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17 mai 2015

Journée mondiale de lutte contre l'homophobie, la lesbophobie, la biphobie, la transphobie
Nos silences sont déjà un jugement

Pour ne plus que le silence tue, ce site vous propose de libérer la parole

Témoignez ici de moments où le silence fut lourd, pesant, mortifère...

... Ou profitez-en pour dire ce que vous aimez, êtes et vivez, pour dire ce que l'on ne dit jamais, ce que vous aimeriez entendre plus souvent autour de vous.

Briser le silence

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Vos témoignages

Briser le silence

Salut ! Je viens de me refaire la chaîne de pouhiou, et j'ai regardé celle qui parle de ce site, j'ai pas vraiment hésité longtemps..

Alors voilà, je suis plutôt jeune, j'ai 14ans, et dans ma famille, le sexe est un tabou total, l'homosexualité et tout autre orientation sexuelle sont absurdes. Moi je me considère comme pansexuel, je n'apporte aucune importance au sexe des personnes, et je pense également qu'un couple, oui, c'est deux êtres qui s'aiment, mais je veux garder la liberté de pouvoirs coucher à droite à gauche. Pour se qui est de la vie "sexuelle" j'ai déjà fait une fois des préliminaires avec un garçon, mais quand je suis seul, je joue avec ma prostate, ma bite et je le fais des papouille par-ci par-là. J'ai l'impression d'être le seul de mon âge à faire ça. J'ai commencé ma puberté très tôt a 9ans, et aller parler de ça avec les autres garçons, c'est trop tabou, c'est trop pédé de se doigter le cul. Donc je n'en parle pas, je l'enferme dans une bulle. Aujourd'hui je brise le silence, car le silence tue.

Txdwy    14 février 2016   

J’avais presque 6 ans quand j'ai eu ma première attirance pour un garçon, j’étais encore petit, et donc je me fichai des répercussions qu'il y aurait pus avoir sur ma vie, je me fichai de ce que je faisais avec un garçon. Cette relation a durée 2 ans. Puis j'ai déménagé. Je suis arrivé dans la ville dans laquelle je suis mais où, je fus victime de harcèlement. Je restai dans mon coin dans la cour de récré a regarder les autres joué au foot, contre un mur tagué. Cela a durée 2 ans, du CM1 au CM2. Mais les choses ce sont corsée durant cette deuxième année. Un groupe de "racaille" me rabaissait durant chaque récré, sens raisons valable, et, n'aillent jamais connue ça au paravent, je me suis sentie directement frappé au cœur. Puis ils sont venus au coup, 4 fois. Je les ressens encore ces coups dans le ventre me coupant la respiration, m'empêchant de respirer, une force si brutal que je me suis demandé si j’allais m'en sortir. Arriver au collège. Pensent être sortit de cette "enfer", je me trompais. Le harcèlement repris, par des "Fils de pute", "Va te pendre", "Tu est une erreur de la nature", "Va niquer ta mère"... J'ai conscience de l’aspect pathétique que peut prendre ce récit mais cela me fait du bien, car le silence tue. Et tout ceci continua jusqu'à la 5eme... Ou, a mon plus grand bonheur, je fus aidé, par des professeurs, élève, amies... Sens eux, je serais mort. Puis arrivé en 4eme, ou les gens avaient changé, ils étaient plus mature. Mais vous souvenez-vous ? Je suis gay. Et cela je n'arrive pas a l'assumé. Je devrai, mais je n'y arrive pas. Car a l'âge de 12ans et demi, je me retrouvais avec mon "meilleur ami" dans mon lit, en train de le pénétré. Comme disait pouhiou, on s'en fout de la pudeur. Alors je le dis, oui je lui ai fait des fellations a 13, oui j'ai fait toutes ces gores de choses, mais... Mais... Je ne l'assume pas... Pourquoi ? Je l'ignore... Je ne l'assume pas mais je le dis, car le silence tue. Car si je n’avais pas parlé, je serais mort. Mais au moins, je serais "forgée" prêt, pour vivre. Une fois, j'ai vue quelqu'un pleuré dans le bus, et j'ai sourie. Je ne sais pas pourquoi. Je me nourrissais de ce malheur. Mais je m'en veux, pas d'être ce que je suis mais d'avoir fait ce que j'ai fait.

Mais j'en parle, car le silence tue.

Sam    17 mai 2015   

Je suis un jeune homme hétérosexuel jusqu'à preuve du contraire, à la santé suffisante, aux moyens matériels honnêtes, et je n'ai jamais trop souffert de la discrimination. Je suis loin, très loin de ce que l'écrasante majorité des messages que j'ai pu lire ici porte comme vécu, comme expériences déchirantes, comme souffrances en tout genre. Mais j'ai pourtant envie d'ouvrir ma gueule, alors je vais le faire.

J'ai envie de lancer mon gravillon dans cette mare de désespoir expié parce que je souffre, à ma dérisoire mesure, de tout ce dont d'autres sont cibles ; à la seule différence que je rentre (plus ou moins) dans le moule social dominant (l'Homme Cis Hétéro, béni soit-il). Qui me protège des attaques directes de tou-te-s ces homophobes, ces machistes, ces intolérant-e-s, ces individus exécrables dont la haine est rarement dirigée contre moi, mais elle m'atteint pourtant... Je suis chaque jour un peu plus dépité de voir dans quelle infâme fange de préjugés hétérosexistes, moralisateurs, esthétiques, sexuels, racistes, j'en passe et des meilleures, nous devons patauger jour après jour en espérant croiser un beau matin - ENFIN ! - une rare personne réellement tolérante, un véritable esprit ouvert.

Nous vivons dans un monde qui favorise le jugement à l'emporte-pièce, la morale prédécoupée et ostracise sans se l'avouer. Et j'en ai marre. Vraiment marre. Alors pour l'instant, je tique ou je grince à chaque fois que j'entends une remarque sexiste qui s'ignore, que je remarque un publicité évidemment (comme toutes) hétérosexiste, et j'essaye de prendre le réflexe de plus en plus d'ouvrir ma gueule. De reprendre les gens, de faire l'emmerdeur de service, l'empêcheur de penser en rond, ne serait-ce que de faire tout ce travail sur moi avant de le tenter sur autrui - parce que j'en ai aussi, des préjugés ! Des réflexes ineptes inculqués au fil des années !

M'en fous, je serai ce que je serai quand j'aurai trouvé de quoi ça s'agit. Et je continuerai à revendiquer, à défendre le droit de mon voisin d'être ce que lui veut même si je le hais, et je continuerai à gueuler.

Parce que oui, le silence tue. Mais si quelque chose peut nous sauver, ce sera bien la parole.

leo    20 mai 2015    Rennes   

Je ne suis pas forcément quelqu'un qui ait besoin de motivation pour briser le silence... Cependant, il y a une seule chose qui ne sort jamais de moi, et qui va sortir...
Je suis célibataire, depuis plus de 6 ans. J'ai donné de nombreuses raisons différentes à cela, mais jamais la vraie. La voici. J'ai peur... Peur de devoir m'investir dans une relation aussi forte dans le temps, peur de devenir tellement obsédé par cette personne que j'en oublie tou(te)s mes ami(e)s, peur de ne pas satisfaire ma moitié, peur de ne pas être moi-même satisfait.

Tout simplement, j'ai peur de ne pas assurer, de ne pas assumer... Et cette peur a fait que j'ai repoussé des filles qui me plaisaient, que j'ai toujours caché mes sentiments au fond de moi sans jamais les déclamer... Et les rares fois où je les ai déclamées ces six dernières années, la fin de non-recevoir que j'ai eu en réponse m'a toujours assommé... C'est une chose à laquelle je ne me suis jamais faite...

Voilà. Je sais que des soucis autrement plus graves ont été présentés et le seront par la suite, mais voici ma contribution. Et tout le monde doit avoir une contribution... Car tout le monde a ses démons, plus ou moins importants, plus ou moins graves... Et tout le monde a besoin de les laisser sortir.

Mako    2 janvier 2016    Nantes   

Toute petite, moins de 6 ans. Aimer grimper dans les arbres, trainer avec plus de garçons que de filles, porter des pantalons parce que c'est plus facile pour courir avec, se déguiser plutôt en Peter Pan qu'en belle princesse.
« Garçon manqué »

Gamine. Avoir des cheveux longs, un look assez classique, des lunettes, des bonnes notes. Etre assez pudique. Etre le plus souvent en décalage avec les autres.
« Intello », « Coincée »

Maintenant, 15 ans. Faire des allusions au cul souvent, embrasser son copain en public sans discrétion, etre proche physiquement de ses amis mecs, porter des robes courtes les rares fois ou on le fais.
« Chaudasse », « Salope »

Préférer les rangers aux sandales, rire fort, faire des grands gestes. Embrasser ses copines pour rire quand on a bu un ptit coup de trop, sans arrières pensées. Ne pas se maquiller. Ne pas avoir sa langue dans la poche.
« T'es pas lesbienne ? », « Pff, pourquoi t'es si masculine ? »

Ne pas rire du tout et se prendre la tête pour des blagues racistes, homophobes, sexistes. Non, j'en fais pas trop, la plupart des gens utilisent l'humour pour tenir des propos auquel ils adhèrent réellement, et si, j'ai de l'humour quand même.
« Féminazie »

Ne pas accepter l'idée qu'une amie puisse mentir à ses parents sur sa sexualité par manque d'alternative. Ne pas laisser passer les généralités sur tel ou tel groupe de personnes. Ne pas accepter le racisme de ses grands parents et le fait qu'ils puissent voter FN. Ne pas accepter de devoir seulement rêver sa vie, et pas vivre ses rêves.
« Utopiste »

Pourquoi toujours devoir rentrer dans des cases ?

Je ne veux pas me limiter, je ne veux pas suivre le troupeau, oui je suis « différente », « bizarre », c'est à la fois ma faiblesse et ma force. Je ne veux pas etre d'accord avec tout, rester passive, dire amen et ne pas réagir à ce qui me semble injuste.
Peut etre que je suis excessive, excentrique, agressive. Peut etre que j'ai tort. Vous avez sans doute raison, chuis pas très vieille, je connais pas grand chose à la vie et je sais que j'aurai pu beaucoup plus mal tomber. Et alors ? Qu'est ce que ça vous enlève ? Laissez moi etre qui je suis et je vous laisse vous assumer.

Et toi, si tu peux, si tu veux, reste intègre à toi même. Reste fort, bats toi pour ce que tu penses juste. Tu as le droit de changer, de régresser, d'évoluer. En tout cas, aie confiance en toi, tu es très bien comme ça.

Merci d'avoir lu ce fouillis de ma tête jusqu'au bout. Je suis vraiment désolée si ce pavé semble prétentieux et égocentrique, c'était pas le but ^^
Merci énormément pour tous ces témoignages, et aux créateurs de ce site.
Le silence tue.

Leila    18 mai 2015   

Depuis que je suis gosse, je ne vie pas très bien avec le genre que le hasard m'a donné à la naissance, sans pour autant comprendre pourquoi. Si je me souviens qu'en primaire, je me plaignais bêtement que " les garçons sont forts, alors je veux êtres un garçon " et que cela faisait rire - pas méchamment, je pense - les filles de classe, c'est durant mon adolescence que ça à commencer à me poser vraiment problème.
Je n'ai jamais réussi me faire des amies filles, parce que nous n'avions aucun centre d'intérêt en commun, mais quand je traînais avec ma bande de potes, je me sentais ... inférieur à eux ? Oui, je pense que c'est ça le mot.
Je déteste que l'on me considère comme " la petite chose fragile " du groupe. Je déteste quand ils m'avouent qu'ils sont venus me parler pour me draguer avant qu'on ne devienne amis. J'ai l'impression qu'il est marqué " FAIBLE " sur mon front, comme si c'était pas déjà assez chiant qu'il y soit marqué " FILLE ". Bordel, je les envies tellement ! Rien que pour ce qui est de draguer, par exemple : si je ne m'intégrerais jamais à un groupe de filles, que leurs conversations sur la belle gueule d'x ou y acteurs me dépasse, que je perds un peu mes moyens lorsque je dois aller en aborder une, c'est pourtant elles qui m'attirent sexuellement parlant. Entre moi et l'éventuelle fille qui m'intéresse, ça commence déjà toujours avec ce gros obstacle.

Quand j'ai commencé lentement à passer d'ado' à jeune adulte, je me suis rendu compte que je ne pouvais toujours pas associé le reflet que je pouvais voir dans mon miroir à ma personne. Ce sentiment de décalage m'a poussé à me poser des questions sur ce qu'était la transidentité. Mais j'ignorais tout à ce sujet et je n'ai toujours pas trouvé qui que ce soit pour répondre à mes questions.

J'ai déjà essayé de parler de ce ressenti à certaines personnes de mon entourage. Elles m'ont dits que c'était débile de se poser des questions sur son identité de genre, que de toute façon, la naissance seule décide du sexe et que je pouvais très bien vivre ma vie en tant que lesbienne parce qu'on est en 2015 et que plus personnes sauf les vieux cons n'ont de problème avec ça. Mais, surtout, je ne devais pas penser que ça aurait été mieux si, disons, par magie, je me réveillais un beau matin avec quelque chose entre les jambes parce que, je cite, " tu es une jolie fille, ça serait du gâchis ".

Je n'ai jamais pensé bon de rétorquer qu'ils n'avaient rien compris. Mais, aller, brisons le silence ! J'ai l'impression de mentir quand je le fais, alors je parles de moi au féminin le moins souvent possible. J'essaye de rester neutre. Je ne me trouve rien d'une gonzesse. Je suppose qu'en me regardant, les autres ne voient rien d'un garçon non plus. Je n'imagine même pas avoir une relation avec un mec. Mais quand je me trouve par miracle une copine, elle finit par me jeter parce que je complexe sur mon corps. J'aime pas me sentir femme, j'en ai même presque peur. Du coup, j'aime pas quand on me touche les seins. Je met toujours des plombes avant d'accepter une relation sexuelle. Je me sens pas à ma place. De toute façon, je fantasme surtout sur les filles hétéro'. Du coup, on se retrouve souvent touts seuls, moi, ma main droite, mes films porno. Je me trouve des amis sur internet parce que ça blesse moins mon égo' que de me retrouver physiquement face aux mecs que j'envie et aux filles chez qui je tique sur chaque morceau de stéréotype. J'y précise pas mon genre. Je sympathise d'abord puis seulement j'explique ma situation, parce que je n'aime pas être malhonnête et que, du coup, on me prends souvent pour un gars normal. Étrangement, ça me fait plaisir.

Al    7 juillet 2015    une petite ville de Belgique   

Je suis un homme dans un corps de femme. Mon âme n'a pas de sexe point.
Un être aimant, qui ne se soucis guère de l'aspect charnelle mais qui scrute le cœur de son interlocuteur.
Je suis tantôt féminin tantôt masculine et j'aime toute ses couleurs qui compose la palette de ma personnalité.
Pourquoi incarner le rose alors que je peut être un arc en ciel ?

Adirou    19 mai 2015    Nantes   

Bonjour tout le monde !

A chaque fois qu'on parle de ses fantasmes entre mecs, il y a toujours des fantasmes "autorisés" et des fantasmes "interdits". Parce que certains fantasmes seraient honteux ? Révéleraient une homosexualité refoulée ? Je suis un homme hétérosexuel, et oui, mon fantasme c'est de me faire prendre/doigter par ma petite amie. Et malheureusement ça reste inavouable pour beaucoup de personnes dont moi. Ouais, j'aimerais pouvoir dire en me grattant les couilles et en buvant une bière entre potes que me faire sodomiser par ma petite amie, ça m'excite. Sans que tout le monde se moque. Qu'on arrête de s'enfermer tous dans des modèles de vie, dans les clichés.
J'aime être soumis de temps en temps. Et aussi, avaler mon sperme quelquefois. J'aimerais que ce soit pas des trucs inavouables. Surtout que c'est vachement bon, le sperme, vous devriez essayer.

Du coup ce que je fais souvent, c'est dire mes fantasmes/pratiques, et après rire en laissant le doute. C'est triste un peu. Mais bon, les choses vont dans le bon sens et j'ai espoir que tout ça change rapidement.
Et puis j'ai de la chance, j'ai une petite amie géniale et à l'écoute. Ecouter l'autre, c'est dire non au silence qui tue. Moi je n'ai pas à me plaindre... Je plains tous ceux qui n'ont personne pour être eux-mêmes et dévoiler leurs envies "inavouables".

Courage, soyez vous-mêmes et dites-le ; vous n'êtes jamais seuls.

Tout chasseur sachant chasser doit savoir chasser sans son chien    17 mai 2015   

Je suis un homme. Je suis hétérosexuel et en couple depuis 3 ans, donc "normal" selon les standards de la société.
Normal. Que ce mot est drôle, que ce mot est flou : en fait, il ne veut rien dire.

Si j'écris ce message, ce n'est pas parce que je me sens mal dans ma sexualité ; ce n'est pas parce que j'ai des problèmes de couples, que je suis mal dans mon corps, que je fais fasse à des clichés sur mon genre. Par chance, j'y ai presque toujours échappé.

Non, si j'écris ce message, c'est parce que j'ai toujours été l'intello de la classe. Celui qui réussit sans beaucoup travailler, qui a des bonnes notes sans rien faire, qui énerve tout le monde à tout le temps répondre. Celui qui lisait des livres à la récré, celui qui n'avait pas de copains et qui n'était pas populaire. Qui baissait la tête en croisant les brutes. Qui tournait le regard quand il voyait les autres souffrir. Qui se cachait. Qui avait peur.

Aujourd'hui, j'ai grandi. J'ai trouvé une réponse au mépris : le partage. Puisque j'ai des facilités déconcertantes, alors pourquoi ne pas les partager auprès de ceux qui n'y arrivent pas malgré leur bonne volonté ? Pourquoi ne pas aider ? Me tourner vers les autres, partager mon savoir, ma facilité, mes connaissances, voilà qui m'a libéré.

Je me tais toujours, parfois. La peur n'est pas totalement parti. Mais je me sens plus libre, plus proche des autres. J'ai lu la trilogie des dieux de Werber il y a peu et une phrase m'a beaucoup marqué ; le personnage principal émet comme utopie : "je veux créer un monde débarrassé de la peur".

Alors, je viens ici m'exprimer, pour partager mon optimisme et ma foi en l'Homme. Parce qu'en parlant et en s'exprimant, on combat la peur.
Parce que le Silence étouffe.

Cédric    6 octobre 2015    STRASBOURG   

Il est 2h du mat et je suis pas sur de ce que je fait mais bon... J'ai envie de tout balancer une fois pour toute mais j'aimerais bien connaitre le ressenti des gens qui lisent ça alors je laisse mon email si jamais quelqu'un veut me dire quoi que ce soit par rapport a ce témoignage.

Bon alors commençons... Je suis un mec et j'ai 16 ans. Fin 2012, mes parents on divorcés. Un soir ma mère venais juste de nous appeler a table, on a attendu mon père avec elle et ma sœur et il est entré dans la pièce avec son manteau et un sac et il a dit "il faut que je réfléchisse". Après ça, on a plus eu de nouvelles pendant quelques semaines jusqu’à ce que ma mère nous dise qu'il était parti et qu'il aimais quelqu'un d'autre. Je l'avais deviné depuis un moment et je savais que c'était sa patronne. Lorsqu'ils ont décidés de divorcer, ma mère ma soeur et moi avons déménagé dans la ville ou on s'était le plus plu, et ou j'avais grandi jusqu'à mes huit ans. Suite a ça pas-mal de soucis avec les histoires de gardes, de pension alimentaire, et encore aujourd'hui de biens immobiliers, bref. Mon père a fini par déménager deux ans plus tard dans la même ville que nous, ce qui a réglé les problèmes de trajet. Toute ma vie j'ai eu des problèmes avec lui. Lorsque j'était petit je me souviens avoir dit clairement et sans raison a ma mère: "je ne l'aime pas, papa". Ma mère m'a dit que lorsqu'elle était enceinte de moi, il lui disais qu'il m'imaginais plus grand que lui, fort, sportif (mon père était rugbyman). Je pense que je l'ai toujours déçus: je suis bien plus petit que lui, les sport de balles me cassent les couilles au plus haut point, et je fait de la musique. Bref tout ça pour dire qu'on arrivais toujours a s'embrouiller pour tout et rien. Les devoirs étaient la cause la plus récurrente. J'allais chez lui un weekend sur deux et a chaque fois c'était chiant vus qu'il ne savais pas décorer son apart' autrement qu'un garage, qu'il ne le nettoyais pas, qu'il ne mettait pas le chauffage, et que le ballon d'eau chaude était souvent étain pour "faire des économies" et parce que "il n'y a que les sales qui se lavent"... Tout ça pour en arriver au fait qu'un jour ou il me faisais chier pour les devoirs et que le ton commençais a monter. On finissais par se reprocher des trucs mutuellement jusqu’à ce que je pète un câble et que je tente de m'en aller. évidement il m'a retenu et a fini par s'asseoir sur une chaise devant ma porte pour que je ne sorte pas. J'était énervé et commençais a l'insulter. Il m'a pris par le col et m'a mis des claques sans s’arrêter. Il a des mains énorme et il ne se retenais pas. Au bout de plusieurs claques a déboîter une nuque, j'ai décidé de me défendre et je le frappais de toutes mes forces sans grand résultat puisqu'il fait 1m80 et plus de 100 kilos. J'avais peur pour ma sœur dans la pièce d'à coté, peur pour moi car je sentais qu'il ne retenais pas ses coups. J'essayais de lui mettre des coups de genou l'entre-jambe puis de foncer vers la porte mais il me rattrapais. Je paniquais. J'ai ouvert le velux en espérant pouvoir m'enfuir par les toits mais il m'a rattrapé par la jambe et m'a mis au sol. J'était tombé violament et j'avais mal au dos et a la tête. Je me suis relevé et quand j'ai essayé d'aller vers la porte, il m'a attrapé le bras et l'a retourné. Il a dit "Calme toi sinon je le casse". je sentais mon coude craquer, alors je l'ai laissé faire, et il m'a mis le bras dans le dos. Je me débattais en vain. Il appuyais avec son genou derrière le mien. Je résistais, je voulais rester debout pour avoir encore une chance de m'enfuir. J'entendis un craquement dans ma jambe lorsqu’elle céda. Il me mit au sol. Je voulais me débattre mais j'avais mal dans tous mes membres et surtout dans ma jambe. Il me jeta sur le lit, et il me maîtrisa de manière a ce que je ne puisse plus bouger. Au bout de quelques secondes, il se redressa et me pris dans ses bras et commença a me faire des bisous sur la joue. Il dit "Je suis désolé pardonne moi", puis soudain il se redressa en me regardant et dit "au mon dieux il faut appeler le samu" et commença a composer le numéro, puis il raccrocha et dit "non tu l'a bien mérité" et il me mit une claque. Il reprit en boucle ses action puis sortit de ma chambre en me laissant sur le lit et il dit "J'espère que tu es calmé". Je reprenais mes esprits, j'avais mal a la tête et a ma jambe, j'avais des égratignures aux bras. Je me levais comme je pouvais et je sorti de ma chambre en traînant de la jambe. Je vis mon père dans le salon avec les clefs de la porte dans la main. Il dit "Tu ne pourra pas l'ouvrir maintenant". Je marchais vers le placard ou était rangé les outils. Je pris un tourne-vis et je me dirigeais vers la porte pour essayer de forcer la serrure ou d'essayer quoi que ce soit pour partir. Je me retournais et vis mon père qui criait "tu veux me planter c'est ça?! Vas-y mais je te préviens ça vas saigner!" Il prit le tourne-vis et fit semblant de se planter avec en criant "Bah vas-y fait le!". Ma sœur avait appelé ma mère a ce moment la. Mon père me ramenais de force dans ma chambre. Quelque minutes plus tard j'entendis ma mère entrer et parler avec mon père. Je sortais et elle se précipita vers moi en criant sur mon père. Elle me dit "Fait tes affaires on s'en vas". Je rassemblais mes affaires et j'entendais mon père protester et rabâcher a ma mère ce qu'avais décidé le juge au niveau des gardes. Quelques minutes plus tard nous quittions l'appartement dans la hâte. Après ça j'ai fait un radio de la jambe ou on voyais du cartilage déplacé mais rien de grave, et j'ai porté plainte contre mon père. Je suis sensé ne le voir plus que deux heures par mois dans une association ou je suis traité comme un délinquant ou des gens mal formé tentent de voir une signification cachée a tout ce que je dit. Il a trouvé du travail en Algérie et est partis sans en informer le juge ou l'association. Ma sœur n'a pas eu les mêmes droits que moi est toujours obligée d'aller chez lui lorsqu'il est en frange puisqu'elle n'a pas été jugée en danger car elle n'a pas été frappée (justice française de merde). Maintenant je ressent la plus grande colère possible envers cet homme que je ne considère plus comme mon père. Il m'a trahis moi, ma sœur et ma mère. Je le hais et j'espère de tout mon cœur qu'il disparaisse d'une manière ou d'une autre. Je veux que tout ce qui s'est passé arrête de revenir dans mes pensées, alors je brise le silence.

Maintenant j'ai moins d'embrouilles, je suis le plus optimiste possible en tout point, je heureux, bref. Merci a ceux qui ont lu mon histoire et merci a pouhiou pour m'avoir incité a briser le silence.

Balais-couilles    3 janvier 2016   

#CulPouhiou : des chroniques vidéo où l'on parle sexe, corps et sexualités sans fard ni jugements.

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