14 mai 2015

Les Témoignages

Retrouvez ici les témoignages de celles et ceux qui ont voulu parler, dire ce qui ne se dit pas.

Poison  

Comme un poison, la pensée se répand dans mon corps.
Je veux mourir. Ma vie n'a aucun sens. Je n'ai aucun intérêt. Je suis fade. Je suis difforme. Je ne veux plus de cette vie qu'on m'a offerte.
Pour l'instant ce n'est qu'un léger vertige. Mais jusqu'à la paralysie, le poison se répandra. Et alors je ne pourrai plus penser.

Rousse    20 novembre 2019  
Marée montante  

Sur le sable chaud, je me prélasse. Tu me souris, et le soleil me réchauffe. Je suis heureuse, et je sais que je peux l'être encore. Ça y est, la vague est passée, mes poumons sont libérés, je suis vivante.
Mais au loin, à l'est, le ciel change déjà de couleur. La nuit va tomber. Le soleil de tes yeux laisse place à la lumière orangée de la ville, et c'est à ce moment que je la sens. La marée montante. Elle est là, glaciale, elle me lèche les pieds. Bientôt, elle me recouvre et me prend à la gorge. Je ne peux plus respirer, j'étouffe ! Je me débats, mais la houle est forte, et chaque mouvement s'accompagne d'une sensation de noyade. Tandis que je lutte, j'aperçois le canot qui me sauvera. La lame dans ma chair qui m'offrira quelques instants de répit pour que je puisse aller me brûler la peau sous l'eau chaude pour chasser le froid glacial de mes angoisses.
Et là je m'effondrerai jusqu'à demain matin, en pleurs, seule, attendant la mort.
Puis, doucement, au terme d'une longue agonie, le sommeil chassera cette eau noire et sans fond. Et demain matin, je me lèverai avec le soleil, pour retrouver ton sourire, et le mien. Jusqu'à la tombée de la nuit. Jusqu'à la prochaine marée.
Je veux que tout s'arrête.

Rousse    4 novembre 2019   Gre'   
Solitude et porno..... combo de l'horreur  

Je viens de ressortir d'un visionnage qui m'a écoeuré.e...
J'aurais eu quelqu'un a côté de moi, la personne que j'aime... j'aurais pu en parler. Et ben non.
Au final je réalisé que je suis devenu.e trop curieux.se de ces sal*peries que j'en ai perdu la personne qui m'était la plus chère au monde... Trop de questions/curiosité pour des choses qui ne me regarde pas du tout... On aurait pu faire du chemin ensemble, ça aurait pu m'aider avec cette curiosité que j'ai, et qui me fait retomber de devenir quelqu'un d'anxieux et de stressé et ben non.
Je suis quelqu'un de droit pourtant. En tout cas je le pensait..... Mon premier amour..... Et j'ai tout gâché....
Il y a peut-être des chances que je le récupère mais je sais même pas si je suis capable de ne plus lui faire peur... Je me sens obsédé.e par ces choses.... Jai même plus de désir j'y vais par automatism, Puis toujours, ça se retourne contre moi je tombe sur des trucs dégueu puis finit par me sentir mal.... Repenser à ce que cette quête d'excitation m'a fait rater.... Ça me degoute.... Me dire que ma moitié allait mal et que moi j'étais sur ça... Ça me dégoûte.......

Requin23    5 octobre 2019  
Un silence très lâche...  

Bonjour,
J'écris ici parce que j'ai été abandonnée. Lâchement. En couple durant deux ans ,on m'a jeté à la porte un soir de juillet. Je m'y attendais pas. Je comprenais pas. L'homme en qui je me devais d'avoir confiance s'est retourné contre moi. Moi qui est toujours été là pour lui, qui est toujours voulu son bien, m'a jeté à la rue. Depuis c'est le silence. L'oubli. Le mépris. J'essaie d'avancer. Je sais que je mérite mieux. Cela me fait du bien de l'écrire ici. Merci de m'avoir lu.
A.

Papillon    9 septembre 2019   Colmar   
All  

J'en ai marre des gens ! J'en ai marre des humains, j'en ai marre de tous, tout, tout le monde ! J'en ai marre d'être humaine ! J'en ai marre d'exister ! putain !

et arrête de me juger ! merde !

Chat    20 juin 2019  
All  

Je suis heureuse que ce site existe toujours.
Pour faire court, j'ai fait une dépression que j'ai longtemps niée jusqu'à ce que ça aille mieux. Ça fait trois ans maintenant que je m'en suis "remise".
Mais en réalité j'angoisse encore, je me sens mal, je culpabilise... Je me suis rendue compte que c'était comme une deuxième peau dont je n'arrive pas à me débarrasser.
Récemment (il y a moins d'un an), je me suis enfin sentie prête à aller voir quelqu'un. Étant étudiante, je n'avais pas le choix que d'aller à un centre de santé universitaire. J'ai donc commencé à voir un psy mais dans le même temps j'ai ressorti la tête de l'eau, en me démenant comme une folle pour ne pas replonger. Au bout de 3 séances, le psy m'a dit que mes demandes n'étaient pas assez "incarnées". Il m'a fait comprendre que je ne souffrais pas assez par rapport à d'autres patients, et les services étant saturés, il m'a dit que nous devions espacer les séances.
Au final il a arrêté de me suivre car il a fini par savoir que la personne avec qui j'avais une relation était un de ses patients. Je ne vois plus de psy en ce moment. Les autres centres sont saturés et je n'ai pas assez d'argent pour m'en payer un.
J'espère que ça va vraiment aller mieux, mais parfois ça sort de nulle part, ces idées noires qui me détruisent, qui me bouffent. Je pense à me faire du mal une semaine sur deux, pour aucune raison.
J'ai peur de moi-même et j'ai honte d'être mal comme ça pour rien.
J'ai besoin d'aide, d'une vraie aide professionnelle, et je ne sais pas vers qui me tourner.

Esin    19 mars 2019  
Des choses qu'on ne dit pas  

La dernière fois que j'ai posté un témoignage, c'était il y un an et demi.
Maintenant que ce site est mort je pense pouvoir en réécrire un.
Voilà. Je me nomme Astyanax et j'aime prendre mes médicaments le matin. Je plaide coupable. J'aime prendre mes petits cachets blancs de paroxetine tous les matins. J'aime prendre mes antidépresseurs. ça y est je l'ai dit. Tout le monde le sait. Tout le monde me regarde avec des grands yeux. "Ah non je ne peux pas boire d'alcool à cause de mon traitement -ah tu prends quoi ? -des antidépresseurs -ah... Désolé..."
Désolé de quoi ?
J'aime prendre ces cachets. Ces cachets qui me maintiennent en un seul morceau. Ceux là même qui m'empêche de prendre ceux que je déteste (je vous déteste putain d'anxyolitiques, Xanax, Tercian, Atarax, allez tous vous faire foutre, vous qui embrouillez encore plus mon cerveau, vous qui me faîtes me sentir si misérables, connards). Alors merci antidépresseurs. Merci de me permettre de ne plus prendre ces putains d'anxyolitiques. Merci de me redonner une vie à peu près normale. Merci de me permettre de retourner en cours. Merci de me faire respirer.
Je vous connais par coeur. Cachet blanc, 20 mg, chlorhydrate de paroxetine. Deroxat pour les intimes de l'HP. On finit par avoir des préférences sur le labo même. Biogaran pas terribles, opercules nulles et cachets allongés (on les sent parfois dans la gorge quand on les avale). Mylan, ronds, plus petits, plus pratiques, plaquettes permettant de séparer les cachets individuellement, opercules plus simples.
La notice, je la connais quasiment par cœur. Eviter les AINS (aspirine et ibuprofen). Risque suicidaire chez les adolescents surtout dans les 2eres semaines. Catastrophique chez la femme enceinte. Effets secondaires sur la libido, la concentration, le sommeil.

Qui fait une déclaration d'amour à ses antidépresseurs ?
Personne.

Je le fais, comme à cette béquille qui permet d'alléger la douleur, le temps que l'os se répare
Un jour je dirais au revoir à ces médicaments, soulagée car ils me pèsent tout de même parfois, et je le ferais la tête haute. Mais en attendant, je les remercie de me permettre de vivre. Et de l'apprécier surtout.

Astyanax    10 mars 2019  
L’impact de le-silence-tue.fr sur la protection des LGBT en ligne  

Bonjour ,
J’ai pu voir que vous mentionniez federation-lgbt.org sur votre page suivante : le-silence-tue.fr/, et je tenais à partager avec vous ma gratitude concernant votre travail dans la promotion des sujets liés aux LGBT.
Je souhaitais juste vous suggérer de partager également un guide important sur la cybersécurité des LGBT, qui a été récemment publié. Saviez-vous que 73% des LGBT ont déjà été harcelés en ligne à cause de leur orientation sexuelle ou de leur identité de genre ? Ce guide a pour objectif d’assurer leur sécurité en de leur donnant les outils nécessaires pour se protéger en ligne.
https://fr.vpnmentor.com/blog/la-plupart-des-lgbtq-se-font-harceler-en-ligne-voici-comment-rester-en-securite/
J’ai plutôt apprécié les conseils qu’ils donnent pour chaque situation ainsi que des actions concrètes.
D’avance merci pour votre aide dans la protection des LGBT en ligne
Bien cordialement,
Jackie

Jackie Herriot    7 février 2019   na   
All  

Pourquoi ne pas apporter mon petit caillou à l'édifice ? C'est toujours l'occasion de vider mon sac et peut-être d'aider indirectement d'autre personnes, tandis que mon cocon se brise petit à petit. J'aimerais faire prendre conscience que le harcèlement "subtil", dissimulé, involontaire ou un climat malsain reste du harcèlement moral important.

Voilà maintenant 2 ans que j'ai arrêté de me voiler la face et ai réalisé que je suis une fille, une femme aujourd'hui. Les doutes et les envies que je considérais comme malsaine toute ma vie me sont enfin apparues comme une révélation quand j'ai réalisé que non, je n'étais pas seule. Mais pour situer le contexte, on est fin 2017, mon premier épisode dépressif ne saurait tarder à ce moment-là et j'entre en terminale. C'est à ce moment là que je me décide à parler de ma transidentité à mes parents, sachant que j'avais déjà out une amie à moi, mon ex (avec son autorisation) qu'ils connaissaient (car je m'étais out en tant que bisexuel quand on était en couple) pour prendre la température. C'est non sans un certain malaise que ma mère s'est efforcée à se montrer ouverte d'esprit et respectueuse, mais je n'ai pas tout de suite eu d'avis de mon père. J'ai fini par faire mon coming out par sms, ce à quoi ma mère a simplement répondu froidement qu'il faudra en parler à mon père. Mais attention, pas moi, elle et lui en privé. Bien sûr.

Quelques semaines plus tard, ma mère me parle soudainement de ce sujet de manière complètement abjecte, intrusive et me recommande directement de ne pas faire de transition, sous les yeux de ma petite sœur qui n'est absolument pas au courant et qui ne se gêne pas pour me dire que je suis "influençable", mais toujours en se cachant lâchement derrière mon amie. Quelques mois plus tard ça sera mon père qui orchestrera certainement le pire moment de ma vie, le moment où j'ai perdu toute mon estime pour lui. Le moment où, sous ses airs de personne réfléchies qui prend soin de vérifier ses sources, me sort des statistiques sans aucun lien avec la transidentité, me parle de dépression et de suicide parce que "la transition physique ne soigne pas la MALADIE MENTALE", me parle du regard des autres sur les fameux "transsexuels qui sont pas vraiment des filles ni des hommes et du coup c'est dégueulasse", traite les LGBTs de "fous", tout ça pour me faire peur, et toujours en prenant mon amie en exemple. Le tout en quelques minutes chrono. J'étais déjà au fond et n'aurais jamais trouvé la force de répondre quoi que ce soit, alors ça m'a définitivement achevé. Les mois qui ont suivi ont été un calvaire sans nom pour moi, je n'arrive pas à réaliser que je suis encore en vie aujourd'hui. Il y a eu d'autre fois où il mégenrait volontairement mon amie d'un air condescendant et a refusé que j'aille la voir pendant des mois en la traitant "d'homme homosexuel" et en pensant qu'on aller baiser comme des folles alors que nous avons rompu il y a des années.

Même si j'admets que la transphobie que j'ai subie est peut-être plus soft que celle de beaucoup d'autre trans qui ont du beaucoup plus morfler, ce qui pourrait ressembler à une crise d'ado, une "phase" comme disent certains ou une rébellion contre ses parents n'est rien de tout ça. Ma transidentité, je l'ai ressentie toute ma vie, j'ai connu cette puberté qui va dans le mauvais sens, ce moment où on se rend compte que non, on est pas "fou" et qu'on ne veut pas continuer à être vu comme ce qu'on est pas, ce qu'on a jamais été au fond. Quand on ajoute à ces événements familiaux le climat malsain, raciste, homophobe de ma classe de l'époque et les souvenirs incessant d'insultes ou d'agressions physiques dans le passé, c'est trop. C'est trop de ne pouvoir compter sur personne à portée de main, de se livrer impulsivement sur son compte twitter privé en boucle dans une grande chambre à écho ou tout le monde souffre avec nous de toute façon. C'est à ce moment là où, à 17 ans, je me suis dit "je veux en finir".

(Mais aujourd'hui ça va mieux mdr ça fait deux ans que j'attends ça, je vais bcp mieux globalement, même si j'ai pas encore d'hormones ou quoi que se soit et que la situation n'a pas vraiment bougée à part que je suis à la fac maintenant. Gardez espoir tout le monde, c'est ce que je veux que vous reteniez, tout finit toujours par s'arranger à un moment où un autre et vous valez pour quelqu'un, même si ce n'est qu'une personne, elle vous chérit, croyez moi. Et surtout, vous n'êtes pas seul.e.s <3)

Lili    15 janvier 2019  
All  

Je me suis dis que ça allait passé, comme les autres fois. Mais pas cette fois. Une semaine que je regarde mes bras en m'imaginant recommencer, prendre n'importe quoi et ouvrir ma peau. Je pleure de plus en plus, pour rien et n'importe quand. Je suis contente que tout mes amies soient occupés ou qu'ils m'aient oublier, comme ça j'inquiète personne. J'ai du mal à rester debout, à ne pas pleurer, à imaginer le futur. J'ai rien à dire, juste que le sommeil éternel me semble bien, comme ça je fais du mal à personne. J'ai peur. Au revoir, ou à bientôt

Kyrlie    27 octobre 2018  

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