Les Témoignages

14 mai 2015

Retrouvez ici les témoignages de celles et ceux qui ont voulu parler, dire ce qui ne se dit pas.

Merci  

Chèi Mohn, j'ai lu ton témoignage en entier. Je t'envoie tout le courage, le soutien et l'amour dont je dispose.

Tu le sais déjà mais ce n'est pas ta faute. Il est coupable.

Et je remercie pour ces beaux mots plein d'espoir à la fin de ton témoignage.

Ambroise    20 janvier 2018    Paris   
Viol, à nouveau...  

Bonjour à toutes et à tous.

Il y a longtemps, j'avais posté un témoignage, des anciens viols, entres autres, subits lorsque j'avais moins de six ans
Petit résumé du contenu:
- Deux frères adolescents avec qui je m'entendais très bien, avaient trouvé un nouveau jeu: m'enfermer avec eux dans une caravane isolée, jouer au cheval fou (moi assise sur le dos de l'un, qui cabre ensuite pour me faire tomber sur le lit présent dans la pièce), faire celle qui a la jambe cassée à cause de la chute, et eux, faire les chirurgiens.
Le but de l'opération était bien entendu de me retirer le pantalon, la culotte, de sortir leurs "instruments" de leurs caleçon, de m'appliquer un coussin sur la figure pour "anesthésier" (comprendre étouffer d'eventuels cris) et enfin de pratiquer l'opération en glissant leurs instruments "dans le ventre". "Jeux pratiqué 5 fois donc 5 x 2 = 10, car oui, quand l'un avait fini, c'était au tour de l'autre.

- A 11 ans un pédophile a faillit m'enlever (Le cliché du pédo-photographe existe).

- Un parent qui me mâtait par le trou de la serrure vers mes 20 ans, et qui, tiens... pouf c'est magique, "Oh tu sais, il était en dépression depuis 4 ans, tu vooois, il ne se souviens pas de toooout..." No comment -_-

- Un mec qui m'a menacé de viol et de mort car je ne voulais pas coucher avec lui, vers 20 ans aussi. Une petite crise de la quarantaine cher monsieur?
Et d'autre joyeusetés mes ami(e)s

Donc nouveau viol a 22 ans, témoignage, c'est parti:

Barbecue de collègues, fin de la saison d'été. Mon binome de travail, Dimitri M (car oui, je balance les noms il n'avait qu'a pas faire de connerie, bisous a Sebastien et Jeremy E au passage pour m'avoir violé a 6 ans), bourré et défoncé (comme a son habitude) me demande si je peux l'heberger dans mon logement de fonction, car il a "égaré ses cléfs". Il sait que je suis en couple, et n'a jamais tenté quoi que ce soit, toujours très poli et courtois.
J'accepte, je possède une deuxième chambre dans mon logement.
Le soir venu, après avoir allégrement arrosé d'urine mon balcon, oubliant que je possede des toilettes pour faire les besoins naturels, (c'est tout de même plus pratique), Dimitri remonte (ou pas) sa braguette, se dirige vers moi qui n'a qu'une seule hâte, m'enfermer, parler avec mon copain sur Skype et de dormir.
Et là, mesdames, messieurs et autres, je vais décrire au mieux ce don je me souviens,le stress a effacé quelques passages.
* Blanc*
Je le gifle à deux reprises, j'hurles "je ne peux pas faire ça, je l'aime", je le frappe au torse, il me poursuit dans ma chambre.
*Blanc*
Je me retrouve assise sur le lit, déshabillée, il me fait un cuni, je répéte en boucle "Je ne veux pas le tromper, je l'aime!" en pleurant.
*Blanc*
Je suis allongée sur le lit, et je cris "Baise moi!" en pleurs, pour qu'il me laisse tranquille, tandis que mon cerveau ne comprend pas pourquoi je ne cours pas vers la salle de bain, pourquoi je ne hurle pas a l'aide, pourquoi je ne réagit pas.
Il se déshabille, je dis "Non je ne veux pas, je l'aime... c'est trop gros, ça ne passera pas, je n'aime pas ça!".
Il est sur moi, il enfonce sont sexe, 4 allers-retours, ça fait mal.
*Blanc*
Je suis dessus, 1 aller-retour, j'ai très mal.
*Blanc*
Je suis assise sur le sol, je crois que j'ai essayé de m'enfuir, Il a ses doigts dans mon vagin, jai mal, je dis "arrête." Il répond en enfonçant plus loin "Quoi, arrête!?"
*Blanc*
Il est allongé sur le lit, "tu veux pas me sucer un coup là?"
Je prends du lubrifiant pour ne pas avoir mal, au lieu de m'enfuir. Je m'approche de son sexe, je reste bloquée, en pleurs. Je pense à mon copain et"Pas ma bouche, pas mon visage", je me recroqueville contre un mur, répète en boucle en pleurant "je l'aime, je ne veux pas le tromper!" sans réaliser ce qu'il se passe. "Mais reste pas là au sol!" Je viens sur le lit, le corps agit tout seul.
Assise sur le lit, je vomit presque, il dit Il ordonne "Fais pas ça ici!"
J'ai froid, j'ai des spasmes. Je le pousse un peu et m'enroule dans les draps en tremblant.
Il vient derriere moi, m'embrasse le cou, le dos et commence à enlever les draps "arrête, je ne veux pas". Il s'arrête, recule, s'enerve et m'hurle dessus "C'est pareil avec les autres filles! au debut elles veulent et après non, c'est bon!"
*Blanc*
Je suis sous la douche, un peu de sang coule. Il hurle à travers la porte "je me casse d'ici, et moi au moins, j'ai la capacité d'oublier" et sort de l'appartement en emportant sa bouteille de Whisky.
*Blanc*
Il est dans mon appartement à nouveau, j'ai dû le faire rentrer. On discute, il "s'excuse" tout en se posant en victime, il essai de m'embrasser, je le repousse.
*Blanc*
"Non mais j'avais ma langue et mes doigts dans ta chatte...", en m'accusant de le repousser "Laisse moi t'embrasser! "
On discute. Je l'écoute car croyant avoir trompé mon copain avec lui, je devais l'écouter.
Je ne me souviens plus de ce que l'on a "parlé".
*Blanc*
Dans ma chambre, je me reveille dans le lit, à cause d'un bruit très fort ; je me retourne et vois Dimitri qui rentre dans la chambre. Je lui demande si le bruit ne venait pas de lui. Stupéfait car croyant que je dormais, il réponds que non, et sort de ma chambre.
...

Mais rassurez vous, je vais pas trop mal. Vraiment.
J'ai été en dépression entre mes 17 et 21 ans, principalement à cause de mon passé.
J'en suis sortie et ne compte pas y retourner.
Les Vendanges ont beaucoup aidées. J'ai fais la rencontre de personnes exeptionnelles aux origines, cultures et classes sociales differentes, avec lesquelles il était possible de discuter et avec une grande écoute et sincerité. Je les remercie encore.
Si une petite fille de 6 ans eu la force de survivre a 10 viols, elle peut survivre à l'age de 22 ans d'une petite merde, qui ne sais pas tenir son penis en laisse, et qui de surcroît est un drogué, alcoolique, dépressif et sans aucune volonté de s'en sortir.
Une citation qui lui convient tout à fait, de la serie Rick et Morty (que je vous conseille, elle est geniale ^^):
"Vous agissez comme une proie, mais vous etes un predateur! Vous utilisez la peine pour attirez vos victimes[..]"Oh regarder cette pauvre petite merde, je ne supporte pas les sourds grognement de son me flétrie"

Ne jamais se culpabilser.
Ne jamais se dévaloriser.
Ne jamais s'isoler. La solitude est une prison, non un cocon est embrouille d'avantage les pensées.
Ne jamais se faire le moindre reproche sur ses réactions ou non réactions (le stress les ami(e)s, le stress...).
Ne jamais croire en une sorte de punition car on aurait fait ou pas telle ou telle chose.
Ce n'est jamais de notre faute, jamais.
En parler ou l'écrire
Je sais que faire ou penser ceci n'est pas facile, voir même très dur, mais cela permet de pouvoir se battre, de s'en sortir.

Je vous aime tous, vous êtes tous courageux et courageuses d'écrire et de nous lire.
Courageux d'affronter les problèmes, les angoisses.
Courageux d'accepter de recevoir de l'aide.
Courageux de vouloir avancer.

Je vous aime et vous embrasse, très fort.

Chèi Mohn    13 janvier 2018    Hope   
060118  

Bonjour ou Bonsoir.

Aujourd'hui et depuis quelque temps rien ne va plus. Je pensais que j'arriverais à surpasser tout ça sans avoir besoin de me plaindre. Parce que j'ai l'impression de me plaindre en postant ce message ici mais bref. J'arrive plus à vivre, ça fait tellement mal. Je veux que la douleur s'arrête et que je me réveille un jour sans avoir envie de vomir. Ma famille et mes amies sont là mais j'y arrive pas. Ça serait tellement plus simple sans moi ici, sur Terre. Je suis pas une bonne fille, une bonne grande soeur, une bonne amie. Je suis incapable de communiquer mes émotions en face à face, je reste dans mon coin quand ça va pas. J'aurais aimé ne pas être moi, ça aurait été plus simple.

Charlie    6 janvier 2018    Ailleurs   
Anniversaire  

Voilà bien longtemps que je n'étais pas venue ici, peut-être ai-je préféré croire que je n'en avais pas besoin, que m'écrire à moi-même suffirait...
Seulement voilà, aujourd'hui est un jour un peu particulier (sans que cela concerne noël) et j'ai besoin d'en parler sans pour autant y parvenir. Pourtant mes amis sont au courant de mon état (et l'un d'entre eux suis même mon "évolution" depuis mars!), mais je ne peux me résoudre à leur dire ceci. Alors je vais user de l'anonymat de ce site qui me permet d'avoir l'impression de parler, mais sans en subir la moindre conséquence.

Aujourd'hui nous sommes le 25 décembre et ce jour a désormais une autre signification que noël pour moi. Désormais, il représente également le jour le plus précis que je puisse désigner comme le premier de ma dépression. Aujourd'hui c'est sûr: ma dépression dure depuis au moins un an, et le 5 janvier précisément (je l'ai noté) cela fera un an depuis que je me suis dis pour la première fois que je désirais mourir. Et alors que cette pensée m'avais terrifiée à l'époque, aujourd'hui elle est devenue une pensée des plus ordinaire pour moi...

Un an déjà et je me sens à bout. Comment font ceux qui supporte cela 10 ans? Je suis déjà usée et las d'exister... Survivre n'est pas une façon de vivre.

Un an déjà, le temps qui passe n'a plus de sens pour moi, j'oublie que sa course existe. Le temps et si long et si inexistant lorsque l'on se détruit.

Ythlingas    25 décembre 2017    Besançon/Lyon   
La mélodie du temps est devenue discordante.  

Je m'étais promis de ne plus rien écrire ici. De me battre, de m'accrocher à cet infime bonheur qui était là. Et pourtant. What I am doing with my life? J'ai compris qu'une vulgaire carpe ne peut pas devenir un bel oiseau. Et à vrai dire, je ne sais même pas ce que je fous là. J'ai rien à dire. Rien. Parce que rien ne va mais tout va bien.
Parce que le silence tue mais j'ai oublier comment le briser.

Jockye    9 novembre 2017    Ending   
Mensonge & transphobie  

Il y a environ 7 mois, j'ai rencontré un jeune homme au lycée. Il ne savait pas que j'étais un homme trans alors je lui ai tout de suite expliqué la première fois que l'on s'est parlé pour ne pas avoir de problème de mégenrage ou autre. Au début, il était très étonné car il n'avait jamais entendu le terme "transgenre", ni rencontré une personne trans, mais finalement, il a apprit à me connaître en respectant mon genre et mes pronoms et ce fut de même pour moi.

Très vite nous sommes tombé amoureux l'un de l'autre, tout en découvrant qu'il se définissait pansexuel. J'étais aux anges ! Car en effet je sortais d'une relation avec un pervers narcissique depuis 1 ans et demi, alors ce fut un renouveau. On se voyait tout les jours lui et moi et il me répétait à quel point j'avais à un bon passing et que j'étais le plus beau des garçons. Je me sentais vivant, compris, aimé. Et je l'aimais en retour, plus que tout. Mais au fil des mois, il devenait étrange, malsain...

Il vient d'une famille très aisée, contrairement à moi. Ses parents gagnaient énormément d'argent et ils le gâtaient beaucoup trop. Il m'avait dit que sa mère connaissait le milieu LGBT et qu'elle me comprenait. Quand je venait chez lui, tout le monde me parlait au masculin, en m'aimant comme je suis. Mais petit à petit, j'ai découvert que ses parents était contre la théorie des genres, qu'ils ne comprenaient pas mon "truc" et qu'ils me voyaient juste comme une fille masculine mais qu'ils jouaient le jeu pour ne pas me mettre en colère. Même chose pour sa grand-mère qui est la pire de toute : elle me caressait dans le sens du poil pour me critiquer sur ma féminité et me mégenrer derrière mon dos. Elle disait : "Il est quand même vachement féminin pour un garçon, pour moi c'est une fille un point c'est tout." alors qu'elle n'était pas au courant de ma transidentité. Tout ce lot de révélation m'a fait perdre l’équilibre et je me sentais trahi par ceux en qui j'avais confiance.

Il s'en est suivi un lot de disputes en rapport avec le véganisme, ses mensonges à répétition (il m'avait donné une image plaisante de lui au début : anarchiste, végétarien, ouvert, et friendly, mais c'était du bluff), sa flemmardise, notre sexualité, le fait que je refusais souvent de faire l'amour et de recevoir son sexe en moi, etc.
Le résultat final fut notre rupture.

Puis, quelques semaines plus tard, ce garçon m'a recontacté pour m'avouer que depuis le début il est hétéro, qu'il ne comprend rien aux genres et qu'il me voyait comme une fille depuis le début juste pour avoir mes fesses car j'étais son fantasme. Il voulait juste m'utiliser pour se dépuceler. Et ça, cela ne m'a pas étonné, car à chaque fois que je repoussais ses avances en terme de pénétration, il déprimait en disant qu'il ne voulait pas rester puceau toute sa vie, en disant que l'amour c'est ça et que les préliminaires ça ne fait pas tout. Il me dégoûtait. Il me proposait régulièrement des sodomies en prétextant que si je ne veux pas le faire par mes organes génitaux, y'a un autre trou. J'ai 17 ans. Quand je me forçait à lui faire une fellation, il ronchonnait en disant que je ne la mettait pas assez profondément. Il me demandait de porter de sous-vêtements de femmes ou encore des services sexuels précis et qui ne me plaisaient point. Il m'a déjà touché à certains endroits de mon corps alors que je n'étais pas consentant. Mais comme je l'aimais, j'exécutais. J'ai compris trop tard que c'était une série de viol. C'était juste un obsédé sexuel qui me manipulait pour avoir ce qu'il voulait, il savait très bien que si il ne jouait pas le jeu en me mégenrant au féminin, il n'aurait pas eu mon cul.

J'ai également découvert qu'il fantasme sur les garçons travestis. J'étais surement un jouet pour lui.
Aujourd'hui, il me dégoûte encore, mais j'ai tourné la page puisque je sors maintenant avec un garçon qui se définit gay et qui lui n'invente pas des mensonges pour avoir du cul, bien au contraire.

Si je peux te donner un conseil, toi qui me lis. Prends garde aux personnes qui te semblent trop parfaites pour être vraies.

Un Zèbre Trans    12 octobre 2017   
Message d'espoir  

Salut,
Je vous écris. Je t'écris pour te dire que je vais bien.
Il y a deux ans, j'étais en première, et j'ai découvert ce site.
Je me pensais alors fille (le mot "cis" n'existait pas) hétérosexuelle.

Aujourd'hui, je reviens. J'ai plusieurs posts, trois ou quatre, tous sous des noms d'emprunt, des noms différents. Un sous mon prénom de naissance.
Aujourd'hui, je t'écris sous mon vrai prénom : je m'appelle Raphaell. Sous ma vraie identité, pas celle choisie arbitrairement à ma naissance, sans mon consentement, sur la base de mes organes génitaux.

Eh oui, je suis trans ! Je suis non-binaire et je suis bi.
Et je suis heureux.

Deux ans après mon dernier post. Je reviens vous écrire. Que je suis. Heureux. Au masculin.

Je voulais vous dire, ma vie n'était pas si terrible que ça : j'avais de l'argent, un toit, une famille, des ami-e-s.
Aujourd'hui, j'ai la chance d'avoir encore tout cela.

Bref, je poste pour toustes celleux qui perdent l'espoir, ou qui l'ont perdu, pour vous dire : Il y a deux ans, j'étais mal, extrêmement mal. Je ne m'aimais pas, je n'arrivais plus à me faire d'ami-e-s, j'étais perdu.
Aujourd'hui, je me suis trouvé, je me suis fait des ami-e-s et j'ai une copine.

Voilà, courage à toustes, vous êtes toustes merveilleux-ses.
Merci encore et infiniment pour ce site, qui m'a tant sauvé durant mes années lycée.

Raphaell    7 octobre 2017    J'ai retrouvé mon chemin dans Paris   
H.O.P.E. : Hold On, Pain Ends.  

Souvent, quand je viens ici, j'hésite. Entre un message de réconfort pour toutes ces âmes perdues qui cherchent désespérément la lumière et vider mon sac, moi aussi, briser le silence sur tous ces squelettes dans le placard, dont les fantômes me hantent perpétuellement, c'est quoi, le plus important ?
Parfois, je me dis que j'ai de la chance, finalement. Avoir grandi dans la peur, dans la douleur, dans l'adversité, ça forge. L'expérience, ça compte. Quand je lis certains témoignages, j'ai l'impression de m'entendre il y a quelques années, quand seul mon Word me tenait compagnie, lors de ces nuits de solitude irrémédiable. Alors si je devais vous dire quelque chose, ce serait que tout a une fin. Vous en avez sûrement déjà conscience quand il s'agit de bonheur ou de plaisir, de toutes ces choses qui nous font du bien. Mais tout le reste aussi a une fin. Toutes ces questions qui vous hantent, elles disparaîtront. Toutes ces blessures qui vous paralysent et vous font souffrir, elles s'estomperont avec le temps. Je ne dis bien sûr pas que tout guérit, qu'il ne restera plus une trace de tout ça. Mais un jour, vous serez capable de vous retourner, de regarder derrière vous et de sourire avec tendresse à votre moi actuel. Vous aurez envie de lui dire : "Ne t'inquiète pas, un jour, ça s'arrangera. Ne laisse pas tomber, ne laisse pas le monde t'écraser, ne les laisse pas te briser, et tu verras, toi aussi tu seras capable de sourire et de profiter. Ta place est là quelque part, et si tu continues de la chercher, tu vas la trouver. Je te le promets, parce que je suis encore là pour en parler. Pour en témoigner. Je sais que ce n'est pas facile, mais s'il y a quelqu'un pour croire en toi, c'est bien moi."

Ça m'arrive encore, de perdre espoir. D'avoir envie que tout s'arrête, parce que la fatigue domine tout. Parce que je ne supporte plus la douleur. Parce que j'ai l'impression d'avoir pleuré toutes les larmes de mon corps, qu'il n'en reste plus aucune pour laver les affronts, désinfecter les blessures, cautériser mon âme saignante. Mais à chaque jour suit un lendemain, et je finis par retrouver le sourire. Au détour d'une gentillesse, d'un mot affectueux, d'un geste de tendresse, d'une bienveillance désintéressée, d'un cadeau sincère...

Ce qu'il y a de bien avec le temps, c'est qu'il nous donne l'opportunité d'apprendre, de comprendre, de grandir. Même s'il peut paraître souvent long, pénible, ou carrément chiant, sans lui rien n'aurait la moindre saveur.

Je n'étais même pas majeure la première fois où je me suis fait agresser sexuellement. J'ai parfois honte d'admettre que ça a changé ma vie. Je préfèrerais pouvoir dire que j'ai été forte, que j'ai surmonté, que j'ai continué ma vie et que ça ne m'a pas arrêtée. Mais ce n'est pas vrai. Il en reste encore des séquelles aujourd'hui. Il y a des choses que je suis encore incapable de supporter, de faire, des mots qui me touchent, me blessent, même si ce n'est pas leur but. Il m'arrive encore de pleurer dans les bras de quelqu'un qui m'aime sincèrement, de tout arrêter parce qu'un geste malheureux a réveillé le fantôme qui dormait tout au fond. Il m'arrive encore de trembler de peur et de me recroqueviller corps et âme, alors que le danger est depuis longtemps périmé...
Mais j'apprends, chaque jour au présent, à briser le silence dans l'intimité. J'apprends à dire "non, ça, je ne peux pas. Ce n'est pas à cause de toi, pas plus qu'à cause de moi. Il reste une blessure qui n'a jamais guéri ici." Et je réussis à entendre "ce n'est pas un problème, tu n'as pas à te forcer, on va réussir à surmonter ça ensemble." J'apprends à parler avant que le geste malheureux ait lieu, à ne pas culpabiliser quand ça arrive. J'apprends à dire avec le sourire "Pour le moment, la limite est là, même si ça ne correspond pas à mes envies." J'apprends à expliquer qu'il y a une différence entre mes envies et ce que je suis capable de supporter. J'apprends à repousser les limites, sans me briser. J'apprends à avancer.
Je ne suis pas "une victime". Je suis une personne. Mes blessures font partie de moi, et j'apprends à les soigner.

Don't forget : Hold On, Pain Ends, that's Hope.

Emma    3 octobre 2017   
Un gouffre sans fin  

Et oui encore moi.
Encore et encore et toujours moi.

Je suis là actuellement pour écrire ce qu'il se passe. Pour briser le silence qui règne comme toujours chez moi. Cette fois ci je reviens de loin. 3 tentatives de suicides en moins de 6 mois. J'avais aussi commencé à me scarifier. J'ai passé une semaine en Hôpital Psychiatrique et je suis depuis déscolarisé (bon ça fait peu de temps mais quand même). Oui, Moi, la fille banale, passe partout, invisible, normale, la miss rien d'spécial. L'hétéro intello bourgeoise timide et délirante.
Même moi, je n'arrive pas à y croire, si l'on me l'avait dit je pense que j'aurais ri d'une force et d'un sarcasme immodéré.
Mais voilà. C'est la vérité. Et en plus je dois essayer d'y faire face et ça même si le monde semble me mettre des bâtons dans les roues.

Demain j'aurais un rdv avec le CMP de ma ville pour initier une vraie thérapie. Et accessoirement trouver une façon pour moi de retourner au lycée. Ma sophro a décidé de prendre rendez vous avec mes parents et de déballer tout ce qui ne va pas.

Bref, ma vie est quasiment à reconstruire. Et là normalement, dans un film, ce serait le moment qu'il choisiraient pour couper, mettre un dernier plan qui laisse présager le meilleur et mettre le générique de fin. Mais là je vais y être confronté.
Wouah. Ca donne vraiment le vertige.

Je ne sais pas ce qui va se passer. Je ne suis pas pleine d'espoir. Pourtant, comme je le dis à une amie depuis cinq jours environ, la lumière nous attend, on s'est juste gouré mais des jours meilleurs nous attendent.
Pourtant je sais que je vais flancher à nouveau.
Mais l'important c'est d'essayer de se remettre sur pieds après non ?

Qui que vous soyez, accrochez vous à vos moments de bonheur, même aussi peu nombreux soient ils. Ne succombez pas au désespoir et si c'est déjà le cas, ne baissez pas les bras. Le monde serait triste sans vous. Déjà trop de personnes qui ont fréquenté ce site sont mortes des causes du désespoir.

Se Suicider: Le moi sujet qui tue le moi objet

•micio@outlook.fr

Kanata    19 septembre 2017    Nulle part   
All  

Témoignage *Sur grindr rôde des homophobes, ou en tout cas au mois un. Il a fait semblant d'être gay et est sorti avec un ami pendant plusieurs mois. Après l'avoir fait souffrir, il l'a humilié et insulté dans le but de le briser. Il a réussi. Il a pris des captures de photos pour les revendre et mon ami s'est fait harcelé avec des messages de haine. Il a fait plusieurs tentatives de suicide sans succès heureusement. Aujourd'hui il a réussi à couper toutes communications avec ses agresseurs mais il me dit toujours qu'il se sent mal et qu'il ne sait pas s'il va aller mieux un jour. Et je ne sais pas comment l'aider. Il ne veut pas que j'intervienne. Il faudrait prévenir quelqu'un, mais ses parents sont extrêmement homophobes et il pourrait se faire virer de chez lui... Maintenant c'est fini, enfin j'ai l'impression mais je trouve cette situation complètement injuste! Comment peut il s'en tirer comme ça ? Pourquoi cette haine ?? Je ne comprend pas.

Antoine    5 août 2017