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17 mai 2015

Journée mondiale de lutte contre l'homophobie, la lesbophobie, la biphobie, la transphobie
Nos silences sont déjà un jugement

Pour ne plus que le silence tue, ce site vous propose de libérer la parole

Témoignez ici de moments où le silence fut lourd, pesant, mortifère...

... Ou profitez-en pour dire ce que vous aimez, êtes et vivez, pour dire ce que l'on ne dit jamais, ce que vous aimeriez entendre plus souvent autour de vous.

Briser le silence

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Vos témoignages

Briser le silence

J'entends souvent parlé de cas de suicidé ou de suicidant, qui ont commis ou voulu commettre cet acte comme un échappatoire, comme une façon de fuir, j'ai eu une amie qui a fait une tentative pour quelque chose qui ressemblait à du harcèlement scolaire (je dis ressembler car c'est ce qui s'en rapproche le plus mais bon...). Quand elle m'a dit ce qu'il s'était passé, je n'ai pas compris. Même maintenant, un an après, je ne la comprends pas. On pourrait se dire que c'est normal parce que bla bla bla je n'ai pas d'idée suicidaire, que cela paraît trop abstrait et tout ça. Sauf que c'est faux. J'ai des idées suicidaires mais mes raisons, je ne les retrouve dans aucun "schéma type" des idées suicidaires. A chaque fois que quelqu'un parle de suicide je ne me retrouve jamais dans ces paroles. J'ai 14 ans et non ce n'est pas parce que j'ai eu une mauvaise note que je veux en finir, non je n'ai pas eu de petite enfance difficile, rien de traumatisant n'est arrivé, rien. Rien si ce n'est peut-être un rejet de la part des autres quand j'étais plus petite, mais sinon rien. Je ne veux pas en finir pour moi, je veux en finir pour les autres. ça semble stupide? ça l'est sûrement, je suis une gamine stupide après tout.
Au fond peut-être voudrais-je me faire aider mais je n'ai pas le courage de faire les démarches pour, je n'ai pas le courage d'en parler pour récolter des discours bidons et de conseils sortis d'un téléfilm de Noël tellement niais que même les bisounours en seraient malades, même si après cela signifie m'en sortir.
Après tout je n'ai rien alors pourquoi s'inquiéter?
C'est sur ce questionnement amère que je termine ce qui devrait être mon dernier témoignage, car je ne veux plus abuser des autres.
Je ne me suiciderais pas ce soir ni demain et peut-être même jamais.
Je m'appelle Kanata, j'ai 14 ans, je ne suis pas dépressive, je me déteste pour une raison inconnue, je suis accro aux sites de paroles comme celui-ci, j'en abuse même, rien n'est inquiétant selon le psychiatre que j'ai vu hier et je ne peux plus supporter de faire du mal aux autres.

kanata    28 octobre 2015    Perdue dans l'imensité de l'univers   

Je ne sais pas encore pourquoi j'écris ici, ça n'a sûrement pas de sens...
Tout d'abord, je tiens à préciser que ma petite histoire est bien insignifiante mais tant pis, le besoin impérieux d'écrire est apparu, puisque je ne raconterais pas autrement... Il y a des mots qui ne franchirons jamais mes lèvres.

Chacun se tait pour protéger l'autre mais c'est le silence qui tu.

Il y a environ 18 ans, mon grand-père a été accusé de viol.
C'est marrant (enfin façon de parler), c'était à peu près au moment de ma naissance ou en tout cas pendant que ma mère me portait.
Elle m'a porté avec cette peur.
L'affaire a finalement été laissé de côté.
Il y a environ 15 ans, l'affaire est ressortie.
C'est marrant (enfin façon de parler), c'était à peu près au moment de la naissance de mon frère ou en tout cas pendant qu'elle le portait.
Mon frère a failli s'en aller pendant la grossesse.
Du haut de mes deux ans, je ne devais pas comprendre et je faisais en sorte que ça soit à cause de moi que ma mère pleure.
Elle nous a accueillis avec cette peur que l'on ne connaisse pas notre grand-père hors de prison.
Il a été disculpé.
Mes parents ne ce sont pas tu.
J'ai cru que c'était un vol.
Il y a environ 6 ans, j'ai appris qu'il s'agissait d'un viol.
C'est marrant (enfin façon de parler), j'entrais dans l'adolescence.
Ça m'a fait un choc mais sans plus, du moins en apparence.
J'ai vu ma mère pleurer à propos de cette histoire.
Il y a 1 mois, une nouvelle plainte a été posée contre mon grand-père.
C'est marrant (enfin façon de parler), je venais d'être majeure.
Maintenant c'est moi qui ais peur que cela tue mes grands-parents.
Je me lamente.
J'ai honte.
Je n'ai aucune légitimité pour faire ces rapprochements.
Mais comment penser que cela ne me construit pas.
Je n'ai jamais voulu discuter de l'innocence de mon grand-père.
Mais je me demande comment une telle accusation peut changer un homme.
Enfant, mon grand-père c'est parfois comporté bizarrement.
En le croisant dans la salle de bain, sans caleçon, il me dit que je peux toucher son sexe.
Alors que ma poitrine commence tout juste à pointer, il passe sa main sous mon t-shirt :
"ça pousse ?"
C'est anodin, je sais.
Ça ne m'avait choqué.
Jusqu'à ce que j'y repense.
Je me suis tu.
Je me tais.
Je continuerais à me taire.
Je ne veux pas que ma mère ait encore peur.
Mais même si je ne dis rien.
Aujourd'hui.
Il m'est très difficile de voir ma famille maternelle.
Et à chaque annonce de naissance, les larmes me viennent.
Sans que je sache pourquoi.
Et je m'en veux.
Et je leur en veux.
J'en veux à mon grand-père d'infliger ça à ma grand-mère.
A ma mère.
A moi.
Et le silence.

Madeline    29 juin 2015   

Le désir me tue.
Je désire trop, ardemment, et je n'ai rien ni personne à désirer.
Le désir me tue tellement que ça fait bientôt deux ans et demi qu'il me fait déprimer ponctuellement, que j'ai cette putain d'électricité dans tout le corps qui me fait ressentir ce manque si puissant.
Deux ans et demi que je déprime.
Pas tout le temps, mais assez souvent pour que je vois le désir comme la raison qui me pourrit la vie.
J'ai maintenant 17 ans et demi.
Et quand les autres me voient déprimer, aller mal, je ne peux jamais leur dire la vraie raison.
Je ne peux pas leur dire "Vous comprenez, je désire trop, je suis tellement en manque que ça me pourrit de l'intérieur, ça pourrit ce que je suis et mes journées, mes semaines, mes mois, mes années".
Non, je ne peux vraiment pas leur dire ça.

Parce que dans notre société, parler du désir, de sexe, de ses désirs, surtout quand on est une fille, ce n'est pas possible.
Déprimer parce qu'on désire trop, quand on est une fille, c'est impensable.
Désirer ardemment, quand on est une fille, c'est impensable !

Il n'y a que les hommes qui veulent faire l'amour, voyons.
C'est les gars les obsédés, pas les filles, bien évidemment.

Je ne pense pas que les hommes soient des obsédés.
Je ne suis pas une obsédée.
Je suis une fille, et pour ça je ne peux dire à personne la raison pour laquelle je vais vraiment mal : le désir.
Je suis une fille, aux yeux du monde, je ne peux pas désirer au point d'en être malade.
Je suis une fille, une fille qui désire...
Et malgré le monde, la société dans laquelle on vit, je suis certaine de ne pas être la seule.

J'espère qu'un jour, les mentalités évolueront et que l'homme ne sera plus l'obsédé et que la femme ne sera plus la sainte vierge.

Et si je dois avouer à mon entourage, mes amis, la raison pour laquelle je suis mal, si je dois briser le silence pour faire évoluer les mentalités, je le ferai.
Parce que le désir, le silence qui le tait, me tuent.

(Mail : muppet.boulette@gmail.com)

Jeanne    13 octobre 2015    Paris   

Encore un poids sur le ventre. après 4 ans, toujours le même.

Elle était charmante, gentille, belle, pimpante, jeune et dynamique, bien plus jeune que mon père, mais les différences comptent-elles quand on aime? Pas selon moi.
Quand mon père nous l'a présenté, à moi et mon grand frère, on ne pouvait que l'apprécier, elle dégageait une telle chaleur, une telle présence, une telle beauté... Elle illuminait mon père de l'intérieur, comment ne pas l'accepter en voyant sa capacité à réchauffer un vieux coeur et un sourire que l'on pensait momifié?

Une façade. Juste une façade. Un double jeu. Autant pour elle et pour moi. Je suis Adèle, et j'ai eu mal. Et je refuse que quelqu'un fasse des choses aussi stupides que cette adorable femme.

Ce n'est pas ma mère qui m'a accompagné dans ma puberté, et la découverte de ce corps nouveau, c'était elle.
Aujourd'hui, chaque mois, je me souviens. Pour elle je n'avais pas le droit de saigner, pas le droit d'avoir un corps qui évolue. "Et bien?" me diriez-vous? Et bien j'ai du supporter un an de règles sans la moindre protection, mon père soutenant la pensée de cette femme. Sa petite fille n'avait pas le droit de grandir. Elle restera petite fille. Elle saignera, en silence, n'ira pas en cours pour fuir la bêtise adolescente, mais peu importe, tant qu'elle reste dans un état de minette de CE2.

Ah, le premier copain. La première relation sexuelle. le premier papier dans la poubelle et les premiers SMS parlant de mes doutes, et mes peurs, adressés à mon copain. UNIQUEMENT mon copain.

"pute"
Elle a réussi à m'en persuader. Elle a vraiment réussi, et mon père, aveuglé, le pensait.
Silence. A personne, jamais, je ne souhaite de voir le regard noir de son père qui découvre que sa fille vend son corps telle un ignoble et repoussante traînée. Elle qui voulait juste Aimer.

Je mangeais mal. Je trouvais mon corps repoussant, et elle était d'accord. 100% d'accord. Insultes. Tristesse, bouffe.

J'ai toujours mal. J'ai toujours mal quand j'ai mes règles, j'ai toujours mal quand j'aime, j'ai toujours mal en regardant mon corps, aujourd'hui épais, certes, mais musclé, et même séduisant.
J'ai mal de voir le regard de mon père, qui a bien vu que quelque chose de mal c'était passé entre lui, cet ange blond et moi, mais qui se dit que ce n'est probablement pas très important, puisque sa fille sourit, à des amies et des bonnes notes.

Ses beaux yeux bleus me hantent, et me font toujours aussi peur. Après 4 ans, ça ne changera pas.

J'ai toujours mal, Pour peu de choses, mais j'ai toujours mal.

Adèle    20 mai 2015    Blois   

Bonjour à tout le monde,
Voilà.. j'aimerais faire un vrai coup de gueule envers la société qui nous impose les codes de la sexualité. Qui impose à un homme hétérosexuel de ne connaître comme seul jouissance, celle de son pénis lors d'une pénétration avec une femme ou lors d'une masturbation.
JE suis un hétérosexuel, un vrai, et en plus j'adore me prendre un bon gode dans le cul, sentir ma prostate qui bondit,.. J'adore parce que ca m'apporte plus de plaisir qu'une éjaculation. Mais alors ? Pourquoi la société veut me ranger dans la case Homosexuel ? Pourquoi est ce que ma copine ne comprend pas que si je lui demande de me prendre, c'est pas pour évoquer une image d'homme mais juste pour ressentir le vrai plaisir masculin (selon moi) ? Pourquoi est ce que quand je parle à un mec hétéro d'annulingus il me regarde de travers ? Pourquoi est ce que je ne peux pas en parler à tout les hommes et leurs dire que c'est de la folie, que c'est mille fois plus intense qu'une éjaculation ? Pourquoi est-ce qu'on ne permet pas à tout le monde de faire ce qu'il veut sans qu'il y ait de cases ? Pourquoi cette société empêche t'elle les hommes hétéros de decouvrir toutes les zones de leurs corps sans être rangés dans des cases ? Pourquoi est-il plus interdit pour un homme hétéro de se faire sodomisé qu'une femme hétéro ?

J'en ai marre de cette société qui nous suit jusque dans notre lit, jusque dans notre couple,.. Il est vraiment temps que tout le monde se rende compte que l'individualité et la différence fait de notre monde un monde qui est beau.
Merci de ta lecture :)

Fran    6 juin 2015    Quelque part dans la petite Belgique   

Briser le silence. C'est exactement ce qu'il me fallait.

A toi qui lis, ne t'attends pas à un témoignage passionnant. C'est la journée contre l'homophobie, et pourtant je ne vais pas parler de ça, du moins sous cet angle. Parce qu'on a pas de journée pour les moutons noirs dans les écoles ou les adolescents métalleux qui se renferment sur la musique, j'vais ouvrir ma gueule, pour une fois.

J'ai toujours été diagnostiquée surdouée, hypersensible et renfermée sur moi-même. 5 psys différent l'ont dit, puisque mes parents se refusaient à accepter qu'un de leurs enfants ne rentre pas dans le rang. Pendant des années, j'ai été cette fille que tu as sûrement vu, dans le fond de la classe, à travailler et avoir des résultats, ne jamais parler et être habillée comme un "garçon manqué", une sorte d'être asexué parce que ma mère ne pouvait plus travailler, mon père était parti et mes grands-parents maternels avaient du mal à finir leur mois financièrement en s'occupant de leurs petites filles.
Puis un jour, j'ai rencontré quelqu'un. J'avais 15 ans, il en avait 17, je l'ai cru lorsqu'il m'a menti, j'ai cédé, puis il m'a quittée. Il me trompait avec ma meilleure amie depuis plusieurs mois. Je me suis renfermée encore plus. J'avais 16 ans, on me harcelait scolairement, on me traitait de pute aussi. Parce qu'un mec' qui enchaîne les filles c'est un "BG", une fille qui croît en un mec' à tort c'est une "pute".
J'ai changé de collège puis de lycée, 3 fois. Sans résultats. Peut-être qu'être habillée en "métalleuse" fais de vous une victime, que sais-je ? Entre temps, mon physique a changé. Ma puberté s'est terminée, j'ai pris 3 tailles de soutien gorges. C'est con à dire, mais les blagues vont bon train dans les lycée. Les gens ne me connaissent pas par mon nom, mais par "la fille aux gros seins, tu sais, la major des terminales".

C'est peut-être ça qui a lancé cet homme, dans le train. Un petit train de banlieue parisienne, il y a même pas 10 mois. Je rentrais de chez ma mère pour aller chez mes grands-parents maternels, et j'étais quasiment seule dans la rame. Il est arrivé, s'est assis à côté de moi et à commencé à me peloter assez fort. J'me suis levée, j'l'ai engueulé, mais à vrai dire, je ne suis même plus certaine de ce que j'ai dit. J'ai eu le réflexe d'appeler un ami et de m'installer à l'autre bout du wagon. Mais ce qui m'a frappé, c'est que tout le monde s'en moquait. Personne n'a réagi, ni même levé les yeux. J'en vient même à douter d'avoir parlé fort, peut-être même parlé tout court.

Il y a 8 mois, je me suis enfin remise en couple. J'espère pouvoir lui faire confiance, à lui, mais ça a l'air bien parti. Niveau cul, je lui ai expliqué pourquoi j'avais du mal à m'y mettre, à cause de cette personne qui a cru bon de venir embêter une fille dans un train de banlieue. Il a compris, et m'a promis qu'il attendrait autant qu'il faudrait. Mais ça finira par aller mieux, pour moi.

Texte fini, je suis clairement hors-sujet. S'il y a une modération, vous pouvez supprimer mon témoignage. Mais au moins, ça m'aura permis de faire ce que je ne peux pas faire au quotidien. J'aurais pu parler de la fois où un ami et son copain se sont fait frapper dans un bar un soir de juillet dernier. J'aurais pu parler du nombre de fois où des rumeurs se répandaient, selon lesquelles j'étais lesbienne (avant les voyages scolaires). Mais en fait, javais juste besoin de parler

Simplement parler.

Agathe    18 mai 2015    Paris   

Je n'ose pas en parlé , je ne veux pas voir le visage dégouté des gens, je ne sais pas comment ni quand ni a qui. OK je suis pas un sex symbole ni un dieu du stade, mais voilà, j'en ai raz le cul du stéréotype du mec protecteur qui baise qu'en levrette. Je ne demande qu'un conseil : quand sauter le pas, quand faire le suicide sociale, le coming out .

Oui j'ai 13 ans et hésite à déjà tout foutre en l'air.....

Mr.Mout'Sheep    17 mai 2015    Vouillé   

A la mort de ma grand-mère, son patrimoine a éclaté et s'est dispersé entre ses nombreux enfants. Tout construire après une destruction. Mes parents ont hérité de l'antique maison patriarcale, et mon oncle a réaménagé la ferme d'en face pour y habiter. Cousins, voisins, c'est la même chose pour moi. Je les vois tous les jours. Tous les jours je vois leur fils jouer au foot, leur fille faire du vélo. Tous les hivers je vois le feu crépiter dans leur cheminée, tous les étés je vois leur porte ouverte pour faire passer un peu l'air. Tous les jours, je vois leur chienne venir quémander vers moi. Je n'ai jamais vu sa queue dressée, elle est toujours bien serrée entre ses jambes. Là où il y a des poils sur son dos, ce sont des agglomérats, comme des dreadlocks, de poils salis par la boue séchée. Elle est frappée, souvent ; On lui crie dessus pour tout. Quand je viens la flatter un peu, lui donner à manger, la caresser, elle tremble. C'est effarant. Elle s'enfuit au moindre geste brusque. Elle ne sert qu'à garder les vaches. La mère lui donne des croquettes une fois par semaine, elle dit que c'est suffisant parce qu'elles « gonflent dans son ventre ». Je la vois. Et je ne peux rien faire, du haut de mes dix-sept ans. Parce que ce n'est pas moi qui décide à la maison. Parce que ça ferait des histoires avec la famille. Ma petite amie, à ma place, aurait tout fait pour ce chien. Elle en aurait parlé à la police, par exemple. Parlons-en, de ma petite amie, tiens. Parlons-en, puisque je n'en parle à personne. J'ai envie de le crier sur les toits, de le hurler, de m'afficher fièrement ! J'ai une petite amie ! Oui, c'est une fille, et alors ? Et alors ??
A l'anniversaire de mon cousin, ils chantaient tous à tue-tête. Des chansons homophobes, bien sûr. Sinon, ça n'aurait pas été drôle. Nous étions deux à baisser les yeux, avec Jo.
Jo, c'est aussi un cousin. Il sera le témoin du mariage de son frère avec un autre homme. Si on compte sa mère, ce seront donc deux personnes de la famille qui iront le féliciter. Comme c'est triste de savoir qu'alors qu'il devrait vivre l'un des plus beaux jours de sa vie, il n'y aura aucun membre de sa famille. Mieux vaut-il être seul, ou mal accompagné ?
Avec Jo, on baissait la tête, et on les écoutait. On écoutait leur discours d'abrutis, déjà entendu mille fois, sur l'homosexualité mais surtout sur l'immigration, et sur la couleur de peau. On les écoutait déblatérer sur la différence qu'ils ne peuvent pas encadrer, qu'ils ne connaissent pas et qu'ils ne voudront sans doute jamais connaître, et on se taisait. Ces gens là, ils votent, ils s'expriment. Ils ne veulent pas se cultiver, ils ne veulent pas faire l'effort de réfléchir ni d'essayer de comprendre la différence.
Aujourd'hui, le fait de parler me donne de l'espoir. Aujourd'hui j'écris, je m'exprime et je souffle. Aujourd'hui je suis l'exemple de l'Antigone d'Anouilh, qui s'est levée pour dire non, qui a arrêté de subir et de se taire, qui a parlé. Parce que dire, c'est commencer à agir. Aujourd'hui je parlerai à une association de défense des animaux, aujourd'hui j'enverrai une lettre et un billet dedans au frère de Jo, je lui enverrai les plus beaux mots que je puisse trouver, parce que je ne lui souhaite que d'être heureux. Parce que c'est tout ce qu'on peut souhaiter aux jeunes mariés, ou à ceux qui le sont depuis longtemps, ou même à ceux qui ne le sont pas. Je leur souhaiterai de vivre heureux, loin de la bêtise des hommes, dans un château ou un endroit qui y ressemble, avec de grandes fenêtres, avec presque pas de murs, comme l'a si bien dit Jacques Brel. Je vous le souhaiterai, à vous qui lisez ce mot, qui que vous soyez. Je vous souhaite un grand bol d'air et autant de bonheur que possible.

Alexia    1 juin 2015    Plumelin, quelque part en Bretagne   

Cette année j'aurais 22 ans, et je vis encore chez mon ex. Pour ne pas être à la rue et peut-être parce que je l'aime encore un peu. Cette année, tous mes amis m'ont abandonnés, les uns après les autres.
En primaire, je n'avais pas d'amis. Au collège, je n'avais pas d'amis. Au lycée, j'ai eu 2 ou 3 amis..
On me disait que j'étais trop gentille, qu'il fallait que je dises ce que je penses. Alors j'ai commencé à dire les choses clairement, sans pour autant chercher à être méchante. Alors on m'a dit que j'abusais, que je ne devrais pas dire ça et que je n'étais qu'une pétasse. Ceux qui disaient me comprendre, m'accepter tel que je suis. Aujourd'hui il ne me reste qu'une famille qui ne me comprends pas, qui ne me comprendras jamais. Alors je me tais. Encore.
Oui, je suis bi. Oui, j'ai des valeurs et je veux me battre pour ce qui me tient à cœur. Oui, je veux partir, loin. Mais on m'étouffe. On me fait taire et on me laisse pourrir dans mon coin, où je ne sais que pleurer, pour espérer soulager la douleur de mon cœur..
Un jour je le promets, je partirai, je reprendrai de zéro. Je montrerai un sourire nouveau, franc, et tout iras mieux.

Merci pour ce que tu fais, Pouhiou.

Hélène    17 mai 2015   

Souvent mes « amis » me disent que si je me sens si mal c'est parce que je ne me rends pas compte de qui je suis réellement, que à leur yeux je suis quelqu'un de bien, capable de grande choses...
Seulement, c qu'ils ne comprennent pas, ne peuvent pas comprendre, c'est que je sais pertinemment tout cela.
Que je ne m'en rend pas compte ?
C'est complètement l’inverse !.

Je sais très bien qui j'aurai pu être si je n'avais été brisé. J'ai conscience de mes capacité, de mon génie et de la force qui m'habite. Seulement tout cela fut corrompu, entaché de haine, de vengeance et de volonté destructrice. J'ai peur de dévoiler mon potentiel car je ne souhaite nul bien autour de moi, personne ne sera épargné si un jour je relève la tête et mon nom sera synonyme de mort et de terreur, de fourberie et sera l'égal de machiavel !
Dans un autre monde mon génie est pur, absent d'envie et de malice et j'utiliserai mon don pour répandre le bien et être heureux... Et au fond de moi, il reste, pour le moment, encore une petite, toute petite voix qui souhaite sincèrement devenir cet personne. Mais je la sens mourir, sa clarté diminue et même elle commence a douter de mes chances de rédemption. Ma seule incertitude : a sa mort je ne sais si j'y survivrai ou si plus rien ne m’empêchera d'utiliser enfin mon mon savoir, mes connaissances et ma logique pour manipuler mon prochain et rendre ce monde non pas meilleur mais beaucoup, beaucoup plus drôle...

caché derrière le rideau    19 novembre 2016   

#CulPouhiou : des chroniques vidéo où l'on parle sexe, corps et sexualités sans fard ni jugements.

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