14 mai 2015

Les Témoignages

Retrouvez ici les témoignages de celles et ceux qui ont voulu parler, dire ce qui ne se dit pas.

All  

Je veux pas que ça recommence. Jamais. Et pourtant c'est là.
J'allais mieux. Je n'ai pas le droit de rechuter.
Je ne pleurerai pas. Je ne me complairai pas dans ma souffrance.
Je veux guérir. Plus que jamais.

Rousse    15 juin 2020  
À Asryanax  

Tout s'arrange. Même pour toi. Même pour nous, les "dépressifs".
Courage 💕

Rousse    27 mai 2020  
Idiotie  

Revenir ici, c'est toujours un pari contre ma stupidité.

Les choses changent, c'est indéniable, elles vont en s'améliorant. Je vis une vie presque normale. Je peux sortir quand les circonstances le permettent, je peux aller en cours, je peux faire des choix (enfin s'ils ne sont pas trop durs mais voilà...). Pourtant après deux ans de médication, trois ans de thérapie, des cachets épuisés, des coups de téléphone passés par centaine, des rencontres, des litres de larmes, des centaines de crises d'angoisse, des centaines de scarifications, je me demande si je pourrai vivre une vie normale. Je ne demande pas grand chose, enfin j'ai l'impression. Parce que même si indéniablement j'avance, j'ai souvent l'impression de reculer.

Mon souhait le plus cher actuellement, ce serait de pouvoir déprimer normalement. Je veux pouvoir déprimer comme quelqu'un de normal. Je voudrais pouvoir déprimer sans avoir envie de me suicider. Ce serait cool.

On peut vivre en étant suicidaire, je peux en être une preuve. Mais maintenant j'aimerais vivre bien.

Astyanax    24 mai 2020   Monde   
All  

Pourquoi mon cœur se serre à nouveau ? Serai-je acceptée encore quand reprendront les interactions sociales ? Est ce que je vaux encore quelque chose ?

Rousse    23 mai 2020  
All  

Sourire. Faire semblant.
J'allais mieux. Je n'ai pas le droit de rechuter.
Cette fois je ne me plains plus. Je cache ma souffrance au fond de moi.
Et je souris.

Rousse    18 mai 2020  
Une révélation  

Il y a peu de temps, j'ai revu ma cousine A. au mariage d'un membre de ma famille.
Le lendemain ma mère m'a parlé d'elle: elle m'a demandé si j'avais vu ses cicatrices puis m'a parlé de leur discussion. Je savais qu'elle se scarifiait car deux ans plus tôt j'avais reconnu les cicatrices de ses bras. Ma mère n'était pas du tout familière de la scarification, à tel point qu'elle a sincèrement cru que A. avait des griffures de ronciers. Je pense que c'est également pour cela qu'elle m'en a parlé, ne réalisant pas nécessairement la gravité de l'information et ayant certainement besoin de l'exprimer tout haut pour mieux l’appréhender.
Ma mère m'a alors dit: "Heureusement, aucun de vous [de la fratrie] n'a été concerné par ça, ni personne autour de nous". J'ai été plongée dans des émotions contradictoires. D'un côté le soulagement profond de ce que j'ai toujours espéré depuis le premier jour, à savoir que le camouflage de mes cicatrices avait toujours fonctionné, et que la souffrance de leur existence n' avait jamais été infligée à ma mère. Mais alors que cet apaisement aurait dû me combler, la pointe d'une autre émotion m'a percée, comme une sorte de tristesse ou de regret. Comme si malgré ma terreur à l'idée qu'un de mes proches puisse souffrir de mes scarifications j'avais eu l'espoir qu'elles soient vues...

Je n'arrive pas à supporter cet espèce de "regret", je le refuse: j'ai toujours eu le plus grand soin en toutes circonstances de cacher mes actes (allant même jusqu'à choisir les jours en fonction de la température pour mieux me camoufler). Aujourd'hui je sais que mes efforts ont payé, même si il aurait été mieux ne pas me scarifier, et que les êtres qui me sont chers n'ont pas eu à subir: heureusement, je crois que je ne l'aurais pas supporté.

Ythlingas    1 janvier 2020   France   
Poison  

Comme un poison, la pensée se répand dans mon corps.
Je veux mourir. Ma vie n'a aucun sens. Je n'ai aucun intérêt. Je suis fade. Je suis difforme. Je ne veux plus de cette vie qu'on m'a offerte.
Pour l'instant ce n'est qu'un léger vertige. Mais jusqu'à la paralysie, le poison se répandra. Et alors je ne pourrai plus penser.

Rousse    20 novembre 2019  
Marée montante  

Sur le sable chaud, je me prélasse. Tu me souris, et le soleil me réchauffe. Je suis heureuse, et je sais que je peux l'être encore. Ça y est, la vague est passée, mes poumons sont libérés, je suis vivante.
Mais au loin, à l'est, le ciel change déjà de couleur. La nuit va tomber. Le soleil de tes yeux laisse place à la lumière orangée de la ville, et c'est à ce moment que je la sens. La marée montante. Elle est là, glaciale, elle me lèche les pieds. Bientôt, elle me recouvre et me prend à la gorge. Je ne peux plus respirer, j'étouffe ! Je me débats, mais la houle est forte, et chaque mouvement s'accompagne d'une sensation de noyade. Tandis que je lutte, j'aperçois le canot qui me sauvera. La lame dans ma chair qui m'offrira quelques instants de répit pour que je puisse aller me brûler la peau sous l'eau chaude pour chasser le froid glacial de mes angoisses.
Et là je m'effondrerai jusqu'à demain matin, en pleurs, seule, attendant la mort.
Puis, doucement, au terme d'une longue agonie, le sommeil chassera cette eau noire et sans fond. Et demain matin, je me lèverai avec le soleil, pour retrouver ton sourire, et le mien. Jusqu'à la tombée de la nuit. Jusqu'à la prochaine marée.
Je veux que tout s'arrête.

Rousse    4 novembre 2019   Gre'   
Solitude et porno..... combo de l'horreur  

Je viens de ressortir d'un visionnage qui m'a écoeuré.e...
J'aurais eu quelqu'un a côté de moi, la personne que j'aime... j'aurais pu en parler. Et ben non.
Au final je réalisé que je suis devenu.e trop curieux.se de ces sal*peries que j'en ai perdu la personne qui m'était la plus chère au monde... Trop de questions/curiosité pour des choses qui ne me regarde pas du tout... On aurait pu faire du chemin ensemble, ça aurait pu m'aider avec cette curiosité que j'ai, et qui me fait retomber de devenir quelqu'un d'anxieux et de stressé et ben non.
Je suis quelqu'un de droit pourtant. En tout cas je le pensait..... Mon premier amour..... Et j'ai tout gâché....
Il y a peut-être des chances que je le récupère mais je sais même pas si je suis capable de ne plus lui faire peur... Je me sens obsédé.e par ces choses.... Jai même plus de désir j'y vais par automatism, Puis toujours, ça se retourne contre moi je tombe sur des trucs dégueu puis finit par me sentir mal.... Repenser à ce que cette quête d'excitation m'a fait rater.... Ça me degoute.... Me dire que ma moitié allait mal et que moi j'étais sur ça... Ça me dégoûte.......

Requin23    5 octobre 2019  
Un silence très lâche...  

Bonjour,
J'écris ici parce que j'ai été abandonnée. Lâchement. En couple durant deux ans ,on m'a jeté à la porte un soir de juillet. Je m'y attendais pas. Je comprenais pas. L'homme en qui je me devais d'avoir confiance s'est retourné contre moi. Moi qui est toujours été là pour lui, qui est toujours voulu son bien, m'a jeté à la rue. Depuis c'est le silence. L'oubli. Le mépris. J'essaie d'avancer. Je sais que je mérite mieux. Cela me fait du bien de l'écrire ici. Merci de m'avoir lu.
A.

Papillon    9 septembre 2019   Colmar   

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