Les Témoignages

14 mai 2015

Retrouvez ici les témoignages de celles et ceux qui ont voulu parler, dire ce qui ne se dit pas.

Lettre au gars qui m'a insulté  

Avant que j'oublies, j'aimerais parfois te recontacter, ne serait-ce que pour te dire le mal que tu m'as fait. Mais la vengeance ne mène à rien....
Plus je me relis et plus je sens que tes mots, pour le peu de temps que tu me les as adressés, m'ont vraiment blessée à une époque où j'étais déjà brisée et que je n'avais personne à qui confier mes peines. Je ne te connais pas, je ne sais pas d'où tu viens mais je tenais à te faire savoir que partout où je vais, tes insultes sur mon apparence m'ont détruite. Elles n'ont pas ta voix quand je les perçois dans mon subconscient, mais elles reviennent. S'ajoutent discrètement à la haine qui a tourné en boucle dans ma famille. Alors je te le dis aujourd'hui, j'espère sincèrement qu'aucune de tes connaissances n'aura à faire à de telles insultes car elles font parties des choses qui restent et qui, si tu as le malheur de les entendre dans une phase difficile, resteront gravées toute une vie... Une part de moi aurait vraiment envie que tu souffres de ce que tu m'as infligé mais je me refuse à perpétrer le cycle. J'espère que le temps à fait son œuvre et que tu traites désormais les autres avec dignité et respect. Sincèrement.

Origami    21 avril 2018   
Saturation  

J'aimerais aussi me sentir bien dans ma peau. Ne serait-ce que quelques jours, ne serait-ce que pour réussir à distinguer le second degré des blagues sur la sexualité qui me mettent mal à l'aise... Pourtant j'ai encore peur, c'est comme si j'avais intégré l'idée que je n'étais qu'un être humain de bas étage. Que de toute façon si on se foutait de ma tête sur mon look queer, c'etait pour une raison... J'aimerais tellement pouvoir sentir que j'ai le droit d'exister.
J'espère retrouver l'euphorie qui m'a, pendant quelques mois, donné le droit d'être bien dans ma peau...
Je ne sais même plus contre qui diriger toute cette haine d'être née femme, socialement parlant. Je me sens juste honteuse d'exister... Je ne saurais même pas l'expliquer.

Origami    21 avril 2018   
All  

J'en ai assez de me battre pour exister . J'ai grandi avec le sentiment d'être un monstre parce que je ne me suis jamais pliée de façon définitive aux stéréotypes de genres. Pourtant, aujourd'hui encore, je continues à croire qu'une femme se doit de se sacrifier corps et âme pour les autres. Qu'une femme se doit d'avoir des enfants parce que c'est, le soit-disant, but de tout une vie. Qu'une femme se doit d'étouffer ses désirs pour satisfaire les autres... Dans le fond, j'en ai assez de cette guerre des sexes. J'en ai assez que des choses comme des écarts de salaires ne soient toujours pas résolus. Assez d'entendre les stéréotypes hideux que ma mère a fini par intégrer et avec lesquels elle me bassine si souvent. Assez que ce soit ses craintes de l'autre sexe qui m'ait poussé à l'isolement. Je m'en rends compte aujourd'hui et j'ai juste envie de pleurer et de disparaitre tant je me sens impuissante face à tout ça, j'en ai assez de me sentir être une erreur de la nature parce que je ne porte que rarement des vêtements dit féminins. J'aimerais me sentir en droit d'exister, et d'être autre chose qu'un "garçon manqué" qu'une fille dite "laide" j'aimerais juste me sentir humaine tout simplement...

Origami    21 avril 2018   
Superficiel  

Apres avoir lu tous ces temoignage et vu ce qui vous fait souffrir je me sens bete de racontez mon histoire qui n'est rien du tout comparee a ce que j'ai pu lire mais bon ... J'ai 17 ans et je suis bi je n'en ai parlez que a deux ou trois personne que je ne connaissait meme pas ma mere est parti et je vit avec mon pere a qui je n'ai pas le courage d'en parlez car il est homophobe il ne m'as pas elevee comme ca mais bon ... Fin voila je sais pas quoi dire ca me fait souffrir de devoir me cacher et je savait pas a qui en parlez donc je m'adresse a vous .. Bon corage a vous tous et merci a ceux qui m'ecouteront si il y en as .

Kev    31 mars 2018    Angouleme   
Désolé du dérangement et du post inutile  

J'ai malheureusement mal marqué mon adresse mail dans mon témoignage précédent , et ceci est la bonne: wallflowerpeace@gmail.com
Désolé pour le dérangement, j'espère que vous allez bien, que vous tenez le coup.

Sincèrement votre ami

Charlie    9 mars 2018    Ailleurs   
À apostrophe  

Bonjour/Bonsoir
Je viens de lire le témoignage d'Apostrophe posté le 3 mars et il m'a beaucoup touché. Je voulais te (Apostrophe) dire que je comprends ton ressentis sur ce que tu as dit, je ne me genre pas (je suis dans un corps de fille), j'ai l'impression de décevoir tous et toutes, et que ma vie au lycée est un échec. Si jamais tu veux parler de ça avec quelqu'un je te laisse mon adresse mail: wallflowerpeace@gamil.com
Et ne t'excuse pas pour avoir posté ton témoignage parce qu’égoïstement il m'a fait du bien, je me suis sentie compris.

Charlie    7 mars 2018    Ailleurs   
perte et douleur  

j’ai déjà, il y a maintenant un an ou deux, partagé un témoignage.
j’ai honte de le faire, honte de parler. je n’ai, par chance, jamais subit de viol, jamais été violentée par des membres de ma famille... pourtant je ressens le besoin de m’exprimer, de partager ce que j’ai sur le coeur, parce que ça devient trop lourd à porter.
pour commencer je suis née dans un corps de fille, j’adore être féminine, porter des jupes, des robes (même si mon physique ne me le permet pas toujours) et pourtant, je ne me sens pas comme une fille, et étrangement, je ne me sens pas non plus comme un garçon (remarquez que j’alterne mon « genrage » entre le il et le elle, même an l’écrit...) . j’ai le sentiment de n’etre rien, de n’être qu’une erreur de programmation dans la grande roue du hasard de la vie, d’etre coincé dans une équation sans fin et qui ne peut être résolue.
je ne sais pas qui je suis, ce que je suis, alors, comment pourrai-je faire quelque chose de ma vie?
je suis au lycée, et je n’ai pas de bonnes notes. je sais que ce ne sont ps les notes qui définissent l’intelligence mais pourtant je me sens débile, profondément. l’an prochain je devrais être pris dans une école qui « recrute » sur dossier, et le mien n’est pas bon, alors que je me donne du mal, que je travaille pendant le week-end, pendant les vacances, après les cours... mais rien n’y fait, je suis toujours nulle.
je ne fais que décevoir mes parents. je suis une source de déception et de tristesse pour eux, ils savent aussi bien que moi que je ne réussirais rien dans ma vie, ils me le disent parfois, quand eux aussi en ont marre du supporter ma connerie retentissante.
j’ai besoin d’aide, je ne sais pas laquelle, j’ai besoin de quelqu’un, j’en ai assez d’être seul et perdue, seule et perdu, j’en ai assez de n’en trouver ma place nulle part...
je suis désolé d’avoir posté ce message, je suis désolé de vous avoir fait perdre votre temps à lire ceci, j’ai juste besoin de vider mon coeur, et de dire ce que je ressens

apostrophe    3 mars 2018    Marseille et ses environs   
All  

J'ai écrit à plusieurs reprises sur ce site, en parlant de mon manque de confiance en moi, du fait que je ne m'aimais pas. Ça n'avait pas beaucoup de valeur, parce qu'au final je n'étais pas malheureux, et je ne le suis sûrement toujours pas aujourd'hui. La différence aujourd'hui, c'est que mon manque de confiance me fait faire souffrir les autres. Je n'ai pas le courage d'aller vers les autres, de susciter les rencontres; mais je ne veux pas être tout seul non plus; et donc j'essaye de créer des liens de toute pièce avec les gens que j'ai à portée de main, avec les gens que je ne peux pas esquiver; quand bien même ces derniers ne sont pas faits pour moi. Et parfois ils s'attachent vraiment, et moi non. Ils souffrent à cause de moi, et j'ai pas les couilles de tout arrêter. J'ai peur, parce que le faut que les gens souffrent ne me motive même pas à tout arrêter.

PY    16 février 2018    Paris   
Merci  

Chèi Mohn, j'ai lu ton témoignage en entier. Je t'envoie tout le courage, le soutien et l'amour dont je dispose.

Tu le sais déjà mais ce n'est pas ta faute. Il est coupable.

Et je remercie pour ces beaux mots plein d'espoir à la fin de ton témoignage.

Ambroise    20 janvier 2018    Paris   
Viol, à nouveau...  

Bonjour à toutes et à tous.

Il y a longtemps, j'avais posté un témoignage, des anciens viols, entres autres, subits lorsque j'avais moins de six ans
Petit résumé du contenu:
- Deux frères adolescents avec qui je m'entendais très bien, avaient trouvé un nouveau jeu: m'enfermer avec eux dans une caravane isolée, jouer au cheval fou (moi assise sur le dos de l'un, qui cabre ensuite pour me faire tomber sur le lit présent dans la pièce), faire celle qui a la jambe cassée à cause de la chute, et eux, faire les chirurgiens.
Le but de l'opération était bien entendu de me retirer le pantalon, la culotte, de sortir leurs "instruments" de leurs caleçon, de m'appliquer un coussin sur la figure pour "anesthésier" (comprendre étouffer d'eventuels cris) et enfin de pratiquer l'opération en glissant leurs instruments "dans le ventre". "Jeux pratiqué 5 fois donc 5 x 2 = 10, car oui, quand l'un avait fini, c'était au tour de l'autre.

- A 11 ans un pédophile a faillit m'enlever (Le cliché du pédo-photographe existe).

- Un parent qui me mâtait par le trou de la serrure vers mes 20 ans, et qui, tiens... pouf c'est magique, "Oh tu sais, il était en dépression depuis 4 ans, tu vooois, il ne se souviens pas de toooout..." No comment -_-

- Un mec qui m'a menacé de viol et de mort car je ne voulais pas coucher avec lui, vers 20 ans aussi. Une petite crise de la quarantaine cher monsieur?
Et d'autre joyeusetés mes ami(e)s

Donc nouveau viol a 22 ans, témoignage, c'est parti:

Barbecue de collègues, fin de la saison d'été. Mon binome de travail, Dimitri M (car oui, je balance les noms il n'avait qu'a pas faire de connerie, bisous a Sebastien et Jeremy E au passage pour m'avoir violé a 6 ans), bourré et défoncé (comme a son habitude) me demande si je peux l'heberger dans mon logement de fonction, car il a "égaré ses cléfs". Il sait que je suis en couple, et n'a jamais tenté quoi que ce soit, toujours très poli et courtois.
J'accepte, je possède une deuxième chambre dans mon logement.
Le soir venu, après avoir allégrement arrosé d'urine mon balcon, oubliant que je possede des toilettes pour faire les besoins naturels, (c'est tout de même plus pratique), Dimitri remonte (ou pas) sa braguette, se dirige vers moi qui n'a qu'une seule hâte, m'enfermer, parler avec mon copain sur Skype et de dormir.
Et là, mesdames, messieurs et autres, je vais décrire au mieux ce don je me souviens,le stress a effacé quelques passages.
* Blanc*
Je le gifle à deux reprises, j'hurles "je ne peux pas faire ça, je l'aime", je le frappe au torse, il me poursuit dans ma chambre.
*Blanc*
Je me retrouve assise sur le lit, déshabillée, il me fait un cuni, je répéte en boucle "Je ne veux pas le tromper, je l'aime!" en pleurant.
*Blanc*
Je suis allongée sur le lit, et je cris "Baise moi!" en pleurs, pour qu'il me laisse tranquille, tandis que mon cerveau ne comprend pas pourquoi je ne cours pas vers la salle de bain, pourquoi je ne hurle pas a l'aide, pourquoi je ne réagit pas.
Il se déshabille, je dis "Non je ne veux pas, je l'aime... c'est trop gros, ça ne passera pas, je n'aime pas ça!".
Il est sur moi, il enfonce sont sexe, 4 allers-retours, ça fait mal.
*Blanc*
Je suis dessus, 1 aller-retour, j'ai très mal.
*Blanc*
Je suis assise sur le sol, je crois que j'ai essayé de m'enfuir, Il a ses doigts dans mon vagin, jai mal, je dis "arrête." Il répond en enfonçant plus loin "Quoi, arrête!?"
*Blanc*
Il est allongé sur le lit, "tu veux pas me sucer un coup là?"
Je prends du lubrifiant pour ne pas avoir mal, au lieu de m'enfuir. Je m'approche de son sexe, je reste bloquée, en pleurs. Je pense à mon copain et"Pas ma bouche, pas mon visage", je me recroqueville contre un mur, répète en boucle en pleurant "je l'aime, je ne veux pas le tromper!" sans réaliser ce qu'il se passe. "Mais reste pas là au sol!" Je viens sur le lit, le corps agit tout seul.
Assise sur le lit, je vomit presque, il dit Il ordonne "Fais pas ça ici!"
J'ai froid, j'ai des spasmes. Je le pousse un peu et m'enroule dans les draps en tremblant.
Il vient derriere moi, m'embrasse le cou, le dos et commence à enlever les draps "arrête, je ne veux pas". Il s'arrête, recule, s'enerve et m'hurle dessus "C'est pareil avec les autres filles! au debut elles veulent et après non, c'est bon!"
*Blanc*
Je suis sous la douche, un peu de sang coule. Il hurle à travers la porte "je me casse d'ici, et moi au moins, j'ai la capacité d'oublier" et sort de l'appartement en emportant sa bouteille de Whisky.
*Blanc*
Il est dans mon appartement à nouveau, j'ai dû le faire rentrer. On discute, il "s'excuse" tout en se posant en victime, il essai de m'embrasser, je le repousse.
*Blanc*
"Non mais j'avais ma langue et mes doigts dans ta chatte...", en m'accusant de le repousser "Laisse moi t'embrasser! "
On discute. Je l'écoute car croyant avoir trompé mon copain avec lui, je devais l'écouter.
Je ne me souviens plus de ce que l'on a "parlé".
*Blanc*
Dans ma chambre, je me reveille dans le lit, à cause d'un bruit très fort ; je me retourne et vois Dimitri qui rentre dans la chambre. Je lui demande si le bruit ne venait pas de lui. Stupéfait car croyant que je dormais, il réponds que non, et sort de ma chambre.
...

Mais rassurez vous, je vais pas trop mal. Vraiment.
J'ai été en dépression entre mes 17 et 21 ans, principalement à cause de mon passé.
J'en suis sortie et ne compte pas y retourner.
Les Vendanges ont beaucoup aidées. J'ai fais la rencontre de personnes exeptionnelles aux origines, cultures et classes sociales differentes, avec lesquelles il était possible de discuter et avec une grande écoute et sincerité. Je les remercie encore.
Si une petite fille de 6 ans eu la force de survivre a 10 viols, elle peut survivre à l'age de 22 ans d'une petite merde, qui ne sais pas tenir son penis en laisse, et qui de surcroît est un drogué, alcoolique, dépressif et sans aucune volonté de s'en sortir.
Une citation qui lui convient tout à fait, de la serie Rick et Morty (que je vous conseille, elle est geniale ^^):
"Vous agissez comme une proie, mais vous etes un predateur! Vous utilisez la peine pour attirez vos victimes[..]"Oh regarder cette pauvre petite merde, je ne supporte pas les sourds grognement de son me flétrie"

Ne jamais se culpabilser.
Ne jamais se dévaloriser.
Ne jamais s'isoler. La solitude est une prison, non un cocon est embrouille d'avantage les pensées.
Ne jamais se faire le moindre reproche sur ses réactions ou non réactions (le stress les ami(e)s, le stress...).
Ne jamais croire en une sorte de punition car on aurait fait ou pas telle ou telle chose.
Ce n'est jamais de notre faute, jamais.
En parler ou l'écrire
Je sais que faire ou penser ceci n'est pas facile, voir même très dur, mais cela permet de pouvoir se battre, de s'en sortir.

Je vous aime tous, vous êtes tous courageux et courageuses d'écrire et de nous lire.
Courageux d'affronter les problèmes, les angoisses.
Courageux d'accepter de recevoir de l'aide.
Courageux de vouloir avancer.

Je vous aime et vous embrasse, très fort.

Chèi Mohn    13 janvier 2018    Hope