il y avait pu y avoir des transmissions d'MST, et surtout du sida. J'ai totalement paniqué, parcequ'on avait beau m'en avoir parlé, j'avais peur que ça soit trop tard, que ça soit définitif et irréversible. Je me suis renseigné sur internet et il n'existait aucun moyen de vérifier sa séropositivité quelques semaines après un rapport. J'ai donc patienté.
Les trois années qui ont suivi, j'ai fait très attention à mes actes et mes envies. J'avais peur de moi, je savais que l'attirance sexuelle était normale mais je me demandais si je n'avais pas une pathologie qui l'amplifiait, si je n'était pas dangereux. J'ai donc passé trois ans à éviter soigneusement tout rapprochement émotionnel ou sentimental trop fort avec qui que ce soit. J'avais peur de moi tout seul. Je me limitais donc moi même au rôle du pote sage, calme et réfléchit qui donne des conseils sur tout, qui s'inquiète de tout le monde et qui prône l'altruisme, la patience et le nudisme (pour éviter l’espèce de connerie qu'est la pudeur qui entraine des chocs chez des gosses qui voient des sexes adultes pour la première fois en pensant que c'est grave).
Bon sauf que j'étais toujours attiré sexuellement par toutes les filles qui m'entouraient. Mais il y en avait une en particulier, avec qui j'étais ami et je m'entendais bien, qui avait l'air de souffrir. Souvent. A cause d'un garçon. Et je ne pouvais pas m’empêcher d'aller vers elle, de lui parler, d'essayer de l'aider et de la réconforter, même s'il ne voulait pas. J'arrivais quand même à lui parler régulièrement de politique et de nudisme à d'autres moments, donc je gardais espoir qu'elle deviendrait heureuse un jour.
Bon là en fait je commençais à m'attacher mais je m'en rendais pas compte.
Finalement j'ai eu mon premier portable après le brevet et j'ai naturellement envoyer un texto à cette fille. Et ce fut la seule à qui j'ai envoyé des textos pendant deux mois. On a fini par s'avouer qu'on s'attiraient mutuellement, puis même qu'on s'aimaient.
Et là... WOAW, j'avais rien compris mais j'étais amoureux, malgré toutes mes précautions et ma peur de mes envies ! (comme quoi l'interface numérique peut aider !)
Il s'est trouvé alors que je fêtais mon anniversaire et que je l'avais invité. J'ai prévu les capotes, au cas où... et on s'est retrouvé tous les deux, pendant que les autres dormaient. (J'ai définitivement un problème avec la proximité d'amis endormis... non, non, ça n'a rien à voir !)
J'ai donc eu mon premier rapport sexuel (vaginal) à même pas 15 ans, avec une fille (logique).
Et là j'ai été très soulagé, j'étais très amoureux et définitivement hétérosexuel.
On s'est beaucoup revu et j'ai fini par lui parler de ma première fois avec un garçons, j'ai fini par tuer ce silence qui me tuait. Et alors là ça a été une délivrance, j'ai retrouver toute ma confiance en moi.
Depuis je vis très heureux, totalement épanoui. Ça fait presque 4 ans que ça tient avec ma (première) petite amie et après analyse sanguine, je suis séronégatif, tout va bien !
J'ai toujours autant envie de sexe, mais en fait je suis juste quelqu'un de "gourmand" sexuellement.
Et je prône toujours le nudisme, mais je parle aussi de sodomie maintenant, et je n'ai plus aucun problème à défendre la cause homosexuel quand on me demande si je suis homo : "Non, je suis hétéro, mais je pourrais très bien être homo. C'est pour ça que je tiens à ce que tout le monde comprenne que ça n'est pas bizarre, et que, putain, c'est le fait de trouver bizarre des gens qui prenne du plaisir différaient de nous qui est bizarre !"

Comme quoi, briser le silence a "sauvé ma vie".

Le Nudistiviste    18 mai 2015   

J'ai un copain depuis près de 8 mois et je ne suis jamais sortie avec une fille. Pourtant je suis bisexuelle. Mais surtout, j'écris pour dire que j'en ai marre, ras le cul des tabous concernant le sexe. Quand j'avais 9 ans a peu près, j'ai découvert les plaisirs de la masturbation, par hasard, dans mon bain. Je n'ai pas vraiment arrêté depuis. Cependant, pendant toute cette période et jusqu'à mes 15 ans a peu près (j'en ai 16 maintenant), je me suis toujours sentie sale, anormale, ma sexualité "atypique" n'aidant pas forcément. Des membres de ma famille m'avaient déjà surpris, et je n'avais reçu que le dégoût de moi-même et la honte de mes actes à travers leurs regards. Aucune paroles, qu'elles soient réprimandes ou simples explications sur ce que je faisais.
Face a ces réactions, j'ai donc plusieurs questions : Pourquoi le sexe est-il tabou? Pourquoi est-ce considéré comme honteux de faire l'amour, et honteux de ne jamais avoir "baisé"? Qu'est ce qui nous pousse a raconter a nos enfants des histoires de graines ou de cigognes, au lieu de parler de plaisir, d'amour.... De mots universels et magnifiques, et surtout pas indécents pour un sou? Et indécent au nom de quoi?
Enfin merde quoi, le sexe est une chose merveilleuse, naturelle, pourquoi la souiller d'une réputation malsaine et perverse?

Pixies    23 juin 2015    Montpellier   

J'ai pas de problème.Je lu de nombreux témoignages sur ce site qui m'ont réaliser a quel point j'avais de la chance et que certaine personne avait la vie tellment dur.J'ai 4 excellente amies que j'adore et 3 on des petits amis.Comme j'aimerais être a leur place je me dit que j'en est pas besoin et de toute façon je suis intéressé par personne.C'est stupuide mais je l'ai voit et elles ont l'air tellement heureuse ave leur petits amis,pas que je ne le suis pas mais c'est dur d'etre confroter à des gens qui s'aiment se collent quand on a personne avec qui se coller personne qui nous aime de cette façon.Je me trouve ridicule car c'est vrai que j'ai pas besoin de sa c'est ridicule c'est même pas un problème juste une pensée stupide mais bon je laisse cette pensée sortir ne pouvant en parler à personne.Alors voilà je n'ai pas de problème mais je brise le silence tout de même.

Rien    17 avril 2016    Nulle part   

Depuis que ce site a vu le jour, je ne fais que lire. Je n'ose pas parler. Je n'ose pas dire. Pourtant, je connais les mots, je les utilise bien, souvent. J'écris beaucoup, dans l'absolu. Je remplis des pages blanches sur mon écran, de mots noirs.
J'ai toujours aimé la lecture. Dès que j'ai su lire, j'ai plongé dans les livres pour rêver. À la maison, pas de télé, mais des livres...en pelletées. Alors je lisais. J'oubliais jusqu'à ma propre existence, en plongeant dans ces pages. Je ne voyais plus les mots, je vivais les histoires. C'étaient les moments les plus heureux de mon enfance...mais je digresse.
J'écris, disais-je. J'ai commencé à l'adolescence, avant même que mes parents envisagent de se séparer. J'ai commencé avant de voir la mort en face. J'ai commencé avant de découvrir à quel point la douleur peut être insupportable. J'ai commencé avant même de savoir ce qu'était la sexualité, avant même d'envisager pouvoir en avoir une. Je fuyais, encore et déjà, une réalité dont je savais que je ne saurais pas l'affronter.
Et j'avais raison, quelque part. J'ai choisi de me taire, parce qu'il n'y avait pas de place au dialogue, parce que ce que j'avais à dire ne pouvait pas être entendu.
Le problème avec le silence, c'est qu'on s'enferme à l'intérieur. Ce ne sont plus les autres qui nous imposent de ne pas parler, le silence devient une habitude, on ne dit plus rien. Rien de ce qui est essentiel, rien de ce qui nous touche, rien de ce qu'on ne devrait surtout pas garder pour nous. Le silence devient un mode de vie. On s'efface, on écoute. On devient "gentil". Comme un enfant sage. On ne fait pas de vague, on voit d'autant plus de choses dans ce silence, des choses qui nous blessent. Moi, en tout cas, je vois, je perçois, j'entends des choses qui me blessent. Et je n'ose rien dire. Jamais à voix haute, jamais aux autres. Pour survivre - puisqu'il s'agit de survie - je "vide" ma tête sur mon écran, sur des pages blanches. J'écris, jusqu'à ce que la douleur trouve son apogée, jusqu'à m'arracher des larmes, j'écris.
Parfois, j'écris des histoires et certains prennent plaisir à les lire. Parfois, la douleur est brute dans mes mots, je les garde alors pour moi.
Le problème du dialogue avec soi-même, c'est que l'interlocuteur n'apporte pas un nouveau point de vue, il ne soulage pas, il ne permet pas de sortir du cercle vicieux de ce silence qui nous agresse, qui nous ronge, qui nous tue, lentement mais sûrement. Je pense sincèrement que le silence me tue plus sûrement que l'éventuel cancer que la clope sur laquelle je tire avidement pourrait m'apporter.

Aujourd'hui, j'ai 27 ans et je sens le poids de ces années de silence sur mes épaules. Et il est lourd. Je n'ai pas défini ni mon genre, ni ma sexualité. J'aimerais dire "je m'en fous". J'aurais la conviction de le penser, si je le faisais. Mais je sais que je suis triste. Je sais que j'ai mal. Je sais que j'ai l'impression que personne ne comprends vraiment entièrement ce que je ressens et que la solitude est devenue une vieille ennemie, aussi haïe que familière.
Aujourd'hui, j'ai un copain, depuis 2 ans. J'ai eu des copines aussi, dont une avec qui j'ai dépassé les 5 ans de relation...et d'incompréhension aussi. J'ai fait semblant d'être un garçon. J'ai fait semblant d'être une fille. Et je n'ai jamais su décider. Je n'ai jamais eu l'impression d'être bien, dans un cas ou dans l'autre. Mieux peut-être, mais cela semblait surtout tenir à la tolérance qui m'entourait. J'ai beaucoup déménagé, plus ou moins 10 fois dans ma - pour le moment, courte - vie. J'ai eu envie de mourir, pour échapper aux angoisses, on m'a donné des médicaments. J'ai fini par les arrêter, après avoir fini par ressembler à un zombie : une personne sans âme, sans émotion, une coquille vide dirigée par la peur, ne survivant que dans, par et pour la peur. J'ai eu peur, pour moi. J'ai eu peur que finalement, la dernière chose à laquelle je me raccrochais, c'est à dire ma pensée, la conscience d'être moi et d'être en vie, disparaisse. J'ai eu peur de sombrer dans la folie et dans l'oubli : que moi, j'oublie que j'existe.
Après les livres, ce sont les jeux vidéo qui ont empli mon quotidien. WoW. L'illusion d'une vie sociale, l'illusion d'une réussite, l'illusion d'une famille ? C'est souvent ce qu'on me dit : "Non, mais moi je te parle de vrais gens, je les vois, je les touche !"
C'est vrai, ils ne touchent pas ma peau. Mais ils touchent mon coeur, mon âme. D'accord, je ne vois pas leur visage, mais j'entends leur voix. Je connais toutes leurs intonations. Je sais dire leur humeur juste dans la manière qu'ils ont de me dire bonjour. Avec eux, chaque succès est collectif. Ensemble, on prend soin des autres. Et cette communauté, cette famille qu'on a choisie, est plus bienveillante que tout ce que j'ai pu recevoir de ces gens qui peuvent voir mon corps, le toucher. J'ai l'impression que ce sont eux qui voient le "vrai" moi.
Aujourd'hui, je suis toujours en perdition dans cette réalité où je ne trouve pas ma place, où je ne sais pas qui je suis, ce que j'aime ou ce que je veux. Mais j'arrive à sourire, à rire sincèrement. Je sais qu'on m'aime et j'aime, sincèrement et entièrement. Tout le monde ne fait pas preuve de cet "inconditionnel" amour dont je semble être la seule personne à pouvoir faire preuve, mais j'aime et ça me fait plaisir d'aimer. J'ai la sensation d'être en vie et de pouvoir ressentir autre chose que la douleur.
Aujourd'hui, je suis moi. Qu'importe la définition qu'on s'efforce de me coller sur le dos, j'essaie d'être moi. Même si j'ai l'impression d'être pénible, même si c'est compliqué, même si ça ne plait pas, j'essaie de me rester fidèle, au moins à moi. Toutes ces cases dans lesquelles la société essaie de nous enfermer, j'aimerais les voir disparaître. Comme quand j'étais gosse, je ferme les yeux, prétendant que le monstre n'existe pas. J'essaie de ne pas voir que ces personnes si proches de moi et qui disent m'aimer essaient de me faire rentrer dans ces cases, parce qu'ils veulent comprendre. J'essaie de fermer les yeux, de garder le sourire, de me taire. Et ça me tue.

Voilà, aujourd'hui j'ai parlé. J'ignore si c'était très clair, j'ignore si ça servira à quelque chose. J'ignore si j'aurai le courage de dire non, un jour, de me lever et de laisser derrière moi toute cette intolérance sous couvert d'amour, d'avancer par moi-même, de me battre. Mais au moins, juste une fois, même anonymement, j'ai brisé le silence.

Papa, Maman, je t'aime.

Merci Pouhiou.

Nøbødy    17 août 2015    Internet   

Je suis une femme bisexuelle, BDSM et aromantique. Mine de rien, ça fait beaucoup à endurer mais j'ai de la chance, beaucoup de chances. Personne ne m'a (encore) agressé.
J'ai fait mon coming-out. C'est passé, c'est tout. J'ai eu beaucoup de chance.Mes proches sont quelque part persuadés que les LGBT+ passent leurs temps dans des orgies immenses et "qu'ils ne vivent pas comme nous". Regarde-moi, crétin. J'ai l'air de ne pas vivre comme toi ? C'est quoi, ne pas vivre comme toi ?
Comme d'autres, je suis fatiguée. Fatiguée de toutes ces emmerdes inutiles, dans notre pays, en 2015. Ca serait bien d'avancer un peu plus vite, de se rappeler avant les commémorations que sexisme, racisme, LGBT+phobie existent, qu'on tape sur tout ce qui n'est pas "normal" et que tout le monde y passe, des maladies, des handicaps, des couleurs, des origines, des histoires, des religions, des sexes, des formes de corps, des... C'est sans fin. Au final, cette normalité n'existe pas mais elle pèse bien.
La semaine dernière, un article est paru sur des viols perpétrés lors de séance BDSM. Des proches ont soutenu que les victimes avaient mérité leur sort. Et puis, il y a 50 Shades. Voir sa sexualité ramenée au viol, exotisée, comparée à la zoophilie, c'est toujours agréable. Encore plus d'entendre que notre sexualité justifie le viol. Charmant. J'aime la domination, le bondage et je vous emmerde très fort. Je suis féministe, j'aime le BDSM et le premier qui ose me dire que c'est contradictoire n'a rien compris au féminisme.
Je suis aromantique, probablement. L'amour, je l'écris car je ne le connais pas. C'est un concept inaccessible parmi d'autre, un truc bizarre entre mathématiques et religion. Ca ne rentre pas, c'est tout. Je ne le ressens pas, je ne me ressentirais sûrement jamais. La passion, ça sera pour mes personnages et les autres. Pas pour moi. C'est comme ça. Je n'épouserai peut-être personne parce que je ne serais jamais attachée à lui, à elle assez longtemps pour supporter une vie d'engagement. C'est comme ça. Je peux comprendre, je peux imaginer mais pas ressentir. Ce sont les autres qui me font regretter.
Je suis bisexuelle, donc je n'existe pas. On n'envisage pas la case bi. Moi-même, je me suis surprise à penser que c'était "une phase", que c'était "parce que les femmes sont vues comme plus belles, plus sexys", non, s'il te plaît, tu es juste bisexuelle. Point. Ni hétéro, ni lesbienne, je suis autre chose et c'est plutôt sympa.

H    17 mai 2015    Paris   

Avant que j'oublies, j'aimerais parfois te recontacter, ne serait-ce que pour te dire le mal que tu m'as fait. Mais la vengeance ne mène à rien....
Plus je me relis et plus je sens que tes mots, pour le peu de temps que tu me les as adressés, m'ont vraiment blessée à une époque où j'étais déjà brisée et que je n'avais personne à qui confier mes peines. Je ne te connais pas, je ne sais pas d'où tu viens mais je tenais à te faire savoir que partout où je vais, tes insultes sur mon apparence m'ont détruite. Elles n'ont pas ta voix quand je les perçois dans mon subconscient, mais elles reviennent. S'ajoutent discrètement à la haine qui a tourné en boucle dans ma famille. Alors je te le dis aujourd'hui, j'espère sincèrement qu'aucune de tes connaissances n'aura à faire à de telles insultes car elles font parties des choses qui restent et qui, si tu as le malheur de les entendre dans une phase difficile, resteront gravées toute une vie... Une part de moi aurait vraiment envie que tu souffres de ce que tu m'as infligé mais je me refuse à perpétrer le cycle. J'espère que le temps à fait son œuvre et que tu traites désormais les autres avec dignité et respect. Sincèrement.

Origami    21 avril 2018   

À vous tous, je ne laisse que mon mail, pour vous dire de venir. Je ferai ce que je peux, mais j'aiderai autant que possible.
Kanata, si tu repasses par ici, oublie que tu veux ne plus montrer ta souffrance sur ce site, et profite simplement de toutes les opportunités que tu as pour aller mieux, parce que c'est tout ce qui importe.
Céleste, viens me parler si tu le souhaites, peut-être aurais-je des conseils pour toi, du moins je t'apporterai tout l'aide que je peux.
C'est la deuxième fois que j'écris ici. Je pourrais écrire un message triste, me relâcher ici de mes sentiments négatifs, mais je n'en ai pas envie. Je veux vous donner de l'espoir, parce que essayer d'aider les autres, c'est ma façon à moi d'aller mieux. N'abandonnez jamais, n'arrêtez jamais de poursuivre le bonheur, parce qu'il est là, à chaque coin de rue, malgré tout, malgré les passés et les horreurs, malgré les souffrances et les silences. Le chercher, c'est faire le premier pas pour le trouver, et ce n'est pas toujours évident de faire ce premier pas.
Vous avez tout mon soutien et mon amour.
maud3@noos.fr

Ethellyne    1 novembre 2015    Paris   

#CulPouhiou : des chroniques vidéo où l'on parle sexe, corps et sexualités sans fard ni jugements.

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