La vidéo

Cette vidéo est placée dans le domaine public grâce à la licence CC-0.
Toute diffusion, utilisation, modification ou adaptation est Libre.

Découvrir la Fédération des associations et centres LGBT de France, ses campagnes d'information et ses actualités.

17 mai 2015

Journée mondiale de lutte contre l'homophobie, la lesbophobie, la biphobie, la transphobie
Nos silences sont déjà un jugement

Pour ne plus que le silence tue, ce site vous propose de libérer la parole

Témoignez ici de moments où le silence fut lourd, pesant, mortifère...

... Ou profitez-en pour dire ce que vous aimez, êtes et vivez, pour dire ce que l'on ne dit jamais, ce que vous aimeriez entendre plus souvent autour de vous.

Briser le silence

Votre email ne sera pas publié

HTML: a p br i em strong q h1-h6

Verification Captcha
This input should not be filled out

* = Obligatoire

Ajouter une photo?

Vos témoignages

Briser le silence

Amour des drapeaux tu viens à peine de me dire au revoir que tu me manques déjà tellement. J'aimerais avoir juste à tourner la tête pour te voir chaque fois à côté de moi avec un sourire. Pourquoi cette si petite distance de temps et mètres le fait si mal ? Je vais quitter cet endroit qui restera cher à mes yeux pour un autre endroit. Où je ne sais pas et c'est toute la source de ma douleur. À chaque seconde je t'imagines à mes côtés posant ton bras autour de moi et me rassurant. À chaque fois je t'imagines réagir à n'importe quoi. Partout je te vois. Mais là maintenant j'ai tant besoin de ta présence mais je sais que tu ne peux me l'accorder maintenant...J'ai mal et être seule empire les choses j'ai sans arrêt cette voix qui me dit que je suis rien qu'une bonne à rien. Mais j'ai bon espoir de réussir et te retrouver très vite même si tes lèvres me manques et ta voix aussi tout près de moi. Parce que quand tu me prends dans tes bras j'ai l'impression que rien ne peux m'arriver de mal et ça c'est un sacré super pouvoir.

Verte    30 juin 2017  

C'est Shiirei. Je m'excuse de poster de nouveau un texte si inutile sur ce fabuleux site, mais écrire est quelque chose qui me permet d'ordonner mes pensées et de me soulager, et là, j'en ai besoin car je commence à suffoquer.
Je vous mets dans le contexte, mon frère a une 'petite-amie', oui, je le mets entre guillemets car je ne pense pas qu'avoir une petite-amie consiste à juste coucher avec elle, et en voir d'autres par-derrière. Ensuite, elle a eu des problèmes avec sa famille et passait son temps à venir se réfugier chez nous, c'est ce qui a commencé à causer des problèmes, surtout à ma mère. Puis, elle est restée un mois, deux mois, enfermée dans la chambre de mon frère. Tous les jours ma mère allait la voir pour lui demander de partir, que ce qu'elle fait n'aura que des répercussions néfastes pour tous ceux qui l'entourent, mais elle n'écoutait pas. Ma mère l'a alors mise à la porte, et mon frère s'est énervé, a essayé de la frapper, de casser tout ce qui lui passait sous la main. Et ça a recommencé jusqu'à qu'il ait son bac, et qu'il décide d'arrêter ses études afin de travailler pour elle, malgré tous les avertissements de ma mère qui essayait de le raisonner.
Aujourd'hui, ça va faire une semaine. Une semaine qu'il a ruiné notre famille. Une semaine est passée depuis qu'il est allé au travail de ma mère en criant qu'elle l'avait volé. Je n'arrive toujours pas à comprendre comment il a pu faire ça. Ma mère qui se sacrifiait pour sa putain de personne n'a reçu que ça en récompense. Ça me répugne. Il me répugne. Ma mère a reçu un appel de son travail juste après lui disant que si ça continuait, elle serait virée, et risquerait d'aller en prison. Et si, ça arriverait, ma soeur irait chez son père, et moi chez le mien. Une action stupide qui ruine la vie entière de trois personnes. Celle de ma mère, qui perdra tout. Ma sœur, qui devient aveugle petit à petit et qui fait des crises de tétanie, devra aller chez un père qui n'en a rien à foutre d'elle et perdre toute la vie qu'elle a dans cette ville. Et moi, qui devrai passer le reste de ma vie chez la personne qui m'effraie le plus. Abandonner tout ce que j'ai réussi à construire ici, passer ma vie dans le silence, confinée, se faire battre sans pouvoir riposter, mon père en plein divorce et dépression, ma belle-mère qui me déteste, et mon petit frère qui veut ma mort, joie, non ? Mon pire cauchemar est à deux doigts de se réaliser. J'ai maintenant compris à quel point c'était effrayant de changer. Mais pour l'instant, le pire est de voir ma mère qui ne dors plus, alors qu'elle a enfin des vacances, voir la peur dans ses yeux à chaque fois que le téléphone sonne, l'entendre pleurer avec ma sœur… Tout ça est insupportable. Ça me bouffe.
Even if everything I have is going to be taken far away from me, it's useless to worry about it.

Je pense pas que tu le verras, mais je voulais quand même te remercier d'avoir été là pour moi, ma touffe de gazon.
Si vous voulez parler: Shiirei@outlook.fr

Shiirei    22 novembre 2016   Vincennes   

Aujourd'hui je craque, je n'ai plus personne à qui parler réellement.
C'est encore une nuit où je vais peu dormir, par manque d'envie, ou trop de pensées fluctuant sous mon crâne, voire les deux, tout dépend des jours.
J'ai trop de choses à raconter, trop de sacs à vider, un immense cataclysme cérébral à dompter.

Je n'en peux plus de me détester à tel point d'avoir envie de crever à chaque fois que je croise mon reflet abject dans le miroir.
Je n'en peux plus de ressasser tout ces souvenirs douloureux, ces 3 dernières années de dépression, d'anorexie, de boulimie ; ces échecs amoureux, ces tromperies, ces mensonges, ces manipulations ; ces harcèlements, ces regards, ces mots qui restent plantés dans la chair et ne cicatrisent jamais...
Je n'en peux plus de pleurer chaque soir dans un appartement dont je n'ouvre même plus les volets.
Je n'en peux plus de me cacher, de jouer un rôle auprès de mes amis, dont je ne suis même pas moi même convaincue, au point de déblatérer des conneries que je ne pensent pas, juste pour me faire remarquer, je ne suis même plus honnête avec moi même.
Je n'en peux plus de ne pas réussir à sauver les gens que j'aime, ne pas être suffisamment là.
Je n'en peux plus de ne pas réussir à oublier, ne pas cesser d'aimer même les personnes qui m'ont le plus détruite.
Je n'en peux plus de ne plus me reconnaitre.
Je n'en peux plus de ne plus rien apprécier de la vie, ne plus prendre le temps d'aimer quelque chose.
Je n'en peux plus des tornades vaporeuses d'idées noires qui tourbillonnent dans ma tête, des reproches, des remises en questions et des exigences envers moi même.
Je n'en peux plus de ne jamais être à la hauteur, de toujours tout foirer dans n'importe quel domaine, de décevoir, encore et toujours.
Je n'en peux plus de ne pas savoir me défendre aussi bien verbalement que physiquement.
Je n'en peux plus de ne pas être capable de prendre un téléphone pour appeler quelqu'un, de ne pas être capable de faire des choses par moi même.
Je n'en peux plus de me sentir mourir chaque jour un peu plus.

Je me sens prisonnière d'une vie que je n'ai pas voulue, mais que j'ai construite moi même.

J'ai été rejetée par mes semblables du CE2 à la 3ème, et j'ai développé peu à peu une méfiance envers les autres, je me renfermais chaque jour un peu plus sans m'en rendre compte. Arrivée en seconde, mal dans ma peau, la solitude me rongeant de l'intérieur, j'ai découvert des blogs avec des photos de filles qui avaient tout ce que je voulais , un style assumé, un corps "parfait" (le culte de la maigreur à son paroxysme) , une aisance et un charisme assurés. Mais avant de travailler mon charisme, il fallait que je m'attaque au physique, parce que s'assumer ne veut rien dire quand on est "moche".
J'ai donc commencé à sauter des repas, et à me faire vomir ceux qu'on me forçait à manger (le soir chez mes parents principalement). Puis période de boulimie, j'ai tout repris, crise de nerfs, tentative de suicide. Dépression, puis périodes d'anorexies mentales alternées avec des épisodes boulimiques, me voilà 4 ans plus tard. Dépressive, le coeur confettis, un relationnel désastreux, une opinion de moi exécrable. Mon corps porte encore les cicatrices du passé. J'ai réussi à sortir de l'anorexie et de la boulimie , même si les pensées restent ancrées en moi. Mais je suis totalement détruite, et chaque échec de plus me renvoie à la cruelle réalité d'une existence gâchée. Je rêve seulement de ne plus avoir peur de vivre.

Si je vous raconte ça ce n'est pas forcément pour me plaindre d'une vie fade et triste. C'est une simple catharsis. Un exutoire .

Un cri de rage contre cette société qui nous formate dans des modèles de vie, de beauté, de pensées, résumant la différence à une verrue dont on voudrait se débarrasser. Si j'ai bien appris quelque chose durant ma solitude, c'est qu'il ne faut plus absolument vouloir se conformer à des idéaux sociaux , pour se faire aimer ou même pour s'aimer. Acceptez vous. Que vos envies de changer restent toujours raisonnables.

A.
http://ethearal-soul.tumblr.com/

Ethearal-Soul    30 janvier 2016   Semin   

Bonjour,

Désolé de poster en anonyme mais je me sens plus à l'aise comme cela. Cela peut paraître lâche et je m'en excuse.

Voilà, j'ai un très bon ami à moi dont je suis très proche. Vraiment très proche. Nous sommes tout deux des hommes attirés par les femmes ( je pense que c'est important de le souligner), mais je conçois tout à fait la possibilité d'aimer un homme si cela devait arriver. Lui, non. Bref, c'est un peu le grand frère et le père que je n'ai jamais eu. Il est grand,mature et incroyablement rassurant. J'aime qu'il me prenne dans ses bras lorsque je ne vais pas bien et être séparé de lui me rend vraiment nerveux. Au moment même où j'écrit ses lignes, il me manque terriblement alors que je lui ai parlé il y a à peine quelques heures. Je ne sais pas ce qu'est l'amour, je me suis toujours définit comme aromantique. Jamais je ne suis tombé amoureux d'une fille et jamais je ne suis tombé amoureux d'un homme . Enfin justement, je n'en suis plus aussi sur. Je ne sais pas si ce que j'éprouve à son égard n'est qu'un amour fraternel ou si c'est un véritable amour. J'ai peur d'éprouver ça par ce que, même si je peut concevoir être avec un homme, tomber amoureux d'une personne qui ne me le rendra jamais m'horrifie. Je ne veux pas perdre son amitié, je ne veux pas qu'il me voit autrement. Je veux juste le garder. Je me sens vraiment confus quand aux sentiments que j'éprouve, je ne sais pas si je l'aime comme un frère ou comme plus. Je me sens de plus en plus mal face à cette situation.

J'aimerais juste savoir ce que je ressens vraiment et je ne me vois pas aller parler de ça autour de moi. C'est quelque chose que je pensais être une démarche personnelle... jusqu'à aujourd'hui. C'est pourquoi j'écris ici pour avoir cette histoire sur " papier ". Je me libère un peu de ce que poids que j'endure et de cette bataille qui se livre dans mon esprit.

Merci, en espérant que vous compreniez mon problème malgré mes difficultés à trouver les mots.

Anonyme sorry    26 juin 2015  

Je commence enfin à savoir ce que je veux, comment je fonctionne. J'ai envie de sexe avec un homme, je veux un mariage avec une femme. Ne pas réussir à faire l'amour à ces dernières me mine, et ne pas savoir en parler doit me peser aussi, ainsi, je laisse couler. Je n'ai toujours pas envie d'en parler à ma famille, à tous mes amis, j'espère un jour en trouver l'envie et le courage. Si le silence tue, il me fait le coup de manière incidieuse, mais en attendant j'en parle ici, peut-être parce que je peux, surtout parce que je veux.

Parce que je veux un homme, je souhaite une dame.

Et j'espère qu'un jour dire ça sera aussi banal que "bonjour"!

At    25 mai 2015  

Je ne sais pas pourquoi je témoingne ici cela fait un bon moment que ce site de partage est ouvert et c'est bien la première fois que je le regarde et me dit que oui le silence tue.Je ne suis aucunement quelqun de malheureux j'ai des bons ami(e)s des parents aimants et une bonne santé.Je n'est pas de grande experience sexuel mais c'est normal je suis plutôt jeune pas excessivement mais je suis encore une ado.Voila en faite jai eu une première experience, je suis encore vierge dans le sens que tout le monde emploi mais bon la n'est pas le propos.J'ai apprécier cette première experience mais disons que j'ai peur,je ne sais pas trop ce que je ressens à la suite de cela.Je n'est personne à qui en parler mes amies n'ont jamais véçu de chose comme cela je sais qu'elles seraient avec moi pour tout mais j'ai peur du jugement,je ne veut pas en parler à ma mère car j'ai peut de ce qu'elle dirait.Je trouve que cette experience était peut-être trop tot quoi que..Je ne sais plus et sa mobesède.J'en parle ici pour me vider le coeur car le silence tue.

Eli    4 décembre 2015   Repentigny   

Bonjour à toutes, à tous, et bienvenus au cœur de mes entrailles. Bien sûr, le pur résumé d'une vie ne tient dans aucune autobiographie... donc je vais vous raconter de façon concise ma petite histoire. Si vous arrivez à tout lire, vous avez tout mon respect et ma particulière attention. Prenez ça comme un livre, pour ne pas vous emmerder.

Tout commence en maternelle. Dès cette époque, je subissais déjà des moqueries. Bien sûr, à cette période de la vie, ça ne choque pas, mais cela suffit pour déjà implanter une tendance triste à un enfant. Cette tendance triste naquit alors en moi. J'étais à l'époque le premier de l'école, et après quelques tests de QI par des psychologues, je me retrouvais avec un taux largement plus élevé que la masse. Alors bien sûr, étant gamin, on se vante toujours de ces choses, on déforme la vérité, on l'hyperbole. On me prenait alors déjà pour un intello qui se la pétait (déjà que je portais les mêmes lunettes que Marc Lesggy, mais en rouge), et c'est alors que mes premières bastons commencèrent. Nous sommes toujours en maternelle, et j'ai d'ailleurs une "petite copine". On se tenait par la main, on se promettait l'amour perpétuel et le mariage dès le premier jour, bref, normal. Mais une fois la grande section finie, la fille est partie -j'insiste là-dessus, car je me souviens très bien de ça, preuve que ça m'a traumatisé- et tous les soirs, seul dans mon lit, je murmurais en regardant le plafond "Oh Marie, si tu savais..." (je ne connaissais guère d'autres artistes, désolé !) Oui, elle s'appelait Marie. Et nos chemins se sont donc séparés jusqu'en 6ème. Mais je vais y venir.

Primaire. Je porte toujours des lunettes, donc toujours cet air "intello". Pour couronner le tout, j'étais vraiment devenu prétentieux. Pourquoi ? Car je souffrais. Je voulais que l'on m'écoute, je voulais un ami (je n'en avais pas un seul) donc pour ne pas admettre être seul, je me disais différent, supérieur, trop mature (j'avais vraiment une longueur d'avance niveau maturité). Mais je restais un enfant, et je souffrais de ma solitude, de plus que je ne me défendais plus lorsque l'on me frappait, car pas moyen de se défendre quand on t'attend à 12 devant la sortie, et, de plus, des CM2 pour la plupart (cela a commencé alors que j'étais en CE2). Il y avait deux sorties, j'essayais de m'enfuir par l'autre mais c'était celle des professeurs, donc je n'y avais pas le droit. Je parlais de tout cela à mes parents, à mes proches, mais on croyait qu'en tant qu'enfant je grossissais la chose, que j'abusais, jusqu'au jour où je revins chez moi la gueule en sang. Ah ça, des coups, j'en ai connu (je parle comme un vieux). J'avais développé depuis tout petit une sensibilité pour la nature et pour la vie, pour le bien-être et la paix. Et ces tannées m'ont rendu carrément pacifiste. A cette heure-ci même, je serais incapable de vous coller une mandale, j'aurais un blocage. Cet aspect fragile n'échappait pas aux filles, elles qui n'étaient attirées que par les caïds et empereurs des connards. J'étais amoureux d'une fille. Agathe. Elle était extrêmement intelligente, et passait une classe à chaque année. Elle avait la même tête qu'une certaine "Opale" que nous avions étudiés en cours (dans une BD je crois) et elle était pour moi belle comme le jour. Un jour, je lui ai avoué mon amour sur une belle lettre (j'étais carrément super méga timide) que j'ai glissé pendant la récréation dans son casier de table. Revenu de récréation, mon cœur faisait un roulement de tambours, autant pour la rapidité que pour le suspens. Je m'étais caché sous la table. Pendant la récréation de l'après-midi, je viens la voir, assise sur un rebord de fenêtre avec ses copines et plein d'autres personnes. Cet effort était pour moi surhumain, mais elle m'a répondu un sec "De toutes façons t'es trop bête." suivi d'un ricanement de belle-mère. Tout le monde autour s'est moqué, m'a humilié. Ce qui a renforcé et gravé en moi une image de dégoût envers la société, c'est avec quelle gratuité un "ami" (j'étais très naïf, je ne croyais pas aux faux-culs) a écrasé un grillon que j'avais attrapé quelques jours avant dans mon verger, grillon qui était mon seul ami. Je me revois en train d'ouvrir la boîte et lui montrer, il me demande de le poser par terre pour voir comment il marche, et d'un coup, PAF grand impact résonnant dans la rue et dans ma tête (zeugma !), vision de l'insecte en bouillie, les viscères éparpillées, inanimé. Malgré ma fuite à la maison pour pleurer auprès de ma mère, j'ai eu au même moment de l'impact un déclic : il y a des gens pourris sur Terre. Partout.

Me voilà en 6ème, et je me fais toujours maraver la tronche. A la sortie, aux récréations, au gymnase, partout. J'étais le bouc émissaire idéal pour les insultes ou toute sorte de défoulement de haine. Et de la haine, ça j'en avais. Mais je ne savais pas comment l'extraire, je stockais tout (je parle à l'imparfait mais actuellement c'est toujours la même chose) et du coup jamais je n'évacuais ma rage et ma tristesse. J'avais déjà un tout autre regard sur le monde : alors que certains découvraient leur sexe et rêvaient de culbuter toutes les filles, casquette et clope à 10/11 ans, j'observais déjà notre environnement d'un air triste et déçu. Je pensais à des solutions pour sortir sans recevoir la tannée quotidienne. Je me confiais à mes premiers amis, qui pour la plupart m'ont abandonné. Seul un est resté jusqu'à présent ami avec moi, et je lui dois énormément. Il a écrit un long article sur ce site même, m'ayant donné l'idée d'écrire le mien. Mais passons. En bref (car je m'éternise réellement trop) j'étais déjà adulte dans ma tête, dans un monde de petits cons irraisonnables. Marie. Oui, elle était revenue. D'ailleurs, le jour de la rentrée, je la vois dans ma classe. Quelle joie immense. Je m'assois à côté d'elle, lui adressant un "Marie !! Tu te souviens de moi ??" Ou quelque chose du genre. Mais elle me regarde avec dégoût, et me dit "dégage, et ne m'adresse plus la parole." suivi d'une moquerie sur mon nom de famille, le tout d'un ton sec. Quel choc. Quelques temps après, une autre fille, que j'avais rencontré à la "ruche" pendant les vacances d'été d'avant la rentrée, était hyper proche de moi. On se mettait toujours l'un à côté de l'autre, on avait choisi exprès les mêmes matières, on se souriait tendrement quand nos regards se croisent longtemps, bref on était quasiment en couple. Mais un jour, je viens en classe, personne à côté de moi. Je regarde tout autour, et la vois, plus loin devant, avec une autre fille, ne m'adressant pas un seul regard ni attention. Elle avait décidé de m'abandonner. Je savais pourquoi : car les très nombreuses personnes qui se moquaient de moi inventaient toutes sortes d'histoires malsaines, des choses répugnantes, et même gores. Tout le monde y croyait. Tout le monde restaient à une distance minimum de 2 m de moi, en disant clairement "beuuuh... beurk !". J'avais envie de mourir, parce que ce ciel bleu que j'observais des heures durant par la fenêtre semblait être tellement accueillant, et la nuit je voulais rejoindre ces étoiles qui sont infiniment loin des cons d'ici. J'avais malgré tout des amis, 4 au total, et eux aussi étaient des marginalisés. Pour deux d'entre eux, je suis venu les protéger ou aider un jour dans un moment de difficulté, et l'amitié en découlait directement. Cependant, on ne se voyait qu'à certaines récréations, et ils ne purent rien faire face à ma souffrance : à 12 ans, j'attrape une RCH (rectocolite hémorragique) à cause de mon quotidien lamentablement triste. J'avais vite la preuve que le silence tue, car je prenais les coups sans les redonner ou broncher, et cette maladie pouvait (et peut toujours) me tuer sans médicament. Oui, c'est une maladie à vie. De violents maux de ventre te prennent, à t'en mettre à genoux, et tu pisses le sang à chaque selle. Ma réputation s'est encore plus dégradée, lorsque j'ai commencé à faire du rap. Mais attention ! Pas du rap à la con, MA version du rap : aucune insulte, aucune provocation, aucun ego trip, seulement un message de paix. Justement, les autres auraient tellement aimé que je véhicule cette fausse image de nos HLM comme un quartier chaud... tu parles... c'est tout le contraire. Alors, on s'est encore plus moqués de moi, l'humiliation dépassait des seuils énormes, que je ne dirai pas ici. Nous avions aussi reçu des lettres de menace de mort et de destruction du mobilier de la part de lâches, anonymes et dactylographiées avec énormément de fautes d'orthographes. Pour vous donner une idée. Le lycée pour moi était aussi une catastrophe en amour. J'ai eu environ une trentaine de râteaux à l'effectif, de quoi devenir sans étapes intermédiaires le patron de Jardiland.

(grosse ellipse car trop nombreux sont les détails, et j'ai déjà perdu les 3/4 des lecteurs)

Le lycée. Beaucoup le regrettent, mais moi non. (Je fais vite) Seconde, je suis content de tomber sur des inconnus pour la plupart, c'est l'occasion de tout recommencer à zéro et de mieux se taire. Je suis dans la même classe qu'une fille que j'avais aimé pendant 4 ans (je l'ai aimée 6 ans au total) et qui se contentait de me faire parfois espérer, mais pour mieux me mettre ensuite un râteau, et qu'un petit mec imbu de sa personne, très vantard (mais vraiment intelligent) qui me cassait les couilles depuis le collège à toujours se la ramener dans des cours comme la Section Européenne. Hors mis ces deux-là, personne d'autre. Pourtant, la gangrène m'a quand même suivie, car bon nombre de saloperies du collège se sont retrouvées dans le même lycée, continuant de me casser du sucre sur le dos. Pire encore, ayant redoublé mon année, je me retrouve dans une classe calme, remerciant le ciel de ne connaitre personne, l'appel se déroule bien, du moins jusqu'à mon tour, car la prof dit que la classe ne prend pas en compte les Sections Euro allemand et Lv3 espagnol. Devant alors changer de classe, elle me dirige vers une porte. J'ouvre la porte : des rangs complets des pires personnes du collège m'accueillent avec la moquerie sur mon nom de famille. Je me dis : ça y est, le cauchemar continue. Une année effroyable. Aucun ami, seul dans mon coin, entendant des murmures moqueurs à chaque heure. Je connais tous les noms, toutes les histoires par cœur, car les filles n'étaient pas de simples "cibles" comme beaucoup le pensent, je trouvais en elles (car je répète que j'ai une grande sensibilité) une grande poésie de l'âme et des yeux. Je m'étais trompé, car leurs masques chutaient lorsque l'outil de jardinage remontait vers ma gueule au premier pas, même si certaines on été très malsaines avec moi en jouant avec ma naïveté. Puis arrive la moitié de l'année de deuxième seconde, je rencontre enfin le vrai amour (je ne citerai pas mon nom). Je vis des jours heureux avec elle, je l'aime, elle m'aime, nous nous aimons.

Arrive ce certain 13 septembre 2012. Il est 17h30, je rentre d'une longue journée de lycée, le sac sur les épaules, et j'approche de ma maison. Des couleurs bleu clair apparaissent derrière les fenêtres, il y a l'air d'y avoir du monde. Je rentre, et d'une voix enjouée appelle ma mère. J'avais toute cette nouvelle journée à lui raconter. Me déchaussant, je me dirige vers le salon : des gendarmes, mes parents, ma grand-mère. "Qu'est-ce qu'il se passe ?"dis-je, à ma mère en pleurs. "Christian s'est pendu." dit ma mère d'une voix indescriptible... Et de mes deux frères, avec lequel j'ai toujours partagé la même chambre, les mêmes délires et bons moments, qui m'écoutait et me comprenait, s'était pendu. Le matin même, nous étions en train de chanter un morceau de rap avant que je prenne mon bus. Rien que de vous écrire ça, ça me décompose le visage. Je n'en dirai pas plus, car je me ferais du mal.
Au début de l'année, je m'étais rompu les ligaments croisés du genou. Les autres élèves, bien que me voyant avec des béquilles, croyaient que je simulais pour ne pas aller en cours. Je m'étais pourtant réellement et salement amoché. Ma copine venait me voir, et repartait en pleurs de la chambre d'hôpital. Je faisais tous mes devoirs, rendais les DMs, respectait tout. J'avais appris que l'on me cassait encore plus du sucre sur le dos, et qu'on me prenait pour un branleur. Je ne vous dis pas le mal que j'ai eu pour tout de même obtenir mon bac mention AB avec un genou fragile et un frère défunt depuis peu.

La fac et ses histoires d'amour.... Sans rentrer dans les détails, j'ai eu une vie très dure et mouvementée amoureusement. Et mon ex m'a quitté au bout de deux ans et demi de relation suite à un flirt en douce avec un autre. J'ai beaucoup souffert de cela, j'ai voulu à la fin tout faire pour la récupérer, et en larmes sur le canapé j'ai écouté sa décision : la rupture. J'ai pété un câble (pas avec elle, bien sûr, car je respecte filles et garçons à la même ampleur) et ai voulu la récupérer maintes et maintes fois. J'ai procédé aux plans cul pour essayer de ne plus y penser, alors que ça ne me ressemble absolument pas et que je bloque si je fais l'amour justement sans amour, mais je pensais toujours à elle. Rêvais d'elle. Bref, la grande souffrance. Les choses s'arrangent maintenant, mais j'ai d'autres grands problèmes, des problèmes qui ne figureront pas dans ce méga pavé.

Merci à celles et/ou ceux qui ont eu le courage et le temps de lire tout cela, et dites-vous que vous n'avez pas fait cela pour rien, car vous êtes invités à me parler de vous et de ce que vous pensez de mon texte en privé à cette adresse : seb88hunter@hotmail.fr.

Bonne continuation à toutes et à tous !

M203    9 juin 2015   Somewhere only we know   

Depuis tout petit, mes parents croyants m'ont appris ce qui est "bien" et ce qui est "mal". L'adage "De la bouche des enfants, sort la vérité des parents" est tout particulièrement adapté. Je répétais aux autres enfants ce que j'apprenais dans cette religion. La première fois que j'ai entendu le mot "homosexuel", j'avais 7 ans. J'ai demandé à ma mère ce que cela signifiait, elle n'a pas voulu me répondre car elle me jugeait trop petit pour comprendre. Elle m'a juste dit que c'est mal.
Au début de la puberté, je voulais savoir si les autres avaient les mêmes choses que moi. Le meilleur moyen était de demander aux autres garçons. Et j'ai réussi à déshabiller quelques garçons.
Mes parents m'ont enseigné depuis tout petit que l'amour, c'est un garçon et une fille. On fait l'amour avec une fille. Donc, je me suis senti attiré par les filles. Au collège, on m'a montré ce qu'est la pornographie. J'ai regardé. Putain, ça me fait bander ! Et puis, des doutes se sont installés. Que ressent la fille ? Est-ce normal que je me sentes mal à l'aise en regardant ça, en mettant à part la religion ?
Pour la première question, j'en ai discuté avec des amis. Et j'ai demandé à l'un d'entre eux si je pouvais le sucer, car apparemment les filles adorent ça. La première fois, ça m'a dégoûté. Et puis je me suis dit que c'est génial. Donc, j'ai voulu le refaire. Et puis j'ai commencé à avoir des sentiments pour des garçons dans ma classe. La deuxième question, oui, je suis mal à l'aise en regardant du porno hétéro. Quelque chose n'allait pas.
Dans ma tête, je ne pouvais pas être gay car c'est interdit par Dieu et que c'est dégueulasse. Mais pourquoi alors j'aime regarder au niveau du pantalon des mecs ? J'ai même une fois demandé à quelqu'un si il n'avait pas une érection. Comme ça, devant plusieurs autres garçons. C'est la première fois qu'on m'a dit "ah mais t'es gay !". Mais non, je suis pas gay ! Je veux juste savoir si j'en ai une aussi longue que toi ! Voilà ce que je répondais. Et puis pourquoi t'aurais le droit de dire que ta bite fait 15cm et pas moi ? J'aurais voulu leur poser cette question.
Plus tard, mes parents ont su que je regardais du porno. Après une longue période de honte, j'ai recommencé, mais cette fois, avec des phallus. Et, bizarrement, ça m'excitait. Je regardais de plus en plus, et j'avais de plus en plus envie de sucer.
Quand je suis arrivé au lycée, un garçon dans ma classe m'a dit qu'il est gay. Je me suis dit "super, je vais pouvoir essayer avec lui !". Sur le coup de l'annonce, ça m'a choqué. La première fois que je rencontrais un gay. Donc, ce n'est pas une légende. J'ai continué à regarder du porno gay. Et cette fois, j'ai joui en regardant une vidéo. Je commençais à avoir des sentiments pour ce garçon.
Mon voisin de table est beau, et hétéro. Et apparemment, je lui ai envoyé un SMS disant "Je t'aime (en amitié, hein ^^)". Il l'a très mal pris. J'ai tenté de me justifier plein de fois en disant que j'étais crevé, que je savais pas ce que je faisais, mais je pense que j'avais vraiment des sentiments pour mon voisin de table. Toute la classe l'a rapidement su. Et on m'a charrié pendant plusieurs semaines avec la question "T'es gay ?". Mais bien sûr que non !
Mais en fait, si, je suis gay. Je jouais la comédie parce que la religion de mes parents m'a appris que les gays sont horribles, dégueulasses, qu'ils ne méritent pas la vie éternelle.
Une amie, peut-être ma meilleure amie, m'a parlé de son meilleur ami, gay. J'ai tout de suite été attiré par lui.
Après avoir rencontré ce garçon de 17 ans (j'en ai 15), j'étais heureux. Je suis aimé par quelqu'un et j'aime quelqu'un. Mais trois jours plus tard, la vérité est dévoilée. Après le culte, j'ai fondu en larmes. Deux jours plus tard, ma mère vient me voir en me demandant pourquoi j'ai pleuré. Après plusieurs hypothèses erronées, j'ai pris mon courage à deux mains, et je lui ai dit :
"Je suis gay et j'aime un garçon."
Ma mère, surprise, me dit que ce n'est pas possible. Que ce n'est pas naturel, que c'est contre-nature. Durant la conversation qui a duré au moins 30 minutes, je voyais bien que ma mère était gênée d'en parler. "Mais Jéhovah ne veut pas de ça. C'est pour ton bien." "Maman, je ne crois pas en un dieu qui ne veut pas qu'on puisse aimer qui l'on veut."
Après ça, ma mère en a parlé à mon père. Ils ont appelé quelqu'un de leur religion, un membre haut placé. Il leur a dit que c'est juste de la provocation.
Mon père m'a privé de téléphone, pour éviter que je puisse parler avec mon amoureux. Et parce que je suis gay. Comme j'étais contre, je lui ai dit qu'il veut juste que je n'ai plus d'amis. On a failli en venir aux mains.
10 minutes plus tard, un membre de leur religion (un autre) est venu à la maison. Et pendant deux heures, je me suis fait engueuler. Parce que je suis gay. Parce que je DOIS redevenir hétéro. J'ai entendu que je suis une tapette, un djihad local qui va à l'encontre de que Jéhovah nous enseigne. Que ce mettre une bite dans le cul est contre-nature. Que je vais interdire l'accès à la vie éternelle à ma famille parce que j'aurais pris pendant 5 minutes une bite dans le cul et que j'aurais aimé ça.
Quand il est reparti, j'ai voulu me suicider. Mais avant sa visite, j'avais contacté le Refuge, une association de défense des jeunes LGBT, qui m'ont amené à contacter le centre médico-social de ma ville. Dans la journée, je suis passé d'un message de condamnation à un message de réconfort.
Le lendemain, j'ai eu rendez-vous avec des éducateurs. Ils m'ont rassuré en me disant que je suis bien comme je suis. On a parlé plus longtemps que ce que j'avais prévu. J'avais annoncé à mon père que je sortais me promener pendant 1h. 2h plus tard, je n'étais pas là. Inquiet, mon père a appelé mon amoureux et ma meilleure amie. Personne ne répond. Furieux, il jette mon téléphone. Fissuré, il l'a jeté à la poubelle. C'est en revenant que je l'ai appris. Mon père a voulu savoir où habite mon petit copain. J'ai voulu le protéger donc je n'ai pas donné l'adresse. Il a appelé la police. Enfin, un ami qui a des amis policiers. Il a joué sur les émotions en me disant qu'il est fiché. Ce qui est faux. J'ai avoué où je suis allé. Mon père a appelé les éducateurs. Trois jours plus tard, mes parents et moi étions dans leur local. Et bizarrement, tout s'est bien passé.
Bizarrement. La veille, les membres de la religion de mes parents (que tu auras deviné, j'imagine) sont venus les voir. Je n'ai jamais su ce qu'il s'est dit, mais je pense que ça a un rapport avec leur réaction. "Acceptez tout, on veut pas de problèmes." peut-être qu'ils ont dit ça...
Mais j'ai pu continuer à aller voir mon copain. Jusqu'à ce qu'on se sépare. Je ne rentrerais pas dans les détails, c'est simple, mais privé.
Oui, la réaction de mes parents a changé. Ils ont refusé, ensuite accepté, pour ensuite refuser. Les reportages sur l'homophobie récemment diffusés sur Arte, mon père m'a dit "tu crois vraiment que je vais regarder ça ? Non mais n'importe quoi !".
Papa, maman, votre réaction est homophobe. Votre religion est homophobe. "Mais non ! On aime la personne, mais on cautionne pas ses pratiques !" Bah d'après le dictionnaire et SOS Homophobie, c'est homophobe.
Parlons-en de l'homophobie. Ma famille, c'est fait. Twitter et le lycée.
J'ai eu la bonne idée de répondre à un tweet du FN sur les migrants. Les réponses à mon tweet sont vite passées du racisme à l'homophobie. Pendant plus d'une semaine, j'ai répondu à des homophobes. Ça m'a épuisé.
Au lycée, mon voisin de table (tu sais, celui que j'ai mentionné plus haut) me fait des remarques sur les pratiques sexuelles des gays. J'ai beau lui dire que c'est pas ce que je fais, il persiste. Il a arrêté quand je lui ai dit que ça me gêne. Heureusement.
J'ai voulu me suicider. Plusieurs fois durant le mois dernier et ce mois-ci. Mais mes amis, qu'ils soient sur Internet ou dans ma classe, m'ont soutenu dans les moments difficiles. Jamais je ne pourrais assez les remercier pour ce qu'ils ont fait.
Et toi, voyageur des internets, je ne pourrais jamais assez te remercier d'avoir lu mon témoignage jusqu'au bout.
Si tu es dans la même situation que moi, sache que tu peux t'en sortir si tu as le même courage que moi-même j'ai eu.
Si tu veux me parler, le Twitter de Monsieur Tino est là pour ça.
:-)

Timothé    17 mai 2015  

Pyves et Pounia, vous êtes encore tous deux très jeunes et pourtant très lucides et très conscients des relations humaines... Vous expérimentez peu, la peur vous retient, et au-delà du temps, c'est l'envie qui doit vous motiver...
J'ai aujourd'hui 19 ans et toute ma vie j'ai vécu ce décalage, j'étais "mature", voire "précoce" pour certaines choses... J'ai appris seulement à m'accepter en étant moi-même à 100%, vers l'âge de 15 ans, et je me suis tourné vers les autres... Mais le pire, je crois, c'est la responsabilité que le monde (adulte) exige en employant le mot "mature"... La maturité, à cet âge, c'est comme une barrière, c'est elle qui m'a fait le plus de mal (de même avec ma petite amie, qui a vécu la même chose que moi)...
Si je peux vous conseiller une seule chose : Vivez, émancipez-vous, soyez, existez, allez vers les gens, vivez sans aucun regret, soyez extravertis mais peut-être pas extravagants... Faites en sorte que rien ne vous retienne, pas même la peur, de faire tout ce que vous voulez ! C'est maintenant, maintenant que vous vous savez moins seuls, moins particuliers ou particulièrement différents, que vous pouvez... non, que vous devez! avoir envie de vivre
J'ai jamais réussi à l'exprimer avant de vous lire, mais il ne faut rien changer, il faut juste vivre, c'est comme ça que les gens qui vous correspondent vraiment, qui seront vos meilleurs amis, vous aimeront ! Alors vivez, que seule la peur vous retienne de vivre, et que vous n'ayez que la peur à repousser chaque jour, un peu plus, et ça viendra, vous verrez.
Courage

Guillaume    28 juillet 2015   Liège   

Bonjour
Je suis pas bien certain que mon témoignage ait totalement sa place ici, mais alors, où ?
Ce n'est pas un témoignage précis, d'ailleurs, il ne s'agit pas de souvenirs, ou d'histoire à raconter, mais plutôt le témoignage d'une haine, le témoignage d'un amour, et le témoignage d'un espoir.
Je suis un garçon de 26 ans. Comme beaucoup, je me suis posé la question de l'orientation sexuelle, et même si jusqu'à présent je ne suis attiré que par les femmes, je refuse de me fermer des portes pour l'avenir. Voilà, ça c'est pour que vous puissiez avoir une caricature rapide de la personne derrière les mots.
Je vois, au quotidien, la haine sous-jacente que de nombreux "hétéros" (putain, que je déteste ces termes de classement étriqués !!!) ont pour tous ceux qui sont sexuellement différents d'eux. Très souvent, je lis le malaise dans les yeux d'une personne qui m'apprend qu'elle est homosexuelle, au fil d'une conversation, autour d'un verre, en attendant le bus ou en sortant du ciné. J'entends, dans le langage courant, des mots comme "pédé", "padale", "tantouse". Parfois, même, je les emploie, sans arrière pensée, en tant que simples jurons, en oubliant tout le mépris à l'origine de leur création, et je me méprise pour ça.

A chaque fois, j'aimerais pouvoir dire.
Dire que ce qui se passe dans le slip du voisin ou de la voisine ne te regarde absolument pas, toi, pauvre crétin aux idées préconçues, aux dogmes séculaires et au raisonnement aussi moyenâgeux qu'égocentrique.
Dire que tu n'as pas à avoir honte de ce que tu es, toi qui me parles, et que j'ai juste envie de te serrer dans mes bras pour te donner de l'amour humain, pour te confirmer que tous les hétéros sont pas tous des monstres, et que toi, toi surtout, tu n'en es pas un.
Dire que je suis désolé de t'avoir offensé en utilisant des mots sans réfléchir à quel point ils pouvaient se montrer blessants pour toi, qui n'es pas dans ma tête et qui ne peux pas deviner que je ne te veux aucun mal, que tu es juste,
comme moi,
comme le voisin, comme la voisine,
comme nous tous,
un simple Être Humain.

Je veux, moi aussi, que ce silence soit brisé, parce que je n'aime pas voir un humain souffrir.
Je veux dire à tous les plus jeunes, collégiens, lycéens, et débutants-dans-la-grande-vie, que si on parle, si on communique, on finit toujours par trouver des gens qui nous comprennent et nous ressemblent : si vous êtes au fond du seau, gardez toujours espoir; vous n'êtes pas seuls, vous n'êtes pas anormaux, vous n'êtes même pas différents. Si vos amis vous persécutent, si vos familles vous rejettent, ne vous fermez pas : communiquez, même si c'est sur le web, et constatez que d'autres gens comme vous souffrent, que d'autres gens comme vous s'en sortent, et que d'autres gens comme vous se battent pour que vous n'ayez plus à vous cacher et que vous puissiez vous aimer vous d'abord, et l'Autre ensuite, qui que ce soit.
Je veux dire à tous les plus vieux, nos seniors, que ce nouveau siècle n'est pas si différent des précédents, au fond, il est simplement plus curieux et ouverts d'esprit, et qu'il n'y a pas d'âge limite pour la curiosité, qu'elle soit physique ou intellectuelle. A ceux qui se battent déjà, à ceux qui se sont battus toute leur vie malgré les insultes, les menaces et les coups, je dis merci, car tout changement commence quelque part, et je partage avec vous l'espoir de voir un jour cette discrimination disparaître.

Briser le silence, donner de l'amour et de l'espoir, n'est pas uniquement le droit de ceux qui sont directement concernés, c'est aussi le devoir de chaque humain qui croise la route de la misère. Apportez votre touche de lumière, une parole, un mot, un geste, autant que vous en aurez la force : l'amour qu'on met dans un simple sourire coûte peu cher à produire, et les bénéfices qu'il apporte peuvent faire la différence entre lumière et obscurantisme.

Korgann    9 septembre 2015   Bordeaux   

#CulPouhiou : des chroniques vidéo où l'on parle sexe, corps et sexualités sans fard ni jugements.

YouTube
YouTube