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17 mai 2015

Journée mondiale de lutte contre l'homophobie, la lesbophobie, la biphobie, la transphobie
Nos silences sont déjà un jugement

Pour ne plus que le silence tue, ce site vous propose de libérer la parole

Témoignez ici de moments où le silence fut lourd, pesant, mortifère...

... Ou profitez-en pour dire ce que vous aimez, êtes et vivez, pour dire ce que l'on ne dit jamais, ce que vous aimeriez entendre plus souvent autour de vous.

Briser le silence

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Vos témoignages

Briser le silence

J'écris ces lignes à 1:25, il se peut que quelques fautes ainsi que des erreurs dans la formulation des phrases soient présentent.

J'ai toujours été quelqu'un de très anxieux. Je pense souffrir d'anxiété sociale ( même si je ne me le suis jamais fait diagnostiquer) et ça devient de plus en plus handicapant chaque jour. Je suis un lycéen, 16 ans, et mes interactions sociales sont tout bonnement artificielles. Je suis sur qu'aucun de mes amis ne se doute de la souffrance que j'ai en moi. Des fois j'aimerais fuir le lycée, fuir les discussions qui sont devenus source de stress. J'ai peur d'être jugé, que les gens se disent " Enzo est lourd" , " Oh pas lui ! "... Je me sens constamment rejeté mais je dois faire mine que tout va bien pour que personne ne le remarque; justement pour que personne ne se dise " pfff il est parano ça en devient chiant ". C'est un cercle vicieux, un cauchemar éveillé. J'aime passer du temps seul et lorsque j'en parle tout le monde commence à s'indigner en me disant que"j'ai besoin des gens quand même ! ". J'adore être en présence de mes amis, je les aime plus que tout au monde et c'est bien ça le problème. Je me dis que peut-être ils sont tout pour moi mais je ne suis rien pour eux ? Des fois mon anxiété me pousse à refuser des sorties de groupe et je dois me trouver une excuse du genre " oh j'suis malade aujourd'hui " , " je dois aider ma mère à faire un truc " . J'aimerais tellement pouvoir tout leur dire, que quand je refuse ce n'est pas contre eux, quand je ne parle pas ce n'est pas signe que je m'ennuie ou que j'en ai marre d'eux, que quand je me vexe par ce que me sens rejeté il ne faut pas mal le prendre. Désolé si je me plaint souvent, désolé si tout ce que je fais est absurde, désolé d'être aussi peu extraverti, désolé d'être aussi possessif, désolé de rester seul des fois, désolé pour tout.

Je sais que je traînerais mon anxiété toute ma vie, peut-être s'atténuera-t-elle peut-être pas. Pour le moment j'ai peur de tout perdre, de perdre une des personnes qui compte le plus pour moi. Avant-hier mes nerfs ont lâché, un trop plein de tout. J'en avais marre de me sentir mis de côté comme ça alors j'ai tout envoyé chier. Demain, j'espère pouvoir recoller les morceaux. D'extérieur ma furie semble n'être qu'un délire d'ado mais c'est beaucoup plus profond que ça, que je sois adolescent , adulte ou même enfant en bas âge l'anxiété me rongera et altérera mes relations ainsi que mon entourage.

Enzo    17 décembre 2015   

Qu'est-ce qu'il me prend de venir ici, sur ce site, une nuit de novembre, écrire un témoignage que certainement peu de gens liront. C'est vrai, après tout, tout le monde a ses problèmes mais le jour tout le monde s'orne d'un masque sociétal pour cacher ses bas instincts, ses pulsions, ses peurs qui les hante. Le jour, nous rigolons, nous discutons, bref nous échangeons. Notre interaction sociale est souvent teinté de légèreté presque d'insouciance. Mais la nuit venue, lorsque nous rejoignons notre lit, le sommeil approchant, des larmes coulent, des souvenirs reviennent. Ces souvenirs, on pensait les avoir oubliés. Ces larmes, on se croyait assez fort pour les contenir et les ravaler. Mais nous redevenons une créature faible, nos démons reviennent et les sentiments ressortent. Pour les cas les plus graves, une idée de quitter la surface de la Terre commence à s'installer furieusement dans notre esprit.

Ce "nous" j'en fais partie. Je suis de ces gens qui le jour, font des blagues, agissent dans la douce connerie et dans l'immaturité la plus totale mais je ne peux dormir si la dépression ne me fait chialer et angoisser pendant de longues minutes avant.

Pourquoi je suis triste me direz-vous ? Eh bien...

- Je perds peu à peu mes proches dans des conditions tragiques. Voir ses proches perdre leur santé est un traumatisme dont toute la psychanalyse du monde ne saurait pleinement m'en débarrasser.
- La crainte de l'abandon, le besoin d'attention, l'envie qu'une personne douce et affectueuse veuille me prendre dans ses bras, me murmurant à l'oreille qu'elle sera toujours là pour moi, que je connaitrai des jours meilleurs pour ensuite profiter avec elle du silence et me bercer de rêves en humant son parfum.
- La non-acceptation familiale, mon entourage souhaitait que je sois belle, intelligente, sportive, cultivée, bonne élève, complaisamment ancrée dans une routine patriarcale auprès d'un petit ami sportif, entreprenant des études en économie par exemple pour avoir un vrai job. Manque de bol, votre petite soeur est ronde, déteste le sport, est lesbienne, progressiste, engagée dans les causes féministes et LGBT+, communiste, a entamé sans grand succès des études dans le cinéma dans le but de justifier sa soif de créer et son titubement incertain tel un besoin d'incarner une caricature de saltimbanque.
- La fille que j'aime depuis 3 ans sans que ce soit réciproque. Oui, cela parait fortement dérisoire mais c'est une souffrance provoquée par une frustration purement égoïste ainsi que par le sentiment d'impuissance face à ses larmes et à sa détresse.

Je veux être heureuse. Donnez moi un peu de bonheur. Laissez moi croire que je ne suis pas qu'un membre de cette masse grouillante enfermée dans son déterminisme. Je suis complètement dégoutée d'être dans un monde où le bonheur se mérite, se gagne. Etre heureux n'est pas un but, ce n'est pas un dû ce devrait être la condition et la définition même de l'être humain.
Je vous laisse, je dois aller dormir...

Clarisse    25 novembre 2015    Lyon   

tu vas me reconnaître. Je le sais.
Mais je m'en fou.
C'est toi qui m'as montré ce site.
Et c'est à toi que je l'ai montré.
Êtes deux. Et vous aller vous reconnaître.
Et je m'en fou.

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Même de ma chambre je vous entends...
Arrêtez. arrêter de criez !
arrêter vous. arrêter ça !
peut importe le sens ça fini toujours pareil. Toujours la même chose. Que ce soit l'un ou l'autre. Que ce soit une raison ou une autre. Toujours la même chose. L'accumulation en plus. De jour en jour. De soir en soir...
Là encore je vous entends. alors même que j'écris. Et ne peut me concentrer sur autre chose. Je ne peut m'enpêcher d'écouter. Est-ce qu'il parle de moi ? Est-ce que j'ai encore fait un truc de mal ? Oui. Peut importe qu'il parle de moi ou pas. Que je serve d'argument ou pas. J'ai tords. Toujours. Systématiquement. Que je pète un truc que je déplace un magazine ou que je parle à ma soeur. J'ai tords et je dois m'excusez. Mais je m'en fou. J'en ai marre. Et j'ai beau dire ça...j'écoute. Encore.
Je vous entends... Vous ne pourriez pas...communiquer ?
A chaque fois je remonte dans ma chambre. Parfois j'ai même un sourire: on a pas trop crié.
Mais les jours où je n'ai pas de sourire...tout à déjà merder... Et j'espère. Si ils s’engueulent bien ce sera bon. Au moins ils s'entendront...Et bas non.
Encore ce soir. ça n'a pas manqué. Toujours la même conversation. Toujours la vision blanche et noir de ma mère. Toujours le même sénario.
Je le connais hein ! Les seuls moments ou je descends (hormis quelques très rares)... on crie. on s'engueule. Pour tout, pour rien.
Et j'essaye de passer. Mais prendre la mouche c'est bien parfois. Même si après t'en prends encore plus. Et tu te barres. Mais t'écoute. Pourquoi? Pourquoi j'écoute...?
Quand je parle à mon frère je le critique. Quand je parle à ma soeur, je l'a critique. Quand on parle avec ma soeur, je la critique. Oui ! Non! On ne communique pas comme toi maman ! c'est tout! oui on ce bat. Mais non. Tu ne nous à jamais vu nous battre.
On pourrais trouver un tas de raison pour expliquer la manière dont on communique...Au milieu d'un repas ou l'on engueule et tu fais -maman- comme si tout était du bon sens, nous deux on arrive à rire et à ce chamailler. Mais non ! Non ! Il faut que t'ouvre ta putain de gueule pour me dire de la fermer et que je critique tout depuis le début du repas ! depuis que je suis descendue! "Tu critiques tout depuis que t'es descendue ...!" avec ton air d'évidence. De mépris...? Je ne sais même plus.......... "t'arrête pas de critiquer ta soeur depuis le début du repas !" ...Demande lui déjà. Tu ne nous comprends pas. Il n'y a qu'a voir sa tête quand tu me dis ça.
Et je me tais. Je me tais parce que tu m'as énervé. encore. Parce que tu m'as blessé. Encore. Parce que j'en ai marre et parce que je n'ai rien critiqué. Encore. Il suffi que j'ouvre la bouche. "C'est quoi ? " dis-je en regardant le plat. Et je fais attention. Pas de dégout. Et je regarde le plat. Rarement toi. Ou alors je te regarde avec curiosité et là tu réponds gentiment. Sauf qu'en vrai la plupart du temps j'men fou. (Déjà de base j'voulais même pas descendre. Youtube c'est mieux. Mais tu me manquais...c'est con hein ? tu me manques mais je me fais rembarré parce que je "critique tout" )
Je disais: la plupart du temps j'men fou de ce qu'on mange temps que ça donne assez envie pour me motiver. J'veux juste pas manger un truc que j'aime pas. Déjà que j'ai faim que parce que ça fait au moins six heures que je n'ai pas manger... Mais il y a faim et envie de manger, de se nourrir. Et être capable.
Je n'ai jamais vraiment aimer manger... Sauf quand je suis heureuse. Je mange lentement, je suis toujours la dernière. Ou presque dans certain cas. Jamais une très grande envie de manger de toute façon. Je mange pour ne plus avoir faim. A l'exception de quelque truc. Je mange parce que mon corps ne vas pas le supporter. Je mange parce que je sais que si je prends cette habitude de merde c'est l'habitude de ne pas avoir faim de ne pas manger que je vais prendre. Et de lutter contre moi même juste pour me nourrir. Mais je ne suis pas anorexique. J'ai envie de manger. Mais je n'ai pas faim. Vous avez déjà eut l'impression d'avoir tellement de nourriture ou je- ne-sais-quoi dans votre bouche que votre corps n'a d'autre automatisme que de le rejeter ? ca me fait ça au bout de trois pomme de terre ou de trois cuillère de puré ..allez cinq. Mais quand je n'y pense pas -et j'vous jure fait pas laisser un blanc très long- je peux finir une moyenne assiette de pomme de terre ! Et j'suis fière ! Par contre la puré fait pas y penser...j'avais déjà ce réflexe à huit ans sur la puré. L'impression de te forcer à manger. Et pas qu'une impression.
J'écris beaucoup là...je ne sais plus quoi écrire.
Mais je sais que je n'ai pas fini. Je ne veux pas m'arrêter.
Ca me fait souvent ça. Je continu un truc. Ou je ne commence à pas un autre... Je ne sais pas pourquoi. je ne cherche pas la raison...C'est juste que j'en ai besoin.
Parfois je sais pourquoi j'ai est besoin. La plupart du temps je ne fais une chose que lorsqu'elle est spontané. ou parce que je sais que je dois le faire. Certain diront que je trouve des raisons pour justifier ma flemme. D'autre me parleront de destin...ou d'instinct...j'm'en fou.

Voilà. J'ai est marre. Et je ne sais plus quoi dire. Je réécrirais sans doute dans pas très longtemps. Peut-être demain. Peut-être dans deux semaines. Peut-être jamais.Peut-être dans deux heures...
Pour l'instant je vais trainer sur youtube. Sans démêler ma tête. Parce que je n'ai trouvez que deux moyens de le faire et les deux sont à double tranchant. Voir triple ? Et je vais arrêter de réfléchir. Essayer. Et arrêter de penser.

Il s'agit de ma vie alors ne me laisser pas m'enfermer derrière mes propres murs.
Fall away- Twenty one Pilots
Goner - Twenty one Pilots
et Take me to church -Hozier | Parce que le chant est un de mes exutoire. Et parce qu'il s'agit de la première chanson qui m'ait venue à l'esprit quand j'en avais besoin.

Avez-vous déjà monter le son pour ne plus entendre ? Et avez-vous déjà écouter en montant le son ...?
Don't let me switch off the light on my life

a japanese little bird...je sais que tu m'as reconnnue. Tu connais très bien ce nom.    1 octobre 2016   

Bonjour
Je suis pas bien certain que mon témoignage ait totalement sa place ici, mais alors, où ?
Ce n'est pas un témoignage précis, d'ailleurs, il ne s'agit pas de souvenirs, ou d'histoire à raconter, mais plutôt le témoignage d'une haine, le témoignage d'un amour, et le témoignage d'un espoir.
Je suis un garçon de 26 ans. Comme beaucoup, je me suis posé la question de l'orientation sexuelle, et même si jusqu'à présent je ne suis attiré que par les femmes, je refuse de me fermer des portes pour l'avenir. Voilà, ça c'est pour que vous puissiez avoir une caricature rapide de la personne derrière les mots.
Je vois, au quotidien, la haine sous-jacente que de nombreux "hétéros" (putain, que je déteste ces termes de classement étriqués !!!) ont pour tous ceux qui sont sexuellement différents d'eux. Très souvent, je lis le malaise dans les yeux d'une personne qui m'apprend qu'elle est homosexuelle, au fil d'une conversation, autour d'un verre, en attendant le bus ou en sortant du ciné. J'entends, dans le langage courant, des mots comme "pédé", "padale", "tantouse". Parfois, même, je les emploie, sans arrière pensée, en tant que simples jurons, en oubliant tout le mépris à l'origine de leur création, et je me méprise pour ça.

A chaque fois, j'aimerais pouvoir dire.
Dire que ce qui se passe dans le slip du voisin ou de la voisine ne te regarde absolument pas, toi, pauvre crétin aux idées préconçues, aux dogmes séculaires et au raisonnement aussi moyenâgeux qu'égocentrique.
Dire que tu n'as pas à avoir honte de ce que tu es, toi qui me parles, et que j'ai juste envie de te serrer dans mes bras pour te donner de l'amour humain, pour te confirmer que tous les hétéros sont pas tous des monstres, et que toi, toi surtout, tu n'en es pas un.
Dire que je suis désolé de t'avoir offensé en utilisant des mots sans réfléchir à quel point ils pouvaient se montrer blessants pour toi, qui n'es pas dans ma tête et qui ne peux pas deviner que je ne te veux aucun mal, que tu es juste,
comme moi,
comme le voisin, comme la voisine,
comme nous tous,
un simple Être Humain.

Je veux, moi aussi, que ce silence soit brisé, parce que je n'aime pas voir un humain souffrir.
Je veux dire à tous les plus jeunes, collégiens, lycéens, et débutants-dans-la-grande-vie, que si on parle, si on communique, on finit toujours par trouver des gens qui nous comprennent et nous ressemblent : si vous êtes au fond du seau, gardez toujours espoir; vous n'êtes pas seuls, vous n'êtes pas anormaux, vous n'êtes même pas différents. Si vos amis vous persécutent, si vos familles vous rejettent, ne vous fermez pas : communiquez, même si c'est sur le web, et constatez que d'autres gens comme vous souffrent, que d'autres gens comme vous s'en sortent, et que d'autres gens comme vous se battent pour que vous n'ayez plus à vous cacher et que vous puissiez vous aimer vous d'abord, et l'Autre ensuite, qui que ce soit.
Je veux dire à tous les plus vieux, nos seniors, que ce nouveau siècle n'est pas si différent des précédents, au fond, il est simplement plus curieux et ouverts d'esprit, et qu'il n'y a pas d'âge limite pour la curiosité, qu'elle soit physique ou intellectuelle. A ceux qui se battent déjà, à ceux qui se sont battus toute leur vie malgré les insultes, les menaces et les coups, je dis merci, car tout changement commence quelque part, et je partage avec vous l'espoir de voir un jour cette discrimination disparaître.

Briser le silence, donner de l'amour et de l'espoir, n'est pas uniquement le droit de ceux qui sont directement concernés, c'est aussi le devoir de chaque humain qui croise la route de la misère. Apportez votre touche de lumière, une parole, un mot, un geste, autant que vous en aurez la force : l'amour qu'on met dans un simple sourire coûte peu cher à produire, et les bénéfices qu'il apporte peuvent faire la différence entre lumière et obscurantisme.

Korgann    9 septembre 2015    Bordeaux   

Il est 2h du mat et je suis pas sur de ce que je fait mais bon... J'ai envie de tout balancer une fois pour toute mais j'aimerais bien connaitre le ressenti des gens qui lisent ça alors je laisse mon email si jamais quelqu'un veut me dire quoi que ce soit par rapport a ce témoignage.

Bon alors commençons... Je suis un mec et j'ai 16 ans. Fin 2012, mes parents on divorcés. Un soir ma mère venais juste de nous appeler a table, on a attendu mon père avec elle et ma sœur et il est entré dans la pièce avec son manteau et un sac et il a dit "il faut que je réfléchisse". Après ça, on a plus eu de nouvelles pendant quelques semaines jusqu’à ce que ma mère nous dise qu'il était parti et qu'il aimais quelqu'un d'autre. Je l'avais deviné depuis un moment et je savais que c'était sa patronne. Lorsqu'ils ont décidés de divorcer, ma mère ma soeur et moi avons déménagé dans la ville ou on s'était le plus plu, et ou j'avais grandi jusqu'à mes huit ans. Suite a ça pas-mal de soucis avec les histoires de gardes, de pension alimentaire, et encore aujourd'hui de biens immobiliers, bref. Mon père a fini par déménager deux ans plus tard dans la même ville que nous, ce qui a réglé les problèmes de trajet. Toute ma vie j'ai eu des problèmes avec lui. Lorsque j'était petit je me souviens avoir dit clairement et sans raison a ma mère: "je ne l'aime pas, papa". Ma mère m'a dit que lorsqu'elle était enceinte de moi, il lui disais qu'il m'imaginais plus grand que lui, fort, sportif (mon père était rugbyman). Je pense que je l'ai toujours déçus: je suis bien plus petit que lui, les sport de balles me cassent les couilles au plus haut point, et je fait de la musique. Bref tout ça pour dire qu'on arrivais toujours a s'embrouiller pour tout et rien. Les devoirs étaient la cause la plus récurrente. J'allais chez lui un weekend sur deux et a chaque fois c'était chiant vus qu'il ne savais pas décorer son apart' autrement qu'un garage, qu'il ne le nettoyais pas, qu'il ne mettait pas le chauffage, et que le ballon d'eau chaude était souvent étain pour "faire des économies" et parce que "il n'y a que les sales qui se lavent"... Tout ça pour en arriver au fait qu'un jour ou il me faisais chier pour les devoirs et que le ton commençais a monter. On finissais par se reprocher des trucs mutuellement jusqu’à ce que je pète un câble et que je tente de m'en aller. évidement il m'a retenu et a fini par s'asseoir sur une chaise devant ma porte pour que je ne sorte pas. J'était énervé et commençais a l'insulter. Il m'a pris par le col et m'a mis des claques sans s’arrêter. Il a des mains énorme et il ne se retenais pas. Au bout de plusieurs claques a déboîter une nuque, j'ai décidé de me défendre et je le frappais de toutes mes forces sans grand résultat puisqu'il fait 1m80 et plus de 100 kilos. J'avais peur pour ma sœur dans la pièce d'à coté, peur pour moi car je sentais qu'il ne retenais pas ses coups. J'essayais de lui mettre des coups de genou l'entre-jambe puis de foncer vers la porte mais il me rattrapais. Je paniquais. J'ai ouvert le velux en espérant pouvoir m'enfuir par les toits mais il m'a rattrapé par la jambe et m'a mis au sol. J'était tombé violament et j'avais mal au dos et a la tête. Je me suis relevé et quand j'ai essayé d'aller vers la porte, il m'a attrapé le bras et l'a retourné. Il a dit "Calme toi sinon je le casse". je sentais mon coude craquer, alors je l'ai laissé faire, et il m'a mis le bras dans le dos. Je me débattais en vain. Il appuyais avec son genou derrière le mien. Je résistais, je voulais rester debout pour avoir encore une chance de m'enfuir. J'entendis un craquement dans ma jambe lorsqu’elle céda. Il me mit au sol. Je voulais me débattre mais j'avais mal dans tous mes membres et surtout dans ma jambe. Il me jeta sur le lit, et il me maîtrisa de manière a ce que je ne puisse plus bouger. Au bout de quelques secondes, il se redressa et me pris dans ses bras et commença a me faire des bisous sur la joue. Il dit "Je suis désolé pardonne moi", puis soudain il se redressa en me regardant et dit "au mon dieux il faut appeler le samu" et commença a composer le numéro, puis il raccrocha et dit "non tu l'a bien mérité" et il me mit une claque. Il reprit en boucle ses action puis sortit de ma chambre en me laissant sur le lit et il dit "J'espère que tu es calmé". Je reprenais mes esprits, j'avais mal a la tête et a ma jambe, j'avais des égratignures aux bras. Je me levais comme je pouvais et je sorti de ma chambre en traînant de la jambe. Je vis mon père dans le salon avec les clefs de la porte dans la main. Il dit "Tu ne pourra pas l'ouvrir maintenant". Je marchais vers le placard ou était rangé les outils. Je pris un tourne-vis et je me dirigeais vers la porte pour essayer de forcer la serrure ou d'essayer quoi que ce soit pour partir. Je me retournais et vis mon père qui criait "tu veux me planter c'est ça?! Vas-y mais je te préviens ça vas saigner!" Il prit le tourne-vis et fit semblant de se planter avec en criant "Bah vas-y fait le!". Ma sœur avait appelé ma mère a ce moment la. Mon père me ramenais de force dans ma chambre. Quelque minutes plus tard j'entendis ma mère entrer et parler avec mon père. Je sortais et elle se précipita vers moi en criant sur mon père. Elle me dit "Fait tes affaires on s'en vas". Je rassemblais mes affaires et j'entendais mon père protester et rabâcher a ma mère ce qu'avais décidé le juge au niveau des gardes. Quelques minutes plus tard nous quittions l'appartement dans la hâte. Après ça j'ai fait un radio de la jambe ou on voyais du cartilage déplacé mais rien de grave, et j'ai porté plainte contre mon père. Je suis sensé ne le voir plus que deux heures par mois dans une association ou je suis traité comme un délinquant ou des gens mal formé tentent de voir une signification cachée a tout ce que je dit. Il a trouvé du travail en Algérie et est partis sans en informer le juge ou l'association. Ma sœur n'a pas eu les mêmes droits que moi est toujours obligée d'aller chez lui lorsqu'il est en frange puisqu'elle n'a pas été jugée en danger car elle n'a pas été frappée (justice française de merde). Maintenant je ressent la plus grande colère possible envers cet homme que je ne considère plus comme mon père. Il m'a trahis moi, ma sœur et ma mère. Je le hais et j'espère de tout mon cœur qu'il disparaisse d'une manière ou d'une autre. Je veux que tout ce qui s'est passé arrête de revenir dans mes pensées, alors je brise le silence.

Maintenant j'ai moins d'embrouilles, je suis le plus optimiste possible en tout point, je heureux, bref. Merci a ceux qui ont lu mon histoire et merci a pouhiou pour m'avoir incité a briser le silence.

Balais-couilles    3 janvier 2016   

Juste un petit post pour répondre à Kanata : t'excuse pas, moi j'aime bien te lire, comme j'aime lire tous les témoignages ici.
Merci à toi et merci à tous ceux qui postent, je suis heureuse de lire vos témoignages.
Kanata, si tu veux parler : jeanne.candy@outlook.fr

Victoire    5 mars 2016    Paris   

Désolé pour le pavé, le but ici est de ne pas se taire et j'ai trop de choses à dire...

Je suis une fille qui ne s'est jamais sentie comme les autres, sans jamais comprendre pourquoi. Je ne me suis jamais vu comme les autres me voyaient. Quand j'étais jeune, on a fait une pièce de théâtre. Alors que les autres filles voulaient toutes avoir le rôle de la princesse, j'ai décroché celui du prince charmant. J'ai joué devant une salle remplie de parents en laissant parler cette personne au fond de moi qui n'avait jamais eu l'occasion de se faire voir, et tout le monde a adoré la pièce. Je m'en souviens encore aujourd'hui, même mes parents en parlent avec le grand sourire et me disent que j'étais resplendissante.
Il m'a fallu plusieurs années avant de comprendre en quoi j'étais différente des autres. Au début de l'adolescence, je voulais être féminine, parce que je voyais toutes ses star qui sont magnifiques et je voulais être comme elles. J'étais une ado complexée qui se cherchait sans se trouver. Encore une fois, je ne me voyais pas comme j'étais réellement, pas comme les autres me voyaient. Je m'idéalisais sans comprendre que je ne pourrais jamais être comme ses stars de magazines. Je ne l'ai compris que quelques temps après, quand j'ai commencé à vouloir réellement être moi-même et cesser d'être le mouton derrière qui suit les autres.
Puis j'ai compris. Il y a à peine quelques mois, complètement par hasard, je me suis imaginé vivre une autre vie. Être le contraire de ce que j'étais à ce moment-là. Être plus fort, autant physiquement que mentalement; avoir mon propre avis et ne pas suivre celui des autres; dire ce que j'ai envie de dire, sans qu'on me le restraigne; être la personne que j'avais toujours voulu être. C'est là que je me suis imaginé être un garçon. Pas un homme comme on en voit dans les magazines, musclé et bronzé avec une grosse voix. Non, je voulais juste être un homme, un vrai, celui qui n'est pas retouché mais qui sait plaire au naturel. Je voulais être fort, je voulais laisser tomber mon image de petite adolescente soumise et faible. Alors j'ai pris une décision, j'ai décidé de vivre pour moi-même et de mener ce rêve jusqu'au bout. En devenant un homme, en devenant ce que j'aurais dû être depuis la naissance.
Ma mère ne m'a pas compris. Elle ne me comprend toujours pas. Parfois je me demande si quelqu'un me comprend réellement. Changer de sexe, c'est presque tabou. Tout le monde est censé être heureux dans son sexe d'origine. La majorité des gens ne peuvent pas comprendre ce que ça fait de se regarder dans le miroir et de se dire ''Ce n'est pas moi, ce ne sera jamais moi''. De se trouver affreux, de penser être un monstre, une erreur de la nature, une atrocité qui ne mérite pas de vivre en ce monde. Parce que je ne suis pas normal, parce que je ne vais jamais l'être, parce que je ne l'ai jamais été.
J'ai chialé pendant la vidéo, chialé en repensant à toutes ces années de peur et de mensonge, chialé en me disant que tout le monde, sans s'en rendre compte, me voit déjà comme un homme. J'ai continué le théâtre et jamais je n'ai eu de rôle féminin, pourtant ma mère s'entête à me dire que je ne suis pas un garçon, que j'ai toujours été une fille et que ce n'est qu'une passe de l'adolescence où on se cherche et on ne se trouve pas. Je crois que seul le temps pourra nous dire lequel de nous deux a eu raison, mais pour le moment, c'est encore dur pour moi de me taire et de ne pas crier au monde entier que je ne serai jamais la petite fille charmante qu'ils ont voulu que je sois.

J'ai 15 ans, je suis un homme piégé dans un corps de fille qui souffre de dépression et qui est victime d'incompréhension de la part de la société.

Kuromitsu    18 mai 2015   

Ce que j'aime aujourd'hui c'est qu'on ne montre jamais aux enfants qu'il existe autre chose que le prince et la princesse. C'est vrai que je préfère mille fois attendre d'être au collège pour me faire insulter de gouinnasse parce que je me bagarre un petit peu. Et c'est tellement plus amusant d'aller sur internet pour savoir ce que veut dire "PD" et "trans". Aaah ya pas à dire ça forme la jeunesse.

Et puis cachons le plus longtemps possible aux enfants que le genre n'est pas lié au sexe ou à l'orientation sexuelle. Parce que sinon ils nepourront plus rentrer dans le moule que la société a formé pour eux, et ça c'est vraiment triste.
Oui, parce que ce qui est bien avec leurs conneries c'est qu'on finit pas croire que oui : tu n'as pas le droit de jouer avec cette petite voiture car tu n'as pas de pénis. Et même pas besoin que tes parents te le disent personnellement. La télé fait si bien le travail !

Alors on se retrouve comme des cons à ne plus rien dire.

Parce que se taire c'est plus facile que d'annoncer à ses proches que l'on va entreprendre une démarche de transition car tu n'en peux plus de vivre dans la prison qu'est ton corps.

Parce que se taire c'est plus facile que de dire "Non" à cette personne qui balade ses mains sur toi. Parce que de toute façon personne ne comprends qu'un attouchement n'a pas besoin d'être sexuel pour te traumatiser.

Parce que se taire c'est plus facile que d'expliquer que tu es asexuel et que tu ne vois pas en quoi "être amoureux et ne pas envisager pas de coucher" est un problème . D'ailleurs tu trouves aussi stupide de se limiter à un modèle binaire. Pourquoi être forcément 2 dans une relation amoureuse ?

Et que de toutes façons, avec ta voix d'adolescent qui n'a jamais mué, avec cette voix trop haute qui passe mal au téléphone, tu n'as plus envy de parler.
Parce que tu n'es pas assez "vrai" pour parler avec les cis comme un cis. Parce que pour eux, un homme sans pénis, ça n'a pas le drot d'être en couple avec un homme gay. Parce qu'au fond, c'est vrai, c'est pas du jeu.

Et moi je trouve ça vraiment bien de voir une communauté, opprimée à cause de son "orientation sexuelle déviante", opprimer une autre communauté pour son "identité déviante". C'est tellement cool autant de solidarité. Je me demande si les déportés juifs crachaient sur les déportés gays tiens.

Heureusement, dans ce monde perdu et sur l'immensité d'internet on trouve parfois une bouée. Et cette bouée ce sont des gens qui osent dire des trucs à travers des projets, montés sur le web en cachette, des gens qui osent parler.
Cette bouée pour moi c'est la communauté bronies, une masse de gens qui regardent My Little Pony, en s'en foutant pas mal de leur genre, de leur sexe et de leur orientation sexuelle. Et voir tant d'ouverture d'esprit, croyez moi, ça fait du bien.

Alors aujourd'hui je tue un peu le silence. Parce que ça fait du bien.
De parler.

SuperPony    17 mai 2015   

ok, l'activité est au ralenti,
ok, les gens sont partis en vacances,
ok, les nouvelles technologies créent une certaine individualité.
Mais ho ho, nous sommes là aussi.
Oui je brise le silence et je m'indigne.
J'ai travaillé toute ma vie, j'ai fait ce qu'il fallait pour élever ma fille et lui donner une vie convenable et confortable.
Aujourd'hui, Corinne a 44 ans, elle est maman de Marine 20 ans et vivent dans le département des pyrénéens atlantiques.
Elles ne viennent pas me voir et ma fille ne veut pas me recevoir.
Es ce ma faute si j'ai vieilli?
Es ce ma faute si on me laisse seule?
La solitude fait peur aux autres mais je n'ai pas choisi cette vie, j'ai pourtant essayé mais je suis lasse et fatiguée d'employer mon énergie à construire une vie de famille et avoir une vie affective.
Malgré tous mes efforts, je croise toujours des gens qui me correspondent pas, qui cherche à m'exploiter, à abuser de moi et me laisser seule.
Je me dis que ce n'était pas, les bonnes personnes, on ne peut pas plainre à tout le monde au risque de plaire à n'importe qui.
J'ai fait tout : travailler, élever ma fille seule au risque d'elle mal considérée par la famille, la société et les gens bien pensants; j'ai aidé mon prochain, par le don de soi (bénévolat gratuit), j'ai donné et encore donné et aujourd'hui qu'es ce qu'il reste : la solitude.
Quelle déconvenue.
Bien c'est dit, mais es ce que les mentalités font changer, c'est long ....
Je suis lasse et fatiguée de me battre contre l’imbécillité humaine et il y a de quoi faire....
Pour terminer une citation à méditer"nous devons apprendre à vivre ensemble comme des frères, sinon nous allons mourir tous ensemble comme des idiots"M L King

capucine    7 août 2015    libourne   

Je n'ai jamais vraiment su qui j'étais, comme la plupart des personnes de 20ans, et j'espère le découvrir. Je sais simplement que lorsque je ne m'habille pas "comme une fille", comme ils disent, j'ai le droit à des remarques telles que "t'es pas très féminine quand même, tu pourrais mettre un peu de maquillage, te lâcher les cheveux, et puis les robes ça t'irait bien". J'aimerais bien leur dire de se mêler de leur fesses, mais je préfère ne pas répliquer. De peur que ça dégénère. J'ai aussi droit à LA question: "mais toi, t'es lesbienne ?" Ça me fait rire parce que c'est comme si je demandais à cette personne, en me basant sur l'épaisseur de ses sourcils: "mais toi, t'aimes les kebabs en fait?"
J'ai essayé de répondre cela une fois, et la personne m'à répondu "mais ça n'a pas de sens!"
Précisément chaton. Ça n'a pas plus de sens que ce que tu as dit à propos de mon potentiel amour pour les autres femmes.

Message un peu désordonné, écrit comme ça venait. Un besoin de gueuler un peu! Merci

Arxia    5 juillet 2016    Paris   

#CulPouhiou : des chroniques vidéo où l'on parle sexe, corps et sexualités sans fard ni jugements.

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