14 mai 2015

Les Témoignages

Retrouvez ici les témoignages de celles et ceux qui ont voulu parler, dire ce qui ne se dit pas.

All  

Une fois de plus, je bouillonne... Je me suis réveillée ce matin, en fulminant. Ma première pensée du jour, c’était le rappel de ces mots, qu’elle a formulés hier : « tu vas être contente ! » Pourquoi ? Parce que le ton employé était grinçant, qu’il n’y avait pas une once de réjouissance dedans, et que c’était très déplacé dans ce contexte... Chaque jour est une bouffée d’angoisse, lorsque je dois m’y confronter. Pas facile d’être coincée seule avec sa patronne. Pas facile, chaque jour de constater ses efforts pour me briser sans enfreindre la loi... Pas facile de ne pas pouvoir quitter son travail aussi facilement. On se déteste cordialement, on se sourit avec réticence, et on se salue avec une hypocrisie consentie.
Je suis ici pour briser le silence, alors : je te hais, grosse morue !
Ça fait du bien, mais j’aimerais le lui crier au visage... Mais ça, ce sera sans doute pour une autre fois !

Rage    10 septembre 2020  
jsp  

Je sais pas pourquoi je reviens ici. J'ai retrouvé le truc que j'avais écrit en 2016 et ça m'a un peu fait rire.
Je crois que je viens ici parce que j'ai rechuté et j'ai même pas envie d'en parler avec quelqu'un, parce que c'est ce que j'ai toujours fait, dit oui aux gens qui me demandaient si je voulais en parler. Je m'apitoyais sur moi même pendant quelques dizaines de minutes en croyant que ça allait me faire sentir mieux, alors que je faisais que créer des liens malsains avec les gens.
J'ai rechuté et je me demande si ça a du sens parce qu'au fond peut être que je veux surtout que les gens VOIENT les cicatrices
Qu'ils se disent que je vais vraiment mal, sinon je ferais pas ça
En fait je crois pas qu'ils se disent ça, ça doit juste être moi
Ça fait 5 ans que je traine ce problème
Ce petit démon
J'ai mis du temps à comprendre que je me détestais vraiment
Je pensais que ça m'aiderait de comprendre ça mais ça change rien
J'avance pas

Melia    2 août 2020  
All  

Je veux pas que ça recommence. Jamais. Et pourtant c'est là.
J'allais mieux. Je n'ai pas le droit de rechuter.
Je ne pleurerai pas. Je ne me complairai pas dans ma souffrance.
Je veux guérir. Plus que jamais.

Rousse    15 juin 2020  
À Asryanax  

Tout s'arrange. Même pour toi. Même pour nous, les "dépressifs".
Courage 💕

Rousse    27 mai 2020  
Idiotie  

Revenir ici, c'est toujours un pari contre ma stupidité.

Les choses changent, c'est indéniable, elles vont en s'améliorant. Je vis une vie presque normale. Je peux sortir quand les circonstances le permettent, je peux aller en cours, je peux faire des choix (enfin s'ils ne sont pas trop durs mais voilà...). Pourtant après deux ans de médication, trois ans de thérapie, des cachets épuisés, des coups de téléphone passés par centaine, des rencontres, des litres de larmes, des centaines de crises d'angoisse, des centaines de scarifications, je me demande si je pourrai vivre une vie normale. Je ne demande pas grand chose, enfin j'ai l'impression. Parce que même si indéniablement j'avance, j'ai souvent l'impression de reculer.

Mon souhait le plus cher actuellement, ce serait de pouvoir déprimer normalement. Je veux pouvoir déprimer comme quelqu'un de normal. Je voudrais pouvoir déprimer sans avoir envie de me suicider. Ce serait cool.

On peut vivre en étant suicidaire, je peux en être une preuve. Mais maintenant j'aimerais vivre bien.

Astyanax    24 mai 2020   Monde   
All  

Pourquoi mon cœur se serre à nouveau ? Serai-je acceptée encore quand reprendront les interactions sociales ? Est ce que je vaux encore quelque chose ?

Rousse    23 mai 2020  
All  

Sourire. Faire semblant.
J'allais mieux. Je n'ai pas le droit de rechuter.
Cette fois je ne me plains plus. Je cache ma souffrance au fond de moi.
Et je souris.

Rousse    18 mai 2020  
Une révélation  

Il y a peu de temps, j'ai revu ma cousine A. au mariage d'un membre de ma famille.
Le lendemain ma mère m'a parlé d'elle: elle m'a demandé si j'avais vu ses cicatrices puis m'a parlé de leur discussion. Je savais qu'elle se scarifiait car deux ans plus tôt j'avais reconnu les cicatrices de ses bras. Ma mère n'était pas du tout familière de la scarification, à tel point qu'elle a sincèrement cru que A. avait des griffures de ronciers. Je pense que c'est également pour cela qu'elle m'en a parlé, ne réalisant pas nécessairement la gravité de l'information et ayant certainement besoin de l'exprimer tout haut pour mieux l’appréhender.
Ma mère m'a alors dit: "Heureusement, aucun de vous [de la fratrie] n'a été concerné par ça, ni personne autour de nous". J'ai été plongée dans des émotions contradictoires. D'un côté le soulagement profond de ce que j'ai toujours espéré depuis le premier jour, à savoir que le camouflage de mes cicatrices avait toujours fonctionné, et que la souffrance de leur existence n' avait jamais été infligée à ma mère. Mais alors que cet apaisement aurait dû me combler, la pointe d'une autre émotion m'a percée, comme une sorte de tristesse ou de regret. Comme si malgré ma terreur à l'idée qu'un de mes proches puisse souffrir de mes scarifications j'avais eu l'espoir qu'elles soient vues...

Je n'arrive pas à supporter cet espèce de "regret", je le refuse: j'ai toujours eu le plus grand soin en toutes circonstances de cacher mes actes (allant même jusqu'à choisir les jours en fonction de la température pour mieux me camoufler). Aujourd'hui je sais que mes efforts ont payé, même si il aurait été mieux ne pas me scarifier, et que les êtres qui me sont chers n'ont pas eu à subir: heureusement, je crois que je ne l'aurais pas supporté.

Ythlingas    1 janvier 2020   France   
Poison  

Comme un poison, la pensée se répand dans mon corps.
Je veux mourir. Ma vie n'a aucun sens. Je n'ai aucun intérêt. Je suis fade. Je suis difforme. Je ne veux plus de cette vie qu'on m'a offerte.
Pour l'instant ce n'est qu'un léger vertige. Mais jusqu'à la paralysie, le poison se répandra. Et alors je ne pourrai plus penser.

Rousse    20 novembre 2019  
Marée montante  

Sur le sable chaud, je me prélasse. Tu me souris, et le soleil me réchauffe. Je suis heureuse, et je sais que je peux l'être encore. Ça y est, la vague est passée, mes poumons sont libérés, je suis vivante.
Mais au loin, à l'est, le ciel change déjà de couleur. La nuit va tomber. Le soleil de tes yeux laisse place à la lumière orangée de la ville, et c'est à ce moment que je la sens. La marée montante. Elle est là, glaciale, elle me lèche les pieds. Bientôt, elle me recouvre et me prend à la gorge. Je ne peux plus respirer, j'étouffe ! Je me débats, mais la houle est forte, et chaque mouvement s'accompagne d'une sensation de noyade. Tandis que je lutte, j'aperçois le canot qui me sauvera. La lame dans ma chair qui m'offrira quelques instants de répit pour que je puisse aller me brûler la peau sous l'eau chaude pour chasser le froid glacial de mes angoisses.
Et là je m'effondrerai jusqu'à demain matin, en pleurs, seule, attendant la mort.
Puis, doucement, au terme d'une longue agonie, le sommeil chassera cette eau noire et sans fond. Et demain matin, je me lèverai avec le soleil, pour retrouver ton sourire, et le mien. Jusqu'à la tombée de la nuit. Jusqu'à la prochaine marée.
Je veux que tout s'arrête.

Rousse    4 novembre 2019   Gre'   

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