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17 mai 2015

Journée mondiale de lutte contre l'homophobie, la lesbophobie, la biphobie, la transphobie
Nos silences sont déjà un jugement

Pour ne plus que le silence tue, ce site vous propose de libérer la parole

Témoignez ici de moments où le silence fut lourd, pesant, mortifère...

... Ou profitez-en pour dire ce que vous aimez, êtes et vivez, pour dire ce que l'on ne dit jamais, ce que vous aimeriez entendre plus souvent autour de vous.

Briser le silence

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Vos témoignages

Briser le silence

J'ai peur de finir ma vie seule. Putain qu'est-ce que c'est cucul mais c'est vrai, pourquoi chaque garçon que je croise semble être plus intéressé par mes seins que par ma personnalité ? pourquoi le seul qui n'ait jamais fait ça a finalement décidé d'être un bâtard par la suite ? Aussi futile soit ma peur car les raisons semblent assez banales pour une fille aussi jeune que moi, elle est là, omniprésente et j'ai même l'impression qu'elle grandit de jour en jour comme si c'était une putain de plante au printemps (que de romantisme de parler de printemps et d'amour, plus cliché, jsuis pas sûre qu'on va pouvoir faire) mais au fond... la solitude reste une angoisse permanente. Alors, je pense au futur et je ne vois pas grand chose, je vois tellement peu que je m'immisce dans les rêves les plus communs, avec un mari parfait, un chien et des enfants, avec une maison clonée dans une banlieue. Pourtant, je ne veux pas me marier, je préfère les chiens aux chats et les chats aux enfants et une maison, c'est trop grand pour moi. Alors voilà, ne jamais trouver quelqu'un qui me retourne l'estomac sans me donner la nausée et qui me dise que je sois jolie et pas "bonne", quelqu'un qui m'aime pour ce que je suis, est ma plus grande peur, elle me dévore et paradoxalement, me transforme pour qu'au final, cette hypothétique personne m'aime pour ce que je suis devenue à cause de ma peur. N'ayons pas peur de l'avenir, n'ayons pas peur du présent, ne changeons pas ce que nous avons bâti et consolidé depuis notre naissance par contrainte, parce que la peur nous bouffe, mais par choix ! Soyons fiers de qui nous sommes et en ce 17 mai, soyez fiers, vous qui faites parti de la communauté LGBT de qui vous êtes. En fait non, soyez fiers et ayez des couilles face à vos peurs que ce soit le 17 mai ou le 10 mars, que vous soyez gays ou asexués, que vous soyez considéré comme marginaux ou comme ennuyeux aux yeux de la "société". Ça sonne un peu "appel à la révolution" mais putain les révolutions font du bruit elles au moins, et le silence tue.

tammy    17 mai 2015    metz   

Arrivée ici en suivant un lien vidéo, ( Merci Mr Pouhiou !) je viens de passer une bonne partie de mon insomnie en compagnie de vos témoignages.
Je suis Lesbienne et le doute sur mes affinités contrairement, et malheureusement, à beaucoup d’entre vous, n’a été que bref.
Assume-toi alors ! Hum quelle belle idée… Mais tenter de se relever pour observer une cohorte de cons et d’intolérants, ça n’invite qu’à regarder par terre… Enfin toujours la même histoire. Les insultes, les coups bas, les coups tout court aller ! Soyons fous ! Harcèlement… Tout ça doit tristement parlé à beaucoup…
Mais l’évitement, ça va un temps, faire semblant, jusqu’à quand ? Puis la crainte de leur jugement et des réactions revient.
« Allons, fais un effort tu n’as pas rencontré le bon, c’est passager !! Ça n’a jamais tué personne de sortir avec un garçon! »
Bien des amours propres, et le mien inclus, vous diraient franchement le contraire…
Mais on grandit, on change, on rencontre. Certaines vous feraient oublier le chemin passé pour ne plus voir que devant soi, un avenir commun. Sauf que… Ah, trouver la bonne personne, j’avais oublié cette étape… Celle qui ne vous rabaissera pas, pas plus bas que terre, plus bas qu’elle non plus...
Et si tous ces déboires ne venaient que de nous ? Les autres voient la même personne que celle que nous voyons en nous regardant dans le miroir avec parfois tant de dégoût.
Je me sentais inutile, moche, je ne la méritais pas… Pourquoi lui reprocher de le dire également si je ne me rebelle pas et ne récupère pas ma vie en main.
J’ai repris ma vie, par la main et j’y ai trouvé… Du temps.
Du temps pour moi, pour se recentrer, se retrouver, se redécouvrir. Réécrire, jouer, admirer la beauté de ce et ceux qui m’entourent et m’émerveillent.
Et puis vient ce moment, où lisant sur ce site tout ce qui vous as touché, m’a touché, je me dis qu’il est temps de se rappeler qui nous sommes. Pas sexuellement, pas pour une catégorie! Juste, se rappeler de la personne que l’on aurait voulu être. Celui ou celle que nous voyons en clignant des yeux. Cet autre nous que l’on recherche et se cache juste sous nos paupières. Avec ses passions, ses dons.
Je ne pourrais comprendre et ressentir vos douleurs qui n’ont pas été les miennes, mais peut-être aimerez-vous comme moi, l’espace d’un instant, penser à demain. A tous ces demains qui n‘attendent que nous, vraiment nous.
Que le temps peut être long, que le temps passe, mais qu’il nous emmène avec lui et nous rapproche de nous-même. S’oublier pour l’autre, quelle drôle d’idée ! Mais s’il ou elle vous aime ainsi que vous l’êtes, il n’y a plus de ligne à ajouter.

Je pense quand même qu’il nous faudra encore longtemps lutter à grand renfort de sourires, en leur montrant la beauté de nos différences, pour que les choses évoluent VRAIMENT.
La haine, l’aigreur, les insultes, ils le font mieux que moi^^

A toi qui lis ces lignes, tu n’es pas seul(e), tu es beau, tu es belle, parce que tu es toi.

Alice    20 octobre 2015    write town   

Le silence tue.
Oh oui, il tue. Il m'a tué, encore et encore depuis les 20 dernières années.
J'ai essayé de lutter contre, mais je suis au final, complètement soumise à lui.
Combien de fois j'ai hurlé, hurlé en silence. En silence, mais si fort, que mes hurlements m'étouffaient, arrêtant ma respiration et mettant ma vie en suspend pendant quelques secondes. Quelques secondes sans vie qui me soulageaient, me reposaient de cette souffrance qui consumait chaque infime molécule de mon corps.
Et à 26 ans, je hurle encore en silence.
Je hurle qu'à 7 ans j'ai vu mon Dieu sur Terre, mon père mettre une claque à ma mère.
Je hurle que les années qui ont suivies, cette claque n'est devenue qu'un détail et qu'il n'y avait que moi pour arrêter mon père et sauver ma mère.
Je hurle la disparition de ma grand-mère, mon seul repère.
Je hurle que la première fois que j'ai cru mourir, j'avais 14 ans et que c'était en voyant le regard de mon père. Je hurle que je ne regretterai jamais d'avoir couper les ponts avec un homme capable de tuer ma mère.
Je hurle contre cette peur, contre ces adultes qui n'ont pas agit, qui ne nous ont pas protéger, qui se sont retourner contre moi à cette époque. Je hurle contre la perte de ma famille, contre cette incompréhension, cette souffrance, cette solitude.
Je hurle ma descente aux enfers, mes trois tentatives de suicides, et mes années de dépression.
Je hurle que oui, des années après leur séparation mon père a kidnappé ma mère et l'a séquestré pour tenter de la tuée. Je hurle, l'abandon de mes parents et leur destruction. Je hurle la perte d'un partie de moi même.
Je hurles tous mes abandons à moi, toutes les fois où je n'avais plus la force, plus d'espoir, plus rien même pas moi-même.
Je hurle la mort tragique de Matilde, 16 ans.
Je hurle un diagnostic. Guess, what? Je suis sûrement bi-polaire!
Je hurle que j'aime les hommes et les femmes et que je suis follement amoureuse d'une personne avec qui je ne peux pas-être car cette une femme et elle serait rejetée par sa famille. Et que ça, ça me déchire toute entière.
Oui, je hurle, je hurle, je hurle, toutes mes souffrances, toutes ces injustices. JE HURLE CONTRE LE SILENCE!!
Je hurle contre la vie, mais aujourd'hui, plus que tout, c'est pour la vie que j'ai envie d'hurler.
Je hurle ma soif de vivre, mon combat quotidien depuis toute ces années pour être encore là, debout et en vie.
Je hurle que toutes les fois où l'on peut croire que l'on y arrivera jamais, où l'on se demande comment est-ce qu'on va faire pour survivre à la prochaine seconde, où rien n'a d'importance, que toutes ces fois valent le coup d'êtres endurées. Car la vivre, est la plus belle chose qui nous soit donnée, alors HURLER votre envie de VIVRE!
Je hurle que je veux vivre d'amour et d'eau fraîche mais aussi d'humanité, de voyages, de musique, de découvertes, de savoir, de partage, d'aventures, de rire, de dance, de combats, de justice et de tellement d'autres choses!!!
Je hurle que je vis de ce sentiment inégalable de liberté, car je suis moi et que rien ni personne ne devrait nous empêché d'être nous-même, d'être là, vivant.
Je hurle, qu'on peut-être complètement cabossé mais heureux.
Je hurle que la chose la plus importante au monde est l'AMOUR.
Je hurle que ce qui compte le plus au monde au monde, ce sont ma mère et mes soeurs, que j'ai toujours tout donner pour elles et que je donnerai toujours tout pour elles.
Oui, je hurle toutes ces choses bonnes et et mauvaises mais ce ce que je hurle le plus fort c'est contre moi. Je hurle contre moi de ne pas avoir le courage de dire tout ça.
Je hurle contre moi car au final, j'en suis toujours au même point, je laisse le silence me tué.
Je hurle contre moi, de

Sarah    15 août 2015    LYON   

J'ai peur des hommes.

Pas forcément une peur paralysante, comme le serait une phobie, mais une peur quand même. Je me sens plus à l'aise avec des femmes qu'avec des hommes, je me sens plus en sécurité.

C'est idiot pourtant. Le danger peut venir de n'importe qui, homme ou femme, je le sais, mais au cours de ma vie j'ai eu plus à craindre d'hommes que de femmes. Parce que je ne correspondait pas au cliché du petit garçon, quand les autres préférait faire un foot je lisais. Quand la bagarre était une activité normale je la fuyais. Et du coup les garçons se moquait.

Les filles ? Jusqu'au collège je ne les fréquentais pas, elles étaient « l'autre camp », le pire ennemie du garçon. Être traité de fille c'était la plus terrible insulte qu'on pouvait faire à un garçon. Si on en fréquente une seul, alors on entend « ouuh ils sont amoureux » (avec le bon ton, on peut faire passer n'importe quoi pour une moquerie). Alors forcément, on ne se mélange pas, on évite de ressembler à « ça ». Quitte à rester avec ces imbéciles brutaux et moqueur.

Au collège et au lycée, je fréquentais d’avantage de filles, et ça ce passait beaucoup mieux qu'avec les garçons. Aucune violence physique, et très peu de violence verbale. Au fur et à mesure je me suis rapproché, et j'ai changé de camp. J'ai commencé à accorder moins d'importance à ce que pense les autres, et surtout les garçons.

Maintenant j'ai beau être dans des milieux qui sont plus masculins que féminins, j'ai bien plus d'amies que d'amis. Je sais que ce n'est pas le genre d'un individu qui va déterminer sa méchanceté et sa bêtise, mais cette inquiétude reste, un peu comme un traumatisme. On a beau savoir que c'est un reflet du passé qui n'est plus valide aujourd'hui, ça continue de dominer vos émotions, vos pensées. Je pense que ça change doucement, j'ai rencontré pas mal de mec sympa ces dernières années, mais avant de considérer hommes et femmes exactement pareil dans les rapports que j’entretiens, il faudra encore de nombreuses années.

J'aurai aimé être bissexuel. Après tout, moi qui aime le sexe, c'est un bon moyen de multiplier les expériences et partenaires. Surtout qu'en plus, j'ai pas mal de touches avec des hommes. Mais non ... J’essaierai peut être un jour avec un homme, mais il faudra qu'il arrive à me donner suffisamment confiance.

LPA    20 mai 2015   

Je reviens par ici pour écrire de nouveau. Mais je ne sais pas comment introduire alors je vais commencer par les faits.

Je suis étudiante dans une école d’agronomie. Le Mardi 9 juin nous avons appris le décès d’une personne de la promotion. Elle avait une myopathie, son cœur c’est arrêté et n’a pas redémarré.
C’est la première fois que j’apprends le décès d’une personne que je connaissais. Je n’étais pas vraiment proche d’elle mais je lui avais déjà adressé la parole. C’est tellement étrange de ce dire que son cœur ne bats plus et que jamais nous ne l’a reverrons. Je suis encore affecté par cet évènement. Mais malgré moi un double sentiment est présent. Je culpabilise énormément mais ceci m’a fait remonter mes pensées. J’aurais aimé que ce soit moi plutôt qu’elle. Je me sens horrible de penser ce genre de chose mais mon dieu plus le temps passe et moins je trouve l’intérêt de vivre. Je n’ai pas envie que l’on me prenne en peine ou autre, je veux juste enlever ce sentiment ou tout simplement mourir. Les gens ne comprennent pas réellement, pour beaucoup vivre c’est la meilleure chose qui soit. Mais je n’arrive pas, je n’arrive pas à y voir un intérêt, je n’arrive pas à me dire « putain c’est cool je vis ! ». Et pourtant je ne fais rien parce que je n’ai pas envie d’infliger ça à ma mère, mon oncle, mon frère. J’ai vu à quel point une mort peut être douloureuse pour les personnes autour. Et pourtant cet évènement me fait aussi réaliser que bordel je veux que mon cœur s’arrête, je veux devenir inerte, ne plus penser, ne plus me lever le matin.
En fait je ne sais plus. Je ne vois pas comment faire si je ne change pas. Mon frère est plus jeune que moi j’aurais donc toujours quelqu’un que je ne veux pas blesser et en même temps je ne me vois pas rester comme ça pendant encore 40 ans…
Je n’arrive plus à penser, je n’arrive pas à savoir où tout ça va me mener… Je ne veux plus ressentir ce sentiment d’oppression. Quand mon esprit ce dit qu’un rien arrêterait tout mais qu’une autre partie me dit que je ne peux pas blesser ma famille, que ma tête et mon corps implosent.
Je crois que j’ai besoin d’en parler mais au final je ne sais pas comment expliquer, comment extérioriser cela…

Merci d’avoir lu.

Mathilde    12 juin 2015    Rennes   

Voila , je n'ai pas d'histoire tragique a raconter mais je sens qu'il me faut parler . Je ressens un besoin excessif de raconter ce que j'ai sur le cœur .
Le fait est que je ne peux pas aimer , que je veux pas aimer , j'éprouve une peur intense qui m’empêche de rester avec quelqu'un trop longtemps . Je sais que mes peurs sont infondées la plupart du temps mais je ne peux pas m'en empêcher . J'ai l'impression de descendre d'une autre planete parfois .
Par exemple lorsque je parle avec mes amies de couple et qu'elles m’empêchent de m'exprimer . J'en ai marre de ce silence .
Alors non la jalousie n'est pas une bonne chose dans un couple , oui je suis polygame , et oui je sais ce que veux et ce que je ne veux pas a 19 ans .
Je veux que la société arrête de m'imposer ses désirs du femme qui as des enfants et qui cuisine pour son petit maris , cette femme qui doit s'épiler intégralement pour ne pas passer pour une dégueulasse , cette femme qui se faire traiter de salope dans la rue est normal .
C'est ici que je riposte , j'aimerais surtout remercier Pouhiou et Lacey Green qui m’ont fait prendre conscience que la vraie femme n'est pas celle que l'on nous montre a la télé et que notre vie = notre sexualité .

Maddyi    19 mai 2015   

Je trouve que mon témoignage fais bidon contrairement à certains mais bon ..
Sa à commencer à 6-7 ans je jouait avec des garçons mais on avait des jeux assez bizarre (a caractère sexuel ^^)
Nous jouions des rôle et je fesais souvent la fille (voire tout le temps). Avec eux je me sentais moi même j'étais heureux mais un jour il on déménager .
J'ai fait une long dépression . à 11 ans je suis entrer au collège et j'ai rencontré des gens ... Pas très ouvert .
Pour eux les gay, les lesbien et les transsexuels sont comme le démon ou la peste.
Tout mon année de 6 ème j'ai eux très peur je pensais qu'il découvrirait qui j'étais réellement et qu'il me défoncerai
Mais ça va ils étaient assez con .
L'autre année j'ai fais la connaissance d'un gars super sympa , je ne voulais pas qu'il es peur de moi donc j'ai jouer un rôle ( que je joue toujours).
Quand je rentrais chez moi je me travestisai (enfin j'enfilais juste une culotte de ma mère ^^) je fesais en sort qu'il n'y ai personne dans la maison pour éviter que l'on me vois .
Puis durent mon année de 4 ème j'ai arrêté de faire ça car j'avais rencontré un fille que j'aimais du plus profond de moi et je me suis dit pour elle je deviendrait "normal" mais sa à fait l'inverse , je me sentais plus femme avec elle car elle es assez garçons manqué mais ayant redoubler ma 3 ème on a du ce quitter ... J'ai eux une grosse dépression encore une fois mais mon autre année j'ai pu faire la connaissance de mec super sympa il mon fais reprendre goût a la vie ^^ sans eux j'aurais sûrement été encore en dépression .mais il y a quelques jour j'ai dit à ma mère que je voulais devenir une femme ,elle c'est mis à pleurer et à me dire que j'étais pas normal "t'es trop jeune !! Tu n'es pas efféminé " mais si j'aurais été comme elle me la dit elle m'aurait montrer comme un monstre ,j'ai donc l'aisser dire ne voulent pas lui faire plus de mal. Maintenant elle croit que j'ai dit une conneries que c'est "l'adolescence, il fera jamais ça" ect.
Maintenant j'attends de me prendre un appartement pour pouvoir me travestir totalement et pouvoir aller voir un endocrinolog , je suis sur de ce que je suis mais j'ai peur que mes proche l'apprennent et qu'il vien me défoncer mais j'ai juste à me dire plus que 2 ans à tenir.

Orgara    24 août 2015    Angers   

ok, l'activité est au ralenti,
ok, les gens sont partis en vacances,
ok, les nouvelles technologies créent une certaine individualité.
Mais ho ho, nous sommes là aussi.
Oui je brise le silence et je m'indigne.
J'ai travaillé toute ma vie, j'ai fait ce qu'il fallait pour élever ma fille et lui donner une vie convenable et confortable.
Aujourd'hui, Corinne a 44 ans, elle est maman de Marine 20 ans et vivent dans le département des pyrénéens atlantiques.
Elles ne viennent pas me voir et ma fille ne veut pas me recevoir.
Es ce ma faute si j'ai vieilli?
Es ce ma faute si on me laisse seule?
La solitude fait peur aux autres mais je n'ai pas choisi cette vie, j'ai pourtant essayé mais je suis lasse et fatiguée d'employer mon énergie à construire une vie de famille et avoir une vie affective.
Malgré tous mes efforts, je croise toujours des gens qui me correspondent pas, qui cherche à m'exploiter, à abuser de moi et me laisser seule.
Je me dis que ce n'était pas, les bonnes personnes, on ne peut pas plainre à tout le monde au risque de plaire à n'importe qui.
J'ai fait tout : travailler, élever ma fille seule au risque d'elle mal considérée par la famille, la société et les gens bien pensants; j'ai aidé mon prochain, par le don de soi (bénévolat gratuit), j'ai donné et encore donné et aujourd'hui qu'es ce qu'il reste : la solitude.
Quelle déconvenue.
Bien c'est dit, mais es ce que les mentalités font changer, c'est long ....
Je suis lasse et fatiguée de me battre contre l’imbécillité humaine et il y a de quoi faire....
Pour terminer une citation à méditer"nous devons apprendre à vivre ensemble comme des frères, sinon nous allons mourir tous ensemble comme des idiots"M L King

capucine    7 août 2015    libourne   

A la lecture de ces témoignages, j'ai remarqué que beaucoup étaient très pessimistes et négatifs.
Je veux moi aussi briser le silence.

Au collège, j'étais moi aussi la petite fille aux cheveux un peu gras qui n'a jamais plu à aucun garçon (à l'époque je ne me souciais que de ça) et de qui le groupe de filles "populaires" se moquait, déformant mon nom et autre désagréableries.
Ca m'attriste de le penser, mais le collège, c'est vraiment une période batarde, pour tous. Même amicalement parlant, c'était vraiment très pauvre de mon côté, je me suis rarement sentie entourée, c'était une lutte quotidienne de passer du temps avec mes amies de l'époque et j'avais la hantise qu'elles m'oublient.
C'est dans l'optique de tout recommencer que je suis partie en internat au lycée. Avoir un nouveau départ, me faire de nouveaux amis, et surtout paraître une nouvelle personne.
Mes espérances ont été rapidement déchirées, égorgées, démembrées, et j'ai vécu là bas la pire année de ma vie. Attendant chaque jour le suivant, m'ennuyant à crever dans ma chambre d'internat, les "amies" que je m'étais faites m'ont clairement demandé d'arrêter de les suivre. Solitude au quotidien. J'appelais ma mère toutes les heures. Quand je passais à côté de la voie rapide, je rêvais du moment où ma cheville se tordrait, et mon corps se ferait enfin emporter sous les roues des voitures. Vers des ailleurs où la tristesse et la douleur disparaissent. Combien de lettres destinées à ceux qui me retrouveraient inanimée j'ai écrites.
Je ne remercierai jamais assez ma famille, qui sans savoir que j'allais si mal était là. Elle était dans mes pensées, et je savais que je détruirai leurs vies en supprimant la mienne. Ils ne doivent pas se douter qu'ils m'ont sauvée, encore aujourd'hui. Littéralement. Car ma cheville se serait vraiment tordue.

L'impact que cette année aura eu sur moi a été violent, aujourd'hui encore, 6 ans plus tard, je pense que je ne pourrai contenir larmes et tremblements en passant à côté de ce lycée. Je sursaute presque quand je vois le nom de la petite ville dans laquelle il était situé.

Mais ça aura valu le coup. Ca m'a blindée. Une expérience comme celle-ci est de celles qu'on imagine même pas tellement elles sont intenses et blessantes.
J'ai changé de lycée pour ma rentrée en première, officiellement pour une histoire de filière, officieusement pour rester en vivre et soulager ma santé mentale. Je me suis retrouvée là où j'avais toujours redouté d'aller, mon lycée de secteur. Coincée jusqu'à mon bac avec les tortionnaires de mes années collège... Qui me paraissaient soudain si fades. Ils s'en sont d'ailleurs tous battu les ovaires que je revienne, pour mon plus grand plaisir.

Après ce que j'avais vécu, mes attentes étaient tellement basses qu'un pigeon comme ami m'aurait rendue heureuse, et j'ai vécu les deux meilleures années de ma vie. Un groupe d'ami s'est formé et j'en faisais partie, on m'attendait avant d'aller manger à la cantine, on organisait des soirées, et on riait, on riait...

Tout ça pour dire que la jeunesse, c'est un moment dégueulasse. Et que ça dure, ça dure, ça dure, mais je vous le promets vous en ressortirez forts.

Baie    21 mai 2015   

Bonjour,

Je m'excuse pour l'anonymat. Je ne veux pas paraître lâche mais je viens simplement pour écrire ce que je ressens, apporter une légère contribution, quoique moidre, à ce site. Même si cet anonymat est assez contradictoire avec ce que je vais raconter en dessous ...
Je suis jeune, disons mineure pour ne pas donner de précisions. En fait, je ne veux pas de préjugés sur mon âge.
Depuis quelques années, alors que ma connaissance théorique sur la sexualité et tout ce qu'elle pouvait offrir s'aggrandissait, ma vision des choses a beaucoup évolué. Petite, je ne m'étais jamais vraiment posée de question sur mon orientation sexuelle. Certes, les corps m'ont toujours fascinée. Lorsque je les voyais à la télévision, dans la rue. Féminin ou masculin.
De la curiosité, sans doute.

Depuis quelques mois, une fille plus âgée que moi m'a ouvert les yeux. Nous n'avons jamais parlé d'homosexualité, ni rien, excepté quelques fois. Mais j'ai réalisé que je pouvais tomber amoureuse d'une fille, naturellement. Malheureusement, il m'est impossible de la voir, elle ne fait pas partie de ma réalité. Je discute avec elle tous les jours sur ordinateur, et je souffre lorsqu'elle ne peut plus être présente.
Entre-temps, sans pour autant effacer mon désir naissant pour elle, j'ai jeté mon dévolu sur une autre fille, de mon âge cette fois-ci. Mais je n'ai pas eu le courage de lui avouer mon attirance pour elle. Quand je me suis rendue compte que je n'étais qu'une soeur pour elle, je me suis murée dans le silence, me suis éloignée d'elle afin de repousser la jalousie qui me rongeait à chaque fois qu'elle était proche d'une fille ou d'un garçon.

Aujourd'hui, je suis bien consciente que j'ai la possibilité d'aimer qui je veux, que je suis probablement bisexuelle ou autre. C'est là mon vrai problème. Car je n'attends que ça : sortir du placard. Si seulement je pouvais être bien sûre de ce que j'avance. Comment puis-je savoir si ce n'est vraiment que de la curiosité ? Je n'ai encore jamais été en couple, je ne sais pas ce que cela fait réellement d'être amoureuse. Suis-je amoureuse de cette première fille ? Je ne l'ai jamais effleurée, touchée, embrassée ... Mais qui sait ce que je donnerais pour le faire.
Le problème est que l'envie de me révèler est de plus en plus forte chaque jour, mais que mon esprit borné refuse que je le fasse sans avoir eu une vraie relation, une certitude. Je laisse parfois volontairement des signes à mes parents, puis les cachent aussitôt. Je suis à la fois anxieuse et envieuse à l'idée que le monde sache tout de moi. Le doute me ronge. Le silence commence à peser également.

Toi qui me lit, qu'est-ce que cela fait réellement d'être amoureux ? Peut-on se savoir homosexuel(le), bisexuel(le) sans n'y avoir jamais goûté ? Comment peut-on en être sûr ?
Ou te poses-tu les mêmes questions ?

De toute manière, merci de m'avoir donné l'occasion de mettre à l'écrit tout ça. J'espère pouvoir un jour le dire.

Anha    22 juin 2015   

#CulPouhiou : des chroniques vidéo où l'on parle sexe, corps et sexualités sans fard ni jugements.

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