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17 mai 2015

Journée mondiale de lutte contre l'homophobie, la lesbophobie, la biphobie, la transphobie
Nos silences sont déjà un jugement

Pour ne plus que le silence tue, ce site vous propose de libérer la parole

Témoignez ici de moments où le silence fut lourd, pesant, mortifère...

... Ou profitez-en pour dire ce que vous aimez, êtes et vivez, pour dire ce que l'on ne dit jamais, ce que vous aimeriez entendre plus souvent autour de vous.

Briser le silence

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Vos témoignages

Briser le silence

A la lecture de ces témoignages, j'ai remarqué que beaucoup étaient très pessimistes et négatifs.
Je veux moi aussi briser le silence.

Au collège, j'étais moi aussi la petite fille aux cheveux un peu gras qui n'a jamais plu à aucun garçon (à l'époque je ne me souciais que de ça) et de qui le groupe de filles "populaires" se moquait, déformant mon nom et autre désagréableries.
Ca m'attriste de le penser, mais le collège, c'est vraiment une période batarde, pour tous. Même amicalement parlant, c'était vraiment très pauvre de mon côté, je me suis rarement sentie entourée, c'était une lutte quotidienne de passer du temps avec mes amies de l'époque et j'avais la hantise qu'elles m'oublient.
C'est dans l'optique de tout recommencer que je suis partie en internat au lycée. Avoir un nouveau départ, me faire de nouveaux amis, et surtout paraître une nouvelle personne.
Mes espérances ont été rapidement déchirées, égorgées, démembrées, et j'ai vécu là bas la pire année de ma vie. Attendant chaque jour le suivant, m'ennuyant à crever dans ma chambre d'internat, les "amies" que je m'étais faites m'ont clairement demandé d'arrêter de les suivre. Solitude au quotidien. J'appelais ma mère toutes les heures. Quand je passais à côté de la voie rapide, je rêvais du moment où ma cheville se tordrait, et mon corps se ferait enfin emporter sous les roues des voitures. Vers des ailleurs où la tristesse et la douleur disparaissent. Combien de lettres destinées à ceux qui me retrouveraient inanimée j'ai écrites.
Je ne remercierai jamais assez ma famille, qui sans savoir que j'allais si mal était là. Elle était dans mes pensées, et je savais que je détruirai leurs vies en supprimant la mienne. Ils ne doivent pas se douter qu'ils m'ont sauvée, encore aujourd'hui. Littéralement. Car ma cheville se serait vraiment tordue.

L'impact que cette année aura eu sur moi a été violent, aujourd'hui encore, 6 ans plus tard, je pense que je ne pourrai contenir larmes et tremblements en passant à côté de ce lycée. Je sursaute presque quand je vois le nom de la petite ville dans laquelle il était situé.

Mais ça aura valu le coup. Ca m'a blindée. Une expérience comme celle-ci est de celles qu'on imagine même pas tellement elles sont intenses et blessantes.
J'ai changé de lycée pour ma rentrée en première, officiellement pour une histoire de filière, officieusement pour rester en vivre et soulager ma santé mentale. Je me suis retrouvée là où j'avais toujours redouté d'aller, mon lycée de secteur. Coincée jusqu'à mon bac avec les tortionnaires de mes années collège... Qui me paraissaient soudain si fades. Ils s'en sont d'ailleurs tous battu les ovaires que je revienne, pour mon plus grand plaisir.

Après ce que j'avais vécu, mes attentes étaient tellement basses qu'un pigeon comme ami m'aurait rendue heureuse, et j'ai vécu les deux meilleures années de ma vie. Un groupe d'ami s'est formé et j'en faisais partie, on m'attendait avant d'aller manger à la cantine, on organisait des soirées, et on riait, on riait...

Tout ça pour dire que la jeunesse, c'est un moment dégueulasse. Et que ça dure, ça dure, ça dure, mais je vous le promets vous en ressortirez forts.

Baie    21 mai 2015   

Tu me parle
Je t'écoute
Je me fais mal à la gorge
J'arrête de mange
Ma gorge devient sèche et je recommence à sentir ce point qui me fait tousser
"ohh! Tu me saoules !"
"Parce que j'ai mal à la gorge ?!"
" Mais je t'écoutais. Je t'écoute."
"Nan c'est bon j'ai plus rien à dire"
"Mais j'ai mal à la gorge ! je t'écoutais!"
"Nan j'ai plus rien à dire. Je parle plus"
"Parce que j'ai mal à la gorge ?!!"
"Nan c'est bon ! j'ai fini"

Tu n'imagine même pas à quel point tu viens de me faire mal. A quel point j'ai envie de balancer mes affaires par terre. Le plus fort possible.
J'ai mal maman

incompréhension rage douleur
pleurs
écriture

aucune importance    4 octobre 2016   

Avant l'année dernière, ça m'était même pas venu à l'idée qu'il pouvait y avoir autre chose que fille-garçon. Enfin si, je supposais que ça devait exister, mais ma compréhension de la chose se limitait à l'apparence androgyne et au comportement "neutre", façon "pas trop fille pas trop garçon", tout simplement parce que j'y avais pas réfléchi tant que ça, parce que le monde ne m'avait jamais donné l'occasion d'y réfléchir en vérité.
Alors quand j'ai découvert dans un recoin d'internet anglophone le terme "non-binary", au bout de quelques mois, c'est un peu toute ma vie qui a changé. Ca y est, j'avais trouvé quelque chose qui me correspondait vraiment !

Le silence, c'est quelque chose qui m'a empêché pendant 90% de ma vie de me découvrir réellement, et c'est quelque chose qui m'empêche de dévoiler au monde entier mon identité, parce que le manque d'information mène dans la grande majorité des cas au rejet. Le silence contribue à mon invisibilité !

Persée    28 mai 2015    Lyon   

Je suis moi, je suis toi et je suis tout ces gens là.Des questions des doutes m'assaillent ils m'empêchent de dormir.Le monde dans lequel on vit est complètement fou, il y a eu cette tuerie a Orlando(respect aux victimes)malheureusement depuis des années des tueries on lieux et quel est l'ultime motif de sa?...c'est la différence.Et sa sa me révolte.La plus belle particularité de notre monde est justement cette différence voir des gens de toute sorte partout c'est sa qui crée la vrai beauté.Car oui ces différences devraient et sont déjà célébrées.Ces différences nous font nous unir on lève le poing dans les airs fières de qui on est.Il ne faut pas se cacher tu es celui que tu es rien et personne ne peut changer sa alors sois fière d'être unique d'avoir cette éteincelle que certains n'ont pas pu avoir.Toutes ces différences elles sont toutes belles elles méritent toutes notre respect.Alors s'il vous plaît soyons qui vous êtes car vous êtes magnifique

Si quelqu'un veut parler peut importe de quoi vous pouvez m'écrire à : eli_456@hotmail.ca

La diversité    22 juin 2016    Montréal   

Je suis un homme. Je suis hétérosexuel et en couple depuis 3 ans, donc "normal" selon les standards de la société.
Normal. Que ce mot est drôle, que ce mot est flou : en fait, il ne veut rien dire.

Si j'écris ce message, ce n'est pas parce que je me sens mal dans ma sexualité ; ce n'est pas parce que j'ai des problèmes de couples, que je suis mal dans mon corps, que je fais fasse à des clichés sur mon genre. Par chance, j'y ai presque toujours échappé.

Non, si j'écris ce message, c'est parce que j'ai toujours été l'intello de la classe. Celui qui réussit sans beaucoup travailler, qui a des bonnes notes sans rien faire, qui énerve tout le monde à tout le temps répondre. Celui qui lisait des livres à la récré, celui qui n'avait pas de copains et qui n'était pas populaire. Qui baissait la tête en croisant les brutes. Qui tournait le regard quand il voyait les autres souffrir. Qui se cachait. Qui avait peur.

Aujourd'hui, j'ai grandi. J'ai trouvé une réponse au mépris : le partage. Puisque j'ai des facilités déconcertantes, alors pourquoi ne pas les partager auprès de ceux qui n'y arrivent pas malgré leur bonne volonté ? Pourquoi ne pas aider ? Me tourner vers les autres, partager mon savoir, ma facilité, mes connaissances, voilà qui m'a libéré.

Je me tais toujours, parfois. La peur n'est pas totalement parti. Mais je me sens plus libre, plus proche des autres. J'ai lu la trilogie des dieux de Werber il y a peu et une phrase m'a beaucoup marqué ; le personnage principal émet comme utopie : "je veux créer un monde débarrassé de la peur".

Alors, je viens ici m'exprimer, pour partager mon optimisme et ma foi en l'Homme. Parce qu'en parlant et en s'exprimant, on combat la peur.
Parce que le Silence étouffe.

Cédric    6 octobre 2015    STRASBOURG   

Je suis une femme bisexuelle, BDSM et aromantique. Mine de rien, ça fait beaucoup à endurer mais j'ai de la chance, beaucoup de chances. Personne ne m'a (encore) agressé.
J'ai fait mon coming-out. C'est passé, c'est tout. J'ai eu beaucoup de chance.Mes proches sont quelque part persuadés que les LGBT+ passent leurs temps dans des orgies immenses et "qu'ils ne vivent pas comme nous". Regarde-moi, crétin. J'ai l'air de ne pas vivre comme toi ? C'est quoi, ne pas vivre comme toi ?
Comme d'autres, je suis fatiguée. Fatiguée de toutes ces emmerdes inutiles, dans notre pays, en 2015. Ca serait bien d'avancer un peu plus vite, de se rappeler avant les commémorations que sexisme, racisme, LGBT+phobie existent, qu'on tape sur tout ce qui n'est pas "normal" et que tout le monde y passe, des maladies, des handicaps, des couleurs, des origines, des histoires, des religions, des sexes, des formes de corps, des... C'est sans fin. Au final, cette normalité n'existe pas mais elle pèse bien.
La semaine dernière, un article est paru sur des viols perpétrés lors de séance BDSM. Des proches ont soutenu que les victimes avaient mérité leur sort. Et puis, il y a 50 Shades. Voir sa sexualité ramenée au viol, exotisée, comparée à la zoophilie, c'est toujours agréable. Encore plus d'entendre que notre sexualité justifie le viol. Charmant. J'aime la domination, le bondage et je vous emmerde très fort. Je suis féministe, j'aime le BDSM et le premier qui ose me dire que c'est contradictoire n'a rien compris au féminisme.
Je suis aromantique, probablement. L'amour, je l'écris car je ne le connais pas. C'est un concept inaccessible parmi d'autre, un truc bizarre entre mathématiques et religion. Ca ne rentre pas, c'est tout. Je ne le ressens pas, je ne me ressentirais sûrement jamais. La passion, ça sera pour mes personnages et les autres. Pas pour moi. C'est comme ça. Je n'épouserai peut-être personne parce que je ne serais jamais attachée à lui, à elle assez longtemps pour supporter une vie d'engagement. C'est comme ça. Je peux comprendre, je peux imaginer mais pas ressentir. Ce sont les autres qui me font regretter.
Je suis bisexuelle, donc je n'existe pas. On n'envisage pas la case bi. Moi-même, je me suis surprise à penser que c'était "une phase", que c'était "parce que les femmes sont vues comme plus belles, plus sexys", non, s'il te plaît, tu es juste bisexuelle. Point. Ni hétéro, ni lesbienne, je suis autre chose et c'est plutôt sympa.

H    17 mai 2015    Paris   

Juste un petit post pour répondre à Kanata : t'excuse pas, moi j'aime bien te lire, comme j'aime lire tous les témoignages ici.
Merci à toi et merci à tous ceux qui postent, je suis heureuse de lire vos témoignages.
Kanata, si tu veux parler : jeanne.candy@outlook.fr

Victoire    5 mars 2016    Paris   

A toutes celles et ceux qui croient au féminisme, j'ai été mal vue, par des mecs, par des nanas, parce que j'ai aimé, parce que j'ai baisé, parce que j'ai couché, parce que j'ai embrassé, mais j'ai toujours été jugée, malgré des circonstances atténuantes, malgré des histoires d'amour en construction, malgré mes espoirs déçus, j'ai toujours été jugée. Et ce que j'ai envie de dire, c'est que oui, quand je me sens seule, je roule des pelles, que oui quand je me suis faite larguée je couche avec le premier qui me plait, oui je fais ce qui me plait. Et tu n'as pas le droit de me juger, je fais ce qu'il me plaît car que je suis qui je suis, je sais ce que je fais et avec qui je le fais.
Et je voudrais parler tout particulièrement aux meufs, arrêtons de nous juger entre nous, personne n'est une salope, une salope ça n'existe pas, on est toutes différentes, attends de voir le jour où tu te feras réellement briser le coeur, attends de voir le moment où rien ne te semblera plus doux que dormir avec un mec, attends de voir. Attends d'additionner les mecs parce que juste tu t'amuses, Ne nous jugeons pas les unes les autres, qu'est ce qu'on s'en fout tant qu'on essaie d'être heureuses, les mecs sont déjà assez cons pour qu'on en rajoute une couche entre nous.

Agathe    25 mai 2015    Nancy   

Voilà. Je veux juste mourir.

Haine.    11 février 2016   

Bonjour
Je me suis beaucoup retrouvé dans un récent commentaire et c'est ce qui m'a motivé à m'ouvrir.. l'anonymat aidant beaucoup aussi
Alors voilà j'ai 20 ans et suis tombé dans la dépression pour diverses raisons à 11 ans, j'ai souvent eu envie de mourir mais j'ai jamais eu le courage d'agir par peur de la mort.
Du coup je me suis fait du mal, je me suis frappé à en avoir les cuisses bleues je me suis interdit de vivre au point de finir par avoir peur de la vie, de la vraie vie, pas celle que je croyais être la vraie. Quand quelque chose de bien m'arrivait je me disais tout le temps que quelque chose de mal suivrait forcément, comme une punition pour avoir été "heureux", même une petite seconde.
L'an dernier j'ai "touché le fond", j'ai pété un câble, après le décès d'un ami (avec qui j'avais perdu contact, comme avec beaucoup d'autre par peur qu'ils découvrent qui je suis vraiment derrière le masque du mec qui sourit h24), en fait à ce moment j'essayais de remonter la pente et il faisait parti des personnes à qui je voulais tout déballer alors j'essayer timidement de reprendre contact avec et le 22 juin, lendemain de mon anniversaire, il est mort dans un accident de la route. Après ça ça a vraiment été dur j'ai toujours été quelqu'un d'assez calme qui s'énerve jamais, qui pleure jamais mais pendant presque 2 mois je suis devenu irritable, toujours en colère. J'ai commencé à pleurer tout les soirs, puis tout les jours. J'en ai même fini par perdre le sommeil et un soir après avoir passé 3h à chialer j'ai connecté 2 neurones, j'ai pris mon portable et j'ai tout déballé à ma meilleure amie, ça m'a fait un bien fou, je me sens tellement bête aujourd'hui de pas l'avoir fait plus tôt alors que je savais que je pouvais tout lui dire.
Bien que je reste incapable de me concentré à cause du bordel dans ma tête j'ai réussi a m'apaiser en trouvant réponses à mes questions ou en pardonnant les gens à qui j'en voulais.
Aujourd'hui je vois la lumière à la surface, j'arrive à rire sans avoir peur de ce qui va m'arriver ensuite car j'ai compris que j'en avais le droit et que tout le monde connait des hauts et des bas et qu'ils ne sont absolument pas liés entre eux. Je pensais qu'il m'arrivait que des sales trucs mais en fait c'est juste que je me focalisais sur eux parce que les bons me faisaient peur, je me sentais bien dans la noirceur, j'm'y sentais dans mon élément, en sécurité
Mais c'est des conneries on vaut tous mieux que ça, on a tous droit au bonheur et c'est surtout par peur de ce bonheur que je broyais du noir.
Même si c'est dur de se relever, ça en vaut vraiment la peine.
J'ai toujours pas la vie toute rose que j'espérais naïvement mais celle que j'ai me convient et il me reste encore du chemin à faire pour l'améliorer sans oublier d'où je viens.
Il y a un an j'étais incapable de dire "dépression" tellement ce mot étais lourd de sens pour moi alors aujourd'hui j'parle de mon expérience parce que je vais mieux, par le déballage que j'ai fait mais aussi grâce aux témoignage que j'ai lu, écouté.. Ça fait du bien d'en parler, énormément alors si vous avez quelqu'un qui peut vous écoutez et comprendre n'hésitez pas. J'espère que mon témoignage aidera, ne serait-ce qu'un peu.
Maintenant le plus dur, le dernier gros poids que je traîne, j'espère que tu me reconnaîtra, ça fait 7 ans que t'es ma meilleure amie tu es celle a qui j'ai pu vider mon sac, t'en sais beaucoup sur moi mais voilà j'ai beau y penser tout le temps et essayer j'arrive pas à t'avouer que je suis gay les yeux dans les yeux, c'est vraiment quelque chose que je vis pas super bien ayant une famille assez homophobe mais voilà cette année avec l'entrée à la fac j'ai vraiment découvert un autre monde et rencontré des gens qui m'ont rassuré sur ce sujet, y a quelques mois juste le mot gay me rendait malade, aujourd'hui je me permets d'aimer quelqu'un, il s'appelle David (pas celui que tu crois^^) et bien que je lui ai jamais parlé il a vraiment l'air super sympa et j'aimerai vraiment trouver la force de te faire mon coming out pour pouvoir avancer et pourquoi pas arriver à aller lui parler.
EB

chidori.    27 février 2016    dijon   

#CulPouhiou : des chroniques vidéo où l'on parle sexe, corps et sexualités sans fard ni jugements.

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