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17 mai 2015

Journée mondiale de lutte contre l'homophobie, la lesbophobie, la biphobie, la transphobie
Nos silences sont déjà un jugement

Pour ne plus que le silence tue, ce site vous propose de libérer la parole

Témoignez ici de moments où le silence fut lourd, pesant, mortifère...

... Ou profitez-en pour dire ce que vous aimez, êtes et vivez, pour dire ce que l'on ne dit jamais, ce que vous aimeriez entendre plus souvent autour de vous.

Briser le silence

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Vos témoignages

Briser le silence

Me revoila, pour la 3ieme fois je ressens le besoin de vider une partie de mon sac, de présenter un autre aspect de ma personnalité. Et cette fois je vais tenter d'aller au fond des choses, de présenter ma folie et ses causes, de montrer au monde que parfois ce n'est pas q'une queszion de volonté...
Je me présente, partiellement, je suis un homme, 21 ans,physiquement pas mauvais, un peu fluet peut-être mais au visage tout a fait normal, etudiant bijoutier dans une bonne école. Je suis entouré d'une bonne équipe, je fais des soirées de temps en temps avec eux, je rigole beaucoup, j'ai une réputation correct de gars bon vivant assez mature et ayant la blague facile, surtout en ce qui concerne l'humour noir, l'humour osé. Dans mes mauvais jours on pourrait dire que je suis un peu cynique que je m'énerve un peu trop vite...
Tout ça c'est pour la façade. Rien de ce qui est ecrit en haut ne me concerne vraiment, ce n'est que le masque que je porte ocnstament en leur présence. Ce n'est que le rôle que je m'oblige a garder pour pouvoir être accepter un minimum.

Je suis bien un apprenti bijoutier, j'ai bien 21 ans et je suis surdoué. je suis également depressif et suicidaire pour decrire mon état mentale actuel.
J'ai déja ecris sur ce site ma solitude constante, j'ai expliqué déja que ma manière de pensée, que je ne peux controller, me coupe du reste du monde. Je suis peutetre entouré d'un groupe qui me voit comme un ami, comme un membre a part entiere mais ce ne sont pas, ce ne sera jamais mes amis. Je suis incapable de conprendre ce sentiment. Tel un ddaltonien, certaines emotions me sont inconnues ou certaines nuances d'émotions. Je ne comprends pas la confiance ni l'amitié, la haine est tenace en moi et je ne sais pas ce qu'est le remord.
Depuis 2 ans pourtant ma vie a beaucoup changer je pensais que la joie de vivre allait enfin venir en rejoignant une bonne école et etre entouré par une bonne équipe. Mais je suis toujours seul, seul dans une foule, seul parmi des personne qui ne connaissent de moi qu'un masque, qu'un sourire de facade. Je voudrais tellement leur dire ce qui ne va pas en moi, leur hurler à la figure des mots simple mais si lourd de conséquence.
Je voudrais vous aimer mais je ne peux pas. J'aimerai être heureux mais je ne sais même plus ce que cela veut dire. Je me hais comme jamais vous vous hairez, je suis suicidaire et chaque soir je calcule mes chance de me suicider d'ici la fin de ma formation (30% de chance de mettre fin à mes jours pour les intéresser) j'aimerai leur dire qu'en moi vit un monstre, que je suis un monstre que par l'absence de certaine émotions je pourrai beaucoup plus facilement faire beaucoup de mal si je ne controlle plus mes pulsions.
Il y a encore quelque mois je pensais pouvoir m'en sortir, pouvoir remonter la pente meme si la vie ne sannoncait pas belle au moins pourrais-je réaliser quelque un de mes rêves...
Hélas le destin a trouvé drole de me faire ressentir pour la premiere fois un vrai amour. J'aie passionnement une fille de ma classe, je l'aime d'un amour sincère depuis maintenant 6 mois, pour la premiere fois ce sentiment est pur et n'est pas mélé à ma haine, ma colere, mon sadisme et mes pulsions.
Cela aurais été mon salut, ma derniere fhance de soigner la folie naissante en mon esprit. Mais cet amour est a sens unique, je suis un ami, juste un ami. Elle connait mes sentiments à son égard, je fus franc. Cela n'a aps changé la situation mais j'en ressentais le besoin.
Aujourd'hui je n'en peux plus, mon amour me brule, me ronge, il ne se passe pas une heure sans que je pense à elle, pas un cour sans que je tourne la tete èpour la voir, pour contempler son visage, ses qualité et ses défault, pour chercher une faille me faisant comprendre que ce n'est pas elle la "bonne" mais plus je la regarde, plus je discute et travaille avec elle, que je ris avec elle, que je discute de nos vie respective et plus mon amour grandit.
Je n'ai jamais eu de rellation avec qui que ce soit, jamais je n'ai interessé une fille, jamais je n'ai embrassé une fille pas même serré dans mes bras de maniere amoureuse qui que ce soit.
Pour ce soir j'en ai marre d'ecrire, je n'ai posé que le dixieme de ce que j'avais a cracher mais c'est déja ça.

A Pouhiou et à ceux qui l'ont aider pour ce site, merci

tharanos   10 mars 2016   Le Brassus

A toutes celles et ceux qui croient au féminisme, j'ai été mal vue, par des mecs, par des nanas, parce que j'ai aimé, parce que j'ai baisé, parce que j'ai couché, parce que j'ai embrassé, mais j'ai toujours été jugée, malgré des circonstances atténuantes, malgré des histoires d'amour en construction, malgré mes espoirs déçus, j'ai toujours été jugée. Et ce que j'ai envie de dire, c'est que oui, quand je me sens seule, je roule des pelles, que oui quand je me suis faite larguée je couche avec le premier qui me plait, oui je fais ce qui me plait. Et tu n'as pas le droit de me juger, je fais ce qu'il me plaît car que je suis qui je suis, je sais ce que je fais et avec qui je le fais.
Et je voudrais parler tout particulièrement aux meufs, arrêtons de nous juger entre nous, personne n'est une salope, une salope ça n'existe pas, on est toutes différentes, attends de voir le jour où tu te feras réellement briser le coeur, attends de voir le moment où rien ne te semblera plus doux que dormir avec un mec, attends de voir. Attends d'additionner les mecs parce que juste tu t'amuses, Ne nous jugeons pas les unes les autres, qu'est ce qu'on s'en fout tant qu'on essaie d'être heureuses, les mecs sont déjà assez cons pour qu'on en rajoute une couche entre nous.

Agathe   25 mai 2015   Nancy

Je n'ose pas en parlé , je ne veux pas voir le visage dégouté des gens, je ne sais pas comment ni quand ni a qui. OK je suis pas un sex symbole ni un dieu du stade, mais voilà, j'en ai raz le cul du stéréotype du mec protecteur qui baise qu'en levrette. Je ne demande qu'un conseil : quand sauter le pas, quand faire le suicide sociale, le coming out .

Oui j'ai 13 ans et hésite à déjà tout foutre en l'air.....

Mr.Mout'Sheep   17 mai 2015   Vouillé

Je souffre de ne pas pouvoir répondre à cette pression sociale qui veut, qu'en tant que "femme" (pour ne pas dire personne à l'apparence féminine) j'ai un mari, un enfant, une vie de famille. Un modèle de vie sans alternative, carré et froid.
Je crois qu'à force d'essayer de me modeler, ma famille ne fait que m'essorer comme une éponge. Plus leurs mots reviennent, moins la peau dans laquelle je vis me semble m'appartenir. J'aimerais vous dire à tous ce que je suis vraiment. Les mots féminins deviennent agressifs et ces surnoms auparavant affectifs deviennent durs à entendre. Je ne pense pas je serais capable de faire coming-out se fasse un jour. J'ai peur de vivre toute ma vie dans un corps qui ne me reflète pas. Papa, maman, mes frères, ma famille... j'aimerais tellement réussir à admettre tout ça devant vous. J'ai peur de finir par tous vous fuir tant mon mal être par rapport à mon corps me ronge.
Je suis un homme.

Lou   12 octobre 2015

J'ai été élevée dans une famille très libre. On parlait de sexe ouvertement, j'ai su très tôt respecter l'homosexualité par exemple. Je suis très proche de ma mère et on se raconte presque tout... Seulement, je n'arrive pas a lui dire que je n'aime pas le sexe. Ca pese dans mon couple et je ne peux me confier a personne car tout le monde me repondrait des conseils que je ne veux pas entendre. Je n'ai aucune envie de sexe. Je trouve les hommes et les femmes beaux et quelques part attirants, j'ai essayé ave differents partenaires des deux sexes (meme si l'envie n'etait pas vraiment là) et des choses differentes. Mais voilà, je n'aime pas ça et je ne peux en parler a personne car a 25 ans "ce n'est pas normal"...

S   17 mai 2015

C'est vraiment au bon moment que je tombe sur ce cite car j'avais vraiment besoin de parler, de briser le silence.
Voila cela fait maintenant plusieurs jour que j'ai rencontré un mec de mon age, très sympa, cultivé, bien plus mur que la plupart des mec de son age et plutôt mignon. Oui je suis tombée amoureuse de lui.
Le problème ? Il veut devenir prêtre.
Il me l'a dit clairement il ne veut pas donner sa vie a quelqu'un d'autre que dieu.
A chaque fois que je le vois j'ai l'impression qu'on est en tout point pareils mais on évolue dans des mondes totalement différents. Lui vit dans un monde guidé par la religion ou le sexe avent le mariage est tabou et ou dieu prend une place centrale, et moi même si on m'a appris les bases de la religion je ne pratique pas et je continue a penser que l'église est vraiment pourrie.
ça fait maintenant plus de trois jours que je ne l'ai pas vu et que je ne suis pas entrée en contact avec lui. Je pensais que sa m'aiderai a réfléchir mais même en ne le voyant plus je n'arrive toujours pas a me le sortir de la tête.
J'essaie quand même de me persuader que ce n'est qu'un ami car ce serait vraiment dommage de perdre contact avec lui.

Méluzine   3 juin 2015

Tant que j'y suis, je suis une incorrigible feignace, je ne sais même pas comment j'arrive à autant perdre mon temps. J'en ai tellement marre, je n'arrive plus à rien ces derniers temps à cause de ça.
Aussi, j'ai perdue deux amies ces derniers temps, l'une d'entre elle était la personne que j'aimais, et une semaine après l'avoir vu IRL elle m'a viré de tout les sites qu'on avait pour discuter vu que l'on s'était connu sur internet. je n'ai pas tout de suite voulu admettre cette possibilité qu'elle m'ai bloquée... j'ai trainé un mois en blâment sa connexion pourri, et surtout en priant que ce sois ça. Je reconnais avoir perdue l'esprit en la voyant, j'étais extrêmement collante malgré le fait qu'elle m'avais déjà dit qu'elle ne voulais pas avoir ce genre de relation avec moi.... On devais se voire qu'une journée, mais le lendemain, j'ai attendu trois heures devant sa porte avec un chocolat (plus très chaud) en attendant qu'elle se réveille.
J'ai pété un profond câblé avec la seule personne que j'ai aimé et qui m'a renvoyer quelque chose en retour, je ne pense pas pourvoir mené une vie amoureuse si je continus ainsi.
Sinon, je suis une free hugeuse, j'adore les calins. Je ne force pas les gens, je n'ouvre pas les bras pour un oui ou un non, mais j'aime le contact de pouvoir partagé une chose avec des personnes que l'on ne connais pas, si ce n'est qu'elles ont au moins une chose qui les a attiré vers vous.

Mey   17 mai 2015   Châlons en Champagne

Je viens ici pour essayer de me libérer de ces chaînes qui m'enferme dans une personne que je ne suis pas.

Déjà étant petite j'ai été victime d'une terrible injustice qui me sépara de mes parents, ayant été accuser de m'avoir volontairement briser les os à ma naissance. Si je retrouvais les salauds qui ont fais ça, je ferais en sorte de leur raconter la misère qu'ils m'ont causer ensuite. J'ai du donc vivre chez ma grand-mère paternelle, elle était aussi méchante que gentille, aussi douce que violente. Elle m'a forcer avoir des cheveux longs, a m'habiller comme ELLE le voulais, me contraignais à faire de l'équitation et dès que je n'étais pas assez "gentille" elle me tirais les cheveux de toute ses forces. Ce qui a développé chez moi des troubles comportementaux, je me battais au poings et au dents, je me coupais les cheveux en cours, j'insultais autant mes maîtres et maîtresses que mes camarades, j'étais exclus. On me disais: Sale moche, sorcière, suicide toi, tu n'auras jamais de copain tout ça jusqu'à la 5eme a peut près ensuite les gens ce sont un tout petits peu lasser, puis j'ai décider de revoir mon père les week-ends, très grosse erreur, il est violent, manipulateur et alcolique. Souvent après le week-end je revenais chez moi avec des bleus, j'ai décidé de tout plaquer et de revenir vivre avec ma mère dans ma ville natale.

Là où je suis les gens me regardais bizarrement et me traitais de menteuse pour mon histoire. Dans ma classe je flirtais avec un garçon puis un jour il me proposa de sortir avec lui, je lui dis non, il me harcela pendant 5 mois, il me crachais dessus, m'insultait, me frappais, le cauchemar avait sonner a ma porte. Puis ensuite vins le temps où je rencontra le garçon avec qui je le dis pour la première fois, je pensais que c'était le bon mais il me quitta peu de temps après le temps de bien profiter de moi sexuellement, depuis les gens me juge car j'ai eu des relations sexuelle jeune alors cela m'affecta beaucoup j'ai eu des chantages contre des prestations sexuelles, pour ne pas que ces personnes n'en révèlent plus sur moi j'ai du envoyer des photos. Je me sentais tellement mal, j'ai tenter de me suicider a multiples reprises, car je ne voyais pas le bout du tunnel. Alors désormais je vis dans la crainte car ces gens méchants m'on rendu:
-schizophrène
-Anorexique
-Suicidaire

Alors je vous en supplie, je vous parle de bientôt les 16 ans, je ne connais pas toute la vie mais à tous ceux qui viendrait ici que ce sois par la publicité ou par curiosité, s'il vous plaît. Essayer de vous battre contre ces ignorants, moi je n'en ais plus la force mais si nous nous réunissons tous ensemble peut-être qu'un jour nous donnerons un avenir meilleur au gens qui nous entours.

anonyme   3 juillet 2015

J'ai 20 ans et je suis profondément malheureuse.
Depuis trop longtemps... Le collège, ou la primaire...
Je me sens faible, à pleurnicher tout le temps. Je me sens seule, sans personne pour me comprendre. J'ai toujours fait ce qu'on attends de moi, mais maintenant je commence à perdre la raison...
Je m'en veux de vivre, je m'en veux de ne pas avoir pu protéger mon frère jumeau des brimades homophobes qu'il a subit...
(Je m'en veux de vivre, je m'en veux de ne pas avoir pu le protéger de l’agression physique qu'il a subi au collège...)
Je m'en veux de vivre, je m'en veux de ne pas avoir pu protéger mon père de son cancer...
Je m'en veux de vivre, je m'en veux de ne pas avoir pu protéger ma mère de sa dépression...
Je m'en veux de vivre, je m'en veux de ne pas réussir à m'aimer comme il faudrait...
Je m'en veux de vivre, je m'en veux de ne pas réussir à faire l'amour avec mon copain que j'aime tant (depuis 3 ans...)
Je m'en veux de vivre, je m'en veux de mentir, de faire semblant que tout va bien...
Je m'en veux de vivre, je m'en veux de me plaindre, pour toutes ces petites choses futiles alors que d'autres ont toutes les raisons de ce plaindre...
J'ai l'impression que je n'ai aucune place ici, alors je vis pour eux : mon frère, ma mère, mon père, et tous ces gens qui ont besoins de moi.

Merci Pouhiou, de me donner la chance de m'exprimer ici...
Et qui sait, peut-être que j'aurais le courage de faire lire ceci à quelqu'un de mon entourage...

Sachouw   17 mai 2015   Montélimar

J'ai écrit ce texte il y a deux ans, au moment des grandes "manifs pour tous" et ou la loi "mariage" était sur le point d’être votée, elle date donc un peu. Je m'excuse par avance si je n'aborde pas la bisexualité, l'asexuelatité, l'aromantisme et toutes sortes d'autres orientations sur les quelles j’étais moins informée a l'époque. En relisant ce texte, je me rends maintenant compte que j'en ai invisibilisé une grande partie par ignorance. J’écrirai probablement un autre témoignage pour parler plus de moi que de mon inquiétude pour les autres, ou j'aborderai ces sujets. Je tiens aussi à vous demander pardon pour les (nombreuses) fautes.

"
Avoir été tabassé pour avoir tenu la main de la personne qu'on aime, je ne peux pas imaginer ce que c'est. Parce que je suis hétéro. On m'a un jour dit "mais pourquoi tu t'indignes tant de la montée de l'homophobie ? Toi, tu es hétéro, tu ne te baladeras jamais main dans la main avec une fille. Alors EN QUOI CA TE CONCERNE ?"

Alors voici en quelques lignes, pourquoi je pleure quand je lis ces témoignages, pourquoi voir les "manifs pour tous" me donnent envie d'aller m'installer sur la lune loin de ces cons, pourquoi j'ai honte de croiser deux hommes dans la rue qui hésitent à se tenir par la main de peur de se faire agresser.

J'ai peur et je pleure pour une raison simple : ce couple qui s'est fait tabasser, ça aurait pu être ma grande sœur et sa compagne rentrant du boulot. Ça aurait pu être mon ami d'enfance et son copain rentrant de soirée. Ça aurait pu être mon meilleur ami rentrant chez lui avec sa conquête d'un soir. Ça aurait pu être la frêle Cora, rentrant de l'école avec son amoureuse, ça aurait pu être Aure, Doris, Julie, Joël, Laurent, Seb, Vicky,...
Ça pourrait être n'importe le quel de mes amis, un jour ou ils embrasserons leur ami ou amie a la descente d'un train, a la sortie d'un bar, en allant faire leur course de noël.

Je vis en Belgique, chez nous la loi sur le mariage pour tous est passée depuis longtemps, notre Premier ministre vit avec son compagnon, Maastricht la ville de toutes les libertés n'est qu'a une heure en voiture, les clubs gays sont bien ancrés dans le centre-ville. Mais depuis un an, je vis dans la hantise de recevoir ce coup de téléphone fatidique :

-"Sombre, c'est papa. Il est arrivé malheur à Émilie et Vivi. Elles allaient chercher Sophie et Adrien à l'école toutes les deux. Elles sont tombées sur des casseurs de gouines".

Oui, je vis dans la hantise qu'un jour, ma sœur se fasse tabasser devant les enfants de sa compagne, oui, je vis dans la peur qu'un coup de téléphone m'annonce ce genre de nouvelle.

-"Sombre, c'est Jérôme... Je suis avec Laurent à l'hosto, on rentrait de boîte et..."

-"Sombre, c'est Doris... J'allais faire les courses avec Aure et deux mecs nous ont vu nous tenir par la main..."

-"Sombre, il est arrivé malheur..."

Mon petit frère a 13 ans, il entre dans la puberté, il ne sait pas encore s'il préfère les garçons ou les filles, il ne se pose même pas encore la question. Mais un jour, tu choisiras petit frère, et je tremble d'avance, car si ton cœur te porte vers les garçons, tu feras partie de ceux que certaines personnes se donnent le droit de tabasser gratuitement. Et toi petit frère, si faible et si fragile avec ta silhouette d'oiseau tombé du nid, tes jambes en allumettes et ta peau sur les os,... Toi mon petit frère qui se casse le bras en arrêtant une balle au foot tellement tu es fragile... Toi mon petit frère si un jour, tu tombes sur un "casseur de pédés"... Survivra, tu as cette rencontre ? Je m'inquiète déjà tous les jours pour ta grande sœur qui est grande et forte.

Si un jour petit frère, tu croises le regard d'un garçon dans la cour de récré et que ton cœur fait boom, si un jour, tu veux le ramener à la maison pour me le présenter, si un jour, tu veux rentrer chez toi la tête haute en tenant la main de la personne que tu aimes, j'espère de tout cœur que tu ne le feras pas dans la peur.

J'aime ma sœur de tout mon cœur, je ne l'ai jamais vu sortir qu'avec des filles, même quand nous étions enfant ma petite sœur et moi et que nous dormions dans son appart pendant les vacances. Sa petite amie s'appelait Valérie à l'époque, et elle nous disait ", c'est ma meilleure amie". Avec les années, nous avons bien sur compris, mais quand ma sœur nous présentait ses copines, c'était toujours ", c'est ma meilleure copine". Et un jour, elle a voulu nous présenter sa nouvelle compagne, une fille très vive et spontanée qui n'a vu aucun mal à l'embrasser devant nous. Ma sœur a guetté notre réaction. Je lui ai dit que j'étais au courant depuis longtemps, ma petite sœur a dit qu'elle s'en doutait, mon frère a eu la réaction de tout enfant de 7 ans "que ça soit une fille ou un garçon, c'est beurk d'embrasser les gens sur la bouche ! beeeeuuurk !".

Mais le fait est que pendant des années, ma sœur a eu peur de me dire clairement : "Sombre, tu sais Val, c'est mon amoureuse : je suis amoureuse d'elle et elle de moi. On veut vivre ensemble plus tard et avoir trois chats et un chien !".

J'essaye d'élever mon frère dans une totale ouverture d'esprit, en lui inculquant le respect des choix d'autrui et en lui apprenant qu'il n'y a rien de honteux à aimer, peu importe de qui on tombe amoureux. Quand je lui demande en le taquinant s'il n'est pas amoureux par hasard, je lui demande "alors, toujours pas d'amoureux ou d'amoureuse ?", et lui hausse invariablement les épaules en rougissant.

Vraiment petit frère, j'espère ne jamais recevoir ce coup de fil qui me dira que tu es en danger. Mais j'attends avec impatience le jour où tu m'appelleras pour me dire :

"Sombre, je crois bien que je suis amoureux..."

Et là que la personne de ton cœur s'appelle Roméo ou Juliette, tu pourras toujours compter sur ta grande sœur pour te donner des conseils et t'aider dans tes peines de cœur.

Oui petit frère, on vit dans un monde ou actuellement certaines personnes peuvent tabasser des gens qui ont commis le seul crime de tenir par la main leur amoureux ou leur amoureuse. Mais crois ta grande sœur, je me battrai toujours pour que tu aies toujours le droit de raccompagner la personne de ton choix... Sans jamais devoir lui lâcher la main.
"

Sombre   17 mai 2015   Belgique

#CulPouhiou : des chroniques vidéo où l'on parle sexe, corps et sexualités sans fard ni jugements.

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