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17 mai 2015

Journée mondiale de lutte contre l'homophobie, la lesbophobie, la biphobie, la transphobie
Nos silences sont déjà un jugement

Pour ne plus que le silence tue, ce site vous propose de libérer la parole

Témoignez ici de moments où le silence fut lourd, pesant, mortifère...

... Ou profitez-en pour dire ce que vous aimez, êtes et vivez, pour dire ce que l'on ne dit jamais, ce que vous aimeriez entendre plus souvent autour de vous.

Briser le silence

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Vos témoignages

Briser le silence

Kanata, ou Marine, comme tu veux, tu n'as pas à t'excuser envers, disons, nous. À te sentir déplorable face à une personne que tu ne connais pas. Tu n'as aucune raison de le faire. Ce site, il existe pour qu'on s'y confie, peu importe le témoignage.
Et... Chacun de nous à une part de monstre, mais ça ne nous empêche pas d'être humains. Je dirai même que c'est probablement ça qui nous rend unique...
Bref. Tu es humaine, peu importe ce que tu en penses, et tu es belle en étant toi. Et si je le pouvais, je t'offrirai le même pantalon que celui qu'à Miranda Sings, où est écrit, sur le derrière, "Haters Back Off". Ce pantalon, c'est l'amour et la classe absolue. Ne t'en moque jamais >:(
Voilà voilà... Bonsoir ! (C'est l'anniv' de mon petit frère, donc je dois m'arrêter :))

Et je laisse mon mail, parce que... Pourquoi pas ?
deranai.91@hotmail.fr

Deranai    9 mars 2016   Paris   

Bonjour,
J'ai 20 ans, et comme beaucoup d'autres personnes, je me suis posée pleins de questions sur la sexualité en général, et plus particulièrement, sur mon orientation sexuelle.
Il y a quelques années, lorsque j'étais au lycée, je me pensais comme hétéro. Puis, en Première, j'ai fait la connaissance d'une camarade qui est devenue une amie proche. Au bout de quelques mois, je sentais qu'au plus profond de moi-même je ne ressentais pas de l'amitié envers elle, mais quelque chose de plus fort. Au début, je n'acceptais pas cela, je le refoulais sans cesse. Je faisais tout pour l'ignorer. Alors, bien sûr, je suis restée seule avec ce qui est devenu un mal-être quotidien. Ca a duré une année comme ça, je me sentais de moins en moins bien dans ma peau, je refusais de voir cette partie de moi qui me disait que j'aimais cette fille, que je la désirais et que je voulais passer mes journées avec elle.

Puis, j'ai commencé à entendre parler d'homosexualité, de bisexualité, d'orientation sexuelle, de genre. Je me suis renseignée sur la définition exacte de ces termes. Petit à petit, je me suis remise en question, ce fût long et éprouvant. Mais je cherchais à voir ce que j'avais tant essayé d'ignorer. Avec le temps, j'ai compris que quand j'étais amoureuse de quelqu'un, je me fichais de connaître le genre de la personne.
Pendant plusieurs mois, j'ai fait abstraction de ce que j'étais pour chercher à me conformer à l'hétéronormalité que prône la société. Parce qu'on ne m'a jamais parlé d'orientation sexuelle, parce qu'on m'a toujours dit que seule l'hétérosexualité était envisageable, parce que la sexualité a été érigée en tabou.
Aujourd'hui, je peux enfin m'affirmer comme étant bisexuelle. Aujourd'hui, je peux enfin briser le silence.

méli    20 septembre 2015  

Il y a environ 7 mois, j'ai rencontré un jeune homme au lycée. Il ne savait pas que j'étais un homme trans alors je lui ai tout de suite expliqué la première fois que l'on s'est parlé pour ne pas avoir de problème de mégenrage ou autre. Au début, il était très étonné car il n'avait jamais entendu le terme "transgenre", ni rencontré une personne trans, mais finalement, il a apprit à me connaître en respectant mon genre et mes pronoms et ce fut de même pour moi.

Très vite nous sommes tombé amoureux l'un de l'autre, tout en découvrant qu'il se définissait pansexuel. J'étais aux anges ! Car en effet je sortais d'une relation avec un pervers narcissique depuis 1 ans et demi, alors ce fut un renouveau. On se voyait tout les jours lui et moi et il me répétait à quel point j'avais à un bon passing et que j'étais le plus beau des garçons. Je me sentais vivant, compris, aimé. Et je l'aimais en retour, plus que tout. Mais au fil des mois, il devenait étrange, malsain...

Il vient d'une famille très aisée, contrairement à moi. Ses parents gagnaient énormément d'argent et ils le gâtaient beaucoup trop. Il m'avait dit que sa mère connaissait le milieu LGBT et qu'elle me comprenait. Quand je venait chez lui, tout le monde me parlait au masculin, en m'aimant comme je suis. Mais petit à petit, j'ai découvert que ses parents était contre la théorie des genres, qu'ils ne comprenaient pas mon "truc" et qu'ils me voyaient juste comme une fille masculine mais qu'ils jouaient le jeu pour ne pas me mettre en colère. Même chose pour sa grand-mère qui est la pire de toute : elle me caressait dans le sens du poil pour me critiquer sur ma féminité et me mégenrer derrière mon dos. Elle disait : "Il est quand même vachement féminin pour un garçon, pour moi c'est une fille un point c'est tout." alors qu'elle n'était pas au courant de ma transidentité. Tout ce lot de révélation m'a fait perdre l’équilibre et je me sentais trahi par ceux en qui j'avais confiance.

Il s'en est suivi un lot de disputes en rapport avec le véganisme, ses mensonges à répétition (il m'avait donné une image plaisante de lui au début : anarchiste, végétarien, ouvert, et friendly, mais c'était du bluff), sa flemmardise, notre sexualité, le fait que je refusais souvent de faire l'amour et de recevoir son sexe en moi, etc.
Le résultat final fut notre rupture.

Puis, quelques semaines plus tard, ce garçon m'a recontacté pour m'avouer que depuis le début il est hétéro, qu'il ne comprend rien aux genres et qu'il me voyait comme une fille depuis le début juste pour avoir mes fesses car j'étais son fantasme. Il voulait juste m'utiliser pour se dépuceler. Et ça, cela ne m'a pas étonné, car à chaque fois que je repoussais ses avances en terme de pénétration, il déprimait en disant qu'il ne voulait pas rester puceau toute sa vie, en disant que l'amour c'est ça et que les préliminaires ça ne fait pas tout. Il me dégoûtait. Il me proposait régulièrement des sodomies en prétextant que si je ne veux pas le faire par mes organes génitaux, y'a un autre trou. J'ai 17 ans. Quand je me forçait à lui faire une fellation, il ronchonnait en disant que je ne la mettait pas assez profondément. Il me demandait de porter de sous-vêtements de femmes ou encore des services sexuels précis et qui ne me plaisaient point. Il m'a déjà touché à certains endroits de mon corps alors que je n'étais pas consentant. Mais comme je l'aimais, j'exécutais. J'ai compris trop tard que c'était une série de viol. C'était juste un obsédé sexuel qui me manipulait pour avoir ce qu'il voulait, il savait très bien que si il ne jouait pas le jeu en me mégenrant au féminin, il n'aurait pas eu mon cul.

J'ai également découvert qu'il fantasme sur les garçons travestis. J'étais surement un jouet pour lui.
Aujourd'hui, il me dégoûte encore, mais j'ai tourné la page puisque je sors maintenant avec un garçon qui se définit gay et qui lui n'invente pas des mensonges pour avoir du cul, bien au contraire.

Si je peux te donner un conseil, toi qui me lis. Prends garde aux personnes qui te semblent trop parfaites pour être vraies.

Un Zèbre Trans    12 octobre 2017  

Je suis bisexuelle ,mes parents tous deux homophobes je suis silencieuse. Ce midi j'ai voulu lancer la conversation ,leur dire" hé vous savez, c'est la journée mondiale contre l'homophobie,vous pensez à changer de mentalité, ouvrir votre esprit ,cesser de cracher ces stéréotypes homophobes à longueur de journée... "J'ai rien contre les homosexuels mais ..."? Je n'ai rien pu dire,les mots me restent en travers de la gorge, je suis lâche,faible,silencieuse. Et ça m'éteint à petit feu. Le silence tue.

Silencieuse    17 mai 2015  

Salut à tous, je me présente : je m'appelle Floralie et je suis une "fille" de 16 ans, en classe de 1L.
Pourquoi "fille" entre guillemets ? Je l'expliquerais après. Je m'excuse d'avance pour le pavé, mais j'ai besoin de parler des choses que peu de gens dans mon entourage comprennent.
Déjà, une chose que je trouve aussi courante que scandaleuse, je subis des remarques et moqueries sur mon physique depuis le CP. J'ai toujours été assez rejetée à l'école primaire, particulièrement en CE1 où je subissais des coups montés pour m'humilier. Mais au collège, toutes les semaines j'entendais la phrase "T'es moche" et ce qu'ils considéraient comme une insulte : "Intello". Depuis que je suis en 3ème, j'essaye d'échapper à cette image d'intello coincée sans humour, mais j'ai l'impression qu'elle est collée à ma peau. En rentrant au lycée je pensais que toutes les remarques cesseraient, mais non, toujours ces moqueries sur mon physique, ce mot "moche" qui revient. Je sais que ce n'est rien par rapport à ce que d'autres ont vécu, mais c'est une chose qui me met hors de moi.
Mais maintenant que j'ai parlé de l'image que je renvoie, je vais parler de ce que je ressens. Depuis la perte de mes trois grands-parents entre février et mai 2013, je suis hypersensible. Je ressens tout excessivement, quand je ris, quand je pleure, quand je stresse, quand je suis en colère (ce qui est assez rare quand même), quand j'ai peur etc. Je suis empathique, peut-être beaucoup trop, très facilement affectée par les problèmes de mes proches (ce qui me vaut certaines crises d'angoisse). J'ai toujours beaucoup de mal à prendre une décision, je pèse le pour et le contre. Je pleure fréquemment, je ne supporte pas la sensation de faim, et je déteste les sports d'équipe. Je hais la solitude, j'en ai peur, je la fuis. Quand je me retrouve seule face à une "foule" (même une dizaine de personnes) je fais une crise d'angoisse. Je suis aussi plutôt paranoïaque, je me fais rapidement des films, je m'inquiète toujours pour rien, et là encore, des crises d'angoisse. J'ai également énormément de phobies qui rendent ma vie difficile, notamment phobie des insectes et des araignées, glossophobie, phobie des vaccins/aiguilles, peur du vide, peur du noir, peur des couteaux, peur de vieillir. Et j'ai plusieurs allergies (acariens, pollen, moutarde, et un peu poils de chats et chiens) et maladies chroniques, notamment de l'eczéma et de l'asthme. Et ça m'arrive d'avoir des prémonitions, sous forme de rêve ou de pensées instinctives. Par exemple, j'en parlais tout-à-l'heure, mais j'avais pressenti la mort des mes trois grands-parents, deux fois sous forme de rêves, et la troisième fois sous forme d'insomnies (pas dormi pendant près de deux semaines, ce qui m'est aussi arrivé en novembre 2014 juste avant la mort de mon grand-oncle). Insomnies qui m'arrivent parfois et qui me font paniquer parce que mon côté paranoïaque se dit qu'il va forcément arriver un truc. Et autre exemple pour mes prémonitions : l'été juste avant mon entrée en 4ème je m'étais créée une amie imaginaire dans ses moindres détails, et à la rentrée j'ai rencontré une fille qui lui correspondait parfaitement. Ce qui m'a valu d'être obsédée par elle pendant deux ans, de vouloir être proche d'elle, mais je n'ai jamais réussi et c'est quelque chose qui me préoccupe encore aujourd'hui. Enfin bref, tout ça pour vous dire que ma personnalité, mes phobies etc me rendent invivable et je ne sais pas comment en sortir, et ça me préoccupe énormément.
Concernant mon orientation sexuelle et mon genre, ils sont indéfinis. Je ne me sens pas totalement fille en raison des critères qui sont imposés au sexe féminin (je ne me suis jamais maquillée, je ne m'épile pas toujours etc...) et j'aurais largement préféré naître homme. Mais j'ai décidé d'assumer et d'être comme je suis, osef du genre que j'ai, je ne suis ni femme, ni homme, je suis moi. Et mon orientation sexuelle est aussi floue. J'ai toujours eu des sentiments pour des garçons, depuis l'école primaire, et encore aujourd'hui. Cependant je ne ressens aucune attirance envers le corps des hommes et je suis largement plus attirée par celui des femmes. Quand j'en parle, les gens me disent que je suis bisexuelle, et une personne m'a qualifiée de "Homosexuelle hétéro-romantique". Mais je me dis que peu importe mon orientation sexuelle, c'est pas si important.
Enfin, et certainement la chose que le moins de personnes peuvent comprendre, mon rapport avec ma mère. En fait, la seule apte à comprendre est ma soeur. Mes parents sont divorcés depuis que j'ai 6 ans, ce qui ne m'a jamais posé problème. Je suis chez ma mère le mercredi après-midi et le week-end, et le reste du temps chez mon père. Je m'entends très bien avec mon père, mais j'ai énormément de mal à supporter ma mère. Je ne supporte pas ses préjugés sur Internet, les téléphones portables et la technologie en général. Elle prétend que ça rend débile, et c'est la raison pour laquelle elle refuse d'avoir tout ça chez elle (sauf télé et chaîne hi-fi). A cause de ça j'ai eu énormément de mal à lui avouer que j'avais un portable (que je n'utilise que chez mon père du coup) parce que j'avais peur de son jugement. Elle se vexe très rapidement quand elle voit que ses filles ne sont pas comme elle. Elle ignore encore que j'utilise Internet (excessivement d'ailleurs) chez mon père parce que je n'ai pas envie qu'elle le sache, par peur de ce qu'elle va penser. Je ne supporte pas non plus sa façon d'être possessive avec nous : elle ne nous laisse pas voir nos amis, nous oblige à l'accompagner quand elle a envie d'aller quelque part, ne nous laisse même pas choisir le programme TV. Elle s'énerve facilement et dans ces cas-là, rejette toujours la faute sur nous. J'en suis arrivé à la haïr parfois. Mais je n'ose rien lui dire parce que je ne veux pas qu'elle soit triste, je sais pourquoi elle est comme ça, son désir de se démarquer et son adolescence difficile, je ne veux pas taper là où ça fait mal. Donc je ferme ma gueule, comme ma soeur. On laisse couler, on fait semblant de rien, on lui ment. Mes amis me disent que je devrais faire quelque chose, l'envoyer chier. Mais je n'y arrive pas, c'est au dessus de mes forces. Alors j'attends juste impatiemment d'être majeure et de vivre comme j'ai envie.

Merci à tous ceux qui ont lu jusqu'ici, et surtout merci Pouhiou de nous donner la possibilité de nous exprimer, sans avoir peur d'être jugé.

Floralie_Dub    19 mai 2015   Rouen   

Bonjour ou Bonsoir.

Aujourd'hui et depuis quelque temps rien ne va plus. Je pensais que j'arriverais à surpasser tout ça sans avoir besoin de me plaindre. Parce que j'ai l'impression de me plaindre en postant ce message ici mais bref. J'arrive plus à vivre, ça fait tellement mal. Je veux que la douleur s'arrête et que je me réveille un jour sans avoir envie de vomir. Ma famille et mes amies sont là mais j'y arrive pas. Ça serait tellement plus simple sans moi ici, sur Terre. Je suis pas une bonne fille, une bonne grande soeur, une bonne amie. Je suis incapable de communiquer mes émotions en face à face, je reste dans mon coin quand ça va pas. J'aurais aimé ne pas être moi, ça aurait été plus simple.

Charlie    6 janvier 2018   Ailleurs   

Je ne sais pas pourquoi je témoingne ici cela fait un bon moment que ce site de partage est ouvert et c'est bien la première fois que je le regarde et me dit que oui le silence tue.Je ne suis aucunement quelqun de malheureux j'ai des bons ami(e)s des parents aimants et une bonne santé.Je n'est pas de grande experience sexuel mais c'est normal je suis plutôt jeune pas excessivement mais je suis encore une ado.Voila en faite jai eu une première experience, je suis encore vierge dans le sens que tout le monde emploi mais bon la n'est pas le propos.J'ai apprécier cette première experience mais disons que j'ai peur,je ne sais pas trop ce que je ressens à la suite de cela.Je n'est personne à qui en parler mes amies n'ont jamais véçu de chose comme cela je sais qu'elles seraient avec moi pour tout mais j'ai peur du jugement,je ne veut pas en parler à ma mère car j'ai peut de ce qu'elle dirait.Je trouve que cette experience était peut-être trop tot quoi que..Je ne sais plus et sa mobesède.J'en parle ici pour me vider le coeur car le silence tue.

Eli    4 décembre 2015   Repentigny   

A la mort de ma grand-mère, son patrimoine a éclaté et s'est dispersé entre ses nombreux enfants. Tout construire après une destruction. Mes parents ont hérité de l'antique maison patriarcale, et mon oncle a réaménagé la ferme d'en face pour y habiter. Cousins, voisins, c'est la même chose pour moi. Je les vois tous les jours. Tous les jours je vois leur fils jouer au foot, leur fille faire du vélo. Tous les hivers je vois le feu crépiter dans leur cheminée, tous les étés je vois leur porte ouverte pour faire passer un peu l'air. Tous les jours, je vois leur chienne venir quémander vers moi. Je n'ai jamais vu sa queue dressée, elle est toujours bien serrée entre ses jambes. Là où il y a des poils sur son dos, ce sont des agglomérats, comme des dreadlocks, de poils salis par la boue séchée. Elle est frappée, souvent ; On lui crie dessus pour tout. Quand je viens la flatter un peu, lui donner à manger, la caresser, elle tremble. C'est effarant. Elle s'enfuit au moindre geste brusque. Elle ne sert qu'à garder les vaches. La mère lui donne des croquettes une fois par semaine, elle dit que c'est suffisant parce qu'elles « gonflent dans son ventre ». Je la vois. Et je ne peux rien faire, du haut de mes dix-sept ans. Parce que ce n'est pas moi qui décide à la maison. Parce que ça ferait des histoires avec la famille. Ma petite amie, à ma place, aurait tout fait pour ce chien. Elle en aurait parlé à la police, par exemple. Parlons-en, de ma petite amie, tiens. Parlons-en, puisque je n'en parle à personne. J'ai envie de le crier sur les toits, de le hurler, de m'afficher fièrement ! J'ai une petite amie ! Oui, c'est une fille, et alors ? Et alors ??
A l'anniversaire de mon cousin, ils chantaient tous à tue-tête. Des chansons homophobes, bien sûr. Sinon, ça n'aurait pas été drôle. Nous étions deux à baisser les yeux, avec Jo.
Jo, c'est aussi un cousin. Il sera le témoin du mariage de son frère avec un autre homme. Si on compte sa mère, ce seront donc deux personnes de la famille qui iront le féliciter. Comme c'est triste de savoir qu'alors qu'il devrait vivre l'un des plus beaux jours de sa vie, il n'y aura aucun membre de sa famille. Mieux vaut-il être seul, ou mal accompagné ?
Avec Jo, on baissait la tête, et on les écoutait. On écoutait leur discours d'abrutis, déjà entendu mille fois, sur l'homosexualité mais surtout sur l'immigration, et sur la couleur de peau. On les écoutait déblatérer sur la différence qu'ils ne peuvent pas encadrer, qu'ils ne connaissent pas et qu'ils ne voudront sans doute jamais connaître, et on se taisait. Ces gens là, ils votent, ils s'expriment. Ils ne veulent pas se cultiver, ils ne veulent pas faire l'effort de réfléchir ni d'essayer de comprendre la différence.
Aujourd'hui, le fait de parler me donne de l'espoir. Aujourd'hui j'écris, je m'exprime et je souffle. Aujourd'hui je suis l'exemple de l'Antigone d'Anouilh, qui s'est levée pour dire non, qui a arrêté de subir et de se taire, qui a parlé. Parce que dire, c'est commencer à agir. Aujourd'hui je parlerai à une association de défense des animaux, aujourd'hui j'enverrai une lettre et un billet dedans au frère de Jo, je lui enverrai les plus beaux mots que je puisse trouver, parce que je ne lui souhaite que d'être heureux. Parce que c'est tout ce qu'on peut souhaiter aux jeunes mariés, ou à ceux qui le sont depuis longtemps, ou même à ceux qui ne le sont pas. Je leur souhaiterai de vivre heureux, loin de la bêtise des hommes, dans un château ou un endroit qui y ressemble, avec de grandes fenêtres, avec presque pas de murs, comme l'a si bien dit Jacques Brel. Je vous le souhaiterai, à vous qui lisez ce mot, qui que vous soyez. Je vous souhaite un grand bol d'air et autant de bonheur que possible.

Alexia    1 juin 2015   Plumelin, quelque part en Bretagne   

Salut à tous.
Ce que je dis ici, je ne l'ai jamais dit à personne. J'imagine que je pourrais parler à mes amis mais je n'y arrive pas. C'est stupide hein...
J'ai l'impression que déballer mes problèmes est indécent. Les gens aiment habituellement aider mais mes problèmes ne sont pas de ceux qui se règlent vite et la patience n'est pas le fort de beaucoup de monde.
Bref, je ne vais pas lister tous mes problèmes ici, il y en a trop, je vais faire vite.
J'ai 19 ans, presque 20, et je suis au fond du trou. Quand j'était plus jeune, ma famille me traitait mal et j'avais des soucis à l'école parce que j'étais différent(e) des autres (pas aussi riche et superficiel(le), pas certain(e) de mon genre, pas aussi sociable, etc...) . La mère d'une de mes amies s'est rendue compte de ça et m'a entrainé(e) dans une espèce de secte où on a abusé de moi pendant un temps. Mes parents m'ont tiré(e) de là-bas pour m'envoyer dans un HP plutôt douteux, puis dans un internat. J'ai commencé à aller mieux et à me sentir vraiment bien notamment grâce aux gens géniaux que j'ai croisé, dont certains sont restés des amis très proches. Mais depuis que je suis rentré(e) vivre chez mes parents, c'est à nouveau l'enfer. Aux mauvais traitements de départ s'ajoute la rancoeur de ce que j'ai fait (pour me séparer de ma famille, la secte m'a fait les dénoncer aux services sociaux). Les seules choses qui me font tenir sont mes amis (même s'ils n'en ont pas conscience), les mutilations et la certitude qu'à la fin de l'année, je parte vivre seul(e), loin d'eux.
Voilà, ça fait du bien d'exprimer ce qu'on réprime habituellement.
A tous ceux qui veulent faire un effort pour les autres, soyez positifs, souriants et prêts à écouter Même si un proche n'ose pas parler de ses problèmes, le fait que vous le considériez comme une personne importante, une personne qui compte, est déjà un coup de pouce énorme. Être là, c'est beaucoup et je veux remercier tous les amis de personnes qui ont des soucis.
Bon, c'était un peu niais de ma part, voire même complètement niais mais bon... C'est pas un crime que je sache.

Aren    4 juin 2015  

J'ai regardée mon premier porno à l'age de 6ans sous l'initiative d'une fille de quatre ans mon ainée. Après on a reproduit ce qu'on voyait en se frottant l'une a l'autre (en restant habillées). Depuis j'ai toujours eu un rapport au sexe plutôt particulier.
J'ai commencée a me masturber un ans plus tard. J'ai l'impression que c’était trop jeune et des fois je m'en veux.
Le jour de ma rentrée de 6e, j’étais tellement stressée que je me suis chiée dessus, littéralement. Et ça reste à ce jour l'épisode le plus traumatisant de ma vie.
En 5e j'ai fait une tentative de suicide et je me suis retrouvée enfermée dans un centre psychiatrique pour ado. Je ne comprends toujours pas comment les psy qui me suivaient a cette époque pouvaient penser que regrouper des ados suicidaire dans une sorte de bâtiment moche avec l'interdiction de sortir pouvait de quelque manière nous faire aller mieux.
En 2nd j'ai eu ma première relation sexuelle, depuis je n'ai plus jamais couchée avec personne.
Pour me masturber, je met mon bras entre mes cuisses et j'effectue des sortes de pression avec mes cuisses. Je n'ai jamais entendue parler de pratiques semblable auprès de mes congénères. Ça me complexe, un peu, j'avoue.
Je crois que rouler une pelle est surement la chose que j'aime le plus faire au monde.
Je ne connais pas mon orientation sexuelle, et je crois que je m'en fous un peu.
Je regarde beaucoup de porno et j'ai l'impression d'être la seule fille de mon entourage a le faire et ça me fait honte.

Cassandre    21 mai 2015  

#CulPouhiou : des chroniques vidéo où l'on parle sexe, corps et sexualités sans fard ni jugements.

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